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en sortant de nous-mêmes

En fin de journée, ce jeudi, Fabio a lu deux phrases.
La première en français :
« Nous ne pouvons devenir nous-mêmes qu’en sortant de nous-mêmes, en rencontrant les autres qui ont en eux la force de ce même besoin, de ce même désir, de cette même demande.  »  Charles Pépin
La deuxième en italien :
« Camminavamo senza cercarci, eppure sapendo che camminavamo per incontrarci.  » (Julio Cortázar), qu’on pourrait traduire ainsi : « On marchait sans se chercher, cependant en sachant qu’on marchait pour se rencontrer. »

Impressions d’une demi-heure

J’ai envie d’aller dehors et faire la connaissance avec les gens du quartier. Comment puis-je commencer une conversation ?Pendant la demi-heure où j’ai invité les gens au spectacle et où je leur ai posé des questions , je me suis retrouvée chaque fois dans une  situation différente.
Une mère qui pouvait parler presque uniquement dans sa propre langue et qui attendait sa fille qui était très contente d’apprendre la jonglerie avec les enfants de Cirqu’Conflex. Je ne pouvais pas beaucoup parler avec elle, je lui ai demandé donc son nom et lui ai dit le mien. On a échangé nos noms et un sourire.
Les quatre mecs d’environ 30 ans qui semblaient plus intéressés par moi que par le spectacle dont je leur ai parlé. J’ai interrompu donc la conversation le plus vite possible.
La femme avec le foulard qui était très distante et un peu tendue, qui m’écoutait quand même poliment. Est-ce qu’elle était intéressée par le spectacle ?
Un petit garçon, d’environ 2 ou 3 ans, avec la peau noire, à la main de sa mère, que j’ai bousculé accidentellement. Je me suis excusée, très soucieuse. Tous les deux se sont retournés, et lui il a cligné de l’œil et en souriant, et me montrait : c’est pas grave jolie fille. Charmant !
Et puis les deux sœurs qui semblaient très perdues. Elles posaient des questions tout le temps, moitié en rigolant, moitié avec la nécessité de quelque chose que je pouvais pas découvrir, le temps était trop court. Elles étaient de Syrie. Maintenant elles sont ici parce que „à Syrie boouum“, qu’est-ce qu’elles ont vécu ?

J’ai rencontrée des gens très ouverts. Un peu en recherche peut-être. De quoi ? De découvrir d’autre chose à côté de leur vie quotidienne ? Qu’est-ce que c’est leur vie quotidienne ?
Je sens que je me fais des images de gens très vite. Que je les mets dans des cases. Que je me mets au dessus d’eux. Dans la rôle de devoir « aider ».
Est-ce que j’ai des préjugés ? Et si oui, d’où ils viennent, ces préjugés ?
Ou est-ce que ce sont les gens eux-mêmes qui se mettent dans des cases, ou plutôt, qui attendent qu’on les mette dans des cases ?
Ou peut-être que je sens rien d’autre que la différence de la culture. Je ne sais pas encore, je veux parler et faire connaissance avec toutes ces différences !
Leoni 12.12.18

Kalani – Comment je suis arrivée au cirque ?

I started circus when I was six years old. I joined a youth circus in Hawaii called the HICCUP Circus (HICCUP is an acronym for Hawaii Island Community Circus Unity Project). I attended classes almost everyday after school. Some of the stuff we did was areal tissu, trapeze, juggling, group acrobatics, unicycling, stilts, mini trampo and much more. After a few years we had a “performance group” that would go around the islands and do performances as well as teach the local kids in the ‘Boys and Girls Clubs’* Eventually at around 12 years old the HICCUP Circus stopped doing the performance group and in order to stay in the arts I started dancing. 
Throughout high school I worked private lessons with a woman named Annetta Lucero (who didn’t actually do circus but was a 6 time world champion biton twirler)  and  she modified her past experience to train me in areal and floor work. 
However the circus community in Hawaii was very limited so I stuck to dance mostly to stay in the arts. I ended up on the scholarship program of Center Stage dance studio in Hilo Hawaii and took dance classes everyday. Once I gradtuated high school I moved to San Francisco in the hopes to find more circus. I trained and worked in Circus Center SF teaching flying trapeze and training handstands, acro, trapeze, and flying trapeze and Chinese pole. 
After a year of training is San Francisco I auditioned and did one year of NECCA in Vermont. That is where I chose to study pole as my speciality. I spent a another year afterwards training pole and preparing to audition for ESAC. 
What I want from this is to be able to travel and perform with people that I create strong friendships with, make and save money and travel around the world doing what we love. 

J’ai commencé le cirque quand j’avais 6 ans. J’ai rejoint un jeune cirque à Hawaii quo s’appelait « The HICCUP Circus » (HICCUP est l’acronyme de Hawaii Island Community Circus Unity Project). J’étais aux cours de cirque presque tous les jours après l’école. Nous faisons du tissu aérien, du trapèze, du jonglage, des acrobaties en groupes, du mono-cycle, des échasses,  du mini-trampoline et beaucoup d’autres choses.. Après quelques années,  nous avons fait une “performance en groupe” qui voyageait dans les îles et donnait des spectacles et enseignait aux enfants de la région dans les ‘Boys and Girls Clubs’. (‘Boys & Girls Clubs of America’ est une organisation nationale, avec des relais locaux, qui offre des programmes pariscolaires aux jeunes.)
Quand j’ai eu 12 ans, le HICCUP Circus a arrêté de faire des spectacles. Alors, pour rester dans les arts, j’ai commencé à danser.
Pendant mes études secondaires, j’ai suivi des cours privés avec une femme du nom d’Annetta Lucero (qui ne venait pas spécialement du cirque, mais qui avait été championne du monde de twirling bâton six fois). Elle changé de voie pour m’entrainer au travail au sol.
Mais la communauté du cirque à Hawaï était très limitée, je me suis donc mise à danser surtout pour rester dans les arts. J’ai suivi la scolarité du studio de danse ‘Center Stage’ à Hilo Hawaii et j’avais des cours de danse tous les jours. Une fois diplômée, j’ai déménagé à San Francisco dans l’espoir de trouver plus de cirque. Je me suis entraîné et j’ai travaillé au ‘Circus Center SF’, où j’enseignais le trapèze volant et je m’entraînais aux équilibres, à l’acro, au trapèze,  au trapèze volant et au mât chinois.
Après un an d’entrainement à San Francisco, j’ai auditionné et j’ai fait un an au NECCA à Vermont. C’est là que j’ai choisi d’étudier le mât comme spécialité. J’ai passé une autre année à m’entraîner au mât chinois et je me suis préparée à l’audition pour rentrer l’ESAC.
Ce que j’aimerais, c’est pouvoir voyager et faire des spectacles avec des gens avec qui j’aurais des amitiés fortes, gagner et économiser de l’argent, voyager autour du monde en faisant ce que nous aimons.

images, quartier, création

Le quartier de Cureghem est un « couscous » de réalités comme on l’a entendu dans les interviews qu’on a faites. Tout le monde vie ensemble avec des difficultés et des problèmes personnels et de cohésions, mais ils cherchent à trouver un équilibre, seuls ou avec des associations qui les aident dans ce processus, pour mieux vivre ensemble et trouver une raison d’être ici, et trouver leur place dans la société.
Le parcours dans la création depuis 2 semaines et jusqu’ici, est dur et parfois avec beaucoup de questions, de pourquoi, mais ça commence à devenir plus concret avec les impros physiques, théâtrales avec Guy, avec séances de danse et les séquences en petits groupes. J’ai hâte de voir la semaine prochaine, le travail avec les agrès, j’espère que pourrais répondre à des questions et le rendre plus clair !
La sortie dans la gare du Midi avec les acro-danseurs, c’était intéressant parce que on était plutôt libre de faire ce qu’on voulait. J’ai trouvé qu’on s’était bien amusé. Mais quand on commençait à s’ouvrir un peu, c’était déjà terminé. Mais je pense qu’il y a eu des belles images.
Quand on a fait la visite aux abattoirs, je suis resté étonné de la grandeur de ce bâtiment et je pense que ça donne une image très particulière du quartier.
Fabio

Artistes et société

Au début de cette première partie de la création, je n’avais pas une idée claire de ce qu’étaient les objectifs pour ces deux semaines. Mais maintenant qu’on a presque fini cette partie, je suis arrivé à comprendre qu’en fait c’était une rencontre entre nous et le quartier.
Par rapport à ça, je crois que on est arrivé à mieux comprendre c’est quoi le lien de l’ESAC (nous) et le quartier que nous entoure. Moi, personnellement je pense que grâce à ces 10 jours, j’ai commencé à penser plus à mon rôle, comme artiste du cirque, par rapport au quartier. L’expérience m’a fait remarquer qu’il ne faut pas que nous nous considérions à part, séparés de l’endroit dans lequel nous faisons notre “art”, parce que parfois je crois que nous, comme artistes du cirque, pensons que nous sommes dans certaine une façon “supérieurs” à la société dans laquelle nous vivons. Du coup, je suis reconnaissant, pour ces deux semaines que j’ai passées, pour me rappeler qu’on fait partie du quartier, et qu’on n’est pas en dehors.
Plus globalement, ça m’a fait pensé au rôle des artistes dans la société. Est-ce que les artistes servent la société ou est-ce que c’est la société qui donne la structure dans laquelle les artistes peuvent exister ?
Patrick

Création

Pendant les premiers jours, je me posais la question très souvent de pourquoi on fait le travail qu’on fait. Et, au milieu de la création, j’ai pensé que j’avais compris, mais en fait, maintenant je suis perdu à nouveau.
Nous avons parlé avec beaucoup d’enfants et pendant ces conversations, j’ai trouvé « des résultats » que j’attendais. Il y avait des moments que je trouvais mignon avec les enfants. Une fille que j’avais rencontrée et qui ensuite n’était pas très contente que je m’assois pas à côté d’elle. Et il y avait un garçon qui avait dit qu’il était timide, mais à la fin il a parlé beaucoup.
Paul

Dur au début comme la plupart des créations

It was hard as most creation are to begin with . because I couldn’t understand in the beginning  how we’re gonna work how it’s going to be , which topic we wanna hit and it was a little bit hard in the beginning as well with with the kids that i didnt understand what is the relationship that were supposed to seek .  But overall  there was good images and sequenses that we have made and it is not so easy to work with a whole bunch of people but i think my group is working well together and we listen more to eachothers . In gare du midi was a bit frustrating because it wasnt well structed so it was hard to follow up or make people intersted in what we do because we didnt do much . So i didnt understand the purpose . But overall its ok to pass throught bad times in order to get to something more valuable and meaningful​.

C’était dur au début comme la plupart des créations. Parce que je ne comprenais comment nous allions avancer, quel était le sujet. C’était un peu dur au début aussi avec les enfants et je ne voyais pas la relation que nous étions censés rechercher. Mais en général, nous avons fait de bonnes images et de belles séquences et il n’est pas si facile d’avancer avec un groupe de personnes entier. Mais je pense que mon groupe travaille bien et que nous nous écoutons. Dans gare de Bruxelles-midi, c’était un peu irritant parce que ce que nous faisions n’était pas assez bien abouti et donc c’était dur de faire que les gens s’intéressent à ce que nous faisons parce que nous n’avions pas beaucoup préparé. Je ne comprenais pas le but. Mais plus généralement, ce n’est un problème de passer par un mauvais moment si c’est pour arriver à quelque chose qui a de la valeur et du sens.
Chaimae

Victoria – Comment je suis arrivée au cirque ?

Como empeze a hacer circo:
A los 8 años, al tener mucha energía mis padres me mandaron a clases de gimnasia. Después de un año, en una competencia deportiva conocí una pequeña parte del mundo del circo. Vi las telas colgadas de 8 metros de altura, y gente subiendo y bajando. Quede alucinada, y después de eso no pare hasta que encontré donde tomar clases. A partir de ese momento no deje de tener contacto con las acrobacias aéreas. Intente cambiar mi rumbo hacia la natación, la danza clásica, la comedia musical, pero ninguna me brindaba lo que el circo si. Despues de 10 años trabajando sola en las acrobacias aéreas, tomando clases, haciendo escuelas preparatorias conocí a Agus. Comenzamos a trabajar juntos con el cuadro aéreo, y a partir de ahí estoy convencida de que trabajar con otra persona, puede ser más difícil pero es más lindo y se disfruta más que estar trabajando sola. Las ideas salen, y se desarrollan con más facilidad. Volar me lleva a otra dimensión, mi cuerpo y mente están más presentes pero ausentes a la vez. El circo fue parte de mi vida y lo seguirá siendo muchos años más, espero.

À 8 ans, j’avais beaucoup d’énergie alors mes parents m’ont mise dans un cours de gymnastique. Après un an, lors d’une compétition sportive, j’ai connu un peu le monde du cirque. J’ai vu les tissus pendus de 8 mètres de hauteur, et des gens monter et descendre. Je suis restée hallucinée, et cela ne s’arrêtait pas jusqu’au moment où j’ai trouvé où prendre des cours de cirques. À partir de là, je n’ai plus cessé d’être en contact avec les acrobaties aériennes. J’ai essayé de changer ma voie vers la natation, la danse classique, la comédie musicale, mais aucune ne m’offrait ce que le cirque m’avait donné. Après 10 ans à travailler seule dans les acrobaties aériennes, en prenant des cours, en faisant des écoles préparatoires, j’ai connu Agustin. Nous avons commencé à travailler ensemble au cadre aérien, et depuis, je suis convaincue que travailler avec une autre personne peut être plus difficile, mais que c’est plus joli et on profite plus qu’en travaillant seul. Les idées viennent et se développent avec plus de facilité. Voler me porte vers une autre dimension, mon corps et mon esprit sont à la fois absents et plus présents. Le cirque a déjà été une partie de ma vie et il le sera encore beaucoup d’années, j’espère.

the opportunity to share

This two weeks I have the opportunity to share with the kids of circun’flex, they come from ghettos or differents neighborhoods being to all of them from differents nationalitys. I think is a good opportunity and a good space to give to the kids a place to recreate and develop themselves using the circus as a tool and use that to approach his difficultys…
Can share with them or record some classes help me to know them more and discover his personalitys and how they enjoy this place. Was interesting go out with them to show some circus in the street and then see how the other kids from the neighborhood came to us to share too and also the old people feels really interested in the circus.
At the same time was really weird ask to the people if they knew this place before and the majority didn’t have any idea about it

Ces deux semaines, j’ai eu l’occasion de partager avec les enfants de Cirqu’Conflex, ils viennent de « ghettos » ou de différents quartiers. Ils sont, pour la plupart d’entre eux, de nationalités différentes. Je pense que c’est une bonne occasion et un bel espace à donner aux enfants pour se ressourcer et s’épanouir en utilisant le cirque comme un outil pour aborder leurs difficultés…
Pouvoir partager avec eux des cours, ou filmer des cours, m’a aidé à mieux les connaître et à découvrir leurs personnalités et à voir comment ils apprécient cet endroit.
C’était intéressant de sortir avec eux pour montrer du cirque dans la rue et de voir comment les autres enfants du quartier sont venus nous voir pour partager aussi. Et c’était intéressant également de voir des personnes âgées se sentir vraiment intéressées par le cirque.
En même temps, c’était vraiment étrange de demander aux gens s’ils connaissaient cet endroit auparavant (Cirqu’Conflex ) et de voir que la majorité n’en avait jamais entendu parlé.
Adolfo – Nico