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Mobilisation

Tous les soirs, on est à Wattrelos pour répéter. On est un peu pris par le temps. Deux heures, ça passe très vite. Cet après-midi, Didier et Marie interviennent à nouveau auprès des jeunes de la maison pour tous de la Martinoire. Rejoints en fin de journée par Martine et Guy. Hier répétition à gogo. Et filmage. En ce jour de grève et de mobilisation contre la loi travail, quand il devient de plus en plus dur de trouver de l’essence, on découvre tous les jours un peu plus, au travers de ce que connaissent et racontent les salariés et ex-salariés de la Redoute, avec lesquels on travaille tous les jours, les dégâts humains que provoquent les lois libérales, capitalistes que nos gouvernements adoptent depuis que la finance commande nos vies.

activités et création à la maison pour tous de la martinoire

Aujourd’hui, Martine, Didier et Marie sont allés à Wattrelos, à la M.P.T. , s’occuper des enfants dans l’après midi (atelier théâtre, danse, improvisation et écriture). Et ce soir tournage avec les gens de la Redoute pour le spectacle Qui redoute la parole 2 ? Demain, Guy, Didier et Marie seront là-bas. Gilbert est au bureau et Jérémie répète à Valenciennes avec Julien Gosselin.

Wattrelos, MPT, répétition de Qui redoute la parole 2 ?

Un nouveau soir de travail avec les salariéEs de la Redoute. Belle soirée. Reste encore bien du travail. Demain Marie, Didier et Martine font des interventions dans l’après-midi auprès des enfants de la maison pour tous de la Martinoire. Demain soir, rebelote comme tous les autres soirs des deux semaine à venir : répétition du spectacle. Didier et Martine feront des enregistrements. Des images pour le film spectacle des ouvrierEs de la Redoute. Le spectacle s’appelle Qui redoute la parole 2 ?. Ali est venu ce soir assister à la répétition. Ali est un redoutable, un militant très engagé dans la lutte contre ceux qui ont voulu la casse de la Redoute. Les comédienNEs étaient très impressionnéEs par sa présence. Il a donné quelques conseils d’interprétation, étant donné ce qu’il avait ressenti pendant le spectacle et au souvenir des moments forts de la lutte. Martine Leroux nous a rejoints et a pris sa place dans le spectacle avec beaucoup de facilités. C’est un plaisir de l’avoir avec nous.

LaRedouteÀROUBAIX

Reprise du travail avec les ouvrièrEs de la Redoute à Roubaix en collaboration avec les Tréteaux de France. Deux jours complets suivis de tous les soirs des deux semaines qui viennent. Avant les deux représentations le 11 juin à 20h et le 12 juin à 17h. On a abondamment travaillé hier et aujourd’hui. Le travail avait été savamment préparé par les différents collaborateurs de la troupe et les salariéEs et ex-salariéEs  de la Redoute qui participent à cette aventure. A tous les stades, la collecte de paroles, l’écriture, la logistique. 7 comédienNEs sont sur le plateau pour une heure de spectacle. Théâtre, danse, vidéo. Le spectacle est émouvant, grave mais ne manque pas de joie de vivre. Une belle place est laissée à la musique. De nombreuses chorégraphies rythment le spectacle et des chants et musique dansantes. Poings levés.

A rebours…

Voici le blog que nous avons écrit en avril suite à notre semaine intensive à la Maison d’Arrêt de Fleury Mérogis…

A rebours…Ce qui nous permet de nous dire encore comme cette expérience fut forte et au combien nous étions émus à la fin de cette aventure jeudi dernier au théâtre de l’Agora, scène nationale d’Evry et de l’Essonne.

Merci à l’Agora, à Cécilia et Marion du SPIP, et surtout à D, S, C, I, S et D. pour ces belles représentations.

14 avril, atelier arts plastiques…

Jérémie et Martine sont accueillis par Françoise qui anime l’atelier, chargée de sacs contenant tous les accessoires nécessaires au dessin et la peinture, nous attendons qu’une salle soit libérée afin d’accueillir une dizaine de participants. Nous en connaissons quelques uns, Dian-David, Couly, Ibrahima et d’autres que nous avons croisé dans les groupes ponctuels comme le cercle de lecture et la bibliothèque.

Le groupe est fluctuant, les présences aléatoires, comme dans toutes les activités, mais cette activité a son importance comme les autres.

On a travaillé sur l’art arborigène, à partir des portraits de Modigliani, par étape, d’abord au crayon puis de la couleur.

Il faut que les propositions les valorisent, leur offrent un centre d’intérêt qu’ils continueront ou non à exploiter. Dans l’instant le groupe, l’échange, le partage, l’écoute, l’observation, c’est ce qui est motivant pour tous.

On a travaillé sur le tatouage, ou en relation avec des expositions comme dernièrement le Douanier Rousseau. Ça prend ou pas, mais on essaie.

Ironman, Batman Superman ou les Simpson font partie de la famille.

Françoise nous montre les dessins des uns et des autres ainsi que les supports livres et documents pour les aider à franchir le pas du dessin et de la peinture.

L’u n d’entre eux dit que c’est difficile de faire appel à son imagination pure, ne pas copier ou recopier, ici tout est lisse, pas de relief, pas d’horizon, pas de couleur, tout est uni, pas de perspective. Je m’allonge dans ma cellule et je peins la fenêtre, c’est la seule perspective.

  1. aime le street art, avant il ne peignait pas, jamais. Nous parlons de Bansky de son dessin de Steeve Job sur les murs du pont qui conduit dans la jungle de Calais. « Tu peux faire passer plein de message par le street art », dit-il.

Entre le trait qui se dessine sur une toile, les couleurs qui remplissent les dessins, l’eau colorée qui coule sur le papier, nous entendons les rires de Couly et Dian-David.

Quelques photos pour les objets, quelque photos de groupe pour eux-mêmes et nous rentrons. A la prochaine, merci !

R2C

Nous rencontrons deux jeunes gens Jumo et Moha qui ont tous deux moins de 25 ans et qui ont donc pu bénéficier d’un programme de réinsertion en relation avec la mission locale . Chacun a donc choisi une orientation professionnelle, Moha voudrait donc passer les diplômes pour conduire des engins de chantier quant à Jumo, il voudrait s’orienter vers la vente, si c’est impossible il a prévu un plan B : devenir coursier . Ce dispositif est très exigeant et les participants doivent avoir un comportement exemplaire sous peine de se voir refuser l’accès à la formation qu’ils ont choisie. Ils expriment tous les 2 la difficulté de rester en contact avec le monde du travail parce que, bien entendu, ils n’ont pas internet en prison. Couly nous explique que c’est difficile de trouver un travail quand on sort de prison, qu’on est souvent en butte à la peur et aux préjugés des employeurs même si on est poli , bien habillé et qu’on s’exprime correctement . lls tombent d’accord pour dire que la seule solution est de jouer cartes sur table et d’annoncer qu’ils sortent de prison au risque de ne pas être pris. « Regagner la confiance est la seule solution » dit Couly .

 

Les Bruits ne sont jamais les mêmes…

Didier, Marie et Josépha doivent aller interviewer le surveillant activité ce matin. Le rendez-vous est fixé à 10H.

Didier et Marie arrivent au bureau du SPIP à 9H30, les habitudes sont prises.

On dépose nos affaires, on vide nos poches, on regarde si une petite pièce de monnaie n’est pas restée coincée dans notre jean. On ne voudrait pas sonner au portique. On prend nos papiers d’identité, on prend toutes les autorisations nécessaires : accès des personnes, du matériel, autorisation à faire signer aux personnes détenues, autorisation à faire signer au personnel pénitencier, nos feuilles d’émargement et nous voilà partis dans le bâtiment D1 de la MAFM.

L’arrivée est toujours différente dans la MAFM, les bruits ne sont pas les mêmes en fonction de l’heure de la journée, l’ambiance est toujours différente :

calme, électrique, calme puis électrique, bruyante, triste ou ensoleillée…

On arrive dans le bureau du surveillant activité. Un petit bureau, de la taille d’une cellule. Bureau peint en jaune avec des cartes postales et des photos de footballeur mais y a des grilles aux fenêtres.

On installe notre caméra, le surveillant activité finit de remplir des papiers urgents et il est à nous !

On lui parle de son travail. Cela fait 15 ans qu’il travaille ici mais, depuis 5 ans, il est surveillant activité. On sent qu’il a réfléchi à son métier, que l’expérience joue, ici comme ailleurs, mais certainement ici plus qu’ailleurs.

Les activités culturelles lui ont permis de voir les personnes détenues autrement. Les surveillants doivent parfois être durs ou du moins distants avec les personnes détenues, peu d’occasion de parler d’autre chose que des problèmes liées à la détention mais de les voir faire du slam, de participer à un jury pour un festival de films sur les droits de l’homme avec eux, cela change la donne.

Il nous dit donc que l’expérience qu’il a en tant que surveillant puis surveillant activité lui fait voir son métier, les personnes, autrement qu’un jeune surveillant qui arrive et qui peut être assailli et dépassé par cet environnement et ses problématiques.