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Chacun.e a reçu sa feuille de route

On rentre dans le vif du sujet dès la semaine prochaine ; une moitié de l’équipe répétera à Loos en Gohelle, à la Fabrique tandis qu’une autre partie entame Close to me, avec des ados de Lille, pour un premier spectacle en fin de semaine. On a du pain sur la planche. Ces prochaines semaines sont infiniment denses, de Lille à Compiègne, Loos en Gohelle et Bruxelles. On vous dira quoi, au fur et à mesure. En tous cas, on ne va pas s’ennuyer. Gilbert, notre administrateur a intégré le groupe des experts de la région, au titre du Synavi, syndicat des compagnies. On nous a plusieurs fois proposé d’adhérer au Syndeac, le syndicat des grosses boutiques de la culture mais nous nous y sentions à côté de nos pompes. Nos problématiques sont très différentes, et par là-même, nos budgets. Nadège P., l’auteure et interprète de No Border nous rejoindra la semaine prochaine, car elle est tenue de rester à Montluçon. Elle a signé un engagement d’écriture avec un autre établissement pendant toute la première semaine de répétition de No Boder. Alors on va danser du matin au soir avec Pascaline et Johannes.

Où sont les communistes ?

Donc hier, on a refait le petit spectacle autour de No Border (on a une superbe affiche pour le spectacle, une marguerite prise dans un filet). Nous étions à Liévin, hier matin. Quand nous sommes arrivés, Christophe avait déjà tout installé. Tout cela avait lieu dans une petite salle au square du Petit Condé, à côté du café où l’on se donnait rendez-vous avec Kader, quand on écrivait J’m’excuse (ch’bistrot, y est toudis là. Que d’souvenirs !).

Nous étions invités par un centre de formation. Nous avons donc présenté le petit film de l’école des Arts d’Avignon et s’en est suivie une lecture d’extraits du texte de No Border de Nadège Prugnard. Les gens ont ensuite pris la parole, pour nous remercier d’être venus. Ils et elles nous ont promis qu’ils et elles viendraient voir le spectacle. Ensuite nous avons dialogué.  On a parlé d’injustice et d’égalité. . Pour certain.e.s le changement passerait par la prise de pouvoir de Marine Le Pen et ses alliés européens. Par la fermeture des frontières et le retour au franc.

Pour contrecarrer ces propos, on a dit qu’on devait être solidaire, que la misère qui touchaient les gens dans la région comme les réfugiés du bout du monde avaient les mêmes causes, l’individualisme et le pouvoir de l’argent. Il est de notre intérêt de nous unir pour combattre une société qui nous rabaissent en permanence, réfugiés d’ici et de là-bas. Lutter pour l’égalité, pour de vrai. Tous ensemble. Pourquoi un pays aussi riche que le nôtre ou l’Europe tout entière n’étaient ils pas en mesure de répartir égalitairement les richesses pour que chacun puisse profiter correctement de la vie. Trop d’injustice crée de la violence et le rejet de l’autre.

On ne lâchera rien, bien sûr. Mais comment s’en sortir quand l’histoire semble vouloir se répéter dans ses heures les plus sombres. Que faire ?

On avance On avance

On remet ça vendredi matin. La performance à l’université des sports s’est bien passée. Nous étions face à des jeunes gens qui préparent le CAPES, accompagnés de  leur professeure de danse qui donne le mercredi matin des cours sur la pédagogie de l’enseignement des arts vivants. Tout était parfaitement en place pour notre intervention. Marie était passée par là. Malgré sa sévère déchirure au mollet, Marie a coaché Zelda (hier soir, chez elle), pour son intervention en début de séance qui portait sur le chemin parcouru par la compagnie et Nadège Prugnard, l’auteure de No Border, pour en arriver à ce long poème tragique contemporain sur les réfugié.e.s de Calais. Zelda a pris note et recopié tout ce que Marie lui avait transmis pour mieux s’en imprégner. Au final, l’intervention de Jo-Anna à propos de Culture Commune suivie de l’introduction au texte du spectacle par Zelda, et ensuite la diffusion du petit film d’art de l’école d’Avignon et la lecture d’extraits de No Border ont permis d’engager le dialogue avec l’audience et d’échanger pendant une petite demie-heure.

A ne pas rater

Demain, on intervient à la fac de sport de Liévin, pour No Border. Tout au bout de cette grande rue (symbolique d’un parcours d’études) qui va d’un stade à un collège puis un grand lycée puis l’université. On y passera la matinée et on y jouera la petite performance qu’on a fabriquée pour l’ouverture de saison de Culture Commune. Marie souffre d’une méchante déchirure et doit rester chez elle, au moins pour la semaine. Donc elle ne participera pas à la performance et aux autres rendez vous de la semaine. Christophe sera sur place dès pontro-minet pour installer tout le matos. Jo-Anna de Culture Commune ainsi que Zelda et Guy de Hvdz se sont donné.e.s rendez vous sur le parking de C.C à 10h30. On interviendra de la même façon dans une salle d’un quartier de Liévin ou de Lens en fin de semaine. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui des sensis. Une manière  d’intéresser des publics non-captifs à nos spectacles. On sent poindre une légère inquiétude, une angoisse concernant le nombre de spectateurs qu’on pourra accueillir dans la nef de C.C. Cela s’est senti à Béthune la semaine dernière. Les gens ont prévu d’assister au spectacle en grand nombre. La jauge de C.C est d’une petite centaine de personnes et on ne joue que deux fois. Et deux autres fois pour des scolaires (on devrait jouer plusieurs fois dans la même soirée ; on ferait patienter le public en faisant ensemble le tour du quartier, comme on l’avait fait, au cours la Veillée du quartier des Provinces. On accueillerait les gens avec de la soupe au retour de la balade avant de voir le spectacle (qu’on jouerait pour la deuxième fois de la soirée).

C’est dans l’amour de l’autre que je pourrai me trouver

Une semaine de résidence à Béthune, comme prévue, a eu lieu la semaine dernière. Jour après jour avec les un.e.s et les autres, on a creusé le sillon. En musique, en vidéo, en danse. On a lu et relu No Border de N. Prugnard ; en particulier lors de la sortie de résidence programmée jeudi dernier. On a monté un petit spectacle (de 40 minutes, tout de même) en trois jours. On a trouvé, en travaillant avec acharnement tout le temps de la résidence, comment au milieu de propositions diverses par le biais d’autre média, on arrivera à donner relief et rythme au spectacle final. Bien sûr, le texte n’en restera pas moins la colonne vertébrale  de cette création multiple. On a passé une bonne semaine. Comme une fête des sons, des mots, des images et de la danse. Une semaine comme on vivrait un rendez vous rituel. Les mystères d’Eleusis à Béthune. Deux de nos camarades au quotidien ont été invités à participer à la transe. Avec elles, le corps, le mouvement de la répétition (dans les deux définitions du mot) ont dévoilé toute leur raison d’être.

Y a des travailleurs, à l’ouvrage, sur le carreau ! (sortie Lens Ouest)

On bosse comme des tarés. On a une saison avec des spectacles qui tournent, d’autres qui se fabriquent. De la danse, de la musique, du texte, de la vidéo. De l’action culturelle dans les écoles, les CADA, les universités. Des sessions pour tous les publics et des sessions scolaires. Des formations à Bruxelles. On nous propose des petites formes de nos spectacles de plateau qui ne s’adapteraient pas aux lieux exigüs. Des Veillées. Bref, on n’en a jamais fait autant. La somme de taf que tout cela représente en terme de préparation, d’organisation est énorme. Parce que d’abord, ils s’agit de femmes et d’hommes à qui il faut offrir des conditions de travail qui rendent la vie agréable et propice à la recherche, à la rencontre, à l’échange. Plus on est nombreux, plus c’est complexe. Plus il y a de spectacles et plus c’est difficile de ne rien oublier. Dans nos bureaux, à la technique, à la logistique, on est au top de l’engagement. On ne ménage pas ses efforts pour que ça tourne. Et franchement, chapeau bas !

C. Haman, Paysages de Claude Simon

… Machines défuntes donc, « hors de fonction », bâtisses délabrées semblables à des corps-fossiles tombant progressivement en poussière, corps épuisés et anéantis. Telle est la réorganisation par l’imaginaire, en une cristallisation fantasmatique d’une remarquable cohérence de l’univers. Toute ruine est doublement féconde en ce qu’elle figure en perpétuel devenir et motive le déclenchement d’une puissante dynamique imaginaire et scripturale …