Répétitions à Jean Legendre, Compiègne

Ce matin, sur le plateau, dans la salle Molière de l’Espace Jean Legendre, c’est le montage des projecteurs, pour vendredi. Ce matin, on n’a pas sur le plateau pour répéter, mais ça n’est pas un problème, on répète dans tous les coins de l’Espace Jean Legendre :

>> la répétition de « Faire la fête » avec Hilary​ : 
​Chez nous, on fait la fête pour tout et pour rien. Par exemple si quelqu’un a eu son bac ou si la voisine a accouché on invite la famille, les amis, les amis de la famille, les amis de la famille des amis, les amis des amis, la famille de la famille. C’est pas trop nous qui choisissons : les personnes qu’on a invité en premier nous disent : « je peux venir avec ma sœur ? » ou « je peux venir avec mon cousin ? ». On dit oui même si on les connaît pas. C’est ça le but de la fête, plus il y a de monde plus c’est bien.
>> la répétition de « Faire la fête » avec Aïssatou :
On a fait la fête avec nos cousins et cousines. On rentre tard et ça c’est bien. Le troisième jour, on a fait comme d’habitude. Ce que je préfère dans les fêtes, c’est jouer à cache-cache, de se faire peur et de manger. On parle de ce que l’on fait chez nous, des naissances mais le plus important c’est de jouer ensemble. S’il n’y avait pas de fête, la vie serait nulle.
>> la répétition de « Tour de piste n°1 » :
Maëlle : Il faut vraiment vraiment respecter les autres parce qu’on vit pas tout seul. Moi j’essaie de respecter tout le monde tout le temps. J’essaie. Pour me faire entendre je ne vais pas taper, je vais pas lui dire : « eh ! Moi je suis là » je vais lui dire : « excuse moi je te parle » et s’il ne comprend pas je lui redis et redis jusqu’à ce qu’il comprenne.
Camille : Quand quelqu’un n’est pas d’accord avec moi je lui demande d’argumenter et moi j’argumente. C’est pas parce qu’on est pas ami avec quelqu’un qu’on est obligé de lui taper dessus.
Eloïse : Ce qui est intolérable pour moi sont les gens qui parlent dans le dos des autres, les gens qui insultent les autres sans motif valable. La différence est une richesse, on prend tous un truc des autres.

Retour à Compiègne

Retour à Compiègne, pour retrouver le groupe du Close To Me : Maëlle, Camille, Hilary, Éloïse, Romane, Aïssatou. C’était fin octobre-début novembre qu’on avait fabriqué la matière – conversations filmées, interventions sur le marché, tournage du clip, écritures, danse – et maintenant on reprend cette matière pour fabriquer le spectacle, le film-spectacle. Ce sera, à l’Espace Jean Legendre, vendredi 22 février, à 20h.

Le Bookkafé de Maggie

Cet après-midi, un groupe du CAJ d’Annequin  est allé au Bookkafé. Dans le minibus conduit par Lionel, entre Loos-en-Gohelle et Bruay-la-Buissière, soleil et bonne ambiance avec les celles qui se sont baptisées les «  Queens du minibus ». On est chargés d’énergie et de soleil après la montée de ce matin au plateau du terril, on est presque prêts pour l’interview. On se remet juste au point sur les questions à poser, sur le réglage du pied, de la caméra, sur la présentation de la raison de notre venue et du spectacle Close to me. Et hop, on y va. À 14h, on arrive au Bookkafé de Maggie. Maggie. Maggie. Elle connaît bien ces conversations filmées. Maggie a travaillé pendant longtemps avec la compagnie HVDZ. Elle en a fait des veillées et des portraits.
Extrait de l’interview :
– Tout à l’heure, vous avez dit qu’avant, vous travailliez à HVDZ. C’est quoi la différence du vivre-ensemble à HVDZ et à Bookkafé ?
– Alors, à HVDZ, on allait rencontrer des gens. Ce que j’aimais à HVDZ, ce que vous êtes en train de faire aujourd’hui, j’aimais bien ce moment d’interview avec les gens et puis, le film-spectacle après, passer un temps. Mais chaque fois qu’on partait, c’était difficile, parce que j’avais l’impression qu’il y avait un bout de moi qui restait là-bas. Je repense au Maroc par exemple, où il y a vraiment cette impression où on laisse son cœur et après il n’y a plus rien. Et je trouvais vraiment ça difficile de se dire j’ai fait ce projet avec eux, on a partagé des choses fortes ensemble et c’est tout. Et je n’ai pas réussi à garder des contacts dans tous les endroits où on est allés, parfois je n’ai même pas essayé. Et ici, à Bookkafé, c’était créer un contact sur le long terme. Créer ce contact avec les gens et durer. Et essayer de créer, avec le temps, de s’accompagner dans le changement de façon de vivre, façon de penser, et ensemble, vers … un monde meilleur (rire).
On repart du Bookkafé, avec forcément le projet d’y revenir, ben en avril pour un loup garou comme l’a proposé Maggie. Quand on remonte dans le minibus,  les premiers mots qui sortent c’est « c’est grave bien cet endroit ».

La prof documentaliste au Bookkafé

Cet après-midi, avec Lauryne, Claudia, Théo et Alexandra du CAJ d’Annequin, on était à Bruay-la-Buissière, au Bookkafé, pour interviewer Maggie sur le « littéro-solidaire-café » qu’elle a monté et qui est ouvert depuis maintenant presque 3 ans.
À 14h donc, on arrive au Bookkafé de Maggie, et là, surprise pour les jeunes du CAJ, deux personnes ont déjeuné là et sont en train de partir, et l’une d’elle est la prof documentaliste du collège de Vermelles, tout précisément le collège de Lauryne, Claudia, Théo et Alexandra. Oh, Madame, bonjour. Timidité et gêne d’abord chez les jeunes redevenus d’un seul coup élèves. Puis, finalement, ils parlent avec la « prof » et osent demander une interview. La prof, en fait elle s’appelle Bérangère et elle ne partira pas tout de suite, on va filmer la « prof documentaliste » qui a accepté de répondre à la question du vivre-ensemble. C’est comme ça qu’on apprend que, en dehors d’être venue aujourd’hui vendredi déjeuner au Bookkafé, Bérangère y travaille tous les mercredis midi, en tant que serveuse bénévole.
Au débrief au retour à Culture Commune :
Ça fait bizarre de rencontrer un adulte du collège ailleurs. On ne savait pas qu’elle faisait du bénévolat. (Et le bénévolat c’est quelque chose qui nous intéresse parce que c’est bien d’aider les autres, qu’il ne faut pas laisser des personnes en difficulté seules.) On voit que notre professeur n’est pas seulement dans son personnage de documentaliste, qu’elle va au delà, elle fait autre chose en dehors du CDI. Et du coup c’est bien. Les enseignants ils peuvent être sévères au collège et au Bookkafé on voit une autre personnalité. Et nous, ça nous apprend à mieux connaître les gens, à les regarder différemment.