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Allez ! Allez !

Au bureau, ça phénixe à mort, pour la préparation de notre deuxième intervention intitulée, sas de création, qui fait partie de l’ensemble d’un processus de formation dont l’objectif est de trouver un contrat d’apprentissage dans le Valenciennois, pour chacun des participants (une trentaine de stagiaires en tout, environ). On travaille en lien permanent avec Natacha Borel et Marie Kerdraon du Phénix, scène nat. de Valenciennes. Après un premier Sas de création qui a eu lieu en mars 17, on entame un deuxième set en juin avec un deuxième groupe de jeunes gens. Tous se réuniront (les deux groupes) à la mi juin pour un spectacle qui sera donné dans la grande salle du théâtre.  Pendant ce temps nos autres activités continuent, Les Sublimes en conférence à Châlons et l’Esad, rencontre avec les migrants à Paris et spectacle au Lavoir Moderne. Et la Brique.

On a proposé à des artistes de travailler avec nous à Valenciennes pour accompagner  les jeunes dans la  compréhension de ce monde. Ne nous a-t-on pas répondu qu’on servait le grand capital ? Cela ne veut rien dire, ou alors, c’est une vision (déguisée en considérations rebelles), pour le coup et à l’inverse, totalement conservatrice du théâtre qui tient d’un point de vue romantico-malrucien, c’est à dire ,l’art pour l’art. Les artistes ne se mêleraient pas du social. Chacun dans son coin et l’ordre établi n’est pas près de bouger.

Les classes sont irréconciliables

Dernier jour de la première semaine à l’Esad de ce mois de mai 17. Place Carrée. Forum des Halles. En dessous de l’escalator du fond. Trois promotions d’une quinzaine d’élèves travaillent là, tous les jours. Là et dans d’autres endroits de Paris. Certains sont à l’heure actuelle au Cent-Quatre. Nous sommes avec les « deuxième année ». Nous continuons la recherche sur le thème de l’exil et l’utopie. Nous prolongeons le travail entamé l’année dernière. On devrait, lundi matin et mardi matin, aller à la rencontre d’associations, qui viennent au secours des migrants dispersés par les autorités aux quatre coins de la capitale, en ce début de semaine.

Aller Anfang ist schwer, alles hat ein Ende, nur die wurst hat zwei.

Bon.. La semaine prochaine prochaine on ira à la rencontre de migrants dans Paris. Les artistes de l’Esad nous l’ont demandé hier en début de séance. Nadège téléphone aux quatre coins de Paris pour préparer notre sortie. On voudrait participer, donner un coup de main aux migrants, si c’est possible. Ça rappelle quand on est allé à Calais, à l’école de Zimako et dans le bidonville. Avec les Chantiers Nomades.

Et on s’est fixé l’objectif, si le timing nous le permet, de reprendre le spectacle qu’on avait fait avec les étudiants, l’année dernière, à peu près à la même époque. Mais bon… on est jeudi déjà et nos interventions à l’Esad prennent fin dans une semaine. Comme dans la vie, en général, on se dit, est ce qu’on aura le temps de tout faire ?

les travailleurs du théâtre

On bagarre pour la saison prochaine. Et cet été. Avignon, Lucien Fradin à Pasteur pendant tout le mois et Nadège P. lit No Border (pas fini), à La Chartreuse de Villeneneuve. Pour la première fois. Et début de saison en fanfare. Capdenac et Portrait. Travail in situ. Stages, ateliers, La Réunion. Nous sommes compagnie jumelée au C.D.O.I de St Denis. Et cette saison n’est pas finie.

être ou ne pas être anti-capitaliste

Morgen früh schon wieder nach Paris. Et pour l’ensemble de la troupe, retour au bureau. Finis le week end prolongé, les élections présidentielles, la campagne, les ami-e-s, la mer, le marathon de Loos en Gohelle ( qui c’est qui a gagné ? qui a dit Emmanuel Macron ?). Impossible, il était à l’ Arc de Triomphe à Paris (qu’avait fait construire son prédécesseur, Napoléon Bonaparte, en son époque). Avec François Hollande. On mélange tout, là. Napoléon n’a jamais gagné le marathon de Loos en Gohelle, ni les élections. Il était empereur, sacré en la cathédrale de Reims. C’est là qu’est allée Marine Le Pen, la semaine dernière et elle a reçu des oeufs sur la tête. Elle n’a pas gagné les élections présidentielles, ni le marathon de Loos en Gohelle, dans le Pas de Calais.

Si l’Aisne et le Pas de Calais étaient des territoires autonomes, elle en serait la chef aujourd’hui. Elle aurait gagné. Pourquoi dans le Pas de Calais, les gens votent-ils majoritairement pour l’extrême droite ?
On s’en est pris trop plein la tête depuis la fin des grandes industries. Y a plus de boulot. On a été exploité pendant des générations, on s’est servi de nous et on nous a laissés tomber, comme si on n’existait plus. Les communistes ont foutu le camp avec les socialistes, pour le pouvoir (François Miterrand était un sacré stratège. Il avait lu son Machiavel).
Abandonnés. On s’est senti de trop. On s’est dit, on gêne et on s’est rangé d’abord du côté de ceux et celles qui s’abstenaient et les fachos sont venus nous dire que c’est pas vrai qu’on valait plus rien et que c’est les autres qui nous ont foutus dans la merde (les étrangers, alors qu’on a tous des origines étrangères dans le bassin minier du Pas de Calais). C’est simpliste et faux, mais on y a cru, parce qu’on n’avait plus rien à perdre. On nous a tellement mis la honte pendant des années. Que le premier à nous mettre en valeur, on lui est tombé dans les bras. On s’est tourné vers Le Pen parce qu’elle a dit que c’est de la faute des autres si on est dans la merde. Les gens se sont tournés vers elle, pas tous, mais beaucoup trop.