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« sans la drogue, j’y suis indifférente »

L’angoisse du dimanche soir qui fait suite à l’angoisse du dimanche matin. De tous les matins. Quand on est rentré de Wattrelos, jeudi soir, sur Arte sûrement, était diffusé un reportage sublime sur Amy Winehouse. A craquer. Bouleversant. Du début à la fin. Elle est dans ce reportage infiniment belle. Sur la scène ou dans un bar, sous les flashs des photographes, les lumières artificielles des caméras, la nuit. Elle est belle dans ses amours, dans sa musique. Elle est belle dans sa souffrance, sa fatigue incommensurable, sa tragédie.
A Belgrade, devant des dizaines de milliers de spectateurs, au cours d’un grand festival de musique, elle s’approche du micro, dans un silence assourdissant, elle cherche son énergie très loin au fond d’elle-même. Rien ne vient. Le silence se dilate, des cris viennent du public. On a l’impression que ça crie en elle. Elle est à bout de force, elle est épuisée, elle ne chantera pas. Elle va et vient sur la scène comme si elle cherchait quelqu’un, quelque chose. Elle se tourne vers un des musiciens, puis s’assoit sur une enceinte de retour, la tête dans les mains. L’attente est longue, interminable. On se dit, pourquoi personne ne vient vers elle ? Enfin, les lumières s’éteignent sur la scène.
Elle n’aura pas chanté, ce soir-là, devant des dizaines de milliers de gens qu’Amy Winehouse faisait chavirer. Avant que la vie et ses angoisses ne la détruisent.

On remet Du ketchup dans les hamburgers

Après des journées chaotiques, nous reprenons en main notre blog quotidien. Tous les jours, tous les soirs, on va à Wattrelos, répéter le spectacle avec les ouvrières de La Redoute et Hvdz, en production déléguée des Tréteaux de France. Tout se passe merveilleusement bien. On comprend mieux ce que veut dire, être dans l’éternité du présent. On est bien là, on cueille le jour (tous les soirs).
Marion, l’amie de Marie, qui enseigne les gender studies, à l’université de Lille III, est venue au 11/19, jeudi dernier, invitée par Hvdz, pour parler du genre et de tout ce que, politiquement, ça révèle et bouleverse. S’en est suivie une conversation passionnante et passionnée. De la belle ouvrage !
La semaine dernière, nous avons présenté un travail à Paris, chez et avec les Turbulents. Une présentation très réussie, puisque les gens en sont ressortis très touchés, n’ayant pas manqué non plus de rire à ce spectacle qui mélange des choses graves et  beaucoup d’humour. Guy a dû s’absenter cette semaine-là, à cause d’un revers de santé. Nadège est à Calais et s’occupe de l’atelier de la Fabrikka, au Channel. Elle prolonge les expériences et la réflexion sur l’Utopie, au travers de textes, de discussions et d’improvisations. La semaine prochaine, on enchaîne à Wattrelos et on intervient à la la fac d’Arras. Dimanche, en huit, c’est le grand départ, pour Etampes et l’hôpital psychiatrique. Sans oublier tout le travail réalisé, en continu, par Marie, Gilbert, Antoine et Anne à l’école de la cité cinq de Loos en Gohelle et à l’administration et la production de Hvdz.

Au menu de la semaine…

Hier, Forbon, Maéva et Marie sont allés au 9 de coeur faire une collecte de berceuses pour le projet S.I.M.P.L.E. avec les femmes victimes de violences conjugales. On a fait un atelier le matin puis Marie et Maéva ont fait la cuisine pour que l’on puisse partager un repas ensemble et créer une confiance. Au menu, une soupe que Forbon avait ramené, un dhal que Marie et Maéva ont préparé et un gâteau à la banane. On a cuisiné sur des plaques électriques dans la salle d’atelier. ça sentait le cumin et le lait de coco dans tout le bâtiment…Les femmes ont tellement aimé le repas que Forbon et Marie n’ont pas pu partir sans écrire les recettes. Après le repas, on a fait deux groupes: Marie et Maéva avec une machine pour enregistrer et Forbon et Lydie avec une autre machine. Puis, chacun est parti faire des entretiens individuels avec les femmes dans l’intimité de leur logement. C’était des moments riches en émotion: rires, larmes, confidences.

Puis retour au bureau où coups de fil, mails, projets attendaient Marie. Journée de bureau qui a fini à 20H30.

Gilbert est allé à Amiens à la concertation pour la politique culturelle régionale. On attend avec impatiente qu’il nous fasse le compte-rendu de cette journée. Ce ne sera pas aujourd’hui car il est à Paris pour les caisses des congès-spectacle.

Pour Marie, ce sera: interview avec une journaliste ce matin pour le projet de la Redoute. Les répétitions commencent lundi prochain.  Tout le monde est pressé que cela commence. Cela fait trois ans que nous travaillons sur ce projet et nous sommes contents d’avoir mené ce travail jusqu’à son terme.

Cet après-midi, Antoine et Marie retournent à l’école Lamendin pour les ateliers avec les enfants autour des portraits multiples. Lucien viendra pendant ce temps au bureau profiter du calme de ce lieu pour réaliser le montage de son teaser Eperlecques. Forbon est en salle 2 pour continuer ses recherches autour de S.I.M.P.L.E.

Didier termine le premier volet de TROUBLE! avec les turbulents à Paris. Il y est toute la semaine. Marie et Gilbert iront le voir vendredi.

Deuxième jour à Beauvais

On a joué deux fois, déjà, à l’auditorium Rostropovitch. C’est une ancienne chapelle désacralisée, un lieu magnifique, plein les deux soirs de spectacle. Nous reste un soir, ce vendredi et on rentre dans notre bassin minier du Pas de Calais. Ce soir, on a cité Lacan, ce que l’on n’avait encore jamais fait dans la Brique, l’amour est une névrose obsessionnelle. C’était à propos de Touzenbach et d’Irina, dans les Trois Soeurs, quand on parle de la pièce de Tchekov, à la fin la Brique. Beauvais est une très jolie ville, très agréable. Une spectatrice nous disait, tout à l’heure, qu’elle avait quitté Beauvais, pour poursuivre ses études à Rouen et y travailler, puis elle est revenue à Beauvais, au moment de sa retraite. On est attaché à l’endroit de son enfance. Beaucoup de gens du Pas de Calais parle de cette façon de leur passé. On prend beaucoup de plaisir à jouer à Beauvais. C’est la ville où Jérémie Bernaert a grandi.

de l’utilité des agendas…

Déjà mercredi, le temps passe très vite lorsque l’on ne s’ennuie pas.

Samedi soir, Lucien a fait sa soirée Carte blanche à Culture Commune. Tout le monde était très content de cette soirée ponctuée de plusieurs douceurs telles qu’une sortie de fabrique de Thomas Suel autour de « Sol » ou « Seul » suivi d’Eperlecques suivi d’un délicieux repas polonais et la soirée s’est achevée sur les chansons de Tomczac, lui, sa guitare, sa banane maracas  et son humour acidulé.

Dimanche, tout le monde chez soi, repos ou autre chose, la vie privée des membres de l’équipe (même si on se doute que cela intéresse nos lecteurs, lectrices) restera secrète.

Lundi, Gilbert et Marie sont allés au Sénat de bonne heure et de bonne humeur pour un colloque sur les droits culturels. Les droits culturels, c’est comment reconnaitre l’égale dignité de tou-te-s pour un mieux vivre-ensemble ou plutôt un meilleur faire-ensemble. Le pouvoir d’agir des personnes se développe quand nos savoirs sont reconnus. Cela développe de multiples questionnements, multiples, multiples…Une seule journée n’a pas suffi à faire le tour de la question. ll semble néanmoins nécessaire voire urgent que nous nous posions tou-te-s la question des droits culturels. La sénatrice du Nord a cité le travail d’HVDZ sur la Redoute en introduction de la journée.

Mardi, toute l’équipe s’est retrouvée le matin au bureau au pied des deux grands et majestueux terrils de Loos-en-Gohelle. On a si peu le temps de tous se voir cette saison que cela en devient effrayant parfois. Nos vies seraient-elles devenues des agendas ingérables? Enfin ceci dit, vu que l’on ne se voit pas souvent, on a été très efficaces. L’après-midi, Gilbert est resté au bureau faire des dossiers de subventions tandis que Anne, Antoine et Marie sont allés faire un atelier autour des portraits et des identités multiples (ah! ah! serait-il encore question de droits culturels?) à l’école Lamendin de la cité-ouest de Loos-en-Gohelle.

Mercredi: Gilbert est reparti à Paris, Guy, Christophe et Thierry à Beauvais pour la BRIQUE et Marie au bureau fait à son tour un dossier de demande de subvention pour Avignon 2017.

Et comme le dit un proverbe espagnol: « Demain est souvent le jour le plus chargé de la semaine ».

on a remis du gasoil dans le chopper

Ça turbine, chaque jour, à Hvdz. Ce matin, réunion où on a abordé mille sujets, de la Redoute avec les Tréteaux de France à No Border, Les Turbulents, Les Sublimes avec le Centre national des Arts du Cirque et nos actions artistiques à l’hôpital psychiatrique d’Etampes avec l’Agora, scène nationale d’Evry. Sans oublier prochainement les travail avec les jeunes de la région Valenciennoise, les entreprises du secteur et le Phénix, scène nationale de Valenciennes. Et la Fabbrika au Channel, à Calais. Ce matin, Anne était présente à Loos en Gohelle pour la réunion et elle enchaînait cette après-midi, par une intervention dans une école primaire, sur la cité 5 de Loos en Gohelle avec Marie et Antoine, un photographe. On a passé mille coups de fil. Pour trouver des soutiens dans nos actions. Et avoir les moyens de réaliser nos projets. C’était des retrouvailles car, à cause de nos nombreux déplacements à travers la France, on se retrouve assez rarement ensemble au bureau. Demain en avant pour Beauvais et la Brique. On a répété cet après-midi.