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Ne pas tenter de descendre tant que le train est en marche

Paris, Armentières, Lille, Arras,Vitry sur Seine, Gennevilliers. En voiture, en train, en bus, en métro. A coeur vaillant, rien d’impossible ! Et on remet ça demain, Paris demain soir, du côté de Vitry su Seine pour une réunion, le lendemain, avec l’agence régionale de la santé d’île de France. Autour de nos interventions à l’hôpital psy d’Etampes. En collaboration avec la scène nationale d’Evry, dans l’Essonne. On retrouvera la Seine à Vitry comme à Gennevilliers. Puisque que hier on était à Gennevilliers au théâtre 2 Gennevilliers. pour le spectacle 1993.

Soir d’hiver

 

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A la douleur que j’ai, que j’ai.

Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire! Où-vis-je? où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés:
Je suis la nouvelle Norvège
D’où les blonds ciels s’en sont allés.
Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A tout l’ennui que j’ai, que j’ai…

Emile Nelligan

On est tous menacé d’oublier

On se mélange dans ses propres souvenirs. Entre ce qui est vrai et ce qu’on a déformé, puisque les mots ne sont jamais totalement en adéquation avec ce qu’on a vécu (même si on s’appelle Jean Jacques Rousseau et qu’on est un promeneur solitaire du 18ème siècle). Pour y mettre de l’ordre, on recrée, on relit son passé de manière toute autre, exprès, avec une perspective différente. On adopte une attitude réflexive sur sa propre existence pour accepter de vivre ( il neige, quel est le sens ? ), pour en faire un tremplin pour aujourd’hui. On a plutôt intérêt d’ailleurs, sinon on se perd, on doute, on est sûr de rien, on se dit qu’on n’est pas fini. Et on pense, à quoi bon ? Puisque dans deux cents ans, qui se souviendra de nous ? Et de ce qu’on a vécu ! On devrait donner un titre à chaque moment de sa vie. Poser des repères comme sur une carte routière.

le mercredi midi c’est yoga dans la salle du Ceerd (on amène son tapis)

Belle journée de travail hier et repas diététique au bureau de la compagnie avec Marie, Gilbert, Laurent et Guy. Toutes sortes de très bonnes choses parfaites pour une alimentation saine et équilibrée. Manquait une petite marche sur les terrils noyés dans le brouillard et nous aurions atteints des sommets de bien être. A Loos en Gohelle. Sur le site du 11/19. Voilà une autre activité que nous pourrions donc menée au 11/19 : La zénitude en haut des terrils. Théâtre, diététique, marche réflexive et… piscine de Liévin. Et… space cake pour le goûter (selon les goûts). En co-construction avec le Bookkaffé de Bruay.

Un coup chi, un coup là, cha fait deux coups de passés.

Hier, grande partie de la journée à Valenciennes. Le temps est toujours aussi maussade. Il faut s’armer de courage pour se mettre en route. Nos routes du nord sont en permanence saturées. Aujourd’hui, on passe la journée à Loos en Gohelle. De Lille, faut compter une heure, de Fresnicourt le Dolmen, une vingtaine de minutes. Par un temps aussi brumeux, on ne voit pas le haut des terrils du 11/19. Ni la tour d’extraction du 19. Allez ! tout le monde al’ fosse ! Enfin mi, Gilbert et Marie.

Bonne rentrée

Tous à Fives, c’est la première réunion de l’année ! Tout le monde sera là. Les cahiers, les ordinateurs, les crayons, les stylos, les gommes sorties des sacs à dos et des sacs à main. Et direct au but, comment mettre en place une nouvelle et importante action sur tout la région des Hauts de France avec des adolescent-e-s, sur le thème de l’altérité ? Ceci devant déboucher sur un spectacle nécessairement co-construit.

Désespérer Billancourt

Le travail reprend. Réunion à Lille demain au petit matin. Autour de notre intervention au Grand Bleu. Et on dévide la bobine et tout ce qui s’en suit… C’est une année chargée, mine de rien. Tout comme le sera la saison prochaine. Pour ne pas être pris de court, pas de temps à perdre.

C’est le cinquantenaire de la révolution de 1968, faudra penser à faire quelque chose tout de même. On tient des propos anticapitalistes à tout bout de champ. On a participé à des mouvements de gauche radicale. On a manifesté sur des centaines de kilomètres. On s’est raconté comme émigré de l’intérieur (formule empruntée à Annie Ernaux), quand EriK Noulette ajoutait, l’intégration, ça se fait dans les deux sens. On peut dire qu’on a fait ce qu’on a pu de notre côté, essayer de comprendre comment fonctionne, comment s’adapter à la culture française légitime et légitimement bourgeoise et capitaliste… Ça n’a été que dans un sens, on est resté en dehors du coup. On est resté cantonné de l’autre côté de la barrière. C’est pure illusion et mensonge de penser qu’il peut en être autrement. Alors on pourrait organiser pour le cinquantenaire de la révolution de 1968 un festival de cinéma qui nous a toujours inspirés, gravé dans nos mémoires.

Godard et la Chinoise, Mourir à trente ans de Romain Goupil (qui aujourd’hui soutient Emmanuel Macron (faut de tout pour faire un monde ! ), Vive la Sociale…, Allemagne, Mère Blafarde de Helma Sanders… Fassbinder… Pasolini… Electre en Afrique…

Einmal hat Hans Jonas gesagt…

Hans Jonas disait dans la cosmologie grecque les fins (les buts moraux) sont situées dans la nature. Pour Kant, les fins ne sont pas domiciliées dans la nature. Il ne s’agit plus d’imiter la nature, de trouver son lieu naturel pour s’y ajuster car la nature a changé de sens. La nature n’est plus un ordre, c’est un chaos. La nature, ça n’est plus l’harmonie cosmique, c’est l’égoïsme des pulsions, hors de nous comme en nous, c’est une monde de force, c’est le monde de Newton, un monde de forces centrifuges et centripètes qui traversent l’univers de gravitation universelle. En nous, la nature c’est les penchants égoïstes, c’est ce qui nous pousse à dévorer les autres et pas tellement à limiter notre liberté pour laisser aux autres de l’espace vital. La nature, c’est l’égoïsme fondamentalement. La nature est suspecte. La nature est un repoussoir, ce contre quoi la morale va devoir lutter pour se réaliser. L’accord qui sera visé, dans la morale, ce sera l’accord avec l’humanité et non plus avec l’ordre cosmique ;  l’accord entre nous. L’idéal deviendra une seconde nature, une nature humaine. S’accorder entre nous et non plus s’accorder à l’ordre cosmique. Et c’est ça, les droits de l’homme. On ne sera plus dans la perspective d’Ulysse, qui veut retrouver son lieu naturel mais dans la perspective moderne d’un accord intersubjectif, un accord entre les sujets qui supposera une limitation de notre volonté de pouvoir, de nos penchants expansionnistes, de notre volonté de dévorer les autres, de prendre leur place et de leur faire du mal.