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Allez, Allez…

Nous en sommes à la deuxième partie de notre portrait de Capdenac. Moultes pérégrinations ont marqué nos pas dans la ville. De porte à porte aux conversations filmées, aux danses traditionnelles (où nous nous sommes initiés aux scottichs, aux rondes, aux bourrées, à la valse espagnole…), et ce matin, rebelote, avec le club de gym volontaire. Des rencontres et des rencontres où l’on demande  aux gens de bien vouloir poser devant chez eux ou de nous dire des phrases dans le lots des dizaines de citations que nous leur proposons (toutes plus littéraires les unes que les autres). Victor Hugo, Flaubert, Jaurès, Sartre, René Char, Benjamin Stora, Marguerite Duras, Godard, Jankélévitch, Nietzsche, Simone Weil, Louise Michel, Marguerite Yourcenar, Aragon. Tout le monde se prête volontiers au jeu. Nous sommes six de la Compagnie Hvdz mais si on compte les gens qui participent au film spectacle, à l’heure d’aujourd’hui, nous sommes déjà plusieurs centaines. Nous n’avons pas usé de tous nos protocoles, Marie, Lucien et Mourrad vont parcourir Capdenac en offrant des chansons en souhaitant entraîner les gens dans la ritournelle, qu’ils n’ont de cesse de répéter. Cadeau. Comme cette bouteille de Porto banc que nos amis portugais du club de foot nous ont offert après notre entrevue dans leur local près de la gare. Nous avons retrouvé notre ami Daniel qui est chorégraphe-répétiteur des danses traditionnels le lundi soir à la salle des fêtes et il participe à la gym volontaire du mardi matin.

Sur le chemin de l’école…

Nous sommes donc partis faire en attendant Godot avec la classe de CE1-CE2 de l’école Pierre Riols. C’était super. Ils ont une institutrice hyper motivée qui avait déjà préparé notre venue. Les enfants savaient tout du projet. Elle a même prévu des activités autour de notre venue pour cette après-midi. Les enfants étaient adorables et à fond dans le projet. Lucien et Marie ont passé deux heures avec la classe de CE1-CE2 pendant que Mourad et Béné étaient avec la classe de CE2 et la classe Ulysse pour faire des photos-souvenirs et des photos de classe. Mourad a fait une démonstration de percussion corporelle à la récré.

Vous verrez le résultat dans le film-spectacle de vendredi à 21H à la salle AGORA.

Dans tous les cas, la compagnie était remise de ses aventures matinales et on a échappé à cette réaction des enfants (ci-dessous) si on était arrivé avec la tête de Tahiti BOB.

Capdenac gare ou gare à la panne…

A 6H45, ce matin, Marie se lève pour prendre sa douche avant les colocs de l’appartement de Derrière le Hublot afin que tout le monde puisse prendre sa douche et partir pour 8H30 à l’école primaire afin de rencontrer les 3 classes prévues. Elle se brosse les cheveux (Marie a les cheveux frisés et quand on brosse les cheveux frisés, il faut forcément les laver car sinon on ressemble à Bozo le clown), et, avec détermination et les yeux encore un peu collés, rentre dans la douche et là, pas d’eau. Le drame, elle ne peut pas aller avec sa tête de Tahiti Bob rencontrer les enfants, ils vont avoir peur. Elle se met à chercher dans l’appartement l’arrivée d’eau mais ne comprends rien. Elle tourne 20 minutes avant que Lucien ne se lève et ne lui avoue sa mésaventure sus-citée. Il lui dit quand même: « J’avais laissé un mot ». Elle lui répond: « bah, je l’ai pas vu, il faisait noir ». Il rallume l’eau au rez-de-chaussée et la douche-hammam peut commencer. L’eau est désormais jaune et l’eau pour faire le café aussi. Peut-être allons-nous attraper une maladie gastrique ou pulmonaire, on pense à la légionélose. Pour l’instant, RAS.

Tout est donc rentré dans l’ordre. On est parti à 8H20 de l’appartement, lavés à l’eau jaune et à l’heure, pour rencontrer les charmants enfants de Capdenac et environs.

Calme et tempête

Hier soir, nous arrivons en retard au Qi Gong, et c’est pile l’heure du début du cours. Tout le monde se place, il est trop tard pour faire de la pub, alors nous prenons part au cours. Le Qi Gong c’est des gestes lents et répétitifs, contemplatifs pourrait-on dire : un des gestes s’appelle « la transformation des nuages ». Il s’agit d’être dans son corps, de travailler sa fluidité, son souffle, etc. Mourad qui a peur de s’endormir nous abandonne vite. Marie reste jusqu’au bout, mais sur elle la pratique n’a rien d’apaisant, et elle finit à la pause complètement crispée. Lucien et Martine sont plus enthousiastes, la lenteur c’est leur truc. Et puis quand même ça tire, ça fait mal au bras, elles n’ont pas l’impression d’avoir perdu leur temps. On profite de la petite pause pour rencontrer le professeur, qui ne savait pas non plus que l’on venait, on lui donne rendez-vous pour aujourd’hui à 14h30. Et puis, vite vite vite on arrive à distribuer des tracts et à parler du spectacle de vendredi à la moitié du groupe (il y a une quarantaine de personnes présentes à cette séance, qui font les gestes ensemble, ça ressemble à un ballet en suspension).

On rentre manger et comme nous savons que c’est le moment que vous préférez de ce séjour à Capdenac-Gare voici ce que l’on nous a concocté : de l’aligot avec des saucisses. Plus bourratif tu meurs. Marie est ravie, c’est elle qui avait discrètement (avec insistance) glissé l’idée de ce repas à nos très chères faiseuses de miracles culinaires. On est heureux.ses et repu.e.s. C’est lundi soir, et alors que Guy et Béné sont au cours de danse traditionnel, le reste de l’équipe se couche très (très) tôt.

Mais voilà, quand Lucien se couche tôt, il se réveille dans la nuit. Et, il ne saurez vous expliquer pourquoi, il décide à 4h du matin de prendre de l’eau chaude au lavabo de la salle de bain. Il ouvre le robinet qui était jusque là surmonté d’un petit mot « Ne pas utiliser l’eau chaude !!! ». L’humidité a fait plier cet avertissement, c’est la nuit, tout est oublié. Et on apprend enfin pourquoi il ne faut pas ouvrir ce robinet : il ne peut pas se refermer. Alors, voilà Lucien tout penaud, avec son petit pyjama, qui se met à suivre les tuyaux d’eau pour trouver où se trouve le robinet général. Une fois qu’il a fait toutes les pièces de l’appartement, il doit se résoudre à sortir sur le palier, puis descendre au rez-de-chaussée couper l’eau. Il laisse encore un petit mot dans le salon à ses colocataires pour les prévenir de la situation. Il est 4h30, il retourne se coucher en pensant qu’il a très bien fait les choses, mais il ne sait pas encore que bientôt, de sa faute, Marie sera crispée à nouveau.

L’homme au vélo…

Au grès de nos errances dans les rues de Capdenac, lors de nos portes-à-portes, nous avons rencontré cet après-midi, Jean-Jacques Civalero, par hasard.
Il est sur son vélo près du bistrot de Paris, nous étions en train de taper aux portes et il nous dit tout de go: « Venez chez moi voir mon travail! ».Vous commencez à nous connaitre, on dit oui, et on se laisse guider. On le suit. Il est sur son vélo, il tient absolument à ce que nous soyons sur le trottoir. On passe devant l’église, il nous parle des vitraux. On devine déjà qu’il aime la matière, le verre dans sa façon d’en parler. Pas loin de là, il ouvre une porte et nous entrons dans une cour. Il nous dit que c’est sa cour mal rangée. On rit car, effectivement, on ne peut pas le contredire. Il nous fait rentrer ensuite dans son salon. C’est une salle d’exposition où il a une partie de ses oeuvres et celle de ses ami-e-s artistes. C’est beau, on ne peut pas dire le contraire, c’est inventif, c’est surprenant, c’est mécanique. Jean-Jacques est plasticien, ni sculpteur, ni peintre, ni horloger…il est tout à la fois. Il sait même rendre prisonnier le verre du métal en fusion. On n’a pas réussi à savoir comment il faisait. Marie a posé quatre fois la question mais Jean-Jacques lui dit que s’il lui dit, il va devoir la tuer ou l’emprisonner dans une oeuvre, elle n’insiste plus.

Il nous explique ces travaux, les histoires qui vont avec, il nous emmène ensuite dans son atelier. Il nous fait remarquer (mais là aussi on avait remarqué) que cet atelier est mal rangé. Le ménage a l’air de contrarier Jean-Jacques, on le comprend. Cet atelier regorge de petites choses étonnantes: des map-mondes, du verre, de la lumière, des marteaux, des machines, des bonhommes oscar…On regarde, on veut prendre des photos. Jean-Jacques nous menace de nous demander « plein de gros pognon » si on les diffuse. (C’est valable pour toi, lecteur-trice car nous allons mettre quelques photos des oeuvres de Jean-Jacques dans le blog, ne t’avise pas de les voler pour les mettre sur des boites d’allumettes dixit Jean-Jacques). On comprend assez vite qu’il aime comme nous les blagues et le second degré. On y va donc tou-te-s à fond. Ce qui nous amène à retourner dans la cour nous asseoir pour enfin lui expliquer ce que nous faisons. Et hop, nous voilà à choisir des citations et puis parler de chansons. Il nous chante à qui mieux-mieux des chansons de Boris Vian. Cela lui va bien. Il nous dit qu’à Capdenac, il n’y a plus de muses. Muses de Capdenac, cachées dans vos 100 demeures fermées, faites-vous connaitre…

Le monde a besoin de vous, du moins, Jean-Jacques.

Appliques // Jean-Jacques Civarelo

le Ticktaalic // Premier poisson qui sort de l’eau il y a 370 millions d’années. Je lui ai rajouté des ailes // Jean-Jacques Civarelo

Le manège de la sorcière // Jean-Jacques Civarelo