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vers un monde égalitaire

Comme le temps passe vite ! Les deux représentations premières de « Qui redoute la Parole (acte 3) ? » ont déjà eu lieu, à Avion (62), mardi et mercredi dernier. Chaque soir, le spectacle a été suivi d’un long débat, d’un échange indispensable entre les spectateurs et les actrices et acteurs du spectacle. Nécessité de dire ce qu’il en est aujourd’hui de l’avenir des salariéEs et de l’entreprise. C’est typiquement le genre de spectacle qu’on ne peut arrêter au salut. Il faut discuter avec le public. Expliquer, raconter. Encore et Encore. Que les gens dans la salle fassent part de leur propre expérience. Qu’on réfléchisse à ce que l’avenir nous réserve, ouvriers-ères , intermittents-es du spectacle… Est-ce que la culture peut participer du changement du monde ? Si oui, de quelle manière ? Comment se rendre plus disponible, être davantage sur le terrain ? Sortir urgemment de l’entre-soi théâtral pour que les les réflexions et les luttes convergent !

On a vécu des moments d’intense complicité avec les Redoutables. On ne lâchera pas l’affaire. On a appris plein de choses sur le monde du travail. On a bien compris qu’on pouvait être heureux au travail si on est juste, intègre et qu’on prend en compte le bien être des gens aussi bien que l’efficacité de l’entreprise. Sinon à quoi ça sert tout ça ? A quoi ça sert d’enrichir une poignée de gens au détriment du bonheur de tous ? C’est bête, absurde, injuste, inhumain, infiniment violent et cruel. Et ça ne mène à rien de bon. On le sait bien. A de la violence, à l’insupportable.

Les murs ont bonne mine

Mardi verra la finalité de notre projet « Les murs ont bonne mine » avec le photographe Antoine Repeese.

Depuis novembre 2016, Antoine accompagné de Marie et anne travaille sur des portraits imaginaires avec la classe de Madame Marianski de l’école Lamendin.

A travers la photographie et l’écriture, ils ont dressé des portraits imaginaires, des portraits de super-héros, des portraits « mélangés » pour faire réfléchir les enfants à la question de l’identité, de la construction de son identité par le contact avec l’autre.

Voici quelques extraits et photos, un « avant-goût » du vernissage de l’expo qui aura lieu mardi à 16H30 à l’école Lamendin qui va voir ses murs extérieurs recouverts de photos géantes.

« Je n’ai peur de rien // J’ai un bouclier anti-tout et il est transparent // Je suis une fille et je suis forte, j’ai le pouvoir du feu // Je protège le monde entier //Je me lève très très tôt pour sauver les gens // Je peux manger des castors // J’aide les gens grâce à mon super pouvoir: je lance des rayons-laser à l’aide des pommes vertes…je suis super Pomme…

MERCI!

Notre projet autour de la Redoute a vu sa finalité mercredi soir après deux belles représentations à Avion.

Nous sommes très fiers d’avoir mené ce beau projet avec les ouvrièr-e-s de la Redoute depuis, maintenant, trois ans.

L’avenir nous dira si ce spectacle continuera à tourner. Nous le souhaitons si fort. Pour nous mais surtout pour eux qui ont eu le courage de monter sur scène pour prôner la solidarité, l’importance de défendre ses droits, l’importance de la lutte…

MERCI encore à tou-te-s celles et ceux qui ont permis que ce projet aboutisse.

And a happy new year…

Tous nos voeux de bonheur pour cette nouvelle année qui démarre et quoi de plus heureux pour nous que de la commencer avec la première de

QUI REDOUTE LA PAROLE (Acte 3)?

Production: les Tréteaux de France, Centre Dramatique National
Co-production: Culture Commune, Scène nationale du Bassin minier du Pas-de-Calais au centre culturel Jean Ferrat / salle Aragon à Avion.

La Compagnie Hendrick Van der Zee veut rendre la parole aux ouvrièr(e)s de la Redoute, victimes d’un plan social. Ce sont eux qui nous racontent leur lutte. Place à leurs paroles !

La redoute a traversé le siècle de l’histoire du Nord. Elle a inventé une façon de vivre ensemble au travail en faisant confiance à un capital essentiel : ses ouvrièr(e)s et employé(e)s. Résultat à la fin du siècle : une marque connue dans le monde entier. On pourrait croire à un conte de fée, mais voilà que le rêve est devenu cauchemar… Un capitaine d’industrie est arrivé et bazarde l’entreprise pour un euro. Résultat : un plan social, des ouvriers sur le carreau, une lutte fratricide entre eux pour sauver leur entreprise. Un spectacle sincère et émouvant, fruit de leur résistance.

ESPACE CULTUREL JEAN FERRAT / SALLE LOUIS ARAGON / AVION

17 et 18 JANVIER / 20H

Renseignements et Réservations – Tél. : 03 21 79 44 89
Tarifs: 10 et 5 euros

photo: Bénédicte Alloing

Arno, to dance like a goose

Woke up in the morning /My dreams were real and wild/I open up my eyes and I found out I was a turtle/And my world turns upside down/Never tell the truth/Cause your word will taste like mud/I feel like a dog with a tad of lust/I’m chasing, chasing a ghost/Better to dance like a goose/Then to swim in the blues/Better to dance like a goose/Then to swim in the blues/I confess I’m a mess/Please save me with your body/You’re body the fruit of love/The fruit I adore/Better to dance like a goose/Then to swim in the blues/Better to dance like a goose/Then to swim in the blues/Better to dance like a goose/Then to swim in the blues/Better to dance like a goose/Then to swim in the blues.

Pour un dernier jour de l’an

C’est une bonne idée d’être allé jouer au Bookafé. Comme le dit Maggie, tous les ami-e-s étaient là. Une belle fête, un belle occasion de se revoir. Le Bookafé est un lieu magique. Quelle réussite !

Plein de belles initiatives ont vu le jour ces dernières années, dans le bassin minier qui peu à peu se relève d’un passé qui n’est pas passé. Faudrait que Le Louvre- Lens marche à plein et ça ferait un arc en ciel de plus dans le paysage minier. Il y a aujourd’hui plein d’endroits à visiter dans le secteur. Et des randonnées à parcourir qui empruntent les cavaliers (les anciennes voies de chemin de fer des mines). Partir pour une journée, aller faire un tour à Cambrin dans la réserve d’oiseaux, sur les passerelles aménagées, au dessus des marécages du Cambrinois et parcourir quelques kilomètres autour des terrils du 11/19. Prendre une boisson chaude et un gâteau au Bookafé. Aller au musée du Louvre et finir la soirée par un spectacle à Culture Commune ou au neuf/ neuf bis à Oignies, pour un concert de musique moderne.

au Bookafé, à Bruay

On a joué chez Maggie, au Bookafé, à Bruay- Labuissière, la semaine dernière. C’était sacrément agréable. Maggie et Anaïs nous ont accueillis avec beaucoup de sympathie et de complicité. On a bien ri. Ce fut un vrai moment de bonheur. Le café était plein et il a fallu pousser quelques tables pour que tout le monde puisse entrer. Le Bookafé est un endroit merveilleux où il se passe mille choses, plus humaines les unes que les autres. Ça vaut le détour et surtout ne pas hésiter à y retourner. Tous les ami-e-s étaient là. Tout le monde a donné un coup de main au démontage. Christophe s’est débrouillé, à la technique, comme un chef. En somme, une bien belle soirée, qu’on a finie en mangeant des chocolats Jeff de Bruges. A l’image de la journée, un vrai délice. Maggie a travaillé un peu plus de dix ans avec Hvdz. Elle a fait un break, voici deux ans, pour voyager. Elle est allée au Québec. Elle en est revenue quelques mois plus tard avec l’envie d’ouvrir le BooKafé. Et ça marche !

On avance, on avance

On reprend lundi à 10h mais peut-être que j’irais faire un tour, au bureau, avant. J’y réfléchirai à l’avenir. A tout ce qu’il reste à faire et tout ce qu’on a déjà fait. Y a pas à rougir, il y a eu du travail de fait. On s’est bien pris la tête pour savoir quel théâtre on devait faire : un théâtre pour lequel on se lève tôt pour aller recueillir la parole des gens. Un théâtre où l’on projette des images, un soir, sur la musique de Cat Power , sur les murs du lycée des Flandres à Hazebrouk. Pendant que les lycéens attendent leur autobus. Un théâtre où on danse la valse, avec qui veut bien, à la sortie de la messe, n’importe quelle messe. Parfois sous la pluie comme à Rexpoede. Un théâtre de rencontres et création. On a inventé notre propre théâtre, parce que celui qu’on aurait dû faire, nous maintenait trop loin des gens. On s’est dit, que si on voulait un théâtre de développement durable, il fallait qu’on se rapproche le plus possible des gens. On l’a pas mal fait et on le fait encore. On ira jusqu’au bout comme ça (fin 2020). C’est un théâtre collectif, qui plus est, qui invite tout le monde à participer. Tout le contraire de la société de consommation.

Comme c’est dommage !

La semaine prochaine, on reprend le travail. Après les fêtes de fin d’année. On a des affaires en cours : le spectacle, Qui redoute la parole, Acte 3,  avec les ouvriers-ères de la Redoute, que l’on construit, pas à pas, depuis trois ans. Elles luttent avec la direction de l’entreprise qui, pour changer la Redoute, a décidé de se séparer de plus de mille salarié-e-s. Elles veulent être écoutées et qu’on prenne en compte leur situation sociale et familiale, pour obtenir les moyens et les conditions d’une vie digne, après avoir quitté l’entreprise. Le combat est rude, il est inhumain du côté des patrons de la Redoute. Tout cela crée des situations de douleur, de violence, de maladie chez les ouvrier-ères qui ne peuvent supporter d’être traité-e-s avec tant de mépris. On présentera le spectacle, salle Jean Ferrat, à Avion, les 16/17/18 janvier 2017. Le travail de répétitions se passe très bien. Néanmoins, on est totalement incompris par les Tréteaux de France qui financent le projet, qui voulaient qu’on fasse un spectacle avec des professionnels et ne supportent pas qu’on ait engagé professionnels et amateurs. Ils refusent donc d’en faire la promotion. Pourquoi ? On a tant travaillé à la Redoute, à Wattrelos, depuis trois ans (avec les Tréteaux qui nous ont courageusement soutenus). Pourquoi nous en vouloir autant, maintenant, au dernier moment ?

un petit mot qui nous va droit au Coeur…

Coucou Marie, Martine, Didier, Lucien, Jérémie et Monsieur le technicien
dont le prénom m’échappe. Merci pour cette jolie semaine en votre
Compagnie. En vrac, j’ai aimé votre enthousiasme, vos talents
complémentaires, votre belle complicité et votre disponibilité. Je
retiens l’optimisme débordant de Lucien, son énergie d’une délicatesse
infinie et ses bras tellement rassurants. Didier m’a emmenée là où tout
est possible avec une douce rigueur nécessaire. Marie a, elle aussi, la
maîtrise des moments, des gestes, des regards et des mots et un sens de
la dérision exemplaire. Martine, j’ai l’impression de l’avoir toujours
connue ! Avec Martine, j’ai senti une proximité immédiate et simple, une
sorte d’évidence pour parler de la vie et du spectacle et c’est plus
qu’une rencontre, c’est une manière de prendre soin l’une de l’autre. Un
truc un peu magique ! Jérémie a eu la gentillesse de me montrer un peu
de technique avec la mise en place du travelling. Je sais maintenant ce
que sait qu’un fondu exponentiel ! J’ai aimé ses silences et son
isolement au plus près du radiateur et la beauté touchante de ses
photos. Je retiens aussi tous ces petits moments aux sonorités
mystérieuses : les petits protocoles, les citations, les portraits
chinois, l’adage et la flash mob et chanter pour des gens et régler un
micro et toucher une caméra ! Et filmer Marie qui se prend pour une
tourte pendant qu’un résident exhibe, sous nos yeux ahuris, une de ses
dents fraîchement arrachée par ses soins ! Nom d’une pipe en bois,
quelle semaine ! J’ai l’impression de revenir d’un long et beau voyage.
Reposez- vous et passez de belles fêtes de fin d’année. Et Martine doit
aller voir son médecin lundi matin !

Affectueusement. Sylvie