Ça n’a pas de fin à la fin

Je ne me pardonnerai pas plus d’être moi que je ne vous pardonnerai d’être vous
Je vous enviais vos dons, votre argent, vos familles : les railleries dont vous accabliez vos parents n’étaient qu’une élégance de plus, un signe de plus, un signe de votre bourgeoisie, comme les costumes que vous vous faisiez faire à Anvers, chez un tailleur flamand. La musique, la peinture dont vous parliez, il me semblait que  c’étaient des moyens subtils de m’exclure : tu le sais, le monde de la musique m’est complètement fermé ; je pourrais être sourd. Chaque fois que vous citiez « Le Prado¨, j’étais sûr que c’était pour me faire sentir que j’ignorais les voyages, Florence, Rome, Madrid.
Ce qu’il y a de plus intolérable, c’était de vous croire heureux, car je ne doutais pas de votre bonheur. Je vous en aurais pourtant voulu de gémir sur vous-mêmes, la souffrance n’était en vous qu’une attitude, et comme un talent, un luxe de plus. Le suicide même d’ Edouard dont j’ai entendu parler il y a quelques jours, m’a paru le dernier défi qui pouvait venir de vous, le dernier acte inimitable qui viendrez de vous.

Y a une route,tu la prends,qu’est ce que ça coûte?

Qu’est qu’on mettra encore en route d’ici les deux prochaines d’années ? On connaît le temps qu’il faut entre le temps de mise route d’un projet et sa réalisation. Surtout s’il s’agit d’un spectacle plus « classique » que les Veillées, Portraits et Instantanés pour lesquels on peut, au sein même d’une saison trouver la production, faire la dramaturgie des contacts, mettre en place la logistique et fabriquer le film-spectacle.

On pourrait adapter ce qu’on a fait à Bruxelles avec l’Esac (école supérieure des arts du cirque) et une école de cirque social du Bassin minier du bassin minier comme Circonflex dans le quartier de Cureghem à Bxls. On peut faire ça das le B.M ou ailleurs. (On va le proposer à Ales) Is n’ it

Ou une longue marche que les un-e-s et les autres rejoindraient à leur guise. On s’arrêterait dans les gîtes d’étapes et on donnerait des spectacles d’avant garde populaires, d’images filmées et de textes écrits tout au long de nos rencontres d’un point à un autre. Comme des compagnons du tour de France  ( avec les territoires d’Outre-mer ). Tu rigoles mais on est des capables (comme disent les québecois) pour ce qui est du rapport avec les gens et de les réunir  tous dans un même film-spectacle. Pour ce qui est d’être positif et de mettre les gens en valeur. Y a une route, tu la prends, qu’est ce que ça coûte ? Et on serait top, en ce qui concerne notre bilan carbone.

Rendez nous Mains d’Oeuvres

Quand on pense au travail qu’on a fait à Chalmazel-Jeansagnières et l’enthousiasme des publics, des artistes et des institutions à mener ensemble un projet de collecte de récits et d’images d’une beauté vertigineuse, on se demande pourquoi à St Ouen, dans ce qu’on appelle maintenant un Tiers Lieux, la préfecture et le maire ont décidé de jeter tout le monde dehors ( 25 salarié-e-s à temps plein et des centaines d’intermittents sont à la rue ) et de poser des scellés pour que le lieu cesse toutes activités, du jour au lendemain. Scandaleux. Mains d’Oeuvres est une fabrique mythique qui voit passer depuis des dizaines d’années plein d’artistes plus inventifs les uns que les autres et qui bossent avec les habitants des quartiers environnants. Une mixité sociale exemplaire à faire pâlir de jalousie tous les maires (bienveillants) du monde. Mains d’ Oeuvres a toujours soutenu l’émergence, la politique au sens joli du terme (le bien être commun) par la créativité et la culture. Fermer Mains d’Oeuvres pour d’obscures raisons électoralistes, c’est avoir un petit vélo dans la tête. S’il n’y avait pas eu Mains d’Oeuvres, fabrique fondée par Fazette Bordage, puis Culture Commune, Michel Dufour, La Belle de Mai à Marseille, Jean Bosco à Nevers, la Friche de Mantes la Jolie, Eric à Bordeaux dans une ancienne fabrique de chaussures, le Bruit du Frigo et Gabi… jamais on n’aurait eu l’idée de faire des Portraits de quartiers, de villages et d’intervenir dans les prisons, les Epsm, les collèges, les lycées techniques, ici et ailleurs. Jamais on ne serait allé à la rencontre des gens pour partager, mieux nous connaître et penser ensemble un autre univers. Monsieur le Maire de St Ouen, Monsieur le Préfet de Seine -St-Denis, j’en suis sûr, vous allez rétablir la barre et retrouver le droit chemin.

Pendant ce temps là, à la base 11/19

Pendant que le projet « Close to me » suit son cours de Lille à Compiègne, ça y est, la création de « No Border » a commencé à Culture Commune !

Depuis déjà une bonne semaine à vrai dire. La semaine dernière, la première partie de l’équipe est arrivée : Blanca et Sébastien sont circassiens, ils font du main-à-main. Mourad est danseur et percussionniste corporelle. Hervé vient du hip-hop et est selon Guy, le danseur de toutes les danses. Forbon s’occupe de la création musicale : il sera aussi sur scène pour la musique live et peut-être aussi pour la danse. Christophe est le régisseur général. Jérémie s’occupe de la création vidéo pendant que les danseurs-circassiens-musiciens travaillent les corps avec notre chorégraphe Pascaline et les percussions avec Johannes, qui leur enseigne le gum-boot. Le gum-boot, c’est une danse traditionnelle percussive qui vient des mineurs d’Afrique du Sud. C’est une danse de révolte, une danse de revendication, une danse qui tape du pied, des mains contre les cuisses et les mollets, des bottes en caoutchouc contre le sol.

Lundi, Nadége et Claire nous ont rejoint. Nadège, l’autrice du texte, sera aussi sur scène. Claire s’occupe de la création lumière. Depuis aujourd’hui, Simon est là pour la régie son. Ces derniers jours, la technique est à l’honneur au plateau pendant que les autres sont en salle de répétition. C’est encore le début, c’est encore tout frais, mais ça prend forme petit à petit. Si on passe dans la nef de Culture Commune, on peut entendre des corps, des voix, parfois un peu de musique. On a hâte.

Nous démarrons demain les répétitions et ce, pour les quelques semaines à venir.

Pour avoir mené quelques tentatives ici et là, à partir du texte de Nadège, No Border, nous avons décidé de scinder le spectacle en plusieurs parties. La partie centrale, pourrait-on dire, correspondra au texte dit par Nadège sur tout l’espace du plateau, inspiré des lectures que Nadège a faites à Avignon à Uzestes, Clermont Ferrand, Montluçon, Marseille, Aurillac (le festival), La Rochelle et Cergy Pontoise, Bagnolet…
Chaque lecture fut l’occasion de réactions enthousiastes des spectateurs.
Comme disait mon camarade Eric Lacascade, il y a fort longtemps, au Ballatum-Théâtre : « on sait qu’on a un bon texte » et quand on fait du théâtre, c’est le nerf de la guerre. Cela dit, cerise sur le gâteau, comme on dit, c’est non seulement un bon texte mais en plus un texte contemporain, d’une auteure vivante. Un texte écrit à partir d’une commande. Alors, si je peux me permettre cette remarque prosaïque, « on ne part pas de rien ».
Mais tout cela ne s’arrête pas là, puisque nous n’en resterons pas au texte et c’est peu dire. Le texte induira des moments dansés à la fois liés au texte et aussi parfaitement autonomes. Dès demain matin, après un café comme on sait bien le faire au 11/19 et la présentation de toute l’équipe (certains ne connaissent pas Zelda, Christophe, Johannes, Hervé et Mourad ; Marie n’est pas là mais Gilbert sera parmi nous), nous danserons : nous apprendrons le Gum Boots (danse des mineurs de fond en Afrique du sud (ça fait un lien fort avec le 11/19) avec Johannes et Pascaline, notre chorégraphe qui prendra ensuite le groupe en charge pour finir la journée. Pascaline nous échauffera chaque jour de 10H (tapantes ) à 11H. Puis après le repas elle s’emparera du plateau pour imaginer avec nous comment le texte résonne dans nos corps. Autant de possibilités à intégrer au fur et à mesure…
Jérémie, notre vidéaste va chercher du fond de nos archives jusqu’aux recherches plus récentes des possibilités d’images.
Mais le champ est vaste. Jérémie reste deux semaines avec nous. Il peut se servir des mots à projeter, des images en direct… libre cours à son imaginaire.
Forbon, c’est la musique, le champ des sons, des textes enregistrés, la danse aussi (Forbon est aussi danseur), Forbon est à la tâche depuis notre résidence à Béthune, il y a quinze jours de cela. (C’est là que Marie s’est déchirée le muscle du mollet droit).
Sébastien et Blanca sont tous deux circassiens, en main à main. Il et elle étaient avec nous l’année dernière à Dunkerque (stage de recherche d’une semaine). Nous nous sommes revus à Bagneux, près de Cachan, au plus petit cirque du monde pour trois jours de travail sur une de leurs nouvelles productions, Borderless.
Christophe, notre régisseur général a implanté le décor pendant tout le week end et il assistera Claire Lorthiois qui fera la création lumière. Simon nous rejoindra en fin de répétition pour magnifier le son.
Mourad est spécialiste des percussions corporelles, technique proche des Gum Boots.
Et Hervé, danseur de toutes les danses.
Mardi midi, on prend l’apéritif avec les salarié.e.s de Culture Commune. A Culture Commune, il y a toujours la possibilité d’une bonne bière.
Cette semaine Nadège n’est pas là, elle nous rejoint en tous début de semaine prochaine.

aller Anfang ist schwer

Dans une journée et demi, on sera dans le bain de No border. Réuni.e.s à la Fabrique, sur la Base 11/19 de Loos en Gohelle. Et l’autre partie de l’équipe sera au Grand bleu, à Lille pour un premier set de Close to me. Dimanche on se prépare pour être bien en forme lundi matin. Musculation, endurance. Courses à travers les bois. Piscine. Alimentation riche en protéines. Méditation. Concentration. Étirements. Sieste. Ping pong . Punching ball. Douche froide, spa, douche chaude, hammam. Vocalises. Yoga. Marche norvégienne. Longe côte. Aviron. Massage. Pépins de pamplemousse. Amandes. Boisson énergisante. Caféine. Théine. Fruits secs. Pushing up. Danse contemporaine. Danse traditionnelle auvergnate. Fitness center. Trottinette mécanique. Trampoline. Barre fixe. Maca. Chants polyphoniques corses. Valse à l’envers. Guitare. Manger léger. Saut à l’élastique. Tirs au but. Escalade des terrils du 11/19 en courant.

Chacun.e a reçu sa feuille de route

On rentre dans le vif du sujet dès la semaine prochaine ; une moitié de l’équipe répétera à Loos en Gohelle, à la Fabrique tandis qu’une autre partie entame Close to me, avec des ados de Lille, pour un premier spectacle en fin de semaine. On a du pain sur la planche. Ces prochaines semaines sont infiniment denses, de Lille à Compiègne, Loos en Gohelle et Bruxelles. On vous dira quoi, au fur et à mesure. En tous cas, on ne va pas s’ennuyer. Gilbert, notre administrateur a intégré le groupe des experts de la région, au titre du Synavi, syndicat des compagnies. On nous a plusieurs fois proposé d’adhérer au Syndeac, le syndicat des grosses boutiques de la culture mais nous nous y sentions à côté de nos pompes. Nos problématiques sont très différentes, et par là-même, nos budgets. Nadège P., l’auteure et interprète de No Border nous rejoindra la semaine prochaine, car elle est tenue de rester à Montluçon. Elle a signé un engagement d’écriture avec un autre établissement pendant toute la première semaine de répétition de No Boder. Alors on va danser du matin au soir avec Pascaline et Johannes.