Blog 26/04

En route pour des porte-à-porte

Quand on évoque avec les veilleurs éphémères les porte-à-porte à faire, ils parlent à chaque fois de « l’angoisse » du porte-à-porte. Aller sonner aux portes, au hasard ? Parler de ce qu’on fait ? Parler du film-spectacle et de BD ? Poser des questions et demander si on peut filmer les réponses ?
Mais heureusement, il ne faut pas être nombreux pour les porte-à-porte, donc ça calme les inquiétudes. Et ce matin, pendant que quelques uns se mettent en route pour les porte-à-porte, d’autres vont à la piscine municipale interviewer le maître nageur et faire des images, d’autres restent au QG pour un temps dédié à l’écriture.
En route pour des porte-à-porte.
Sonner aux portes, parler du film-spectacle, parler d’Etampes et de BD, poser trois questions, filmer les réponses.
– Si vous deviez comparer la psychiatrie à une musique ? – Une chanson qui soutien, et donne de l’espoir : le printemps de Vivaldi / Une chanson triste : le plat pays de Jacques Brel / Un mélodie calme au piano : un morceau de Chopin / Du rap.
– Si vous deviez comparer la psychiatrie à un plat ? – Une ratatouille / Un plat amer : des endives au jambon / Un dessert : un mystère / Un yassa très pimenté.
– Si vous aviez 3 mots pour décrire BD ? – Structure indispensable. Stigmatisant. Ouverture. / Enfermement. Ville dans la ville. Refuge. / Enfermement. Isolement. Espoir.
On nous dit que le BD en 1964-1965 était très différent de celui d’aujourd’hui : c’était fermé, maintenant c’est ouvert. Peut-être que c’est mieux pour les résidents de BD, mais ça gêne plus les habitants d’Étampes.
On rencontre une famille qui vient d’emménager à Étampes et qui n’est pas au courant de l’existence d’un hôpital à côté.
On nous dit que BD, ça a été une ouverture pour Étampes, ça a créé beaucoup d’emploi.
On nous dit qu’à Étampes, tout le monde connaît quelqu’un qui a été à BD, soit du côté des soignants, soit du côté des résidents, mais tout le monde connaît quelqu’un qui a été à BD.
On nous dit que la psychiatrie, c’est une maladie qui ne se voit pas, c’est immatérielle, complexe, mystérieux.
On nous raconte beaucoup de choses, avec toujours beaucoup de bienveillance. Cependant, on n’a pas souvent « la permission » de filmer, et l’essentiel de ces rencontres restera hors champ. Et, au final, on n’a pourtant pas du tout l’impression de rentrer bredouille au QG.

Blog 26/04

manger…

Et si je posais une question d’ordre éthologique mais pas trop sérieuse autour du comportement alimentaire des artistes ? Autrement dit : ça mange quoi, les artistes de la compagnie HVDZ en résidence à BD ?

Premier constat fait par Marie :  » on va mange beaucoup quand on est là ». La question est : pourquoi ? Je retiens plusieurs hypothèses. La première hypothèse est liée au climat et la capacité physique de chacun des artistes à s’adapter au changement car passer des Hauts de France à l’Île de France, demande à l’organisme un effort considérable et qui dit effort, dit calorie. La deuxième hypothèse vient de la notion de groupe car on mange plus quand on est à plusieurs et, inversement, on mange moins quand on est seul. Pour fabriquer le film-spectacle, on est toujours ensemble, on boit des cafés, on grignote et on mange bien à la cantine. On n’est jamais tout seul donc on mange beaucoup. La troisième hypothèse tient sur la concentration cérébrale pour avoir toujours, ou presque toujours, des bonnes idées parce qu’on se dit que manger, ça donne des forces et de l’inspiration. Alors on mange ! La quatrième hypothèse est en rapport avec l’éloignement géographique. Le Nord, c’est loin, pas trop mais quand même. Manger, ça rassure un peu mais parler nourriture aussi, ça fait du bien. Marie dit que chez elle, on ne mélange pas le poisson avec la mayonnaise. Je me rappelle que Lucien avait mangé 2 assiettes de tartiflette à la cantine et Jérémie a dit hier que la tartelette à la frangipane était délicieuse.

Le soir, les artistes doivent trouver une idée de resto parce qu’un artiste, ça dîne aussi ! Manger au resto de l’hôtel ou pas ? L’avantage principal est la proximité avec son lit ce qui est, pour certains et je ne pense à personne en particulier… en fait si, je pense à Guy, donc j’enlève le S à « certains » et je reprends, ce qui est donc un argument solide et peut-être le seul. Le premier soir, les artistes ont dîné à l’hôtel, du poisson, de la salade, du pain avec du chèvre chaud et des fraises melba. Le deuxième soir, une belle découverte dans un resto indien ou pakistanais ou même les 2. Un bon repas, une bonne soirée et l’éthologie revient au galop ici, précisément. Quand les artistes de la Compagnie HVDZ apprécient un resto, est ce qu’ils y reviennent le lendemain soir? Isabelle dit :  »  c’était bon, on y retourne, on sait qu’on va bien manger » et Guy approuve. Tout est simple. Faire ce choix, c’est aussi se priver d’autres belles découvertes culinaires et humaines mais c’est aussi, éluder la prise de risques. En allant vers ce qu’on connait, on évite les déceptions, les douleurs abdominales et les additions difficiles à digérer.

Blog 26/04

Illustration sonore // jour 2 // By François…