Blog 25/09

Valses magiques proposées par HVDZ

Quelle magnifique matinée sous le soleil, au pied des montagnes, à Saint Julien en Genevois ! On a tourné sur les valses de Strauss, à côté de l’église, sur la place des commerces ouverts le dimanche matin. On a tourné à en creuser le pavé, à brûler le caoutchouc de nos chaussures. Plus l’heure avançait, plus la musique était forte, plus on valsait vite. Les gens nous ont dit combien des moments comme ceux-là sont précieux, qu’il faut savoir profiter du moment présent et que la danse, c’est du bonheur en mouvement.

Blog 25/09

C’est pas parce que…

C’est pas parce qu’on habite à Saint-Julien qu’on aime la fondue savoyarde,
c’est pas parce qu’on habite à Saint-Julien qu’on a pas envie d’avoir une vraie salle de théâtre comme à Genève,
c’est pas parce que la Suisse n’est pas loin, qu’on aime les couteaux,
c’est pas parce qu’on habite à Saint-Julien qu’on travaille en Suisse,
c’est pas parce qu’on va à la Jam session qu’on danse forcément,
c’est pas parce qu’on est guide pour neige et sentier qu’on organise pas des randonnées en été,
c’est pas parce que le soleil est encore là, que ce n’est pas l’automne,
c’est pas parce qu’on est suisse qu’on est réglé comme un coucou,
c’est pas parce qu’on fait du théâtre au conservatoire qu’on a envie d’être filmé par la cie HVDZ,
c’est pas parce qu’on est boxeur qu’on est pas délicat,
c’est pas parce qu’on mange à la cantine de l’hôpital qu’on est malade,
c’est pas parce qu’on valse qu’on sait danser,
c’est pas parce qu’on est Saint-Juliennois qu’on aime la tome au génépi,
c’est pas parce qu’on est du Pas-de-Calais qu’on a pas le droit de manger des tonnes de tome au génépi,
c’est pas parce qu’on est une brasserie sauvage qu’on est pas poli,
c’est pas parce qu’on boit la bières des cimes qu’on fait des réunions au sommet,
c’est pas parce qu’on ne voit pas beaucoup la montagne et ses petits chalets qu’on est pas en Haute-Savoie,
c’est pas parce qu’on dort au Soli qu’on est ouvrier agricole.

Blog 25/09

Changement d’échelle

Rencontre avec une dame qui habite Saint Julien depuis toujours, elle nous parle des prés qui sont occupés aujourd’hui  par des immeubles et des infrastructures qui ne suivent pas toujours . Vu la nouvelle politique anti -immigration de la Suisse ,elle craint que tous ces immeubles restent sur les bras de la municipalité. Elle dit aussi que les changements fréquents de population ne favorisent pas la rencontre et que cet été, au bal du 14 Juillet,  elle ne connaissait pas grand monde. Pas simple de passer du village à la petite ville, de la petite ville à la ville moyenne, de la ville moyenne à la ville qui grossit tous les jours .

Blog 25/09

la Valse et Amély

Ce matin, nous sommes tous allés proposer aux habitants de Saint-Julien-en-Genevois de danser la valse devant le carrefour Market. Plusieurs personnes se sont prêtées au jeu de la danse, baguettes de pain dans les mains, tomates cerises dans le dos. Une dame a dit à Guy: « C’est magique, je revis »!

On n’avait pas la prétention d’aller jusque là mais on ne peut pas dire que cela ne nous a pas touché en plein coeur.

Amély nous a rejoint les bras chargés de nourriture car, aujourd’hui, c’est dimanche et dimanche, on ne peut pas aller manger à la cantine de l’hôpital. Alors, on va faire comme toutes les familles traditionnelles: on va manger ensemble un poulet rôti, le fameux poulet rôti du dimanche midi.

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À quoi tu penses ?

On part avec un appareil photo et un dictaphone pour l’une des séquences du film-spectacle, une série de « À quoi tu penses ? » On demande à une personne, rencontrée dans les rues de Saint-Julien, de penser à quelque chose, on la photographie en train de penser à cette chose-là, ensuite, on lui demande de nous dire à quoi elle pensait, on enregistre sa voix. Dans le film, on verra la photo de la personne, en entendant sa voix nous expliquer à quoi elle pensait à ce moment-là.
Entre deux rencontres de « À quoi tu penses ? », on reparle entre nous de La Diligence, où, une partie de l’équipe, venue en amont pour préparer le portrait, avait vu le patron refuser un café en terrasse à un homme, parce qu’il était étranger. S’en était suivi un tas de commentaires racistes du groupe avec lequel le patron était attablé, des « il n’a qu’à rentrer chez lui » (à relire, sur le blog, l’article du 9 septembre : « le ver dans la pomme… »).
Et puis, on continue notre recherche des « À quoi tu penses ? ». On rencontre cette dame, en terrasse à En Apar’Thé. On lui raconte qu’on fait un portrait de Saint-Julien, on la photographie, on enregistre ensuite  ce qu’elle nous : « En fait, c’est très sérieux, je ne suis pas forcément très sérieuse tout le temps, mais, je pensais aux migrants. Ça me préoccupe beaucoup, particulièrement les enfants évidemment. Et je me dis, les pauvres qu’est-ce qu’ils doivent vivre. Et alors, je pense inévitablement à Calais parce qu’on sait qu’il se passe des choses terribles là-bas et c’est dur. Et en même temps, il faut aussi se dire qu’il y aura peut-être quelque chose de bien qui sortira. Faut jamais perdre l’espoir. Voilà. »