Artistes et société

Au début de cette première partie de la création, je n’avais pas une idée claire de ce qu’étaient les objectifs pour ces deux semaines. Mais maintenant qu’on a presque fini cette partie, je suis arrivé à comprendre qu’en fait c’était une rencontre entre nous et le quartier.
Par rapport à ça, je crois que on est arrivé à mieux comprendre c’est quoi le lien de l’ESAC (nous) et le quartier que nous entoure. Moi, personnellement je pense que grâce à ces 10 jours, j’ai commencé à penser plus à mon rôle, comme artiste du cirque, par rapport au quartier. L’expérience m’a fait remarquer qu’il ne faut pas que nous nous considérions à part, séparés de l’endroit dans lequel nous faisons notre “art”, parce que parfois je crois que nous, comme artistes du cirque, pensons que nous sommes dans certaine une façon “supérieurs” à la société dans laquelle nous vivons. Du coup, je suis reconnaissant, pour ces deux semaines que j’ai passées, pour me rappeler qu’on fait partie du quartier, et qu’on n’est pas en dehors.
Plus globalement, ça m’a fait pensé au rôle des artistes dans la société. Est-ce que les artistes servent la société ou est-ce que c’est la société qui donne la structure dans laquelle les artistes peuvent exister ?
Patrick

Après deux semaines

My experience with this two weeks have been that Circus can help kids that have a disability or have problem at home. Them come away from there problems for some hours and can help. Then think about some thing els. I have seen that circusfelx is a place that is really good for kids to go to after school to exercise and find friends and a lot more. But for me I feel that I have not had a hard time talking to The kids or communicating with them because we have been communicating through Circus and that work great. This two weeks have been hard but fun and I have learned a lot from this experience with working with all this new people, and see how kids that have problems at home can feel so much better of doing Circus.

Mon expérience au cours de ces deux semaines a été de voir que le cirque peut aider des enfants qui ont une instabilité ou des problèmes chez eux. Ils sortent de leurs problèmes pour quelques heures et ça peut les aider à penser à autre chose. J’ai vu que Cirqu’Conflex est vraiment un bon endroit où aller, pour les enfants après l’école, pour s’entrainer, pour trouver des amis et beaucoup d’autres choses. Mais pour ma part, je sens que je n’ai pas eu de difficulté à communiquer avec les enfants parce que nous avons communiqué à travers le cirque et que c’était un super travail. Ces deux semaines ont été difficiles mais chouettes, et j’ai appris beaucoup de cette expérience à travers le travail avec des nouvelles personnes et en voyant comment des enfants ; qui ont des problèmes à la maison, peuvent se sentir mieux avec le cirque.
Carl

Après on verra bien

Dernier jour à Cirqu’on flex. On est allé à la gare du Midi, on a présenté une fois ce que les trois groupes avaient préparé en début de séance à l’Esac. Après le deuxième groupe, un policier de la SNCB nous a demandé de partir car il faut une autorisation pour faire du spectacle dans la gare. On a fini notre expérience au bout du grand hall de la gare ; le troisième groupe a pu jouer ce qu’il avait préparé. Comme il fait un froid de canard, à l’extérieur comme à l’intérieur de la gare, on a fini la journée de travail dans la chaleur des locaux de Cirqu’on flex. On a tous écrit un texte sur la journée ou sur les quinze derniers jours  passés à Cirqu’on flex et dans le quartier de Cureghem. Les journées ont été très longues pour tous puisque les cours démarrent à 8h30 à l’école pour terminer quasiment chaque jour à 20h30 avec Hvdz. On attend avec impatience quelques journées de repos. Dès la semaine prochaine, nous répèterons dans le studio de l’Esac tous les après-midis de 14h00 à 18h00. On espère qu’on saura disposer avec inspiration de tout ce qu’on a accumulé. On passera en revue le matin toutes les possibilités de montage et démontage et bricolage d’un spectacle probable dont on dévoilera un premier jet jeudi prochain à 15h00.

Les beaux abattoirs de Cureghem

Les 5 étudiants de l’ESAC qui étaient cette après-midi avec les enfants de l’acro et les enfants de Cirqu’en Presse pour danser aux abattoirs l’ont tous dit.
Fabio : Les abattoirs de Cureghem, ce serait bien de retourner là-bas avec les gens de la promo. Ce serait bien de faire quelque chose là-bas. Il faut demander à toute la promo, parce que c’est très beau.
Cécilia : C’est vraiment un espace très beau.
Patrick : Un lieu impressionnant.
Luka : Super.
Carl : Good.

Oui, on est une famille

C’était au Bazar, à la maison des jeunes, avenue Jean Volders. Paul, Emilia et Carla raconteront ensuite aux autres étudiants de la promo de l’ESAC que, là-bas, ils ont croisés des enfants très intéressants, très intéressés, très curieux, très vivants, des enfants qui posaient beaucoup de questions.
« Vous avez quel âge ? » « Qu’est-ce que vous faites dans le cirque ? » « Et comment vous faites ça ? » « Et pourquoi ? »
Et puis, à force de regarder attentivement les trois circassiens leur parler, les enfants finissent par poser cette question-ci :
« Mais…, en fait…, est-ce que vous êtes une famille ? »
Après un tout petit temps d’étonnement quand même, Paul répond finalement sans hésiter :
« Oui, bien sûr, oui, on est une famille. »
« … »
« Une famille de cœur. »

Tout faire pour que l’autre y arrive aussi

On était dehors pour jongler et faire essayer le jonglage aux gens qui passaient devant la Maison Communale d’Anderlecht. Un enfant du quartier viendra, prendra des balles et restera longtemps avec nous. Ce garçon est très vite sous l’aile d’Assad qui a envie de transmettre. Assad est un jeune jongleur très doué du groupe multi-cirque du mercredi après-midi à Cirqu’Conflex. Il va tout expliquer, tout montrer, autant de fois que nécessaire : tu devrais lancer comme ça, tu devrais mettre ta main comme ça, c’est au moment où cette balle-là est en haut que tu lances celle-ci. Assad, avec une grande patience, beaucoup d’attention et beaucoup d’envie, fait tout pour que ce nouveau jongleur y arrive aussi.

 

jongler et parler du spectacle qu’on fabrique et rencontrer des gens dans le quartier

Offrir du jonglage.
Proposer aux gens d’apprendre à jongler (c’est surtout des enfants viendront).
Parler du spectacle qu’on fabrique.
Si ton œil était plus aigu, tu verrais tout en mouvement.
Et Leoni qui donne des flyers, qui parle de Cirqu’Conflex, de l’ESAC, des petites formes qu’on propose dans la rue, du spectacle, de la première qui ce sera mercredi 30 janvier.

 

Dans la peau d’une œuvre d’art

Demain nous irons dehors, avec l’atelier acro-enfants, pour proposer des « petites formes » dans le quartier de Cirqu’Conflex, Cureghem, du côté des abattoirs cette fois-ci.
Les enfants de Cirqu’en Presse, que nous avions aussi rencontrés mercredi dernier, vont se joindre à nous. On espère pouvoir lire bientôt leurs prochains articles.
La semaine dernière, nous avions pu découvrir le « Dans la peau d’une œuvre d’art » de Jessica.
« Bonjour,
Je m’appelle La Joconde.
Pour moi, c’est très difficile d’être une œuvre connue par beaucoup de personnes.
Comme je suis une œuvre célèbre, j’habite dans un musée, le Louvre. C’est le musée le plus connu en France. Je suis une œuvre créée par Léonardo da Vinci. Il est très connu lui aussi. Comme je suis connue, je coûte très cher. Comme je coûte beaucoup d’argent, ils m’ont remplacés par une fausse. Ils ont peur que je sois volée. C’est pour cela que je suis bien cachée dans un endroit sombre. Il fait vraiment très noir. J’ai peur dans le noir.
Est-ce que un jour je sortirai de là ? »

Questionner notre création

Aujourd’hui je me suis demandée si j’essaie trop de plaire et satisfaire la création, les directeurs. Je ne veux pas faire ça ! Comment suis-je dans le groupe ? Quelle rôle est-ce que je „joue“ ? Est-ce que les autres me jugent parce que je dis quelque chose avec lequel ils ne sont pas d’accord ?
Moi je ne sais pas non plus où on va aller avec cette création, mais j’essaie de trouver mon plaisir dans ce qu’on fait. Mais est-ce que c’est moi, où est-ce que je le fais parce que je sens que je devrais être comme-ci ou comme-ça ? Je suis en train de trouver ma position et mon intérêt. Les autres peut-être aussi ? Et ça c’est okay et c’est bien d’être en échange. Même si on ne se comprend pas toujours. Je veux essayer de communiquer sans violence.
Je veux être moi-même et je me souhaite d’accepter les autres sans vouloir les changer. Je pense que c’est connecté avec la confiance.
Don’t doubt the people doubt the material.
Trois phrases de Didier que j’ai bien aimé aujourd’hui :
„Est-ce que on peux partager quelque chose, en tant qu’artiste, qui n’est pas fini ?“
„On a souvent dans la tête : ce qu’on montre doit être parfait.“
„Quelles questions se posent pendant la création? Il ne faut pas toujours avoir les satisfactions et réponses.“
Leoni, 10.12.18