Mort aux riches

Sans les poètes qui voient l’invisible (G. Orwell, P.K. Dick), il est difficile de répondre aux questions de la vie. Les poètes appartiennent à la culture de la honte et du tragique. Ils appartiennent à ceux qui sont vraiment divins. Ils appartiennent à ce qu’on appelle les mystificateurs, les menteurs. Tragique, la honte du mortel, c’est qu’on ne sera jamais immortel.

Certains se prennent pour des dieux ou pour Napoléon, ceux qui sont infiniment riches et dominent notre monde ultralibéral. Ceux qui ont cru qu’ avec beaucoup d’argent, ils viendraient à bout de tout. Qui ont placé l’économie en première place des mythologies sacrées de notre monde moderne. En usant des poisons comme de remèdes (Serviers est typiquement celui qui se prend pour un dieu). En délaissant les hommes au profit de l’argent-roi. Peu importe les humbles qui meurent puisqu’ils se croient au dessus de tout ça. Et on se retrouve alors en guerre face à une ennemi invisible et l’hôpital n’en peut plus de manquer de moyens pour faire face à un virus (Némésis) qui nous rappelle brutalement qu’on a donné les moyens aux riches se s’enrichir toujours plus et aux hommes de bonne volonté, l’impossibilité de prendre soin des peuples.

COURTS-CIRCUITS Résidence de création 2020 / 2021

 

 

 

Guy Alloucherie entre en résidence pour une nouvelle création prévue au printemps 2021. Un court-circuit est une émotion qui entre en fusion avec une autre émotion, et tout s’enflamme. C’est l’étincelle qui met le feu !

COURTS-CIRCUITS c’est un banquet philosophique qui traverse les temps …

Sur fond musical,  Guy Alloucherie se raconte, nous livre des anecdotes, nous emmène dans son univers.  Il s’inspire pour cela  de son parcours professionnel, des rencontres autour des Veillées et Portraits et aussi du travail qu’il mène sur l’écologie et la biodiversité avec la chaîne des terrils. Il  commente, philosophe dans la mesure de ses moyens (sans en faire trop).

C’est l’histoire d’une compagnie et autres souvenirs …

Une première résidence de création qui commence demain à Culture Commune à Loos-en-Gohelle jusqu’au 20 mars !

Formation avec Nadège Prugnard & Guy Alloucherie : En-jeu majeur, l’acteur dans l’espace public

En juin 2019, Nadège Prugnard et Guy Alloucherie avaient animé une première formation à Avignon, autour de l’acteur dans l’espace public. L’aventure est reconduite, cette fois-ci à Marseille du 23 mars au 3 avril 2020 !
La Réplique et la FAI-AR s’associent à la Biennale des Écritures du Réel dans cette formation sur les enjeux de l’écriture, du jeu et de la direction d’acteurs dans l’espace public.
Ce stage se propose d’aborder l’acte théâtral par différents angles de réflexion et d’action : le corps, le mouvement, l’espace, la voix et l’improvisation. L’approche du jeu et de la mise en scène se veut résolument décloisonnée, portée par une écriture agitée par les secousses sociales, politiques et existentielles d’aujourd’hui.

L’ambition est d’outiller les artistes désireux d’incarner un texte impactant et engagé dans l’espace public à partir des états de présence et d’adresse de l’acteur. Favorisant un savoir-faire polyvalent, le travail s’appuie sur la rencontre des différentes disciplines des participants dont les propositions de mise en scène seront expérimentées dans l’espace public puis analysées


Du 23 mars au 3 avril 2020 à Marseille
Durée du stage : 
10 jours / 70 heures
Public concerné : comédiens ayant des droits à la formation disponibles auprès de l’AFDAS
Informations & inscription auprès de Joffrey : production@lareplique.org / 04 26 78 12 80
Date limite d’inscription : vendredi 28 février 2020

Plus d’informations sur le site de Réplique ainsi que sur l’évènement Facebook

 

« Plus jamais ça! » – 25 novembre 2019 à Douai

 

 

 

« Parler de ça parler de quoi!
Non! Mais qu’est-ce que vous croyez
que je vais m’offrir comme ça à la face du monde
non merci!
La peur est là à chaque pas
à chaque craquement de vie
oui j’ai peur
Il faut en déployer de l’énergie pour se battre contre ses démons
… allez respire, tranquille
T’as pas tout dit.
«… je n’ai plus rien de certitude qu’un cri
j’ai un rat dans l’estomac
j’ai la trachée qui brûle
le coeur qui se détache »

 

 

 

 

Ces mots, ces phrases, ces monologues ont résonné dans la salle des fêtes de l’hôtel de ville de Douai le 25 novembre 2019.

Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes

Et puis quoi encore!
4 ans plus tard sur le même plateau –  « Plus jamais ça!» le spectacle.

Christèle Marguerite Corinne Valérie Georgine depuis 2015 n’ont rien lâché, atelier après atelier, du besoin de parler de ce qu’elles ont subi, elles, femmes victimes de violences conjugales.

Elles reviennent de loin et elles sont debout là à projeter leurs textes et à danser même si les corps font mal, encore.

Fraternité, solidarité et nécessité absolue de dire, de témoigner pour se RE-CONSTRUIRE.

C’est avec Madame Bonnafé que se déroule la deuxième partie de la soirée. Psychologue, Brigitte Bonnafé, tous les jours depuis des années, écoute, accompagne les femmes victimes de violences conjugales et les enfants. Elle nous explique le processus de l’emprise, la répercussion sur les enfants, les solutions possibles, les points obscurs, l’impuissance parfois mais toujours l’espoir. L’espoir porté par l’écoute, la prise en charge des associations dont – Brisons le silence – , crée par le groupe de «plus jamais ça».
A 23h les échanges avec le public prennent fin, les lumières du plateau s’éteignent, le grand lustre de la salle s’allume, la salle se vide progressivement sans oublier les derniers «merci», les bribes de témoignages, les on se dit que nous devons toutes et tous continuer à nous battre, à écouter, à prendre ce temps là.

une route abandonnée avec des feuilles plein le paysage

On verra bien comment tout cela se déroule. Quelques jours sur la route et je saisirai un peu mieux ce qu’il en est. Y a une route, tu la prends qu’est ce ça coûte ? Un peu de courage, quoi ! Même s’il pleut et et qu’il fait froid. Je démarre lundi matin. A Tours. Le seul souvenir que j’ai de Tours, c’est d’y avoir passé une semaine. On a joué au Centre dramatique de Tours. Les Sublimes. Ça fait un moment déjà. C’était en janvier 2004 ou 2005. Martin s’y était rompu les ligaments croisés d’un genou. Il est allé se faire soigner au Canada. Et on l’a remplacé par Alex Fray. On a d’abord bossé avec Abdel et Mamoud puis Fred a repris sa place, avec Alex cette fois. Ça a marqué d’une certaine façon le début de la compagnie Un Loup Pour L’homme dont on connaît le succès qui s’en est suivi. Après Tours je traverserai une série de petites villes où je trouverai à chaque fois à manger et à boire. Pour de qui est du gîte, je ferai en fonction des lieux où je passerai mes nuits.

Tour de force aux vins naturels

Les éditions Acte Sud ont publié un livre écrit par Sébastien Barrié : Savoir enfin qui nous buvons. C’est une retranscription du spectacle éponyme. Le spectacle commence avec la mort de Ronan Tablantec, héros du précédent spectacle de Sébastien Barrié. Ce spectacle lui collait tant à la peau que beaucoup de gens l’appelaient Ronan. C’est à dire qu’on connaissait mieux son personnage que lui même. Mais comme en même temps les aventures de Ronan Tablantec sont pour partie une auto-fiction, il y avait de quoi s’y perdre. Ronan Tablantec était devenu un pseudonyme et un double encombrant pour son créateur. Savoir enfin qui nous buvons, le second solo est aussi en grande partie une histoire vraie : celle de la rencontre de S.Barrié avec des vignerons qui fabrique du vin naturel qui vous laisse indemne, fin saoul si vous en buvez beaucoup mais, après quelques heures de sommeil, vous êtes sur pied sans aucune séquelle douloureuse de la cuite de la veille. Ça vous laisse dans un état de douce euphorie pendant quelques heures juqu’à ce que l’heure de boire de ces vins naturels se fassent sentir à nouveau. Tout le livre est un merveilleux hommage à ces vignerons formidables et leur équipe. C’est aussi l’histoire racontée par l’auteur de la construction du spectacle et des répétitions. A en croire ce qui est raconté, il n’y a jamais eu de répétitions. Beaucoup de cogitations d’angoisses, de nuits sans sommeil, de nuit d’ivresse, des journées de répétitions passées à jouer de la guitare électrique. Des longues discussions avec les vignerons et les techniciens du Channel, le théâtre de Calais qui est comme sa deuxième maison. Et un jour ça a été la Première comme c’était prévu au programme. Il était prévu une heure et demi de spectacle et ça a duré quatre heures sans que personne ne se rende compte de rien. C’est rudement risqué et follement poétique. Travail/Plaisir.

Kafka à Cayenne

C’est le gros bordel dans la tête. Comme souvent. Il faut trouver des ouvertures. Des échappatoires.

Si t’étais encore à l’école primaire, ton instituteur-tortionnaire t’aurais remis dans le droit chemin et plus vite que ça. Tu te souviens de cet instituteur ? – C’était Cayenne. D’ailleurs c’était le surnom qu’on donnait à la cité que tu habitais. Cayenne, tu te souviens ? Au début, tu n’y faisais pas attention. Parce que tu t’en moquais. Tu ne savais pas ce que ça représentait. C’est bien après que tu as lu dans le regard des autres qu’on disait Cayenne parce que cette cité faisait peur. Après tu portes ça comme un boulet (c’est la cas de le dire). Même si maintenant t’es loin de tout ça, ça t’aide tout de même à mieux comprendre ce qui t’as construit. Cet instituteur abruti et démoniaque nous menait à la schlag. C’était une horreur, ce grand échalas dans sa blouse  grise. Il te demandait de venir au tableau dire ta récitation et il t’interrompait en disant aux autres que tu ne saurais pas reprendre. Et c’est ce qui t’arrivait. Tu restais planté sur l’estrade, piteux, honteux. Il te laissait comme ça jusqu’à ce que tu pleures. Il te renvoyait à ta place d’un grand coup de pied dans les fesses. Pourtant dans Cayenne, il était adulé comme un faiseur de réussites, un faiseur de miracles. Il savait, mieux que quiconque (disaient les gens de Cayenne), (ré)éduquer les petits et violents bons à rien que nous étions. C’est le syndrome de Stockholm. On aimait nos geôliers. On vivait à Cayenne comme des gens exclus, des rebuts de la société capitaliste. Tu comprenais bien les coups  que tu prenais puisque tu ne méritais rien d’autre. Et surtout pas d’avoir un si bon instituteur qui perdait son temps avec toi. Alors, si possible il faisait tout pour te transformer en ce tu étais vraiment pour lui : une blatte. Et pour ça, quand il a quitté Cayenne, tes parents t’ont envoyé lui porter un cadeau. Un service en verre bleuté pour prendre le café. Une offrande.

Cours ton risque…

Dans quelques mois auront lieu les élections municipales. Dans le bassin minier du Pas de Calais, ça va être compliqué. Mais faut rien lâcher, faut barrer la route à l’extrême droite. Même si ça commence à suffire d’aller voter par défaut. Cela dit, on est cerné sur tout le territoire, l’ennemi est à l’affut comme les chasseurs  battent  la campagne, quelques jours après l’ouverture. Ils sont partout. Pas uniquement dans Valeurs Actuelles. La propagande xénophobe s’est insinuée dans les têtes. C’est l’esprit rampant qui l’emporte.

L’autre jour, j’étais à une réunion de famille et mon cousin me dit, on n’est plus chez nous, on vit la peur au ventre. Il y a un camp de migrants qui s’est installé à dix kilomètres de chez nous. Alors je dis à mon cousin, les migrants n’ont aucune envie de rester à Equedecques (le village de mon cousin). C’est en Angleterre qu’ils veulent aller. Ce sont des gens qui manquent de tout, vous devriez aller les rencontrer et leur prêter main forte. Vous êtes à la retraite, aidez les assos à les nourrir et aidez les à remplir leurs papiers pour qu’ils puissent rester en France, s’ils le veulent. Ces gens ont connu les pires souffrances, c’est pour ça qu’il sont là. C’est pour ça qu’il faut les aider. Nos parents se sont battus comme des enragés engagés toute leur vie. Ils étaient mineurs de fond et communistes. Ils se battaient pour eux et leurs camarades, d’où qu’ils viennent. Aller vers les autres, ça ouvre l’esprit. Tu vas quand même pas voter pour le Front National alors que ton père était communiste et qu’il est mort parce que la mine l’a tué, parce que le capitalisme l’a tué.  Ces réfugiés sont aussi des victimes du système capitaliste.

Les déboires du site

Sur le site 11/19 devait ouvrir un estaminet. Tous les travaux ont été réalisés en un peu plus d’un an de temps, par des entreprises qui devaient respecter des consignes strictes puisque toute le site est classé au patrimoine mondial de l’ humanité. Aujourd’hui tout est prêt mais les différents gérants qui devaient prendre l’affaire en main se sont désistés. En effet, difficile  de compter sur une clientèle nombreuse : le restaurant a été imaginé pour recevoir plus de 150 couverts à chaque service. Autour du 11/19, il n’y a aucune zone industrielle ou commerciale ou de bureau qui créerait de la clientèle pour un aussi grand restaurant. Alors aujourd’hui on entent parler de l’installation d’une école hôtelière. C’ est une bien meilleure idée en tous cas. Ça permettra la survie des petits restaurants ouvriers tout autour et pour ceux et celles qui aiment le luxe, sur le site du Louvre -Lens, il y a un restaurant trois étoiles. Il y a un snack dans le Louvre par ailleurs mais il faut avoir acheté son billet de visite de musée. Puis là, pour le coup, ça n’a pas de goût.