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Manuelle

Manuelle est arrivée ce midi. Bien sûr, déjà dans le feu de l’action parce qu’il faut faire le tour du quartier, avec Pierrot et Jérémie, pour repérer les endroits où elle peut accrocher son tissu. Sur un panneau de Basket du city stade. Sous un arbre. Par ci ou par là.

Dans un jardin d’un autre temps, Manuelle a doucement ondulé le long de son long tissu blanc. Jérémie a filmé. Pierrot, dans l’arbre, prépare et surveille les accroches.
Qu’est-ce qu’il devait être beau ce jardin ! Et la maison à côté, si riche, qui se désagrège.
Ça sent fort le passé et Manuelle toute blanche, blonde, douce, dans le jardin, est un fantôme ou un oiseau.

Sabine, un an après

Martine et Flora ont retrouvé Sabine. Un an après. Tout ce qui a changé. La fermeture de l’EPAA, le chômage et le nouveau travail. Toujours un travail pour aider les autres, auprès des autres. Sabine continue d’être encore une battante, une militante, une infatigable lutteuse. Ça fait plaisir.
Martine et Flora avaient décidé de se perdre en rentrant de cette visite. Enfin, pas vraiment se perdre, mais essayer une autre route. C’est en se perdant par d’autres chemins qu’on découvre des endroits comme ça, comme cette usine abandonnée, ce site de brique qui ressemble tellement à la fabrique du 11/19. tourner autour juste pour voir. C’est beau, désert, étrange.

Johnny, l'ancre bleue, les volontaires et les embouteillages

Il y a des travaux vers Aix-Noulette ça fout un brun de tous les diables. Des embouteillages pas possibles. Martine est restée coincée longtemps ce matin. Juste à temps pour le rendez-vous à l’Ancre Bleue, avec deux jeunes filles italiennes qui font leur service civil à UnisCité, et qui sont là, à l’ancre bleue, le mercredi, pour proposer des animations. Elles sont volontaires et dynamiques et se prennent très vite au jeu de l’interview et du portrait chinois.
Juste devant l’Ancre Bleue, Guy, Jérémie et Jo-Anna ont installé le stand des portraits citation sur le marché.
On a fait un petit tour sur le marché de Liévin. On a proposé aux gens de faire des portraits citation. Beaucoup de gens sont curieux et n’hésitent pas à s’arrêter pour voir ce qu’il se passe. Quelqu’un a choisi la phrase un jardin n’est jamais fini comme la prose parce qu’il est jardinier et qu’il aime son métier. Un autre homme a dit que c’était beau toutes ces citations étalées à terre.
Il y a Johnny Haliday – ou presque – le sosie de Johnny, en fait. Il fait des concours et rencontre des tas de sosies de stars. Des stars qu’on connaît, et d’autres pas du tout.
Il est lui-même une célébrité à Liévin. Tout le monde le connaît et lui dit bonjour.

UNIsCité

Susciter l’engagement des jeunes dans le milieu associatif. Donner du temps à l’autre quand on a de l’énergie à revendre. Quand on a entre 18 et 25 ans. UnisCités organise des actions de service civil pour des jeunes gens volontaires sur l’ensemble du bassin minier et au delà sur toute l’Europe. Dans la région 120 jeunes effectuent un service civil de neuf mois. Engager les jeunes gens à être solidaires. A redonner de l’espoir. UnisCités travaille sur l’intergénérationnel, les visites à domicile. 57 personnes isolées sont visitées toutes les semaines. Le projet c’est que les gens retrouvent des projets de vie. Unicités développe aussi  des projets éco citoyens. Des volontaires du service civil interviennent aussi à l’hôpital de Lens, dans le service psychiatrique. Et dans les restaurants du coeur. Ou encore dans un bar associatif, l’Ancre bleue à Liévin… Depuis 2006 ils ont développé plus de 80 projets d’intérêt général sur le territoire de Lens. Demain Flora et Martine vont à l’Ancre Bleue rencontrer trois jeunes italiennes qui font leur service civil en France.

Jacqueline, Maria, Irène

Porte à porte sur le côté gauche de la rue Saint Pierre, côté pair, en descendant des numéros les plus grands, vers les numéros petits, en partant des alentours du 80, et jusqu’au 44.
Au 44, il y a Irène. On s’était dit qu’il faudrait qu’on retrouve Irène. On l’a retrouvée au 44 et pris un rendez-vous pour lundi, pour un entretien. Elle a encore des tonnes de choses à raconter. La guerre. La musique. La broderie et les marchés aux puces. Les hommes.
On a rencontré une famille qui s’intéresse de près à la programmation de culture commune. Des partenariats à faire avec les classes des enfants. Des spectacles à voir. En tous cas, ils seront la vendredi prochain pour voir la veillée.
C’est Maria et Jacqueline qui nous avaient dit où habite Irène. Elles habitent un peu plus haut dans la rue. Deux voisines inséparables – 47 ans de voisinage – qui s’invitent le dimanche pour refaire leurs vies, se raconter les souvenirs d’il y a longtemps. Revivre en arrière le bon temps, le temps d’un café et d’un gâteau.
Maria raconte ses souvenirs de guerre, et que son mari n’est pas parti pour travailler en Allemagne parce qu’il avait fait faire un faut certificat médical. Elle conclut : faut mentir.
Et puis Jacqueline qui parle de la cité 11 19, qui dit : c’est ma cité, mais maintenant elle se déguise. Elle est plus pareille, les jardins, les façades, chacun veut faire à sa façon.
Elle finit par c’que j’aime, c’est ma maison, ma liberté, c’est tout.
Elles sont pimpantes, elles sont si vives, si drôles, qu’on ne voit pas le temps passer, et qu’encore une fois, on aura pas le temps de finir la moitié du quart de la rue.