au Bookafé, à Bruay

On a joué chez Maggie, au Bookafé, à Bruay- Labuissière, la semaine dernière. C’était sacrément agréable. Maggie et Anaïs nous ont accueillis avec beaucoup de sympathie et de complicité. On a bien ri. Ce fut un vrai moment de bonheur. Le café était plein et il a fallu pousser quelques tables pour que tout le monde puisse entrer. Le Bookafé est un endroit merveilleux où il se passe mille choses, plus humaines les unes que les autres. Ça vaut le détour et surtout ne pas hésiter à y retourner. Tous les ami-e-s étaient là. Tout le monde a donné un coup de main au démontage. Christophe s’est débrouillé, à la technique, comme un chef. En somme, une bien belle soirée, qu’on a finie en mangeant des chocolats Jeff de Bruges. A l’image de la journée, un vrai délice. Maggie a travaillé un peu plus de dix ans avec Hvdz. Elle a fait un break, voici deux ans, pour voyager. Elle est allée au Québec. Elle en est revenue quelques mois plus tard avec l’envie d’ouvrir le BooKafé. Et ça marche !

On avance, on avance

On reprend lundi à 10h mais peut-être que j’irais faire un tour, au bureau, avant. J’y réfléchirai à l’avenir. A tout ce qu’il reste à faire et tout ce qu’on a déjà fait. Y a pas à rougir, il y a eu du travail de fait. On s’est bien pris la tête pour savoir quel théâtre on devait faire : un théâtre pour lequel on se lève tôt pour aller recueillir la parole des gens. Un théâtre où l’on projette des images, un soir, sur la musique de Cat Power , sur les murs du lycée des Flandres à Hazebrouk. Pendant que les lycéens attendent leur autobus. Un théâtre où on danse la valse, avec qui veut bien, à la sortie de la messe, n’importe quelle messe. Parfois sous la pluie comme à Rexpoede. Un théâtre de rencontres et création. On a inventé notre propre théâtre, parce que celui qu’on aurait dû faire, nous maintenait trop loin des gens. On s’est dit, que si on voulait un théâtre de développement durable, il fallait qu’on se rapproche le plus possible des gens. On l’a pas mal fait et on le fait encore. On ira jusqu’au bout comme ça (fin 2020). C’est un théâtre collectif, qui plus est, qui invite tout le monde à participer. Tout le contraire de la société de consommation.

Comme c’est dommage !

La semaine prochaine, on reprend le travail. Après les fêtes de fin d’année. On a des affaires en cours : le spectacle, Qui redoute la parole, Acte 3,  avec les ouvriers-ères de la Redoute, que l’on construit, pas à pas, depuis trois ans. Elles luttent avec la direction de l’entreprise qui, pour changer la Redoute, a décidé de se séparer de plus de mille salarié-e-s. Elles veulent être écoutées et qu’on prenne en compte leur situation sociale et familiale, pour obtenir les moyens et les conditions d’une vie digne, après avoir quitté l’entreprise. Le combat est rude, il est inhumain du côté des patrons de la Redoute. Tout cela crée des situations de douleur, de violence, de maladie chez les ouvrier-ères qui ne peuvent supporter d’être traité-e-s avec tant de mépris. On présentera le spectacle, salle Jean Ferrat, à Avion, les 16/17/18 janvier 2017. Le travail de répétitions se passe très bien. Néanmoins, on est totalement incompris par les Tréteaux de France qui financent le projet, qui voulaient qu’on fasse un spectacle avec des professionnels et ne supportent pas qu’on ait engagé professionnels et amateurs. Ils refusent donc d’en faire la promotion. Pourquoi ? On a tant travaillé à la Redoute, à Wattrelos, depuis trois ans (avec les Tréteaux qui nous ont courageusement soutenus). Pourquoi nous en vouloir autant, maintenant, au dernier moment ?

un petit mot qui nous va droit au Coeur…

Coucou Marie, Martine, Didier, Lucien, Jérémie et Monsieur le technicien
dont le prénom m’échappe. Merci pour cette jolie semaine en votre
Compagnie. En vrac, j’ai aimé votre enthousiasme, vos talents
complémentaires, votre belle complicité et votre disponibilité. Je
retiens l’optimisme débordant de Lucien, son énergie d’une délicatesse
infinie et ses bras tellement rassurants. Didier m’a emmenée là où tout
est possible avec une douce rigueur nécessaire. Marie a, elle aussi, la
maîtrise des moments, des gestes, des regards et des mots et un sens de
la dérision exemplaire. Martine, j’ai l’impression de l’avoir toujours
connue ! Avec Martine, j’ai senti une proximité immédiate et simple, une
sorte d’évidence pour parler de la vie et du spectacle et c’est plus
qu’une rencontre, c’est une manière de prendre soin l’une de l’autre. Un
truc un peu magique ! Jérémie a eu la gentillesse de me montrer un peu
de technique avec la mise en place du travelling. Je sais maintenant ce
que sait qu’un fondu exponentiel ! J’ai aimé ses silences et son
isolement au plus près du radiateur et la beauté touchante de ses
photos. Je retiens aussi tous ces petits moments aux sonorités
mystérieuses : les petits protocoles, les citations, les portraits
chinois, l’adage et la flash mob et chanter pour des gens et régler un
micro et toucher une caméra ! Et filmer Marie qui se prend pour une
tourte pendant qu’un résident exhibe, sous nos yeux ahuris, une de ses
dents fraîchement arrachée par ses soins ! Nom d’une pipe en bois,
quelle semaine ! J’ai l’impression de revenir d’un long et beau voyage.
Reposez- vous et passez de belles fêtes de fin d’année. Et Martine doit
aller voir son médecin lundi matin !

Affectueusement. Sylvie

Les lycéen.ne.s font le bilan

On a dérushé une interview de Lise, l’architecte en chef qui a fabriqué une maquette du bâtiment dans l’optique de le réaménager. Nous avons découvert la vie des artistes et leur travail. On a pu assister à une répétition de danse des patients de Barthélémy Durand.

Margaux et Raphaël

La compagnie HVDZ nous a permi aujourd’hui des les assister durant leur belle journée. Ils ont laissé 6 petits boulets participer à cette journée enrichissante, nous avons été ballottés d’ateliers en ateliers nous faisant découvrir tant de choses. Pour ma part j’ai assisté à une interview d’une gestionnaire en économie nous apprenant l’intérêt de son métier. Stressée, elle nous a fait le plaisir de répondre à nos questions. Après cette escapade nous sommes retournés au QG des idées là où ils font germer leurs idées. Me voilà maintenant entourée de mes cinq autres amis boulets en train d’écrire ces mots avec en bruit de fond des voix faisant naître des idées.

Justine

C’était une expérience enrichissante au niveau humain. Nous avons observé une séance de filmage muet/statique. Puis nous avons participé à une séance d’happening dans laquelle nous avons dansé et écouté des textes écrits par les patients. C’était bien.

Lune et Léo

Nous débarquons à Barthélémy Durand à 14h. On a un rendez-vous avec HVDZ qui va réaliser un film-événement des lieux. L’hôpital psychiatrique nous était méconnu. Après avoir traversé le portail, on observe un lieu magnifique recouvert de verdure. On note même la présence d’animaux. Je fais la connaissance de Lucien un jeune homme qui s’occupe du dérushage. Il nous a parlé de son travail que j’ai trouvé très intéressant : « raccourcir les interviews trop longues afin d’en extraire l’essentiel en 2 minutes max ». Dans la cafétaria, je discute avec un patient. J’ai adoré notre conversation. J’ai appris beaucoup sur lui et levé les préjugés sur les personnes malades psychologiquement.

En somme je peux dire que j’ai beaucoup appris d’un lieu d’Etampes qui renferme des personnes comme nous et qui ne demandent qu’à aller de l’avant malgré leur difficultés. Merci beaucoup à HVDZ pour votre action qui nous permettent d’apprendre plus sur les lieux qui nous entoure.

Larry

Atmosphère bon enfant garantie

Nous nous sommes rendus à la MAS (Maison d’Accueil Spécialisé) où nous avons eu la chance de rencontrer et de partager une danse improvisée. N. s’est dirigée vers nous pour nous saluer et nous proposer une chansonnette. Elle était contente et un peu excitée de voir la troupe. N. s’est mise à danser spontanément en répétant : « Boogie, boogie, booga ».

Du coup tout le monde, personnel soignant et résidents, se sont mis à danser à leutr tour avec nous. La danse leur a procuré un moment de détente, de relâchement, de grosses déconnades.

Trois autres poèmes de Serge Szczepanski

Géraldine,

Pourquoi a-t-il fallu

Que ton regard me foudroie

Moi qui était là dans le brouillard

Ta façon d’être si belle

J’aurais bien voulu croire que tu étais un mirage, une apparition de mes rêves

Mais non, tu es bien réelle

Et tes yeux si profonds et clairs

Ta taille fine et élancée

Ton visage souriant, illuminant ceux qui prenaient le temps d’effleurer ton sourire magique

Toi qui est splendide

Rien que de penser à ton allure

Je me brûle de mille feux

Tu es mon arc-en-ciel

Qui m’aide à franchir sur ce pont, les directions à prendre……

Toi si tendre

Tu es toujours là

Tout prêt de moi

Paralysé de toi

J’ose dans un dernier effort

Te déposer à l’infini

Une éternité de baisers langoureux et enflammés

Pour toi sublime, divine, jolie, délicieuse, gentille, et joliment belle

Ton amoureux transit qui a eu la chance de plonger par tes yeux dans ton cœur

Tu as tout de moi, toi mon coup de foudre

Scintillante comme un trésor, je t’adore et t’aime, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi…

 

 

Soleil,

Enfin tu te décides, tu arrives,

et a décidé de nous réchauffer,

De tes rayons flamboyants,

Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest des rives,

Vraiment du matin au soir tu nous aura enflammé,

D’un énorme et chaud soleil brûlant,

Nous apportant ton splendide sourire,

Chassant les idées tristes et malheureuses,

Les envoyant loin de nous jusqu’au néant,

Et nous t’offrons nos mercis par de grands éclats de rire,

Et espérons que les jours futurs seront comme cette journée exquise et chaleureuse,

Toi qui a été cette journée, pour nous, tel un ami, immensément rayonnant.

 

 

Rêveries,

Voici que ma plume s’envole vers toi,

Pour te dire ces tendres mots là,

Qui espèrent entendre toujours et encore que le son de ta douce voix,

Ne jamais me lasser de regarder d’admirer ta silhouette de haut en bas

Et quand ton cœur aura froid

Le mien bouillant pour toi

Fera voler en mille éclats

La glace qui te paralysera

En te serrant tout contre moi,

Dans mes puissants bras

Qui ne sont faits que pour toi

Et dans un ultime émoi

Mes baisers par millier se poseront sur toi

Sans commencer le débat

Et prolonger nos ébats

Autant de fois que tu le désireras.

 

 

Carline

Etudiante infirmière,

Qui me piquait sans jamais mal me faire,

Sans oublier cette prise de sang,

Que vous m’avez faite avec talent,

Vous qui hésitiez,

Me demandant si j’vais des veines,

Eh bien vous avez assuré,

Et mes veines ont eu de la veine,

De se laisser piquer,

Car du premier coup,

Vous avez assuré,

Bravo à vous,

Que la suite de votre parcours,

Soit semé de réussite,

Et que jour après jour,

Vous atteigniez, car vous le méritez : l’Elite !

Pendant la digestion

Au retour de la cantine, nous faisons un point (nécessaire) sur le planning bien chargé de l’après-midi. Il y a la visite à la loge des gardiens, des portraits du personnel administratif, une interview du service économie, des images de la préparation du spectacle de Noël, du montage, du montage, des lectures de textes, de poèmes, des improvisations dansées, etc.

Le soleil est très largement au rendez-vous, et il nous met en joie, on dit souvent : « c’est bien ce soleil ! ». La météo sera toujours un sujet de conversation qui fait consensus.

Six lycéens viennent en observation, on les réparti sur les différentes rencontres. On va notamment leur confier le montage de l’interview de Lise, architecte qui est ici pour réfléchir à l’avenir de notre actuel QG. L’idée : en faire un lieu culturel essentiel pour la région.

Une danse à trois temps

Ce matin nous avons lu les poèmes, les miens, ceux de Sylvie et Xavier, après plusieurs lectures nous sommes allées nous restaurer mais avant nous avons surpris ceux qui mangeaient en leur effectuant une dance ensemble dans le réfectoire . Ca nous a bien mis en appétit. J’y ai vu deux infirmières du CMP bien étonnées de me voir danser.

Serge

La matinée a commencé par une répétition de pas de danses sous la conduite de Christophe, dur, dur, le boogie boogie, je m’étais un petit peu planqué au fond du groupe, avec mes grosses godasses de marches pas prévues pour la grâce d’un danseur.

J’ai dû leur faire une démonstration mime dramatique (c’est l’expression de Didier). Enfin, l’essentiel c’était d’zssayer et de surprendre le personnel déjeunant à la caféteria de l’hôpital.

Xavier

Et c’est parti pour une valse autour d’un café et d’un tango au grand Bar. Une valse à trois temps où les regards se croisaient au fil des rencontres.

Les sourires et la joie pétillaient sur tous les visages des patients et du personnel.

Un belle échange et une bonne humeur était très présente et les sourires gravés.

Martine a mis en garde Christophe en lui lançant un défit, car elle savait fort bien danser les danses de salon et c’est parti pour un pas de deux sur une valse à trois temps puis en a découlé une flashmob avec tous les patients présents et le personnel. Ambiance assurée et fiesta à gogo avec une dynamique formidable.

Christophe

« Au revoir président »

Lucien, Serge et Xavier sont arrivés à 13h20 au service nettoyage. En retard. Nous étions attendu à midi et demi. Il y a parfois des informations qui se transforment d’interlocuteurs en interlocuteurs, qui se terminent par une duplication de ces informations. Sur notre planning il est écrit 13h30, sur le leur 12h30. C’est ainsi.

Mais les personnes savent nous accueillir et on nous dit que ce n’est pas grave. Simplement l’interview destinée à un article dans ce blog sera un peu écourtée. La plupart ont commencé la journée à 6 heures du matin, nous finirons donc la rencontre à 14h pétantes. Le point horaire étant bien arrangé pour tout le monde nous commençons la discussion.

« C’est quoi le service nettoyage ? C’est différent des ASH ? – En fait c’est du ménage, c’est pareil. » nous répond-on en riant. Ce n’est en fait pas tout à fait vrai. Le service nettoyage se charge des locaux techniques (cuisines, gardien, maintenance, etc.), quand les ASH s’occupent des pavillons des patients. Mais on appelle aussi le service nettoyage pour les plus gros dégâts dans certaines chambres ou pour préparer l’arrivée d’un nouveau patient. Il y a des machines, certes, mais surtout de l’huile de coude.

Ils et elles ont unanimes pour dire qu’on ne choisit pas le service nettoyage par choix, mais parce qu’il faut travailler, et comme il n’y a pas beaucoup de travail aux alentours, ils se retrouvent ici. Il y a deux équipes : celle de 6h-14h et celle de 9h-17h. Ce n’est pas que les journées sont longues, mais parfois la fatigue ou la routine fait qu’on attend avec impatience l’heure de fin.

On reparle de l’immensité du site : nous arrivons à présent à une estimation de 92 hectares, 6 kilomètres de clôture, et 13 kilomètres de marche pour faire le tour complet. Ainsi, l’équipe nettoyage dispose de deux camions et une voiture attitrés pour les pavillons les plus éloignés. Cet espace est une bonne chose pour les patients. C’est un endroit chaleureux. Il y a des ânes (voisins du local du service nettoyage), des moutons, des chèvres. Les vaches, que l’on retrouvait parfois au milieu de la route (on en rit encore), sont parties. Depuis le site, on a une vue magnifique sur le paysage alentour. Surplombant la vallée, on peut voir le soleil de son lever à son coucher et en contrebas la Tour Guinguette, vestige du Château d’Estampes.

Pour ce qui est d’Estampes, le groupe se partage entre Estampois.e.s qui n’aiment pas cette ville (ville-dortoir, sans activité pour les jeunes et au RER pas très fiable) et Estampois.e.s qui s’y sentent très bien. Celle qui est en est parti pour le 26 sacrifierait bien un vœu pour y revenir. Les gens sont tellement moins racistes à Estampes.

Et puis on revient à des considérations plus pessimistes. Quelque chose ne va plus dans le travail : il y a un problème de mentalités qui s’est installé ici. Le plus ancien nous raconte qu’avant il y avait une plus grande convivialité (on se connaissait toujours au moins de vue, on se tutoyait, on partageait un repas de Noël et un repas de Réveillon, le jour de Noël on servait le petit-déjeuner des patients au lit, etc.) alors qu’aujourd’hui tout change trop vite, et pas dans le bon sens. Il y a plusieurs raisons mais la principale est peut être la « technicisation » du travail administratif. Avant, on commençait au bas de l’échelle et petit à petit, on avait de plus en plus de responsabilités tout en transmettant le métier et lorsque l’on dirigeait cela n’empechait pas de mettre encore la main à la pâte si nécessaire. Aujourd’hui, ce sont des personnes qui se forment directement à la logistique par exemple et qui sont des gestionnaires. Le lien se coupe et on ressent à l’équipe nettoyage une sorte de déshumanisation : des rapports, de la reconnaissance. Et puis le contexte politique effraye un peu : depuis le regroupement des hôpitaux les salaires ont baissé, les RTT qui représentent 4 semaines de congés sont remises en question (« Travailler plus pour gagner moins »), et ce débat sur les fonctionnaires sur qui tout le monde frappent rend ironique : « enlevez les fonctionnaires de notre équipe, et on verra bien qui se chargera du ménage ! ».

Avec une baguette magique alors ? On reviendrait vivre à Estampes pour l’une, on changerait la mentalité pour une autre ou on gagnerait à l’Euromillion pour être en costume de poussin jaune et chanter « Au revoir président ».