On remet ça vendredi matin. La performance à l’université des sports s’est bien passée. Nous étions face à des jeunes gens qui préparent le CAPES, accompagnés de leur professeure de danse qui donne le mercredi matin des cours sur la pédagogie de l’enseignement des arts vivants. Tout était parfaitement en place pour notre intervention. Marie était passée par là. Malgré sa sévère déchirure au mollet, Marie a coaché Zelda (hier soir, chez elle), pour son intervention en début de séance qui portait sur le chemin parcouru par la compagnie et Nadège Prugnard, l’auteure de No Border, pour en arriver à ce long poème tragique contemporain sur les réfugié.e.s de Calais. Zelda a pris note et recopié tout ce que Marie lui avait transmis pour mieux s’en imprégner. Au final, l’intervention de Jo-Anna à propos de Culture Commune suivie de l’introduction au texte du spectacle par Zelda, et ensuite la diffusion du petit film d’art de l’école d’Avignon et la lecture d’extraits de No Border ont permis d’engager le dialogue avec l’audience et d’échanger pendant une petite demie-heure.
Actualité
A ne pas rater
Demain, on intervient à la fac de sport de Liévin, pour No Border. Tout au bout de cette grande rue (symbolique d’un parcours d’études) qui va d’un stade à un collège puis un grand lycée puis l’université. On y passera la matinée et on y jouera la petite performance qu’on a fabriquée pour l’ouverture de saison de Culture Commune. Marie souffre d’une méchante déchirure et doit rester chez elle, au moins pour la semaine. Donc elle ne participera pas à la performance et aux autres rendez vous de la semaine. Christophe sera sur place dès pontro-minet pour installer tout le matos. Jo-Anna de Culture Commune ainsi que Zelda et Guy de Hvdz se sont donné.e.s rendez vous sur le parking de C.C à 10h30. On interviendra de la même façon dans une salle d’un quartier de Liévin ou de Lens en fin de semaine. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui des sensis. Une manière d’intéresser des publics non-captifs à nos spectacles. On sent poindre une légère inquiétude, une angoisse concernant le nombre de spectateurs qu’on pourra accueillir dans la nef de C.C. Cela s’est senti à Béthune la semaine dernière. Les gens ont prévu d’assister au spectacle en grand nombre. La jauge de C.C est d’une petite centaine de personnes et on ne joue que deux fois. Et deux autres fois pour des scolaires (on devrait jouer plusieurs fois dans la même soirée ; on ferait patienter le public en faisant ensemble le tour du quartier, comme on l’avait fait, au cours la Veillée du quartier des Provinces. On accueillerait les gens avec de la soupe au retour de la balade avant de voir le spectacle (qu’on jouerait pour la deuxième fois de la soirée).
C’est dans l’amour de l’autre que je pourrai me trouver
Une semaine de résidence à Béthune, comme prévue, a eu lieu la semaine dernière. Jour après jour avec les un.e.s et les autres, on a creusé le sillon. En musique, en vidéo, en danse. On a lu et relu No Border de N. Prugnard ; en particulier lors de la sortie de résidence programmée jeudi dernier. On a monté un petit spectacle (de 40 minutes, tout de même) en trois jours. On a trouvé, en travaillant avec acharnement tout le temps de la résidence, comment au milieu de propositions diverses par le biais d’autre média, on arrivera à donner relief et rythme au spectacle final. Bien sûr, le texte n’en restera pas moins la colonne vertébrale de cette création multiple. On a passé une bonne semaine. Comme une fête des sons, des mots, des images et de la danse. Une semaine comme on vivrait un rendez vous rituel. Les mystères d’Eleusis à Béthune. Deux de nos camarades au quotidien ont été invités à participer à la transe. Avec elles, le corps, le mouvement de la répétition (dans les deux définitions du mot) ont dévoilé toute leur raison d’être.
Y a des travailleurs, à l’ouvrage, sur le carreau ! (sortie Lens Ouest)
On bosse comme des tarés. On a une saison avec des spectacles qui tournent, d’autres qui se fabriquent. De la danse, de la musique, du texte, de la vidéo. De l’action culturelle dans les écoles, les CADA, les universités. Des sessions pour tous les publics et des sessions scolaires. Des formations à Bruxelles. On nous propose des petites formes de nos spectacles de plateau qui ne s’adapteraient pas aux lieux exigüs. Des Veillées. Bref, on n’en a jamais fait autant. La somme de taf que tout cela représente en terme de préparation, d’organisation est énorme. Parce que d’abord, ils s’agit de femmes et d’hommes à qui il faut offrir des conditions de travail qui rendent la vie agréable et propice à la recherche, à la rencontre, à l’échange. Plus on est nombreux, plus c’est complexe. Plus il y a de spectacles et plus c’est difficile de ne rien oublier. Dans nos bureaux, à la technique, à la logistique, on est au top de l’engagement. On ne ménage pas ses efforts pour que ça tourne. Et franchement, chapeau bas !
C. Haman, Paysages de Claude Simon
… Machines défuntes donc, « hors de fonction », bâtisses délabrées semblables à des corps-fossiles tombant progressivement en poussière, corps épuisés et anéantis. Telle est la réorganisation par l’imaginaire, en une cristallisation fantasmatique d’une remarquable cohérence de l’univers. Toute ruine est doublement féconde en ce qu’elle figure en perpétuel devenir et motive le déclenchement d’une puissante dynamique imaginaire et scripturale …
se croiser sur l’eau
les sirènes du commerce
Tous les ans, on se pose la même question, est ce qu’on ira, l’été prochain, à Avignon ? Il faut s’y prendre tôt, pour trouver des sous, trouver un lieu, demander aux experts de la région si un de nos spectacles est éligible à la subvention octroyée par les Hauts de France aux compagnies qui pourront présenter leur travail dans les salles réservées par la région à l’école Pasteur, transformée en théâtre le temps du festival. Faut savoir que c’est épuisant de faire Avignon ! Et si on va là-bas, c’est pour que le spectacle puisse tourner, donc être vu par des programmateurs. Ça demande une organisation d’enfer et pendant des semaines. Avant, pendant, après. Ça a un coût énorme, financièrement et humainement. Il faut être tout à fait sûr du spectacle qu’on propose pour ne pas tout perdre. On a connu une ou deux expériences de ce genre au Ballatum Théâtre. Ça peut détruire une équipe. On se renvoie mutuellement la responsabilité de l’échec. Et tu mets des années à rembourser tout l’argent donné aux marchands du théâtre. Après des coups comme ceux-là, t’as plus le choix ; on (les institutions artistiques) te donne une seule chance : tourner le spectacle d’après ou baisser le rideau de fer.
C’est pour tout ça aussi qu’à Hvdz, on a décidé de travailler autrement, de faire du travail en co-construction avec les gens. S’engager pour faire du théâtre un travail d’individuation, de progression et d’élévation collective . Pas une marchandise.
face à la mer
Y a bien longtemps qu’on n’est pas allé jouer à St Nazaire. On se souvient, d’un temps, pas si lointain, où on y allait tous les ans ou presque. On est allé beaucoup plus souvent à la salle Jean Bart qu’au nouveau théâtre de St Nazaire. On a sillonné les quartiers populaires à l’occasion de plusieurs Veillées. On a participé à la fête des cinquante ans de la cité scolaire. Pendant quelques années, nous sommes allés à Nantes aussi très régulièrement avec les gens de Lu, la scène nationale qui ressemble au Channel de Calais (c’est le même architecte). Toutes deux ont beaucoup travaillé avec Royal de Luxe (qui est installé à Nantes) et La compagnie de la Rozière. Toutes deux programment tous les spectacles de Sébastien Barié dont le dernier, qu’il a créé l’an dernier, Guss. Nous sommes fautifs, c’est la grand T, à Nantes, qui programme Sébastien Barié. On n’a jamais mis les pieds au grand T. Par contre on a connu le théâtre universitaire de Nantes-Nord (T.U). On renouera peut-être avec Strasbourg l’année prochaine. A St Nazaire, il y a un chemin de randonnée le long de la mer, le chemin des douaniers. Et tous les ans une grande fête populaire, les Grandes Marées, avec des milliers de gens qui viennent assister aux spectacles, pour la la plupart des spectacles de rue. Féérique.



