Après ces deux semaines très intenses, il faut recharger les batteries, faire un break, ne serait-ce que de quelques heures. Allez, deux jours ! Profiter du bon air frais de l’automne, ne rien faire, lire, marcher un peu, dormir. On est rentré rapidement de Bruxelles. Personne sur la route à la différence de lundi dernier. Quitter avec un peu de regret Bruxelles, parce que c’est une ville très agréable. Mais pas mécontent de se poser. Surtout avec ce qui nous attend. On a mangé ce midi à la gare de Lille avec Marie, Anne et Guy. Un bar à sushis. On a parlé de l’avenir, des décisions à prendre pour que les projets soient normalement financés et de notre crainte du mois de décembre et des élections régionales. C’est navrant de terminer une carrière dans un climat politique aussi triste et pour partie effrayant. Qu’est ce que les gens peuvent attendre d’un pouvoir d’extrême droite ? Ça ne peut mener à rien de bon. Les gens, voulant se protéger d’une certaine violence ambiante, vont souffrir bien davantage, à tous les niveaux, si l’extrême droite prend le pouvoir. Quand on y pense, jamais, il y a une dizaine d’années encore, on aurait pu imaginer pareille situation. La France est une terre très conservatrice voire rétrograde. Mais on ne lâchera rien. Pessimiste dans la pensée, optimiste dans l’action.
Actualité
Bruxelles, troisième et dernière au 140
Anne nous a rejoints depuis hier. Troisième soirée et dernière à Bruxelles. Jérémie et Marie sont allés diffuser des images sur le musée de la B.D à Bruxelles. Avec le vidéo projecteur et la batterie autonome. Pour la La Brique, on a eu une fois de plus bien du monde. On est content de notre séjour au 140. On y a été accueilli comme des rois. Toute l’équipe est infiniment sympathique et efficace. On pourrait rester vivre à Bruxelles très longtemps. La ville a un charme fou. Le Funkay Hôtel est un hébergement à l’image du 140 (à conseiller d’ailleurs). A la sortie du spectacle plein de gens viennent nous voir, pour échanger sur le spectacle. Sur les correspondances des vies, la vie de chacun et les vies exposées dans le spectacle. Pour nous dire que ce qui est raconté fait remonter beaucoup de souvenirs à la surface. Ou que toutes les vidéos donnent de l’air au spectacle et qu’elles sont très pertinentes. Les prochaines dates de la Brique auront lieu lors d’une tournée dans le Sud Ouest de la France (qui commence par Terrasson) en novembre.
Bruxelles, Théâtre 140 (2)
On a mangé cette fois avant le spectacle. On est rentré assez vite à l’hôtel. La fatigue se fait sentir. On a enchaîné le Portrait de Terrasson et Bruxelles sans même une journée de pause. On a eu du monde encore au spectacle. Il y a un bar très convivial au 140 où les gens peuvent rester aussi longtemps qu’ils le veulent. Le bar est tenu par des bénévoles qui sont des amis du théâtre et qui viennent voir la quasi totalité des spectacles. On a croisé Astrid, la directrice, dans la cuisine, au moment du repas, just’avant qu’elle parte voir une représentation de danse humouristique quelque part dans Bruxelles. Le propriétaire de l’hôtel, le funkay hôtel, est venu voir la Brique et a apprécié l’aspect multiple de l’écriture dont le côté absurde qui permet de prendre du recul quant à une certaine gravité du propos. Marie nous a quittés et elle est allée rejoindre des amis dans le quartier St Gilles, un des endroits les plus animés de Bruxelles.
La Brique au 140
La Brique à Bruxelles, au 140
Bruxelles, théâtre 140. Un lieu formidable. Jo Dekmine a passé la main. C’est Astrid von Impe qui dirige la maison. Jo a bien gagné de se reposer un peu. Il a quitté le théâtre voici quelques semaines à 83 ans. Après une longue et extraordinaire carrière. Un type formidable. Un découvreur, un inventeur, un magicien. Astrid nous a reçus hier avec beaucoup de bienveillance et de gentillesse. Le théâtre était plein, pour la Brique. Nous jouons encore ce soir et demain. On attend du monde. On est plus que ravi d’être là. Surtout que pour nous le 140 est une très longue histoire, pleine d’émotions. La première fois qu’on est venu, c’est avec « On s’aimait trop pour se voir tous les jours » en 1992. On était encore au Ballatum. Et Jo avait organisé un festival au 140 dans les années 2000 avec C’est pour toi que je fais ça, Chez Panique et J’m’excuse.
Merci !!!
Quel magnifique séjour à Terrasson ! On y reviendra, c’est sûr ! Ne serait ce que pour la Brique en novembre ! Malgré la concurrence du rugby, on a eu du monde aux deux représentations. A la deuxième représentation, les joueurs de Saz sont venus égayer le début de soirée que nous avons commencée en musique et en danse puisque des dames franco-turques sont montées sur le plateau, au son du Saz pour danser une danse traditionnelle turque. C’était un très beau moment de poésie et de partage. Puis le film spectacle a démarré et pendant une heure et quart, chacun a pu voir et revoir Terrasson, sous toutes les cultures, sous toutes les coutures. Terrasson , vu par les gens que nous avons rencontrés et par le dialogue que nous avons construit avec les TerrassonnaisEs. C’était une super expérience, on fait beaucoup de découvertes, connu des moments de grâce. Merci à tous les TerrassonnaisEs !
Photos du film-spectacle
Portrait 1 Terrasson Lavilledieu
Première représentation de la Veillée de Terrasson dans quelques minutes. Beaucoup de monde déjà dans le hall du théâtre (il est 16h45). Plein de gens ont réservé et il y a tous ceux qui ne réservent pas parce qu’ils ne sont pas habitués à aller au théâtre. Les acteurs-actrices vont et viennent dans les coulisses en relisant leur texte. A chaque Portrait les textes sont totalement différents et il faut du temps pour se les mettre en bouche. Cinq minutes avant l’entrée du public. Dernier réglage. Le film-spectacle dure 1h16. On a prévu un petit buffet pour être avec les gens après la représentation, pour continuer le Portrait. Continuer à parler, à échanger, à faire des plans pour l’avenir.
Citations (2)
Je suis prêt à tout lui sacrifier, tout, sauf mon indépendance./Pour vivre debout notre mémoire doit rester vivante./Il passe des heures à ne rien faire, immobile, attentif à ce qui implore en lui./Et lui le révolté, il cherche la tempête, comme si dans la tempête régnait la paix./Mon cœur est comme un piano précieux fermé à double tour dont on aurait perdu la clé./Si on se laisse aller au désespoir, on finit par être mangé par les rêves qu’on a avalés de travers./Elle a été pour moi tout ce que notre galaxie avait de bon, le reste n’était que Neptune et Pluton./O joie intense, joie énorme du sacrifice total !/J’ai peu d’estime pour les jeunes qui n’entrent pas dans la vie l’injure à la bouche./L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde./Ô curieuses pâleurs de mes amours défuntes !/
Citations (1)
Il y a dans l’acte un pessimisme grandiose à l’égard des paroles./Et je pars, passager d’un navire illusoire, vers les ultimes mers de la nuit, le cap à l’infini./Je dis moi, mais je pourrais dire un homme, n’importe quel homme./Nous avons moins d’amour que d’attachement./Avance, qu’est-ce que tu fais là ? – Je fais pitié./Mais qui aime la vie ?/Avant de nous rencontrer nous étions déjà infidèles l’un à l’autre./Mon histoire personnelle me permet d’entendre quelque chose de la barbarie de notre temps./Il n’y a que Balzac qui ait le droit de mal écrire./Ils avaient cette confiance sereine dans leur destinée amoureuse./





