Vivre

Les incidents techniques ,ça arrive.Le portrait de Denise avait disparu de la carte mémoire alors je suis retourné au « brin de folie » pour le refaire.La responsable du magasin,Fatima,était là.On a parlé de son père qui est venu du Portugal à pied pour le travail.Il en a trouvé à la paumellerie électrique puis ensuite il est devenu pépiniériste.Il retourne tous les ans au Portugal mais quand même ,dit elle, je sens que son pays lui manque.Il faut imaginer le trajet de cet homme qui a quitté sa femme,ses amis,sa famille,sa langue pour arriver dans un pays où il lui a fallu tout réapprendre, une nouvelle langue, d’autres coutumes…..Il faut imaginer le courage et la force que ça demande et aujourd’hui certains voudraient nous faire croire que si on accueille bien les réfugiés,ça va créer un appel d’air et que de plus en plus de de gens voudront s’installer en France comme si on quittait son pays sans nécessité impérieuse:chercher un travail,fuir la guerre,la misère,espérer une vie nouvelle…

Vite Vite

On se souvient de la Veillée d’Hazebrouck. On avait pour la première fois projeté des images sur les murs de la ville, des lycées et de la gare. Au lycée de Flandres, ça avait été particulièrement émouvant. Didier nous avait prêté une musique qu’il écoutait à cette époque là en boucle, dans sa voiture. Greatest hits de Cat Power. On avait diffusé les images sur le mur du bâtiment administratif du lycée. A l’heure où les jeunes attendaient le bus pour rentrer chez eux. Il pleuvait un tout petit peu. On protégeait nos appareils avec des parapluies. Le jour de la représentation du film spectacle nous avions devant nous un mur de spectateurs sur un gradin très haut. Plus de six cents personnes. On avait l’intention à Terrasson de refaire la même chose : dans les rues, diffuser des images. Mais nous avons été pris de court. Impossible de concilier tous nos rendez vous et nos actions. Il faudra qu’on revienne. Y a encore tellement de choses à voir à Terrasson comme à Hazebrouck, quand sur la ville tombe la pluie et qu’on se demande si c’est utile et surtout si ça vaut le coup de vivre sa vie…

Moi je voudrais manger à la cantine, avec mes copains et mes copines…

Il est bientôt l’heure pour la compagnie d’aller déjeuner.
Tous les midis, nous avons mangé à la cantine du lycée Saint-Exupéry. C’est notre dernier repas là-bas. Profitons-en. La cuisine est bonne (ce qui n’est pas le cas dans tous les lycées) et l’ambiance à table est souvent détendue.
On blablate tantôt avec un professeur d’E.P.S. tantôt avec un professeur de mathématiques, tantôt avec l’infirmière du lycée.
Et puis, à l’école, on parle d’école alors chacun se remémore ses souvenirs, ses petites anecdotes plus ou moins drôles.
On espère ne pas trop saouler les professeurs parce qu’il est vrai qu’à la compagnie, on a la langue bien pendue…

“C’est l’hiver, les arbres sont en bois.” – Hommage à mon grand-père

On sent l’hiver arriver à Terrasson. On espère fort qu’il fera plus chaud dans la salle demain.
A 17h et 20H30, un beau moment attend l’équipe et les habitants de Terrasson.
Comme disait mon grand-père, ce sage homme trop incompris de son vivant: « L’hiver, il fait moins froid que dehors ». Un poète de l’absurde…
Il disait aussi, pour rester dans le thème de la chaleur (généralement à l’heure de l’apéro): « Faites chauffer les glaçons, j’arrive ». En fait, c’était un peu le Jules Renard du Pas de Calais. Mais cela, personne ne l’a compris.
Je tiens donc, ici, à réparer cette injustice. Peu importe ce qu’on en pense ou ce qu’on en dit.

-2°C dans la nuit du Périgord noir

On aborde les deux derniers jours de notre voyage terrassonnais. On a encore pas mal de travail. Répétition cet après-midi. Ce matin Didier prépare les textes qu’on lira sur scène, Pierre et Jérémie installent le plateau. On attend beaucoup de monde à 17h. A 20h 30, on fait face à une sévère concurrence, le match de rugby, France-Nouvelle Zélande. Et comme on est au pays du rugby, on va avoir de la difficulté à rivaliser. Mais nous attendrons le spectateur de pied ferme jusqu’au bout de la nuit s’il le faut. Ce matin on continue nos pérégrinations dans la ville. On retourne dans la ville, distribuer des invitations, prolonger les échanges avec les gens de Terrasson. On va retourner à la friperie s’acheter des vêtements de théâtre, pour nous, pour le théâtre. Quelle différence y a t il entre ce que nous sommes et les rôles qu’on nous fait jouer ? Le plus important, comme dirait Sartre (ou Bourdieu, je ne sais plus) n’est pas ce qu’on fait de nous mais ce qu’on fait de ce qu’on a fait de nous. Pierre, notre technicien-magicien, est arrivé en début de soirée, Didier et Guy sont allés le chercher à a gare de Brives. Il est logé à la Chambauderie, à la Maison de Léopold, une maison d’hôtes où Guy est hébergé depuis le début du Portrait, tandis que nos autres camarades sont dans des chalets.

ce matin, dans la voiture, dans le froid matinal, on a lu ceci…

« On ne loupe rien quand on a le populaire dans la peau ». JEAN VILAR

« L’Art, expression de la Société, exprime, dans son essor le plus élevé, les tendances sociales les plus avancées ; il est précurseur et révélateur. Or, pour savoir si l’art remplit dignement son rôle d’initiateur si l’artiste est bien à l’avant-garde, il est nécessaire de savoir où va l’humanité ».

Gabriel-Désiré Laversant.