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chant et danse à Montaigne
On a l’impression que la Veillée à Barlin c’était hier. Mathilde est arrivée hier soir à St Médard. Clarice est arrivée ce matin. Clarice travaille habituellement avec Renaud. On est intervenu à l’école élémentaire Montaigne à côté du centre de loisirs où Jérémie a fait des portraits mercredi matin. Mathilde, Camille et Dorothée ont dansé dans la cour, à la récréation de 10h30. Clarice a chanté sous le préau. On s’est servi de notre petite sono portable. Les enfants ont spontanément créé des cercles de spectateurs autour des artistes. Puis ils sont venus spontanément demander des explications. La directrice de l’école leur avait fait la surprise. Elle ne les avait pas prévenus. L’école Montaigne se trouve à une centaine de mètres du Carré des Jalles. Sur le chemin on a rencontré plein de gens qu’on connaît maintenant à St Médard en Jalles. On se prépare pour une prochaine intervention au collège et à l’école Hastignan. Puis on ira à la cantine municipale pour les uns et pour les autres à la cantine de l’école élémentaire Montaigne. Question d’horaires. La représentation de la Veillée de St Médard aura lieu dans une semaine. A Barlin on mangeait au collège Jean Moulin.
à l'école du village expo

Tests
En porte à porte dans Hastignan, on entend parfois un grand Boum-Frouuuffff. La poudrerie fait des test. Au moins cinq ce matin. On dit, à la dame qui vient de nous ouvrir : Vous vous y habituez ? et elle répond : non, non, on ne s’y habitue jamais, c’est tellement irrégulier, dès fois cinq dans la matinée et parfois rien pendant des semaines, alors on est toujours surpris. Pourtant, elle ne sursaute plus, mais nous, oui.
Il y a aussi le bruit – bang, comme une arme à feu – de la clouteuse pneumatique des couvreurs qui construisent une énorme maison. On dit à la dame qui habite à côté, qui vient de poser pour le portrait sur le pas de sa porte : Vous allez avoir de nouveaux voisins, on dirait bien. Elle nous dit que ça construit à toute vitesse partout. Que le moindre bout de terrain devient constructible. Elle, elle habite dans la maison de ses parents, où elle a grandi du temps où il y avait des bois, des champs et des jardins tout autour.
toujours frais
On est allé vite fait à la distribution de paniers de l’AMAP, pour prendre un rendez-vous avec M. Mellin, pour un entretien qu’on aura lundi prochain. A l’Asco Georges Brassens, il y a deux producteurs et trois membres de l’association. Des producteurs locaux, des maraîchers de Saint Médard qui amènent leurs légumes de saison. Parfois aussi, il y a du fromage, ou d’autres produits du coin. M.Mellin est là chaque semaine, avec deux autres adhérents, qui tournent à tour de rôle, pour préparer les paniers. Il y a un peu de tout dans un panier : cette semaine des carottes, des pommes de terre, une belle botte de cresson, des navets, des poireaux, des radis, deux laitues, une tranche de potiron.
Une vingtaines de familles adhérentes à l’association, qui se sont abonnées à l’année, vont venir chercher leur panier, et découvriront ce qu’il contient. Des légumes de saison toujours frais. Et ils pourront rencontrer et discuter avec le maraîcher, lui dire leur préférence, échanger ensemble des recettes. M. Mellin nous a dit qu’il ajouterait notre tract au panier, et qu’il expliquerait ce qu’on fait.
Anne Laure, qui ne connaissait pas les principes de l’Amap est sortie enthousiaste et affamée de bonne soupe de légumes.
Amap à l'Asco
fin de journée, jeudi de la première semaine de veillée de St Médard
Dès que Flora et Anne Laure rentrent, on arrête pour aujourd’hui. Jérémie, Didier, Camille et Dorothée sont partis au rugby. Martine prépare les montages. On a appelé l’hôtel. On a prévenu qu’on serait sept ce soir au repas. Et demain neuf. La famille s’agrandit. On a amené une petite sono portable de Loos en Gohelle qui devrait servir demain à Clarice pour chanter dehors. Il nous manque un micro et une rallonge qu’on va se procurer demain matin aux services techniques du Carré des Jalles. Jérémie a remarqué aujourd’hui une petite défaillance de sa caméra. On espère que c’est juste une panne passagère. On manque de matériel. Pour être tranquille on devrait pouvoir disposer de quatre caméras, étant donné le rythme de nos interventions. Didier rencontrera demain matin tôt la professeure de danse orientale. Flora et Anne Laure avaient ce soir un rendez vous avec l’AMAP. Elles sont revenues.
Coquette et cocotte
Aujourd’hui, on est allé voir Madame Bernadas. Elle a quatre vingt six ans. Elle était blanchisseuse, dans le temps. Blanchisseuse depuis plusieurs générations : son père, ses grands mères, sa sœur… elle nous raconte chaque étape de la lessive, la longue lessive qui durait une semaine. Le lundi, à la file, des centaines de blanchisseuses allaient jusqu’à Bordeaux avec une charrette et un cheval, parfois une mule, parfois un âne, pour prendre le linge à laver et ramener le linge propre. On disait pas client, on disait pratique. On allait voir ses pratiques.
Elle nous a raconté tout ça et puis des anecdotes. L’histoire de l’âne de sa voisine blanchisseuse qui était tombé amoureux de la jument d’une autre blanchisseuse et qui voulait la suivre partout, dans sa tournée. Ce qui fait que la maîtresse de l’âne n’a jamais pu faire sa tournée à elle.
L’histoire du blanchisseur qui s’arrêtait à chaque fois boire un café dans un bistrot en allant faire sa tournée, et un jour qu’il a été remplacé par sa femme, le cheval l’a conduite jusqu’au bistrot et refusait de repartir. Et la pauvre femme qui ne comprenait pas. Et les habitués du bistrots qui sont venus lui expliquer : Y’ a qu’à attendre, après le café, il repartira. L’histoire de la jument Coquette qui avait mangé les fleurs et cassé les pots pendant qu’elle livrait son linge. Et la fois où cette même jument avait volé une banane à une marchande des quatre saisons, et puis l’avait épluchée et mangée.
Et l’autre jument, Cocotte, qui est partie à la guerre. Quand Mme Bernadas nous a dit cette histoire-là, on a eu le cœur serré. Un soldat est venu la chercher. Moi et ma sœur on pleurait. Et cocotte se retournait et nous regardait comme si elle demandait « je pars et vous ne me retenez pas ? ». Et puis cocotte est morte à la guerre.
Après, il a fallu se débrouiller. Il y a eu des voitures et des camions, des gens qui aidaient les dernières blanchisseuses qui tenaient encore le coup. Et puis en 75, Mme Bernadas a arrêté complètement, pour partir travailler à la clinique, jusqu’à la retraite. A la retraite, elle a voyagé, avec une amicale de Saint Médard où il y avait beaucoup d’anciennes blanchisseuses : les Baléares, l’Italie, l’Espagne, la Bulgarie, la Yougoslavie, l’Angleterre, l’Irlande, et tout.
mur a ballons / mur d'expo / mur de petites affaires
hunger à la cantine
On est allé au cinéma du Carré des Jalles avant hier soir. On a vu Hunger qui retrace le parcours des soldats de l’IRA enfermés dans les prisons anglaises au début des années 80. C’est précisément l’histoire de Boby Sands qui a mené une grève de la faim jusqu’au bout. Jusqu’à y laisser sa vie ainsi que plusieurs de ses camarades pour qu’on leur reconnaisse le statut de prisonnier politique. Le film est fascinant et terrifiant. Un film qu’on ne peut jamais oublier. Il a déclenché une discussion vive dans le groupe des veilleurs. On a dit que c’est trop violent et qu’il faudrait qu’on nous donne plus d’éléments politiques de compréhension de l’histoire pour comprendre pourquoi ça a été si violent et pourquoi les irlandais de l’IRA n’avaient plus d’autre choix que la grève de la faim définitive. On a dit aussi d’un autre côté que le film dans sa forme et dans ce qu’il raconte est une métaphore sublime de la complexité humaine et qu’il ne faut pas le réduire à l’histoire de l’Irlande du nord. On a discuté de tout ça à la cantine municipale de St Médard qui devient jour après jour l’endroit des débats et des échanges esthétiques et politiques.


