De LCP en LCP, on a fait un tour au Marais pour rencontrer Naïm Boulayane, qui y travaille. Il nous a parlé du quartier et là aussi, on a rencontré un groupe qui se réunit pour faire des activités, des jeux, en attendant d’avoir bientôt une cuisine équipée. Une cuisine solidaire, disent-ils. Ils disent que des projets, ils en ont, des envies, mais que c’est quand même pas facile de motiver les gens, de les faire sortir de chez eux. Ils disent que d’un immeuble à l’autre, l’ambiance est très différente, et d’un quartier à l’autre, aussi.
Par la fenêtre, on voit le jardin que Moulay a fait pousser de ses mains. On nous dit que ce jardin là n’est jamais saccagé, personne n’y touche. Moulay est un personnage du quartier, une figure, connue et aimée de tous.
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Ecole Ménagère, LCP Délivrance
Ce matin, au LCP de Délivrance, on a interviewé M.Negroni, qui est animateur du comité de quartier, et qui est dynamique et pimpant. On a dû refaire deux fois le début de l’interview parce qu’on s’était trompé sur les réglages de la caméra, et que ça rend les montages impossibles si toutes les caméras ne sont pas réglées sur le même format. Mea culpa.
Monsieur Negroni nous a parlé des activités du comité de quartier, de son rôle de relais, de soutien et d’initiateur pour toutes sortes d’actions. Il nous a parlé aussi du temps où il était animateur en villages vacances, du plaisir qu’il a eu à faire ce travail, et, de manière plus générale du plaisir qu’il a à être avec les gens, dans la vie de la ville, dans la vie du quartier. Il est aussi un des responsables de l’association de collectionneurs Lommois. Ça fait un temps plein, tout ça, dit-il, ça occupe beaucoup.
On a rencontré et discuté un peu, en arrivant à l’Ecole Ménagère, avec un groupe de femmes du CAD qui préparaient un repas, moules-frites, pour une vingtaine de personnes, pour midi.
Guy et Didier sont retourné au LCP Délivrance cet après-midi, après les moules, et il y avait une belle ambiance. Une ambiance joyeuse, gaie, voire grivoise. Ils ont beaucoup ri.
L’Ecole Ménagère, qui est maintenant un Lieu Collectif de Proximité, est belle et chaleureuse, dans son jus vieillot mais joyeux, coloré. On s’y sent bien tout de suite.
la belle ménagère
sur le chemin de la délivrance
Didier et Martine ont rencontré deux dames à trois pas de la maison Beaulieu. La plus âgée des deux dames balayait les feuilles mortes devant sa porte. Son mari était cheminot. Il venait de la région parisienne. A cause de son accent on l’appelait le parisien. Elle était l’aînée d’une famille de neuf enfants. On lui a demandé si elle sortait. Si elle allait au spectacle ou au cinéma. Elle a dit nonononon… L’autre dame connaît bien la maison Beaulieu. Elles disent que le quartier est très agréable. Elles sont inquiètes par rapport au projet de restructuration. Les maisons où il y a quatre logements vont être transformées. Les gens devraient être relogés normalement. Dans les même conditions normalement. Normalement, dit la dame…
Il y a énormément de choses faites pour le quartier Délivrance: la maison folie de Beaulieu, Cyberbase, association de gymnastique et plein d’activités sportives. On est à dix minutes du métro. Il y a trois collèges aux alentours. Des centres commerciaux. Les maisons ont toutes un jardin. On est au village ici. Il y a une unité dans le quartier. Pas de tension. Au café tabac, on a été très bien accueilli. Ils vont nous faire de la pub parce que c’est très bien nous a dit la dame
L’autre dame venait de Wazemmes à Lille. Elle est partie à Paris et ne s’est pas habituée, à St Ouen. Elle s’est mariée contre l’avis de sa mère. La mère avait fait un crédit pour la chambre à coucher. Elle a du reprendre le crédit. C’était dur. La mère avait acheté le matelas qu’elle a récupéré. Au début avec son mari ils ont empilé les cartons sur lesquels ils ont dormi.
Marais
Promenade dans le quartier du Marais, avec Aziz, qui travaille à la maison des citoyens, et avec Houcine. Promenade à la rencontre des habitants. On a vu Momo, qui ne s’appelle ni Maurice ni Mohamed mais Christophe. Il a été entraîneur de foot pendant des années, et il vit dans le quartier depuis quarante cinq ans. Depuis toujours. Il connaît tout le monde et aime bien accueillir les jeunes, ses anciens camarades footballeurs, pour boire un coup ou pour faire une partie de carte. Quand on arrive, son petit salon est plein de monde. Il nous parle de ses enfants, de sa fille qui joue au foot en deuxième division. Il raconte que le quartier est de plus en plus sûr, qu’il y a beaucoup moins de problèmes de délinquance, même si la vie des jeunes n’est pas toujours facile. Il dit qu’il aime ce quartier-village, vivant et joyeux, enclavé juste assez pour garder son identité conviviale.
On est ensuite allé voir Moulay. Il a plus de quatre vingt ans, et il court encore, et il fait du vélo, et puis devant son immeuble HLM, il fait un jardin. Il dit : puisque la société HLM ne fait rien, moi, je fais. Ça lui permet de prendre l’air, de papoter avec les voisins, et de leur faire partager ce qu’il fait pousser, des fleurs et des herbes, menthe, coriandre, basilic… Moulay parle beaucoup en mimant certains moments de récit, il se lève et mime. Il nous parle du Maroc, de son père, mort pour la France et enterré ici, de la décolonisation, de sa carrière, du quartier, de la vie du quartier.
On retournera à la maison des citoyens jeudi pour interviewer Aziz qui, vraiment, connaît le Marais comme sa poche.
folie
bourdieu, what else?
On est allé au collège Jean Zay. On a fait du repérage. On doit intervenir jeudi et vendredi dans la cour et dans les cours. Avec les acrobates, les danseurs et les comédiens. On est allé dans la salle d’allemand parce que Jérémie veut filmer l’intervention des artistes et les élèves du premier étage du collège. Et on est allé dans le superbe gymnase avec un mur d’escalade géant et des trapèzes et des cerceaux acrobatiques et des fils auto portés. Le collège Jean Zay de Lomme possède une option cirque. On s’est dit qu’il était le seul de la région a proposé cette option. On a longuement discuté avec le directeur du collège de notre action. De notre recherche action si on voulait parler en termes sociologiques. On s’est demandé ce qui nous avait amené à faire ce qu’on fait. On s’est dit notre installation au 11/19 avec Culture Commune à Loos en Gohelle dans le Pas de Calais. Au milieu des cités ouvrières. Et Pierre Bourdieu qui nous permet de lire le monde autrement, et d’envisager d’autres modes de relation de l’art aux populations , à la société. Pour lutter contre les déterminismes sociaux qui voudraient que l’art n’appartienne pas au peuple. Ce soir on a prévu une réunion pour préparer des questions dans le cadre d’une action qu’on appelle les porteurs de paroles inventée par le groupe Lézards Politiques.





