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une petite tortue de terre
Un jeune homme nous a montré une petite tortue en terre cuite, et nous a dit qu’elle venait du Cambodge, et que sa famille aussi est originaire du Cambodge, et qu’il y est allé pour la première fois il y a peu, et que c’était très émouvant.
Une jeune femme très accueillante nous a montré des boucles d’oreilles, et une jeune fille nous a montré un doudou en peluche. On est rentré au QG, et il fait un beau soleil, et il fait chaud, et on se dit que quand même, on est bien là, quartiers nord et campus, à profiter de ce faux bout de printemps.
Guy et Claude et Nounouk
le bout des pavés
En porte à porte dans le quartier autour de l’arrêt de tram Chêne des anglais et de la rue de la boulonnerie.
Jérémie, accompagné d’Adeline – qui nous suit en photo – sont allé dans les barres d’immeuble de Champlin et ont fait des portraits sur le pas de la porte.
Flora, accompagnée de Ludovic – qui nous suit pour écrire un article – sont allés rue du pressoir, et ont demandé aux gens un objet beau ou important. Un monsieur qui avait beaucoup d’humour et d’autodérision a répondu, Oh, vous m’embêtez avec La Culture ! Je vais vous montrer un objet laid et ridicule. Il nous a montré une petite statue de danseuse qui bouge et puis on a discuté de tout et surtout de n’importe quoi pendant quelques minutes, et c’était drôle.
Quelques pas plus loin, on a rencontré des habitants de toute éternité, nés dans le quartier, et même dans la rue, il y a plus de soixante dix ans. Guy et Claude sont, eux aussi, de joyeux drilles. Il y a écrit, sur le portail, attention au chien, et on voit un chien qui vient réclamer caresses et câlins, et qui nous fait la fête, c’est Nounouk… Claude et Guy nous font une liste du quartier d’autrefois, les genets, le château, les petits jardins en bas, la ferme Billy, les cressonnières, le bouilleur de cru et son alambic, les champs de blé et l’usine de boulonnerie de l’Allemand, après le blé, les baraquements qui devaient être temporaires et sont restés longtemps, ils s’appelaient le chêne des anglais et le bout des pavés. Et puis il y avait la cidrerie. Guy dit, parce qu’on est pas des païens, on se souvient aussi des communions et des roses qu’on ramassait et de défilés. Claude dit, moi je suis pas catho, mais c’est vrai que c’était beau, et Guy dit, moi je suis juste semi, je crois aussi beaucoup en mon porte monnaie.
rubis, pierres précieuses
sinon j'explose
Rencontre avec Hélène et Philippe au resto U Rubis. Hélène est arrivée en courant, elle court, elle parle en marchant, elle rit. On se dit qu’elle est incroyablement dynamique. Elle dit, moi j’ai besoin de faire des choses, d’être en action, tout le temps. Faut au moins une sortie par mois, théâtre ou ciné, sinon j’explose. Avant d’être maman, quand elle avait du temps, elle apprenait les langues étrangères. Elle n’a pas fait d’étude, juste un CAP dit-elle, mais c’est pas une raison. Elle a appris l’anglais et l’espagnol pour pouvoir parler avec tout le monde, le monde entier. Ça lui permet de rencontrer les étudiants étrangers, et d’avoir un rapport un peu privilégié avec eux.
Philippe, lui, est cuisinier. Il a aussi sympathisé avec bon nombre d’étudiants, et notamment avec une association qui accompagne les étudiants handicapés. Il habite dans les quartiers nord, à la Bourgeonnière, à deux pas du boulot. Tous les deux disent que le gros avantage du boulot, c’est les vacances. Il font des grosses semaines, mais ils ont, en échange, de grosses vacances. Et puis l’autre avantage, c’est la bonne ambiance dans l’équipe du RU Rubis. On demande si le chef cuistot est sympa et tous les deux, très spontanément, s’écrient Oh oui ! et Hélène ajoute en criant, Luc, on t’aime… !
RU graphique à midi
club théâtre
Au club théâtre. Deux heures avec les étudiants étrangers, on a fait du Godot. On a joué ensemble « En attendant Godot » de S. Beckett. Et dit des citations à la caméra. La scène choisie est basée sur un rapport de colère. On a cherché comment on exprime la colère. Chez les japonais on n’ exprime pas sa colère, nous dit une jeune fille. Chez les chinois on ne dit pas je t’aime maman ou je t’aime papa dit un jeune chinois. Ici, j’ai entendu qu’on disait je t’aime maman, alors en rentrant j’ai dit à ma mère que je l’aimais et elle s’est mise à pleurer. Ils viennent au club théâtre pour pratiquer la langue française. D’autres pour vivre plusieurs vies, disent ils. Le groupe est super agréable et dynamique. La jeune japonaise dit on intériorise tout chez nous, alors elle exprime la colère avec ses yeux. On avait l’impression qu’elle se battait contre elle même. Parce qu’on doit toujours garder la totale maitrise de nous mêmes.
Jérémie a croisé une autre lycéenne de St Nazaire qu’on a connue l’an dernier pour les cinquante ans de la cité scolaire à St Nazaire. Aujourd’hui elle est étudiante sur le campus de Nantes Nord.
fil en tête
on savoure
Aujourd’hui, les interview continuent. On est vendredi. Fin de semaine. Jérémie va au Judo, Didier fait Godot dans un atelier théâtre. Martine et Guy rencontrent des étudiantes-chercheuses de l’association fil en têtes. Il y aura interview de personnels du resto U, et puis aussi le directeur du centre socio -culturel, la Mano. Et puis ludothèque. Et puis d’autres, encore et encore.
On apprend tellement de choses en Veillée, plein de choses qui vont du fondamental à l’anodin, du quotidien à l’anecdote, de l’Histoire aux histoires. Du prix de location de la salle des fête du quartier aux fondements théoriques et idéologique d’un CE ou d’une structure d’éducation populaire. On apprend des montagnes de choses. On est des éponges. On se régale, on savoure, on déguste toutes ces rencontres.





