Blog

Le Bon…

Cet après midi on va à l’école d’ingénieurs Centrale pour une visite et des danses. Et après on retourne dans le quartier où on était ce matin. On va danser devant le café « Le Bon, la croûte et la mie » où Didier est allé la semaine passée rencontrer un grand historien du quartier qui travaillait à la médecine du travail et qui dit un quartier qui n’aurait pas de mémoire, n’aurait pas d’avenir…

didier éribon

Bourdieu écrit quelle est la fonction réelle d’un système d’enseignement qui fonctionne de manière à éliminer de l’école tout au long du cursus scolaire les enfants des classes populaires et, à moindre degré, des classes moyennes ? Je ne puis m’empêcher de voir dans le système scolaire tel qu’il fonctionne sous nos yeux une véritable machine infernale, sinon programmée pour atteindre ce but, du moins aboutissant à ce résultat objectif : rejeter les enfants des classes populaires, perpétuer et légitimer la domination de classe, l’accès différentiel aux métiers et positions sociales. Une guerre se mène contre les dominés et l’école en est donc l’un des champs de bataille. Les enseignants font de leur mieux ! Mais ils ne peuvent rien ou si peu, contre les forces irrésistibles de l’ordre social, qui agissent à la fois souterrainement et au vu de tous , et qui s’imposent envers et contre tout.
Retour à Reims, Didier Eribon.

juste avant midi

Juste avant midi, devant une école à côté de la maison de l’emploi. Sortie pressée des enfants, et parents qui se dépêchent – c’est l’heure du repas et la pause est courte – mais qui prennent un petit bout de temps, quand même, pour regarder les danses, et nous écouter expliquer ce qu’est la veillée. Il y a là, aussi, des petits yamakazis en herbe qui s’entraînent à passer des obstacles, à sauter par dessus le muret en béton. Ils volent, c’est quelque chose. Séance photo improvisée. Et discussion avec les mamans, vite vite, qui nous disent que ce serait bien qu’on revienne à la sortie du soir, à cinq heures.

répétition du matin

Lundi matin. Adage. Dorothée et Camille enseignent l’Adage à Yasmin, Cynthia et Mathieu. Faire connaissance dans une danse. Dans la douce danse de l’Adage.
C’est ça, là les doigts, non, c’est pas ça. En fait, là, il y a une petite rotation et tu redescends. Tu vas jusqu’en haut, puis partir par le bas. Et on repart, jusqu’en bas, un tour et on passe. En haut, puis jusqu’en bas, pied gauche et puis après c’est la main droite, là. ta main passe là, et une fois que tu es là, quand tu poses, hop, et puis après tu reviens.

danse dans la rue

De retour au TU (théâtre universitaire) de Nantes. Aujourd’hui et demain en compagnie de Cynthia, Camille, Dorothée, Mathieu et Yasmin. Acrobates et danseurs. On est au complet. Nous avions travaillé avec Cynthia à Sao Paulo au centre Alana dans le quartier de San Miguel. Mathieu est acrobate et fait partie de l’association Porte27 qui, dans le projet Issue01,  travaille sur la relation du spectacle vivant aux populations isolées (hôpitaux, centres de détention, campements d’exilés..). Yasmin travaille à Nantes et il est artiste associé au TU. Il est danseur et il réalise des films, des portraits d’habitants. Il prépare un spectacle, Avant je dansais pour oublier d’où je venais, maintenant je danse pour dire d’où je viens. Camille et Dorothée travaillent avec HVDZ depuis les Sublimes et ont participé à de très nombreuses veillées.