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Rendez-vous à l’école Paul Meurisse

Ce matin, 9h rencontre dans la cour de l’école Meurisse, celle à côté du City Park, en face ce mur d’enceinte qui a l’air d’être très vieux mais dont personne n’a su nous dire l’origine. Au passage, Paul Meurisse, c’était un acteur des années 30-40, qui a été marié à une Michèle, puis à une Micheline et encore à une Micheline, sacré critère.
9h05, nous entrons dans la petite classe des CE1 de Mme Cheminel. Petite, car nous y rencontrons 10 élèves : il y a Ajan, Meliana, Aydan, Lahcen et Yoann, il y a aussi Ndack, Laya, Farmata, Imad et Arman. Si vous aviez une baguette magique, qu’est ce que vous changerez dans votre quartier ? Les réponses sont d’abord timides, puis elles fusent : on ferait des maisons en bonbon et des toboggans en pâte à sucre, une piscine géante, des châteaux gonflables, des bateaux pirates.
9h45, on grimpe un escalier et on arrive dans la classe des CM2 de Mme Dondeau (qui est aussi la classe de Mr Leclercq, le directeur). Cette fois-ci on change de consignes, c’est citations ! On rencontre Nourhane, Yassine (qui est le frère d’Imad de la classe d’avant), Mourad, Luigi, Wassy, Mathéo, Laoni, Meziane, Rahaf, Kaïna, Laureen, Aliyah, Soukaïna, Yannis, Stefen, Alycia.
L’une d’entre elle,  » le souvenir est le seul paradis dont nous ne pouvons être chassés » a été transformé par Meziane en  » l’amour est le seul paradis dont nous nous ne pouvons être chassés », ça c’est fait tout seul, et ça marchait très bien.
Quand on est dans l’école, on repense à ce qu’on a pu nous raconter sur la destruction prochaine des écoles Meurisse et Giono, qui laisseront place à une nouvelle dans les prochaines années. On a eu beaucoup de questions et d’avis sur ça, « ça va être beaucoup plus pratique pour les familles », « peut-être que ça va amener de nouveaux commerces », « pourquoi fusionner à tout prix ? », « pourquoi mettre des sous à cet endroit alors qu’elles ne sont pas en mauvais état ? ».

Tristan, veilleur du quartier, au marché Louis XIV

« Je suis Tristan, élève de 4ème 3, du collège Lucie Aubrac. Je participe à HVDZ, car cela nous montre notre quartier. J’ai suivi les rencontres avec les personnes de 10h30 à 11h45.​ ​Ce matin, on est allé au marché place Louis XIV puis nous avons proposé à des personnes du quartier de choisir une citation et de se présenter avec leur « mots ». On a dansé la valse… Ce moment était un moment convivial et joyeux, en plein cœur du marché. »

Portrait de Familles !

Le Portrait du Quartier du Banc Vert de Dunkerque, est intitulé :
« Portrait de Familles ».
D’habitude, quand on va quelque part, c’est le « Portrait » de cet endroit. Le Portrait du Quartier du Canal, le Portrait de Fives, le Portrait de Salé, le Portrait de Faux-la-Montagne.
Mais ici, ça ne s’appelle pas le « Portrait du Quartier du Banc Vert de Dunkerque », ça s’appelle « Portrait de Familles » et ce n’est pas pour rien, et ce n’est pas anodin, et ça raconte beaucoup.
Alors, parce que ce qu’on fabrique avec les habitants du quartier du Banc Vert c’est un « Portrait de Familles », on a eu envie de poser – à un moment donné – dans chaque interview – les trois mêmes questions :
• Qu’est ce qui fait famille, qu’est-ce qui fait lien dans la famille ?
• Qu’est ce qui fait qu’on se sent bien dans la famille ?
• Comment la famille s’est transformée ces dernières années ?
On nous a parlé de solidarité, de soin, d’attention, d’amour. On nous a parlé de beaucoup de choses. Et on nous a aussi dit, par rapport aux « transformations de la famille ces dernières années », que ces transformations sont positives ! On aurait pu nous dire « c’était mieux avant », on aurait pu nous dire « le téléphone, les réseaux ça cassent tout. »
On aurait pu nous dire ça.
Mais on nous a dit :
« Ces transformations sont positives. Il y a moins le poids de la morale, il y a moins le poids de la société, alors, oui, dans les familles d’aujourd’hui, on peut assumer des schémas qu’on auraient dit marginaux « avant ».  Dans les familles d’aujourd’hui,  on peut fait preuve de créativité pour inventer son propre modèle, chacun a le droit de choisir sa place, chacun a la liberté de choisir sa place. »

Familles de sang, familles recomposées, familles de voisins, familles monoparentales, familles homoparentales, familles élargies, familles choisies, familles de cœur.

Faire, faire faire, laisser faire et un millefeuille.

« Faire, faire faire et laisser faire ». Ça peut paraître obscure, mais on comprend vite pourquoi « Faire, faire faire et laisser faire est le leitmotiv de Mehdi Guirous, le directeur de l’Afad.  (*aide familiale à domicile).  Oui, la transmission est au cœur de son métier : on reçoit et quand on a reçu, à un moment on est en capacité d’aussi aider les autres. Ce portrait est intitulé « Portrait de Familles ». Aussi, il y a des questions particulières que l’on a eu envie de poser à chacune des « conversations filmées », et notamment : « Pour vous, qu’est-ce qui fait famille ? Qu’est-ce qui fait lien dans la famille ? » À l’Afad, Mehdi nous répond : « C’est l’amour. Même si c’est compliqué (même si le matériel est compliqué, même s’il y a disputes) c’est le lien d’attachement, c’est l’amour qui fait famille. »
Avant de commencer l’interview, Mehdi nous fait visiter l’Afad, rue de Petite-Synthe, avec son grand jardin caché derrière, et Mehdi nous explique que c’est le jardin de toutes les personnes qui viennent ici. Et là – ce n’était pas prévu – on rencontre Jean-Paul qui jardine « parce que le jardin ça aide certains enfants à s’exprimer, alors je viens pour entretenir, préparer des choses pour eux… » Jean-Paul a été aidé par l’Afad il y a 3 ans, et ça semble aller de soi pour lui de continuer à passer des heures dans cet maison, mais pour aider les autres maintenant. On lui demandera : « Et si l’Afad était un plat, ce serait quoi ? » Jean-Paul répond : « Un mille-feuille, parce que c’est disposé de plusieurs couches et comme il y a plusieurs personnes, chacun apporte sa couche au mille-feuille »

Au Banc Vert, il y a

Il y a la Dordogne, le Limousin, le Languedoc, les Landes, les Cévennes, la Gascogne, la Creuse, la Guyenne, le Béarn, le Périgord
Il y a des tout petits chiens et un chien avec une énorme tête qui s’appelle Boras
Il y a un tunnel pour sortir du quartier
Il y a un cabinet de kiné, mais pas de café
Il y a des plantes dans les classes
Il y a une sonnerie de collège qui ne ressemble pas à une sonnerie de collège
Il y a des gens qui vivent là depuis plus de 45 ans
Il y a RDM, RDF et aussi des BBC
Il y a un cours de neuro-fitness
Il y a une infirmière au Top
Il y a une rue Gro Harlem
Il y a des dealeurs de mots
Il y a des bancs qui ne sont pas verts mais il y a de la verdure
Il y a des poupées russes dans la balance
Il y a un petit garçon qui adore Godzilla VS King-Kong et qui pense que c’est logique que Godzilla gagne à la fin puisque un dieu est plus fort qu’un roi
Il y a Nathalie et Rania que tout le monde connait
Il y a le City Park
Il y a des citations dans des poches
Il y a un rappeur-médiateur
Il y a un clown au CPM : Coucou aux Quatre Cents Coups
Il y a des barbecues entre voisins
Il y a Raymond et Lucie Aubrac
Il y a un Redacteur en chef
Il y a de l’entraide
Il y a des topinambours dans la cour du collège et des framboisiers dans les écoles
Il y a des escaliers qui montent et qui descendent
Il y a la Ferme qui rejoint le Marais
Il y a un chantier où on peut danser même en chaussures de ville
Il y a Gambetta mais on lui a piqué ses fenêtres
Il y a des euphorbes
Il y a des fans de Johnny
Il y a beaucoup de géraniums très rouge
Il y a un château d’eau d’un côté et une église de l’autre
Il y a un peu de méfiance mais surtout beaucoup de bienveillance

Nadia et Nathalie et Coucou

CMP – Les Quatre Cents Coups. Rencontre avec Nadia et Nathalie. La discussion avec Nadia était particulièrement éclairante et éclairée. Nathalie est arrivée après-coup et nous a offert la lecture d’un texte-poème sur le métier de thérapeute familiale qu’elle a écrit dernièrement. Nathalie est écrivaine, elle est passionnée par les mots comme par son travail. Ses mots traduisent ce qu’elle vit au travail. Ses mots travaillent ce qu’elle vit. Ses mots viennent la travailler tous les jours. Et prendre du sens avec sa vie et son travail. Elle est attachée aux mots. Des mots pour dire. Nathalie précise « des mots à dire ». Nathalie est clown. Son clown s’appelle Coucou. Il est là. Quand l’occasion se présente, il prend la parole quand la personne ne suffit plus. Nadia nous a expliqué la situation des jeunes adolescents par ces temps d’incertitude et de covid. Nadia a toujours su qu’elle voulait faire un métier de soin. Quand elle a eu la possibilité de travailler à l’EPSM des Flandres, elle s’est porté candidate. Elle a été engagée parce qu’elle a fait comprendre au concours que l’EPSM ne pouvait pas se passer d’elle. Depuis toutes ces années, elle est en harmonie avec ce qu’elle fait. Aujourd’hui, elle est thérapeute familiale mais n’en finit pas d’apprendre dans ce domaine et de rester à l’écoute utile des familles et des jeunes gens qui la consultent. C’est un échange. Et dans cet échange, les gens ont la possibilité de retrouver le bien-être et l’envie.