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Pourquoi c’est pas possible de vivre ensemble.

« Il y aura toujours du racisme, de l’homophobie et des guerres. Parce qu’on ne peut pas aimer tout le monde. Et il y en a qui se croient parfaits et qui s’en prennent aux plus faibles. »
« Il y aura toujours des personnes contre les noirs, les homosexuels, parce que ça existe depuis toujours, mais comme il y en a toujours eu, du coup, c’est pas aujourd’hui que ça pourrait changer. »
« On ne peut pas changer les personnes qui pensent comme ça, c’est transmis par les parents. C’est les liens avec les amitiés qui peuvent aider à se remettre en questions pour éviter que les parents transmettent le racisme ou l’homophobie. »

Ça approche

Aujourd’hui, nous sommes jeudi, et demain, c’est déjà vendredi.
Ce matin, pas possible de répéter sur le plateau de la Fabrique Théâtrale. Ce matin, le plateau est l’espace des régisseurs et des techniciens qui font le montage et préparent la scène pour demain. L’écran, la lumière, le vidéo-projecteur, le son.
Avec les jeunes du CAJ d’Annequin, on reste dans la Nef pour répéter et on se concentre sur l’apprentissage des textes, l’articulation, les intentions, les enchaînements, les directions dans l’espace, l’adresse.

Ce que je ne supporte pas.

Une séquence du film-spectacle Close To Me à Culture Commune. Pendant la première semaine de travail, en février, à propos du vivre ensemble, les jeunes s’étaient prêtés à plusieurs ateliers d’écriture. Et notamment, ils avaient répondu à la question : Qu’est-ce que vous ne supportez pas ? Et pourquoi ? Là, sur le plateau, pour cette séquence, ils sont en ligne, partent du fond et avancent quand ils parlent. Ça, ça va. Ce qu’ils trouvent plus déstabilisant, c’est qu’on n’a pas fixé l’ordre pour les prises de paroles. Alors, il faut être à l’écoute, ne pas partir à deux en même temps, ne pas laisser de blanc, faire avancer la ligne au fur et à mesure des 45 interventions. En voici quelques unes :
Je ne supporte pas que l’on traite ma famille parce que ça ne se fait pas et que selon les personnes, elles ne peuvent pas forcément se défendre.
Je ne supporte pas les faux-culs parce que ça ne se fait pas de retourner sa veste.
Je ne supporte pas les personnes qui n’aiment pas Mac Do parce que c’est trop bon.
Je ne supporte pas l’abandon des parents parce que pour pouvoir avancer on a besoin d’eux (en quelque sorte).
Je ne supporte pas les personnes qui influencent les autres parce que c’est juste de la manipulation.
Je ne supporte pas le monde parce que je m’y sens oppressée.
Je ne supporte pas les enfants qui pleurent parce que ça me fait mal pour eux.
Je ne supporte pas les différences entre les riches et les pauvres parce que au final, on est tous fait pareil.
Je ne supporte pas les gens qui se croient les plus forts, les plus beaux (les riches) parce que.
Je ne supporte pas  les personnes trop tactiles dès le départ parce que il me faut du temps pour connaitre quelqu’un.
Je ne supporte pas rester sans rien faire parce que mon corps ne peut pas.
Je ne supporte pas les gens qui portent tout le temps des marques parce qu’ils se la pètent.
Je ne supporte pas les devoirs parce que c’est long et j’ai l’impression de perdre du temps.
Je ne supporte pas les personnes qui ne tiennent pas leurs promesses parce que c’est énervant.
Je ne supporte pas les personnes qui n’arrêtent pas de se plaindre H24 parce qu’au bout d’un moment on a compris.
Je ne supporte pas qu’on me fixe parce que j’ai l’impression qu’on me juge et c’est gênant.
Je ne supporte pas certaines filles de 16 ans parce que elles se maquillent de trop pour cacher leur puberté.
Je ne supporte pas les critiques parce que je suis sensible et ça me vexe.
Je ne supporte pas les personnes pessimistes parce que la vie est belle.

Gants de boxe et Amitié

« Avant j’avais une meilleure amie, elle a déménagé. Elle est devenue ma pire ennemie. J’en suis venue à la pousser un jour qu’elle était sur ses rollers. Elle ne me manque pas, je ne la vois plus. C’est une expérience qui m’a fait un peu mal. Être amie c’est pas facile, y’a des hauts et des bas.
J’ai 3 grandes sœurs elles sont toutes allées au CAJ, une est animatrice. Moi j’ai choisi d’y aller pour apprendre à connaître de nouvelles personnes. Là je me suis fait de nouvelles amies. Je ne suis jamais seule. Je me confie à mes amies, sur tout, des bêtises, des mensonges. Faut surtout pas que ça s’arrête, on peut pas vivre tout seul.
J’aimerais plus tard avoir un travail, beaucoup d’argent. Vivre au bord de la mer. C’est relaxant, tu vois loin, tu peux crier, courir, chanter très fort. »

Première répétition sur le plateau de la fabrique théâtrale. On déroule.

Après le travail à la table du matin avec les textes, l’après-midi est le moment de la première répétition sur la plateau. On déroule tout dans l’ordre, vidéos, textes, danses, pour avoir une vision d’ensemble. Ensuite, on prend un temps pour revenir sur la danse de la fin. Les textes on y reviendra demain, il faut d’abord que chacun puisse avoir un peu de temps (ce soir à la maison) pour les apprendre. Mais quand la journée est finie, même si tout le monde est fatigué, les quinze jeunes du CAJ d’Annequin demandent à rester encore un peu, ils aimeraient revoir la vidéo qui avait été tournée sur le terril. Alors, on rallume le vidéo-projecteur et tout le monde se rassoit pour regarder. Et puis hop, fin de journée, il faut bien. À demain. Le film-spectacle Close-To-Me-Culture-Commune, c’est à Loos-en-Gohelle, ce vendredi 12 avril (faudra être prêts). Ça jouera deux fois, à 16h et à 20h.

Retour à Loos-en-Gohelle. À table.

Retour à Loos-en-Gohelle. Tout le monde est au rendez-vous. Dès 10h, à l’arrivée des jeunes du CAJ d’Annequin, on se met à la table, pour travailler sur les textes et répartir les interventions de chacun dans les séquences du futur film-spectacle. À 10h30, on s’aperçoit qu’on n’a pas pris le temps de boire un café ou un jus de fruit pour fêter la reprise et le premier jour de cette deuxième semaine (après celle du 11 au 16 février), alors on fait une petite pause, mais on se remet vite au travail. Tout le monde est impatient de retrouver les textes. On lit, on parle beaucoup, on explique aux « quinze d’Annequin » comment va se passer cette semaine, ça va aller vite jusqu’à vendredi. Tout le monde est sérieux. Vers 11h, on leur précise : « Si vous avez des questions, n’hésitez pas ! » Et là, il y a juste une petite voix pour dire : « On n’a pas de question, c’est parce qu’on comprend vite. » Et le travail reprend. À table, jusqu’à l’heure du déjeuner.