Carnets de route
journée bien remplie
On a bien travaillé. Maggie et Didier sont allés à Monchecourt présenter le projet du portrait de village de juin avec Pierre Laly de l’Hippodrome. Devant des éluEs et des habitantEs du village. Ensuite on s’est retrouvé au bureau pour une réunion (en mangeant). On a parlé d’une proposition de l’usine Pocheco (pour qui on avait travaillé l’année dernière avec le centre de ressource et de développement durable situé sur le 11/19) à laquelle on ne veut pas donner de suite. La raison en est qu’on ne veut pas faire de film d’entreprise. Même si c’est une usine modèle en termes écologiques et environnementales. Et puis on a longuement parlé de l’ADUGES, la fédération des centres sociaux de Dunkerque. On a décidé qu’on répondrait à leur demande du mieux qu’on peut. On va faire un film avec et pour les centres sociaux dunkerquois. Ensuite on a fait la conduite du film du retour sur pour les lycéens dunkerquois. On a été efficace. On a regardé dans le détail les montages de Didier. A partir des rêves des lycéens racontés à la caméra et des questions que Didier leur a posées, comment ils s’imaginent dans vingt ans, à quoi ils pensaient quand ils étaient petits… Et de ce que les uns et les autres pensent des lycées de leurs camarades. A partir des couleurs, des espaces, des sons, de l’ambiance… On s’est donné rendez vous la semaine prochaine pour finaliser les montages. Et préparer nos autres actions pour le retour sur à Dunkerque. C’est pas facile de tout faire mais on s’en sort. On aura du mal à doubler les équipes parce que ça voudrait dire aussi doubler Maggie et Gilbert qui travaillent au bureau (Maggie travaille au bureau et elle est aussi VeilleurE dans les Instantanés et les Portraits).
Souvenirs de St Nazaire
rêves dansants et bateau feu
On va travailler sur le film qu’on va faire pour le retour sur à Dunkerque. On se voit à midi avec Martine, Didier, Maggie, Jérémie, Gilbert et Guy. Flora et Hervé ont décliné l’invitation et se sont excusés. A midi, au repas on va parler du projet de l’ADUGES, l’association des maisons de quartier de Dunkerque qui voudrait qu’on participe artistiquement aux 40 ans de l’association. Sabine du Bateau Feu est notre relai auprès de l’ADUGES. Puis dans l’après midi on va revenir sur tout ce qu’on a fait dans les trois lycées et on tentera de faire un film inventif dans lequel les lycéens trouveraient plaisir à se reconnaître. On a du pain sur la planche. Didier a préparé des montages qu’il a réalisés après avoir rencontré des lycéens de chaque lycée et les avoir emmenés dans les autres lycées. Et on aimerait aussi beaucoup intégré une séquence qu’on a appelée les rêves dansants comme le film sur Pina Bausch. Didier et Hervé ont travaillé avec une groupe d’élèves de chaque lycée qui racontent un bout de vie, du lycée ou d’ailleurs. Que Didier a filmé en travelling. Et il y a la voix off qu’on aimerait intégrer. Pour donner des indications sur notre manière de faire et la vie de la compagnie à Dunkerque, pendant le temps de nos résidences.
imprimante et réfrigérateur
Grosse journée au bureau. Réunion avec Marie de Culture Commune pour discuter d’une éventuelle Veillée au Centre Hospitalier de Lens la saison prochaine. Et puis on a reçu une nouvelle imprimante mais les techniciens qui nous l’ont amenée, ne l’ont pas connectée aux différents ordinateurs. Du coup la nouvelle machine trône dans un coin du bureau mais ne fonctionne pas. Ça me rappelle qu’à la maison ma mère avait acheté un réfrigérateur dont elle n’avait jamais voulu se servir parce qu’elle trouvait que ça faisait trop de bruit. Elle disait qu’ on pourrait le faire marcher dans les grandes occasions. Alors en attendant elle l’utilisait comme une armoire. Elle y rangeait du linge et toute sorte de choses. C’est vrai qu’on n’avait pas besoin de réfrigérateur à la maison. On avait une cave. Très fraiche. Et un garde-manger. Par contre, on avait pas d’imprimante (ça n’existait pas encore). Je pense qu’à la maison ma mère aurait mis une belle plante verte sur l’imprimante. Ou un beau vase. Avec plein de fleurs. Près de la fenêtre. Et puis Nathalie, la présidente est venue. On a longuement parlé des Atomics et des Veillées. Nathalie voudrait qu’on fasse l’année prochaine un Instantané dans son lycée, à Béhal, à Lens. Et on a prévu un C.A et un programme de réunions dans les semaines à venir. On s’est pris la tête sur la reprise des Atomics à Douai. On a parlé aussi du Portrait de Monchecourt, en juin. Les hébergements, les déplacements, les remplacements. Pour les Atomics, on n’arrive pas à réunir tout le monde au même moment.
Saint Nazaire mars 2010
Lepage, Eribon, Les Atomics
Dans les Atomics on reprend à la fin du spectacle des propos de Franck Lepage sur l’éducation populaire et sur la critique qu’il fait du ministère de la Culture. La culture (telle que perçue par le ministère) n’est plus le liant d’un peuple, elle est un outil d’ascension sociale, donc exclusive/excluante. Le Ministère de la culture est là pour nous dire que grâce à la culture, nous avons la possibilité de nous hisser dans la hiérarchie sociale, sans distinction de classe. Ça sous entend que la culture ne luttera pas contre les inégalités, elle ne fait que proposer de nouveaux critères pour une hiérarchie, un nouveau système de classe, non plus sur les bases du travail, mais sur celles du savoir. Exit la conscience de classe. Ce passage nous cause bien du tracas parce qu’on nous accuse de cracher dans la soupe. Alors qu’on ne fait qu’évoquer un point de vue (dont on peut difficilement nier toute la pertinence même si c’est radicalement formulé). Pour le confronter à d’autres. On confronte dans les Atomics différentes manières de voir. Nous somme persuadés que l’art peut jouer son rôle de transformation sociale. On se serait sinon depuis longtemps déjà transformé en scop d’éducation populaire. On commence les Atomics (après l’intervention d’habitantEs de cités de Méricourt et de Lallaing) par la projection de tableaux prochainement exposés au Louvre Lens. Pendant toute la durée du spectacle Flora diffuse sur deux écrans accrochés aux échafaudages des oeuvres d’art contemporain en synesthésie avec ce qui se passe au plateau… Et c’est tout l’intérêt d’être au 11/19 à Loos en Gohelle, au milieu du bassin minier : travailler avec les populations alentours et les habitants des quartiers populaires pour faire ensemble des spectacles qui prennent en compte l’artistique, le culturel, le politique et le social. Pour mieux comprendre ce qui nous vaut une certaine violence critique (quant à ce qu’on dit sur le plateau), on est donc allé relire des auteurs complices, qui sont nos référents depuis des années. Comme Didier Eribon (qui n’en est pas moins radical quand il s’en prend à la radicalité d’un autre. Mais faudrait il être absolument lisse ou pleinement consensuel pour avoir droit de cité?) Pour comprendre (il va dans le sens de l’opposition à Lepage). On est bien conscient des paradoxes. Et c’est en partie sur ces paradoxes qu’on a construit Les Atomics.
Didier Eribon dans Retours sur Retour à Reims
…Quand je lis un auteur comme Jacques Rancière, par exemple, et que je constate que tout son discours depuis quarante ans se résume à une exaltation populiste d’une sorte de savoir politique, culturel, scientifique… spontané de la classe ouvrière, de compétence égale de tous avec tous, je ressens de la colère et du dégoût… Car c’est ignorer délibérément les inégalités réelles, et les effets de la dépossession culturelle, c’est ignorer le fonctionnement du système scolaire, c’est ignorer comment se forment et comment se transforment les opinions politiques, etc. Et c’est même empêcher de poser tous ces problèmes! Quand il ose affirmer qu’essayer d’analyser les inégalités (notamment scolaires), comme l’a fait Pierre Bourdieu, aboutirait à figer les gens dans cette inégalité et à les priver de leur liberté, de leur mobilité, je trouve ce genre de propos vraiment grotesques voire indécents. Il est un cas typique du penseur bourgeois qui se penche de haut sur le peuple, qu’il ne rencontre jamais ailleurs que dans les livres du XIXe siècle… (n’est ce pas ce savoir spontané des classes populaires qui les conduit, par exemple, à l’auto-élimination scolaire et que Rancière croit être une invention des sociologues?)… Rancière refuse de voir ce qu’est l’inégalité dans la réalité, ses mécanismes de fonctionnement et de perpétuation, et aussi ses effets dans les manières de penser et d’agir, dans les rapports à la politique , dans les vies… C’est donc tout simplement nier la domination; et ratifier et donc reconduire l’inégalité à partir d’une position idéaliste qui n’a que l’apparence de la radicalité politique mais qui en est tout le contraire: c’est un très confortable conformisme conservateur….
lettre au C.A
On a vu Thomas Suel il y a deux jours dans l’idée de travailler ensemble pour le Portrait d’Estrée Cauchy à la fin du mois d’août.
Et on a écrit aux membres du conseil d’administration de la compagnie pour les informer des évènements de la compagnie… Après notre passage à Béthune s’en est suivi un Instantané à Grande Synthe, au lycée du Nordoover. Les Atomics ont relancé la demande de Veillées et de Portraits (Par exemple, Dieppe prend deux Veillées différentes sur la même saison dans deux quartiers différents). Le début de saison prochaine est surchargé. On se demande même comment on va tenir le coup. C’est quasiment à flux tendu du 15 août jusque fin décembre. Je devrais travailler sur la Brique dans les semaines à venir. On a cependant prévu en juin un Portrait à Monchecourt avec l’Hippodrome de Douai. Et nous devons aussi préparer et réaliser le retour sur pour Dunkerque qui aura lieu les 19 et 20 avril à la salle Concorde à Petite Synthe. Cette fois on aura moins de monde (il y a moins de lycéens qui sont disponibles) qu’au Grand Bleu et les actions n’auront lieu qu’en fin d’après midi pendant deux heures, avant la diffusion d’un film (à 19h30) qu’on réalise nous-mêmes et qui retracera notre parcours dans 3 lycées du Dunkerquois (Jean Bart, de l’Europe à Dunkerque et du Noordover à Grande Synthe). On fait régulièrement des interventions-conférences à l’université ou devant des publics de professeurs des écoles. Et dans les lycées. On espère très vite reprendre notre chantier sur les Briques, qui sera la prochaine création de plateau (nous considérons chaque Veillée comme une création à part entière) de la compagnie. Nous sommes en pleine recherche de financement…




