à corps perdu

Quand on intervient dans les lycées comme on le fait pour les Instantanés, ça fait remonter forcément plein de souvenirs à la surface. Je me suis souvenu d’un cours de physique et d’un devoir raté. Je me souviens que pour mes parents, (qui ne croyaient pas en Dieu puisqu’ils étaient communistes) l’école par contre c’était sacré. Un mauvais bulletin ou une mauvaise note représentaient un sacrilège ou un blasphème.  Je n’osais pas annoncer à mes parents que je m’étais planté.  Alors je me souviens d’un après midi à mobylette sur les chemins de terre à monter et descendre les talus à toute vitesse pour expier ma faute, sur le fil de rasoir, au risque de me casser la figure.  A cause d’un devoir raté. Comme si d’un seul coup,  le ciel me tombait sur la tête. Que la fin du monde avait sonné. Pour pas grand-chose. Il fallait que je paye. Physiquement. Ou peut être que le mal-être est moins lourd à porter quand on l’éprouve physiquement.

veste

On n’a pas fait un tabac à la salle des fêtes de Bergues hier matin. On est intervenu devant deux à trois cents professeurs des écoles à propos de notre démarche, de notre travail sur la relation art, populations, société… Au bout de dix minutes on avait perdu tout le public. L’intervention a duré environ trois heures. Quand je pense qu’il y a des gens (comme Angelica Liddell) qui font des spectacles de cinq heures!  Trois heures hier matin à la salle des fêtes de Bergues devant trois cents personnes, eh ben on aurait pu penser qu’on n’ arriverait pas au bout… Quand ça ne veut pas marcher… On a essayé un débat mouvant à la mode du pavé.org. Rien n’y a fait. Les gens ont continué à parler entre eux d’autre chose. Un four, quoi! Un vrai four! Heureusement qu’on était deux. Tout seul, t’es bon pour une grosse déprime et un gros doute. Un schmurtz! A deux, tu relativises. Rien n’est si grave! C’est ça sans doute qu’on appelle  prendre une veste ou un vent!

bergues salle des fêtes derrière la mairie

On intervient ce matin avec Maggie à Bergues (59) devant quelques centaines de professeurs des écoles. Trois heures. On va leur diffuser la Veillée des écoles qu’on avait réalisée à Guyancourt. Et organiser une discussion autour de cette Veillée qu’on avait effectuée avec les personnels, les parents et les enfants de plusieurs écoles primaires de Guyancourt. Puis en début d’après midi Didier emmène Maggie à Dunkerque pour filmer des lycéens dans le cadre du Retour sur. A Aubusson on a décidé d’une Veillée un peu particulière qui s’étendrait sur deux saisons. A Aubusson et dans la Creuse. On en a discuté avec G.Bono hier midi à Paris au restaurant la Cavetière, Place de la Bastille.

aubusson

Ce matin on va à Paris pour déjeuner près de la gare d’Austerlitz avec Gérard Bono qui est venu voir les Atomics. Il programme le spectacle la saison prochaine à Aubusson. On va convenir d’une action à mener sur le terrain dans les villages aux alentours d’Aubusson. Avec les habitants. Dans la Creuse. On va passer du bassin minier du Pas de Calais à la Creuse. On a vu dans le journal qu’au Louvre Lens, ils cherchent un directeur pour la salle de spectacles. Hier à Paris avait lieu la réunion des scènes nationales en vue des prochaines élections. G. Bono dirige la scène nationale d’Aubusson. Il profite d’un voyage à Paris pour nous voir.

retour sur

Aujourd’hui on s’est formé au montage en prévision de tout le travail qu’on aura la saison prochaine et pouvoir ainsi donner un coup de main à Martine pour finaliser les montages sur les Veillées et les Portraits. On a appris cet après midi qu’on ferait deux veillées supplémentaires à Dieppe.On a parlé du Retour sur qu’on va faire à Dunkerque au sujet des trois Instantanés  réalisés aux lycées Jean Bart, de l’Europe et du Noordover. Le Retour sur consiste en une série d’actions artistiques qui mêleront des lycéens des différents lycées et favoriseront la rencontre, la collaboration et la réflexion  sur le rapport des jeunes à l’art et la culture. Tout cela de manière active et artistique (c’est tout ce qu’on sait faire). Et puis en fin de journée on diffusera un film qui racontera notre action dans les trois lycées. A la différence de ce qu’on a fait l’année dernière au Grand Bleu à Lille on voudrait que ce film spectacle prenne la forme d’un documentaire spectacle. On va écrire, rajouter du texte, donner des explications (en voix off si nécessaire). Didier et Maggie vont à Dunkerque mercredi pour tourner des séquences spécialement pour le film du Retour sur. On n’a plus de temps à perdre. Il faut monter très vite ce film. Le Retour sur est prévu fin avril.

la règle du jeu

L’Instantané du lycée Noordover est passé. Bien passé. Ça fait bizarre de penser qu’on n’y retournera pas demain. On s’y était déjà habitué. Un peu comme si on faisait déjà partie de la maison. On pourrait rester plus longtemps. On se dit ça à chaque fois. Mais c’est la règle du jeu. On va quelque part, on commence un travail avec les gens qu’on réalise en quelques jours, on rencontre une foule de gens, on s’engage, on cherche, on fouille, on noue des liens, on met en valeur les gens et leur lieu de vie et de travail. On crée un temps d’émotions fortes. Qu’on l’appelle film spectacle, Veillée, Instantané ou Portraits de villages ou de quartier. Et… on s’en va. Comme pour laisser la place à d’autres. Le temps est toujours trop court. Le temps de se demander si ça a vraiment existé. On n’en sort jamais indemne, à Noordover comme ailleurs.