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On a joué au Sorano, Theâtre mythique de Toulouse.
Nous voilà sur le chemin du retour après quinze jours de « on tour » à travers le sud-ouest du pays. On a terminé hier soir au Sorano à Toulouse. Très beau théâtre. Un décor de cinéma qui pourrait être un film de J.J Beinex. Tous les spectateurs étaient regroupés au parterre. Jérémie, Pierre et tous les techniciens magiciens avaient pris ( comme partout) un soin tout particulier à préparer le plateau pour La Brique. Pierre avait résolu le problème de son de la veille, à Martres Tolosane, dû à la rupture d’un fil qui va du boîtier Haute Fréquence au micro. Jérémie et Pierre ont quitté Tournefeuille, L’Usine, tôt hier matin, pour être sûrs que la dernière de cette tournée soit une réussite. Pendant le repas de midi, Guy a failli rendre l’âme en avalant un morceau de salade de travers. Sauvé par Matthieu qui lui a vigoureusement tapé trois fois dans le dos. Au café, Guy a rencontré une partie de l’équipe des différents collectifs qui composent L’Usine. Se rencontrer, échanger, expliquer la présence d’Hvdz dans les parages. Le thème de la conversation consistait à tenter de comprendre, comment Hvdz en est arrivé là, à travers le parcours des bâtisseurs anciens et récents de la compagnie.
A Toulouse, au Sorano, un excellent catering nous attendait en loge avec quelques spécialités toulousaines (pas de cassoulet, c’est trop difficile à digérer pendant le spectacle). On mange le soir, toujours avant le spectacle. Après La Brique, on est resté longtemps dans le hall du théâtre, au bar, à discuter avec les spectateurs et beaucoup d’amis qui sont venus nous voir jouer. On est rentré vers minuit à Tournefeuille, à L’usine. Une brève nuit de sommeil et après avoir déposé, ce matin, Guy à la gare de Toulouse Matabiau, vers huit heures quinze, Jérémie et Pierre ont pris la route du nord, en camion (rent a car).
Un grand merci à tous ceux qui ont permis que cette tournée se fasse. Dans le Sud et dans le Nord.
Martres toLosane
Nous voilà à Tournefeuille, dans les environs de Toulouse. Ce soir nous avons joué à Martres Tolosane, une belle représentation dans une salle des fêtes. Une belle représentation dans un endroit comme on les aime, une salle des fêtes de village.Organisée par les Pronomades. Et puis nous avons repris la route. Une petite heure de route avant d’arriver à l’Usine qui sera dès le mois de janvier un centre national des arts de la rue, tout comme les Pronomades. On a eu un problème avec le micro Haute Fréquence. On va demander demain au théâtre Sorano, où l’on joue, à Toulouse, s’ils peuvent nous prêter un micro comme le nôtre qui est défectueux. Il est temps de dormir, la journée de demain risque d’être longue. Ce soir dans cette salle de Martres Tolosane, ce fut comme un moment d’éternité, comme si ce moment pouvait se répéter à l’infini et qu’on voulait en profiter une éternité.
Suite de la Tournée
Nous sommes à Encausse les Termes. Nous avons joués ce soir à St Gaudens . Dans un très beau théâtre. Environ deux cents personnes ont assisté au spectcale. Hier soir nous avons joué à Naucelle dans la salle des fêtes où nous avons été accueillis avec beaucoup de gentillesse et de générosité. Le spectacle y a été reçu avec beaucoup d’enthousiasme. Tout comme ici. Nous sommes logés à Encausse où travaillent régulièrement des équipes en création. Nous avons rencontrés ce matin Sébastien Brun qui faisait partie du cirque Désaccordé avant d’entamer une carrière en solo après la disparition des Désaccordés. Sébastien nous a fait l’honneur de venir au spectacle, ce qui nous a fait grandement plaisir. Nous avons travaillé pour la toute première fois avec Sébastien, à l’école nationale des arts de cirque, à Châlons en Champagne, lorsque nous avons mis en scène le spectacle de sortie de la 11 ème promotion dont Sébastien faisait partie. Le spectacle s’appelait, C’est pour toi que je fais ça ! Ce soir, nous avons pris beaucoup de plaisir à discuter à la sortie du spectacle avec des spectateurs qui sont restés pour échanger sur la mine, la famille, les souvenirs, le monde. Et l’amour. On a dit combien Guy ressemble à M. Sonnier-Borelles (co-directeur des Pronomades), dans les attitudes, le phrasé et l’humour. Demain on joue pas très loin d’ici, ce qui permettra à Pierre et Jérémie de partir un peu plus tard et de se reposer demain matin. La fatigue est là.
loge St Céré
jour off
Journée de transition entre St Céré et Naucelle dans l’Aveyron. Nous avons traversé des paysages sublimes. L’Aveyron est, tout comme le Lot, magnifique. Nous logeons ce soir dans un camping, à la sortie de Naucelle, sur la route de Bonnefon, en direction de Baraqueville où Guy va demain matin, aux aurores faire une prise de sang, au laboratoires d’analyses médicales. Attention au brouillard matinal épais comme une purée de pois. Nous logeons dans des chalets au bord d’un étang. Ce soir Pierre travaille dans son chalet et Jérémie est allé à Rodez. Dès demain nous jouons tous les soirs, chaque soir dans une ville différente, parfois à des centaines de kilomètres de distance. On voit du pays et ce coin-ci est incomparable. La nature est préservée et il y règne une forme de paix et de sérénité. On ne saurait trop le conseiller à toute la terre.
On est à l’hôtel Victor Hugo, rue Victor Hugo, à St Céré
A St Céré, après tout ce qui s’est passé à Paris, on a joué hier soir. La salle était quasi pleine. Besoin de se rassembler, autour d’un spectacle, d’une musique, besoin de parler. Ce matin nous étions à une terrasse de café sur le marché de St Céré sous un beau soleil. La terrasse était bondée. Plus de monde au marché que d’habitude, nous a dit le marchand de journaux. Besoin d’échanger, de se sentir bien avec les autres. Pour faire face. Et ne pas sombrer dans dans le désespoir. On est monté jusqu’au château de St Céré, qui surplombe la ville. Regarder de là-haut, tout autour un paysage magnifique, comme un don de la nature. Réconciliation avec le monde. Malgré l’horreur. Malgré les massacres et les tueries. Demain matin on se met en route pour Naucelle, dans l’Aveyron. On y joue mardi. Et mercredi on ira ailleurs, jeudi encore autre part et ainsi de suite. Hier soir à St Céré, les spectateurs étaient émus, attendris et ils ont beaucoup ri aussi, le spectacle a duré vingt minutes de plus que d’habitude. On avait besoin de ça, tous, que ça joue. Que ça rit. Que ça existe. Que ça vive. Contre la mort et les balles assassines.
On est sur la brêche
Mais que la campagne est belle par ici ! Et de plus, quand la lumière s’y prête, c’est tout simplement fabuleux. Journée de montage dans la salle Atmosphère. On sait qu’on a plus de 150 réservations pour demain soir et deux cents élèves dans l’après midi. Tandis que Jérémie et Pierre finalisaient le montage du spectacle avec les techniciens-magiciens de Capdenac, Guy et Frédéric S. (le directeur de Derrière le Hublot) sont intervenus à l’IUT Carrières sociales de Figeac. Deux heures de discussions, d’échanges, de dialogue sur l’état de l’art et la culture aujourd’hui, en prenant appui sur la brique qui sera présentée demain à Capdenac à 14h15 et 20h30. Demain, rendez vous à 11H au théâtre pour tout le monde pour faire un filage et déjeuner avant le premier spectacle de la journée. Une discussion est prévue avec le public, après la première représentation. Pour expliquer ce qui fait la différence entre la légitimité d’une certaine forme d’art par rapport au reste, on reprend souvent, quand on discute avec les groupes, l’exemple du Président du Louvre, M. Loyrette, qui est est venu une première fois à Lens pour une grande réunion, juste avant l’ouverture du Louvre-Lens et dont les premiers mots furent, je suis content d’amener la culture dans le nord. A partir de cet exemple il nous est facile d’expliquer notre désaccord entre cette approche exclusive de l’art et nos démarches de recherche, de collectes de récits de vie dans les cités, les quartiers, les villages, parce qu’on considère que chaque vie est une oeuvre d’art et que chacun d’entre nous est un artiste, à qui il suffit de donner les moyens de s’exprimer. Et c’est à ce titre que nous sillonnons depuis fort longtemps les quartiers populaires. Partout où il y a des gens, il y a de la culture et de la création artistique.
Devant la maison d’hôtes
ça se saurait si le théâtre enragé pouvait changer le monde
Journée de voyage. On a fait la route jusqu’à Capdenac. Y a James Bond au cinéma de Capdenac-Gare. C’est dans ce cinéma qu’on jouera après-demain. Jérémie et Pierre s’attaquent au montage dès demain 10h. Nous sommes à Capdenac Gare qui se situe au pied de Capdenac le Haut. Nous avons déjeuné à l’auberge de la Diège où Frédéric Sancerre qui dirige derrière l’association Derrière le Hublot et qui pilote la tournée de La Brique dans la région, est venu nous rejoindre. On a pris nos quartiers dans l’appartement prêté par la ville à l’association et chacun a vaqué à ses occupations durant tout l’après-midi. A l’heure qu’il est, on s’apprête à retourner au restaurant. A moins qu’on ne fasse un repas de pâtes à l’appartement. L’appartement ressemble à celui du Melchior Théâtre à Bergerac qui se situait dans le quartier de la Quatte près de la gare mondiale, haut lieu de fabrique théâtrale dirigé par Henri Devier. (On ne trouve pas de restaurant ouvert ce soir à Capdenac, on va filer à Figeac au Mac Do ) Henri Devier et le Melchior Théâtre sont nés à la même époque que le Ballatum-Théâtre (qui a donné par la suite Hvdz). Ce sont des histoires très similaires. Des histoires nées dans les années 80. Persuadé qu’on était que les bandes de théâtre (comme on disait) allait révolutionner l’art et la société par la simple force de spectacles enragés.



