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Bien tasser la terre pour ne pas laisser d’air sinon la racine peut sécher

Les artistes sont passés saluer les jardiniers au club de jardinage, avec grand bonheur et sous la bruine. Ils se sont cherchés vers 13H15, au CDI, dans la salle des pupitres, à la cantine, sous le porche, au foyer, dans la cour, sous le préau. Ils se sont trouvés à 13H30 à l’extérieur des cuisines. Les élèves ont planté des arbres avec leurs professeurs et les artistes les ont questionnés sur le monde et sur le collège. Les collégiens ont dit qu’il fallait remettre des arbres pour donner de la place à la nature et à la biodiversité, que c’était une question essentielle pour eux et elles, les adultes de demain parce que si on continue à voler aux animaux tous leurs espaces de vie, ils disparaîtront et les virus vont proliférer. Qui aurait pensé avant la pandémie que tout le monde serait tenu de porter un masque au jour d’aujourd’hui, pour tenter de contrer un virus dévastateur et mutant qui provient d’endroits qu’on a défrichés inutilement ?

Ça !

Ça Fauquembergues
Ça Renty
Ça Coyecques
Ça Saint Martin d’Hardighen
Ça Thiembronne
Ça Merck-Saint Liévin
Ça Radinghem
Ça Verchocq
Ça Campagne les Boulonnais

Je te Dohem
Il s’Avrout
Je te Audincthum
Il nous Dennebroeucq
Tu nous Bomy

Ça Saint Amand les Eaux
Ça Loos en Gohelle
Ça Montreuil
Ça Montreuil sur Mer
Ça Orange
Ça Avignon
Ça Tourcoing
Ça Lille
Ça Fresnicourt

Un aigle, impérial, à l’entrée du collège Monsigny

La première heure de cours de ce mardi trente novembre 2021 au  collège Monsigny de Fauquembergues est terminée. Les artistes ont attendu les élèves à l’arrivée des bus qui convergent vers le collège au petit matin. Fin novembre, il fait encore nuit quand tout le monde arrive et il fera nuit à la fin des cours, ce soir. Les artistes danseurs et vidéastes ont filmé le flot des collégiens qui descendait vers le préau qui abrite les casiers bleus. Mourad au milieu de tout le monde danse. C’est pas tous les jours qu’on est accueilli avec un poème dansé. Les bras du danseur s’entrecroisent et s’étirent haut dans l’air de Fauquembergues. Le regard est fixe et trace des directions lumineuses fluorescentes qui creusent le sol bitumé de l’école. Des chemins de devenir par centaines. Hier soir dans une classe de cinquième ils sont intervenus et on a joué Godot. En attendant Godot de Samuel Beckett. On nous a donné la réplique pendant qu’on nous filmait. On a compris que Godot représente ce qu’on espère toujours. Ce qui nous fait tenir le long des lignes, des chemins qu’on choisit, des directions qu’on emprunte.

La mission

La première journée se termine. Toute l’équipe d’Hvdz est au gîte du Mont des Faucons. Bien au chaud. C’est une bande d’arpenteurs, comme des personnages de Kafka qui parcourent à n’en plus finir le même chemin à la recherche du sens de la vie dans les rencontres qu’ils multiplient à foison. Si l’on regarde de près cette journée, on les a vus au quatre coins du collège à tous moments, toujours filant vers une destination déterminée avec des sacs et des pieds de caméras. Très concentré.e.s sur leur travaux de recherche et de réflexion, comme s’ils ou elles ou iels étaient missionné.e.s pour trouver la réponse. Conscients qu’une vie n’y suffira pas. On les a vus du côté de Dunkerque, on les a vis du côté d’Evry sur Seine. On les a vu vers Saint Nazaire. On les a vus vers Lens. On les a vus à Guyancourt. On les a vus à Roubaix. On les a vus à Wattrelos. On les retrouve à Fauquembergues dès demain matin à 8H20 à l’entrée du collège. Tous les tracts ont été modifiés. Les représentations sont annoncées dans les bons sens ; d’abord toutes les classes de troisième puis les classes de quatrième, puis les classes de cinquième, plus les classes de sixième. Les arpenteurs ont leur logique. Un changement de direction et plus un arpenteur ne sait où donner de la tête.  Comme Alexandre ce lundi matin, sur le toit du collège il a voulu échapper à son sort et entre deux barres de protection par lesquelles il a voulu se faufiler, il s’est couvert de mousse verte comme des traces d’un animal, d’un début de métamorphose qui lui dévore le dos.

A la récréation, c’est citations !

Cet après-midi,  on a proposé aux élèves de poser devant la caméra avec des citations écrites sur des grandes feuilles. C’est quelque chose qu’on fait habituellement dans les marchés, aujourd’hui, c’était dans la cour de récré !

L’art c’est ce qui rend la vie plus belle que l’art

Le paradis est là où je suis

L’émotion c’est l’émeute du coeur

Délirer, c’est désirer le monde