
Préparation aux interviews. Ça commence demain.

Préparation aux interviews. Ça commence demain.
Ce qu’on en dira le soir :
Le débat sur « vivre ensemble », c’était long. – Le débat c’était bien parce ça nous permettait de mettre toutes nos idées en commun. – C’est bizarre, quand on est au collège, un débat, ça ne marche jamais. Ici ça a marché, on était entre nous et du coup, on était à l’aise, c’est ça qui était super. – Mais le débat était long. – Oui, mais on cherche ensemble. Ça arrive que ce soit long, mais c’est intéressant. On est en train de chercher ensemble. C’est volontaire un débat long, parce qu’au bout d’un moment on se creuse la tête pour aller quelque part.
Quelques moments du débat de l’après-midi dans la salle des ressources :
Vivre ensemble ? – Tous unis, tous solidaires. – Respecter, accepter les différences culturelles, religieuses, physiques, ne pas avoir de préjugés. – Vivre ensemble, c’est passer des moments ensembles, bons ou mauvais. – On peut ne pas aimer une personne, ce n’est pas pour autant qu’il faut la critiquer ou lui faire mal. – À l’école, on apprend à partager, à ne pas se moquer, à mettre des limites, à respecter les règles quoi. – Le problème c’est le harcèlement, le jugement de l’autre qui revient tous les jours, ça devient du harcèlement. On ne s’en rend pas compte tout de suite. Faudrait faire vivre aux harceleurs ce qu’ils font vivre aux autres. – Non, faut pas faire ça, ça fait très mal, il ne faut pas le faire à une autre personne. – Les harceleurs, ils s’en prennent à des plus faibles pour cacher une souffrance qu’ils ont. Se moquer d’une personne plus faible, ça les rassure, ils se sentent plus forts, ils se sentent mieux. En fait, ils ont eux-mêmes des problèmes. – Il faut essayer de ne pas juger.
Vous jugez sur quoi ? – Au premier abord, on va tous se dire des choses, on a tous une manière de juger. On fait tous ça. – On juge sur l’apparence, le physique, la façon de s’habiller, la façon de parler. – Alors, si on a des critères de jugement, c’est qu’on est aussi concerné par cette histoire-là. – On a tous un côté noir. La méchanceté. Ça se réveille quand on ne se sent pas assez aimé. Ça vient de la jalousie – Un monde harmonieux, ce n’est pas possible, on est tous différents.
Est-ce que réussir à vivre ensemble, c’est réussir à ne pas être d’accord ? – Vivre ensemble, c’est faire un débat sans violence, que tout le monde puisse donner son avis sans être jugé. Un débat ça permet de dire ce qu’on pense, de ne pas cacher ce qu’on ressent, et ça, ça évite de créer des tensions. Faut accepter l’avis des autres.
Qu’est-ce qu’on ne supporte pas chez l’autre ? – Je ne supporte pas qu’on me prenne de haut. Souvent c’est les riches. Ils nous jugent avant de nous parler. – Je n’aime pas les sociétés où on n’a pas tous les mêmes droits. – Je n’aime pas les gens qui veulent toujours avoir raison. – Les riches, ils nous regardent de haut. Ils étalent leur argent. Ils nous méprisent parce qu’on est pauvre. – Ils ont le droit d’avoir de l’argent, mais ils ont pas le droit de s’en venter. – En faisant ça, ils nous méprisent. – Ce n’est pas une histoire de catégorie. C’est une histoire de respect ou une histoire de mépris. – Oui, mais les catégories existent et les riches vivent dans un monde de riches, et ils ont du mépris pour les autres. – Ces catégories on peut décider de ne pas y adhérer. – Oui, mais quand même.

Un pas en avant et on dit une phrase.
Un pas en avant et on répond.
– Moi je pense que le théâtre c’est bon pour la santé.
– Pourquoi c’est bon pour la santé ?
– Parce que ça fait remuer les méninges.
– Moi je dis que c’est plutôt le sport qui est bon pour la santé.
– Pourquoi le sport plus que le théâtre ?
– Parce que le sport on bouge et le théâtre on parle.
– C’est faux. Sur le plateau, on bouge. Au théâtre on peut faire du cirque, de la danse. Et on montre les émotions.


Ce matin, ça commence dans la nef (la salle des pendus) de la Fabrique Théâtrale de Loos-en-Gohelle. Il y a 15 jeunes du Centre d’Animation Jeunesse d’Annequin, l’équipe de Culture Commune, l’équipe d’HVDZ. Dans la journée, on passera par la salle de spectacle, la salle numéro 2 (celle des baignoires), la tisanerie, la salle des ressources, on reviendra dans la nef. Présentations, jeux au plateau, danse, repas, grand débat, initiation à l’utilisation de la caméra.
Et puis, c’est déjà le soir. Petit temps pour un tour de table après cette première journée Close-to-me-Culture-Commune. Alexandra, Lukas, Safia, Clara, Théo, Laurine, Kylian, Mathys, Claudia, Victoria, Camille, Mattis, Justine, Flavien, Léa. Chacun donne son sentiment, c’était du travail et de l’amusement en même temps, j’ai bien aimé la danse, on a fait un débat sur « vivre ensemble » c’était long, le débat c’était bien, la caméra m’a intéressée parce que j’ai commencé à imaginer les interviews de demain et le fait de pouvoir poser des questions comme des adultes, c’était super les présentations parce qu’on a tous dit ce qu’on aimait bien et on a l’impression qu’on va s’en servir et donc que chacun peut amener ce qu’il aime bien dans le travail, on va passer une bonne semaine, ce premier jour ça m’a grave satisfait.
On propose ensuite de ne donner qu’un seul mot pour définir la journée. Ça fuse, géniale, bien, cool, super, expérimentale, théâtrale, grandiose, passionnante, spectaculaire, gigantesque, enrichissante, riche, riche, riche. La journée a été « riche ».
Vous vous souvenez de Close to me? Mais si, le projet sur le vivre ensemble. Petit rappel : le Grand Bleu nous a invité à prendre part à ce projet qui rassemble trois structures culturelles des Hauts-de-France. Le Grand Bleu donc, à Lille, Culture Commune à Loos-en-Gohelle et l’Espace Jean Legendre à Compiègne sur toute la saison 2018/2019.
Les mots « vivre ensemble » et « humanisme » nous font penser de suite à un leitmotiv des institutions publiques en matière de jeunesse. C’est peut-être le cas, cela veut-il dire qu’il ne faut plus en parler ou surtout, cela veut-il dire qu’il ne faut pas écouter la jeunesse, les adolescents sur ce propos ?
Qu’est-ce que cela veut dire pour eux en 2018 ? Vivre ensemble ? De quoi parle t-on ? A l’heure des #metoo, #balancetonporc, des problèmes migratoires, des attentats, quel est l’optimisme de la jeunesse face aux peurs de l’époque ?
Ces mots sont-ils vides de sens ? Comment imaginent-ils la société dans 10 ans, quelles seraient leurs solutions, leurs visions utopistes ou concrètes pour faire société, pour aller à contre-courant ou renforcer ce qui se passe actuellement.
Cette semaine, l’équipe d’HVDZ est à Culture Commune pour la première semaine de collaboration avec les 15 jeunes du Centre d’Animation Jeunesse d’Annequin. La semaine prochaine, retour à l’espace Jean Legendre de Compiègne pour la deuxième semaine de travail qui se terminera par une restitution, vendredi 22 février à 20h. Pensez à réserver vos places au 03 44 92 76 76 (c’est gratuit!)


« Si ton œil était plus aigu, tu verrais tout en mouvement »
Lorsque je me suis présenté aux autres dans la salle de cours aérien, j’en suis vite venu à parler de la différence de réactions d’un public qui regarde un magicien ou un jongleur.
En effet, dans le cas où un jongleur fait tomber un massue, le public est déçu et va l’encourager avec des applaudissements pour qu’il renouvelle sa tentative. Dans l’autre cas de figure, si un magicien laisse percevoir une maladresse, cela procure la joie des spectateurs qui vont instinctivement se mettre à rigoler.
Mes orientations professionnelles m’ont progressivement amené vers l’art du clown où j’ai pu reclasser » le raté du magicien » dans le jargon clownesque sous le titre de » L’accident » .
C’est devenu une base de jeux essentiel dans la création de mes spectacles.
exemples:
-Pour rendre quelque chose plus spectaculaire, il peut être utile de raté les deux premières fois ( maximum). Au troisième essai, la performance est alors plus perçue comme un triomphe.
-Lorsque les performances techniques se déroulent avec brio, afin de ne pas juste être démonstratif et dans le but provoquer des rires, au moment où je reçois les applaudissements je joue un état de fierté tellement poussé que cela m’amène à un déséquilibre, ou dans un mouvement rapide et soit disant spontané à cogner quelque chose d’autre pour provoquer l’accident.
… Le déséquilibre c’est ce qui fait rire et c’est aussi ce qui nous fait avancer.
Le multicirque chez Cirqu’Conflex
Les étudiants nous ont montré ce qu’ils savent faire. C’était très intéressant. Nous aussi on leur a montré ce qu’on sait faire et comment faire. C’était très chouette. Je suis impressionnée qu’ils le fassent si bien. Je trouve aussi que ce qu’ils font est difficile et que ça demande beaucoup de patience. Ils viennent de partout mais ils parlent bien le français. Moi, j’aime bien ce qu’on a fait avec eux. J’espère que eux aussi.
Charlotte, participante (néerlandophone) aux ateliers multicirque et cirqu’en presse.
Nous et les élèves de l’ESAC
Le premier mercredi où ils sont venus ici, on leur a montré toutes les techniques qu’on sait faire : marcher sur le câble, marcher sur la grande boule, sur le tonneau, jongler avec des balles et des foulards et aussi avec des assiettes chinoises et des bâtons de fleur. Je trouvais ça bien et amusant. Le deuxième mercredi, on est parti dehors et on a été sur la place communale. On a jonglé avec des foulards, des balles, des assiettes, des bâtons de fleurs et on a demandé aux gens et aux enfants si ils voulaient jongler. Je suis impatient de voir le spectacle.
Nathan, participant aux ateliers multicirque, cirqu’en presse et danses urbaines.
La sortie avec l’ESAC
Un mercredi, avec l’ESAC et le groupe d’acro, nous sommes allés au marché de l’abattoir. Ensuite, le groupe d’acro et les gens de l’ESAC ont montré quelques exemples de figures qu’ils savent faire. On trouvait ça bien et c’était marrant que les gens de l’ESAC viennent d’autres pays. On trouvait que c’était chouette que les participants de l’acro fassent des figures avec le groupe de l’ESAC. Nous sommes impatients de les revoir (les gens de l’ESAC) et d’admirer leur spectacle. Bon, on va danser à la montagne maintenant.
Norah, participante aux ateliers Cirqu’en Presse, Aérien et monocycle.
« Les élèves de l’ESAC et nous, le groupe de Cirqu’en presse, sommes sortis dans le quartier afin qu’ils le découvrent. Nous avons marché jusqu’à la boutique culturelle et avons rencontré le responsable. Il nous a expliqué que l’exposition parlait d’un photographe qui organisait des activités dans les écoles de filles à l’étranger.
Celles-ci devaient exprimer leur rêve (représenté par une photo), ce qui pourrait permettre de réaliser leur rêve ( représenté par une deuxième photo), ce qui pourrait empêcher le rêve de se réaliser ( représenté par une troisième photo).
Je trouvais cela très intéressant et instructif. Les élèves de l’ ESAC avaient l’air de bien apprécier car ils posaient beaucoup de questions sur l’exposition, ils semblaient aussi très intéressés. Ensuite nous sommes rentré et le cours s’est terminé. »
Liam – Cirqu’en Presse
Bon ben ça avance, ça avance. A Bruxelles. Y a encore pas mal de boulot mais on est dans les temps. La création aura lieu mercredi 30 janvier 2019, à l’Esac de Bruxelles. Si ton oeil étai plus aigu, tu verrais tout en mouvement. Par ces temps de froid et d’humidité et de grippe, les organismes sont mis à dure épreuve. Il est difficile d’avoir tout le groupe d’étudiants en m^me temps pour la répétition. Et il y a les blessés. Mais ce sont les aléas du cirque. Cette semaine nous aurons deux collaborateurs en plus. Manu, qui s’occupe du son pour l’Esac et Bénédicte Hvdz qui nous rejoints dès lundi pour 4 jours. On a tout en tête en ce qui concerne la vidéo et tout le reste d’ailleurs mais il faudra résoudre mille problèmes techniques pour que ça tienne debout. Encore du travail en perspective. Nous ne disposons pas de micros HF pour toutes les interventions parlées (et ça tchache plutôt pas mal), alors on va user de subterfuges vidéos et sonores pour qu’on comprenne tout ce qui se dit. La contrainte crée l’invention.