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Un port retentissant où mon âme peut boire

« Tous les ports du monde contiennent des parcelles de rêve, jardins secrets où fleurissent des envies inassouvies de voyages lointains, de destinations légendaires. Tous, ils focalisent des fantasmes chargés d’exotisme sur lesquels, en sentinelles zélées, veillent des bataillons de grues métalliques, pareilles à des sauterelles géantes qui plongent leurs pattes articulées dans le ventre des navires. Dans cet imaginaire St Nazaire occupe une place à part. Car ici, on ne s’est pas contenté d’accueillir ces palaces flottants qui traçaient sur l’océan des lignes fictives entre les continents, on les construit également, forgeant ainsi dans le fer ses désirs de partance. » Pierre Bigot

La première fois qu’on a travaillé ensemble, avec Fred, c’était au Québec. Fred était à l’école de cirque de Montréal.

En fin de soirée Fred ,Flora et Jérémie sont allés sur le port. Pour montrer le port à Fred et le quartier. Et faire des images. Fred a dansé sur le port. Un adage. Un enchaînement de mouvements qui ne s’arrêtent jamais. Jamais d’à-coups. Tout est enchaîné. Puis Fred est monté haut, très haut sur un pylône où s’accroche une lumière rouge qui clignote.  Sur les images il va si haut qu’il disparaît. Il s’est mêlé à la nuit pour voir loin.

Ils y retournent ce matin. Faut faire gaffe. Avec la pluie ça glisse. Pour les équilibres, les roues, les sauts périlleux.

Ne vois-tu rien venir ?

Vendredi soir. Didier fait des blagues entre deux séquences à dérusher. Des fois, la même blague revient, et revient encore. Martine a quitté quelques temps son ordi pour aller chercher Fred et une bouteille de vin. Guy a imprimé les textes, 57 pages. Il va falloir faire du tri. Jérémie monte et monte encore. Il y a aussi Hassan qui arrive demain matin. Juste un peu trop tard : une rencontre avec l’IME, ça aurait été tellement bien, des percus corporelles tous ensemble !

Groupe 4

A l’IME, ils ont construit un lieu de fouilles archéologiques égyptien dans une tente igloo. Visite sans chaussure avec une lampe torche : on y découvre une pyramide et des moulages dorés. Nefertiti, Toutankhamon et tout.

Ils avaient reçu les cartes postales. On a goûté. C’était l’anniversaire de Gwendoline. On a refait Godot. Emeline a fait un beau dessin des vendanges. Jennyfer dit : « C’est une super-dessinatrice. » Ils ont fait des percus corporelles avec Eddy et Steven comme chefs d’orchestre. Il y a Oscar Tados qui fait son apparition, il joue Godot et Emeline fait cliqueter ses os. On pourrait rester là. On est bien, on goûte, on discute, on oublie vite le temps. Steven dit qu’il va venir au spectacle, Momo aussi. On doit deviner le prenom de Johnny. On avait pas bu d’Oasis depuis des siècles. Il y a des beaux animaux d’Afrique dans les flaques de la cour.

G. Alloucherie s'est mal débrouillé

On n’ a pas fait ce qui était prévu à l’école Ernest Renan. On s’en excuse mille fois. On s’est mal compris. Didier et Jérémie de la compagnie ont assuré tout ce qu’ils pouvaient avec les enfants. Atelier théâtre et vidéo.

On attendait les danseurs et les acrobates. Tout le monde était réuni dans la cour de l’école. Et le cirque n’est pas venu. Tout était bien organisé pour faire la fête aux acrobates et aux danseurs mais ça n’a pas eu lieu comme c’était prévu. Les enfants ont donné la réplique à Didier et inventé des sculptures vivantes pour la vidéo avec Jérémie.

On avait réuni les maternelles et les primaires pour assister au spectacle et puis pas de spectacle.

En tout début d’après-midi, Didier Cousin et Guy Alloucherie ont filé à l’école Paul Bert pour vérifier que pour demain matin on était bien d’accord sur ce qu’on allait faire. Du théâtre et de la vidéo avec une classe ou deux. Angèle du Fanal a appelé l’école de son côté.  

Mille fois désolé. Au résultat comme on disait à table au St Denis ce midi, c’est dommage pour tout le monde. Les enfants, toute l’équipe pédagogique de l’école, les parents, les artistes, le Fanal…

Didier et Flora sont à  l’IME cet après midi. Ils sont invités à un anniversaire. Les enfants de l’IME nous ont envoyé plein de cartes postales depuis notre passage dans leur école fin octobre. Ils ont emmené deux beaux gâteaux pour fêter l’anniversaire d’un élève de l’IME.

ça sent le cuir et la colle

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 Jean-Paul Le Strat part en retraite le 21 décembre. Cordonnier depuis 44 ans. Il a une cordonnerie rue de Trignac. Il a plein de clients qui sont devenus des amis avec le temps. Il ne prend jamais les noms : ils sait quelle paire de chaussures est à qui. Il nous a montré comment on travaillait autrefois : le tabouret à lanières de cuir et la forme en pied que l’on coince entre ses genoux. Maintenant on travaille debout, parfois au cutter.

Il a un peu peur de la retraite, de plus être dans le quartier… mais il joue de la bombarde et gère l’association du groupe de musique, alors, il aura de quoi s’occuper… et il n’y aura plus de cordonnier à Penhoët.

qu'est-ce qu'on fait ?

A quoi ça tient, une rencontre, exactement ? ou même juste approximativement ? ça tient à quoi ? Il y en a qui marchent, comme ça, sans rien de particulier, ça marche. On se dit que les attentes jouent. Ce que nous on attend ou ce à quoi ils s’attendent. Qu’est-ce qu’on fait, maintenant qu’on est ensemble pour une ou deux petites heures ?