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La tarte aux myrtilles

La vie est magnifique. Elle est comme une tarte aux myrtilles. Quand tu en manges un petit peu tu en prends plein la bouche.

Quand on a fait les rendez vous cavaliers, on a joué une des dernières fois Chez Panique avec Didier et Patrick. C’était Chez Françoise (un café) au Val de Souchez à Liévin. Aujourd’hui le café n’existe plus. Je passe souvent devant et je me rappelle qu’on s’y était arrêté avec les Komplex Kapharnaum, le groupe de vidéastes de rue avec qui on a travaillé pour Lille 2004. C’était juste en bas de la cités des Petits Bois. Loos-en Gohelle ça fait dix ans qu’on y est. On était rarement venu dans le quartier de la cité 5. Les Komplex K. avaient filmé l’harmonie municipale dans les champs derrière les terrils. Faudrait demander aux gens de la cité 5 s’ils s’en souviennent. Toutes ces images avaient été diffusées à la piscine de Liévin au cours d’un parcours imaginé par nos deux compagnies. Qui nous emmenaient du 11/19 au 11/19. Dont une partie en bus où des comédiens d’un atelier qu’avait encadré Didier tout au long d’une année expliquaient aux spectateurs le fonctionnement des freins à injection des bus de ville.

Loos-en-Gohelle est une ville magnifique et sur les terrils du 11/19 on aurait pu tourner Arizona Dream. Quand on a tourné dans les rues de la Cité 5 ce soir il faisait un froid de canard. Juste croisé quelques personnes qui devaient bien se demander qui on est. Une dame très affairée aux longs cheveux châtains avec deux enfants et qui téléphonait.

La municipalité a bien fait les choses. Tout le monde a bien reçu l’information pour la réunion de la semaine dernière. Maintenant faut faire le travail. Aller se présenter à tout le quartier. Nous tout seuls puis avec les acrobates en fin de semaine.

La Grand-Route

Une première journée de Veillée qui se finit. 

La cité 5 est à l’autre bout de la ville. Au delà de la route de Béthune. Les gens disent: ce quartier là est loin, faut prendre la voiture. On  se demande toujours s’il faut passer la grand-route.  Aujourd’hui on est toujours passé de l’autre côté de la grand-route pour aller à nos rendez vous. Et à la cantine du collège. Sauf pour Mr et Mme Cadot qui sont venus à la salle Dubois. Les gens de l’autre côté disent on va pas là-bas puisqu’on a tout ici. Le 5, c’est une cité à part. On n’est pas dans la même configuration que Wingles. L’impression qu’on a préservé ici un côté village. 

Les gens qu’on a rencontrés ont une mémoire très vive de la mine. Une mémoire très claire.

des montagnes ont poussé

On est arrivé à Loos en Gohelle. Frantz a installé le matériel. Martine et Didier sont déjà à un rendez-vous. Maggie est là, par ci par là, et fait le pont, la navette, l’abeille, entre culture commune, la mairie, la cantine, et tout. SuperMaggie.

On est à la salle Dubois. Des fenêtres, on voit des grands champs et au loin les terrils. En voyant ces paysages, je pense toujours à la chanson des Belles Lurettes : « à force de creuser des montagnes ont poussé ». C’est quand même difficilement concevable un truc pareil, ces montagnes qui étaient en dessous avant que des hommes ne les mettent au dessus. Et puis y a des trous en dessous plus grands que les montagnes du dessus. C’est incroyable ce que des hommes ensemble peuvent réaliser.

Il y a aussi un château d’eau en béton gris. Le vert des champs. Le rouge des briques partout autour de nous.

On pense à Angèle et les filles du Fanal de Saint Nazaire. Elles ont dit qu’elles regarderaient le blog, pour être encore un peu en veillée avec nous. On pense aussi aux enfants de l’IME. Ils nous ont envoyé plein de cartes, des dessins, et tout. Maintenant qu’on est réunis pour cette veillée là, on va leur répondre. Et Jacky, et Georges. Et tous les autres. Et ceux de Tremblay, de Wingles, et toutes ces veillées qu’on égraine.

On va encore rencontrer plein de gens ici.

On va faire les pas de porte, les objets, Godot, et tout. Et puis on s’est dit qu’on allait faire quelque chose de nouveau : demander aux gens d’écrire un bout de l’histoire d’un personnage. Un personnage de fiction qui serait d’ici. Sa vie, son enfance, son parcours et tout. Les gens pourraient prêter au personnage un bout de leur parcours à eux, ou inventer. On écrirait un texte sur lui, tous ensemble. Un habitant de plus à Loos en Gohelle.