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Vendredi, lendemain de fête

Hier c’était la fête de la musique. On est allé écouter les Steelwood en concert. On a tangué sur les tubes. Sur le blues des Steelwood. On est rentré à la Salle Europa tard dans la soirée et on s’est repassé le film du concert plusieurs fois… On a soupé là. Sur le son des Steel wood. On a fini le couscous du midi réchauffé sur une reprise des portes du pénitencier.
Ce matin on a eu la visite des journalistes.
Toute la troupe est dans la rue. Sur la Pace Centrale. On joue et on diffuse l’info. D’une maison à l’autre. Jamais oublier d’emmener nos invitations à distribuer. Pour qu’on sache où nous trouver…

L’autre jour Martine a suivi Samir et Ali avec une caméra comme un long travelling dans les rues de la cité.
Aujourd’hui nous sommes à mi chemin de la Veillée… Emilie qui habite Wingles va filmer pour nous la ville. Elle a prévu de filmer des endroits qui l’ont marquée. Sa famille a habité plusieurs quartiers de Wingles. Emilie dit: je me suis refait cette nuit dix mille fois le scénario de ce que je pourrais faire.
On a eu une discussion sérieuse à table hier soir. On s’est posé la question de savoir s’il était possible de changer le monde par l’art et la culture. On s’est dit que ça pouvait y contribuer. Mais que ça n’était pas tout. Forcément.
Faut rien lâcher. Rester déterminé… L’enthousiasme fait vivre.

"Je dis ça, je dis rien.."

Jean-Baptiste a un scooter. Passant et repassant dans les rues du quartier, il tourne, l’après-midi surtout. Vouté sur son engin, coiffé de son casque, il traverse, d’un bout à l’autre, le quartier, inventant de nouveaux chemins. C’est d’abord Ali qui m’en a parlé. « Bon, qu’est ce qu’il y a de beau à Wingles ? » Alors qu’un scooter prenait un virage, tout près de nous, et qu’Abdel me disait avant de se reprendre, qu’il était de l’art,  » je sais pas moi ce qu’il y a de beau dans ce quartier… il y a Jean-Baptiste qui roule en scooter ».Sullivan, bon joueur de foot, un numéro 7, comme Christiano Ronaldo, m’a raconté qu’il était parti à Los-Angeles une fois, pour un tournoi, « Les p’tiots du Barça fallait voir comment ils assuraient ». Il m’a aussi raconté que Jean-Baptiste était un as sur son scoot.

Moi, je ne l’ai jamais rencontré, mais je l’ai déjà vu remonté la rue de la Coupignies sur la roue arrière.
La rue de la Coupignies, c’est un lieu entre la place centrale et la cité des provinces, une artère entre les corons et les maisons. Il n’y a pas ou peu de maisons individuelles dans le quartier, on est toujours rattaché à l’autre. La rue de la Coupignies c’est un lieu entre Ondine et Samir, entre Kevin et Jean-Marc, une rue qu’on traverse forcément, une rue ou l’on se rencontre, ou l’on se réunit, ou l’on s’arrête, ou la vie se fait.

SEB