première

On peut sans doute encore changer plein de choses mais comme on dit, le spectacle est là. Alors ce soir c’est la première. D’après nos camarades, on devrait remplir la salle à peu près tous les soirs. Frantz a travaillé tard encore hier soir pour terminer l’installation des gradins. Quand on joue dans une petite salle, l’espace des spectateurs est un décor. Toute la salle représente la scène. Le travail de décor inclut le public. On a trente à quarante places par soir. On utilise les petits gradins qu’on avait fabriqués pour Electre, un spectacle qu’on avait fait au Ballatum. Le dernier spectacle du Ballatum. Ces gradins ont beaucoup servi à la Fabrique depuis son ouverture. Avant que Culture Commune n’achète un beau gradin de deux cents places. Dans la petite salle, on dirait que les gradins d’Electre sont là pour toujours. Dans le décor des Atomics, il y a la table d’Ivanov, deux tables de J »m’excuse, le fauteuil des Sublimes… et les gradins d’Electre. On devrait avoir du monde ce soir. Pour le personnel de Culture Commune c’est un boulot énorme. On va manger là tous les soirs. Avec nos invités. Et aujourd’hui à Culture Commune a lieu la présentation-conférence de presse de la route du Louvre. Un marathon qui se déroule tous les ans entre Lille et Le Louvre Lens. Du travail en plus. Mais c’est une façon aussi très active de participer à la vie locale. On ne parle que de ça dans Les Atomics. Comment faire le lien entre la vie d’artiste et la vie tout court? Comment passer de cette compagnie là à une autre? A quoi renoncer pour continuer à découvrir?

générale

Aujourd’hui jour de la générale. La Générale a lieu à 18h. On va revoir la partie des anecdotes qu’on a appelées pépites et râteaux. Pour trouver le bon rythme. Frantz et Howard sont avec nous aujourd’hui et demain, puis ils partiront. Frantz doit être à son nouveau travail à Elboeuf mardi et Howard rentre à Montréal où il vit et travaille à l’école nationale de cirque. On a eu à nouveau un coup de fil de Calogero pour mettre en scène un spectacle de cirque et de chanson. On a dit qu’on n’ était pas qualifié. Qu’on ne faisait pour ainsi dire plus vraiment du cirque. Faut savoir qu’après les quinze jours de représentations, on enchaîne avec un Instantané dans un lycée à Roubaix. C’est bien, ça fait partie du jeu qu’on s’est inventé. Le monde social, le théâtre, l’art, la Fabrique. Tout fonctionne en va et vient. En écho. En résonance. L’un donne du sens à l’autre. Sinon à quoi bon? On peut toujours se demander qu’est ce qu’on va faire après? Mais n’y pensons pas! On a plein de Veillées à faire, des tournées, des portraits, d’autres Instantanés, Dunkerque, Rouen, Montréal… Alors?- Aujourd’hui, jour de générale!

tnt

Jour de repos avant d’enfiler les cinq prochaines représentations de la semaine. Avec la représentation générale demain soir. On avance. On avance. Il y a encore des longueurs mais on devrait en venir à bout. Bientôt. Hier midi on s’est pris un peu la tête. On est invité à un forum national de la culture organisé par le ministère de la Culture. On dit qu’on doit y aller pour dire ce qu’on fait puisqu’il s’agit de la culture pour tous et de la culture pour chacun. C’ est un des thèmes, le rapport des gens  la culture, à toutes les cultures qu’on aborde au quotidien. Qui est au centre des Atomics. Et des Veillées. Pourquoi on fait ce métier là? De cette façon là?  Comment on en est arrivé là? Quel est le rôle de l’artiste dans son quartier, dans la ville? L’artiste fournit la boîte à outils d’une culture commune. Toutes ces questions sont au coeur de notre projet. C’est notre vie. Alors? Allez! On a toute sa place à ce forum. On en connaît un rayon. On ne pourra pas nous dire n’importe quoi. Ce qu’il faut, c’est dire qu’au TNT à Bordeaux Eric Chevance qui fait le même travail que nous avec les habitants voit ses subsides de l’état amputés de quarante mille euros et qu’au titre de la culture pour chacun on lui redonne vint mille euros. C’est cette incohérence et le manque de moyens qu’il faut mettre en cause. Et participer à la discussion. Dialoguer. Dire ce qu’on fait. Et qu’on a choisi de faire ça parce qu’on veut se questionner sur le monde, avec le peuple pour que la vie aille mieux et qu’on envisage ensemble des sociétés meilleures. A tous les niveaux plus égalitaires. Ne pas y aller, sur un thème comme celui là, ce serait se défiler.

Claudine

On avait comme un vrai public au filage, cet aprem. Il y avait Emmanuel, qui a suivi, déjà, avec nous, des veillées et des instantanés, qui déteste les mandarines et qui sourit souvent. Il y avait Karine, et puis Sandrine, et Thomas dont on a déjà parlé juste avant. Dans un article spécial, c’est dire. Il y a Frantz, Greg et Jean Pierre. Parfois, on a l’impression que Jean Pierre fait partie d’HVDZ parce qu’il est avec nous pour des instantanés, et puis qu’il nous aide pour tout ce qui est son, et il faut le dire, c’est pas là qu’on est bon. Précieux Jean-Pierre.
Tout ça pour dire qu’on est bien entourés, voire chouchoutés, bichonnés. On pourrait aussi parler de Claire et toujours, toujours de Audrey, qui cuisinent et briquent tout bien, ça compte. Et le café le matin. Il y a, dans le journal, dans notre journal sur les veillées du 11/19, un article sur Audrey et Claudine. C’est un article qui dit qu’on se demande comment, sans elle, on ferait ce qu’on fait. Claudine n’est pas là en ce moment mais on pense à elle souvent et on a eu le plaisir de la voir à noël, pour la fête de noël à Culture Commune. On espère fort qu’elle viendra voir le spectacle. Claudine faisait la cuisine, mais elle est Blessée, maintenant c’est Claire. Claudine est la fille de Colette et de Claude qui tenaient le café du chevalement du 11/19, à Loos en Gohelle, et qu’on imagine dans un tableau du Caravage.

Thomas

Thomas a fait des photos. Thomas vient une fois par semaine. Il suit avec régularité ce qu’on fait. Cette création. Il voit comment ça avance. Il a fait le stage avec Franck Lepage et Gaël Tanguy, avec le Pavé, avec nous. Il a fait de belles photos du filage de cet après-midi, et aussi de retours riches. C’est difficile de s’imaginer que la première est si près, parce qu’on a se sentiment de pouvoir encore fignoler, mûrir, avancer. On a encore dimanche, et puis lundi journée, avant lundi soir. Samedi, demain, liberté.