Carnets de route
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Plus que quelques jours avant le départ d’Olivier, notre administrateur. Jeudi prochain, Olivier aura rejoint son nouveau lieu, son nouveau théâtre. On n’a pas eu beaucoup de temps pour travailler sur les Briques, le spectacle qu’on doit présenter pour les journées du patrimoine, les 17 et 18 septembre 2011. Lundi soir, on fait un conseil d’administration. Le départ d’Olivier nous contraint à revoir le fonctionnement de la compagnie puisqu’ Olivier en tant qu’administrateur remplissait une part de travail qui allait très au delà de la fonction simple d’administrateur. Dont on n’avait peut être pas pleinement conscience. Donc en ce début de saison il faut bien réfléchir pour organiser différemment la compagnie puisqu’on ne peut pas trouver poste pour poste quelqu’un qui ferait le même travail qu’Olivier. Cela demande beaucoup de travail de réflexion,concertation, réunion. Ce à quoi nous nous sommes attelés des jours entiers ces derniers temps. Et ce à quoi nous consacrerons cette fin de semaine.
orange atomics (décembre 2010)
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Est ce que je serai en mesure d’écrire quelque chose aujourd’hui? Journée bureau hier. On tourne et retourne les problèmes dans tous les sens pour aller de l’avant. C’est dans la durée que c’est difficile de tenir. C’est le problème de toutes les compagnies. Tenir. Tu me diras, à bien y regarder, en 2013, si tout va bien, l’association fêtera ses trente ans. 14 années de Ballatum Théâtre et 16 ans de Hendrick Van Der Zee. Mais on n’est jamais à l’abri. Comme dans Fight Club. Notre pire ennemi, c’est nous mêmes. Est ce que c’est plus difficile de gérer une grosse équipe ou une petite équipe? -Quand tout se mélange! Tu connais tellement bien tout le monde et tout le monde te connaît tellement bien. Je me souviens de la création du Ballatum comme si c’était hier. On disait, la création du spectacle (Chez Panique) a précédé la création de la compagnie. On était très fier de ça. Je ne saurais plus dire exactement pourquoi. Tenir. On est une toute petite équipe. Faut se serrer les coudes. Trop petite équipe pour ne pas se sentir concerné par ce qui s’y passe. Sinon c’est absurde. C’est mieux de s’en rendre compte vite. C’est ce qui m’était arrivé avec Eric L au Ballatum. Mais j’ai tardé. J’ai trop attendu pour dire qu’on était en désaccord et c’était bien pour personne. Tout le monde en souffrait beaucoup et moi le premier.
Atomics chaises et table et micro (janvier 2011)
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Y a eu un avant et un après ou un pendant les Veillées. Avant qu’on ne fasse les Veillées on était dans un fonctionnement plus classique. Essentiellement basé sur les spectacles qu’on fabriquait et qu’on tournait. Et puis entre temps nous avions beaucoup de temps que nous consacrions à la recherche. Vidéo, danse, théâtre. Entre nous. Coupés du public. Et depuis les Veillées, neuf ans bientôt nous avons créé une permanence de travail. On a fait de ce travail d’artiste un travail à temps plein, comme un autre. Depuis que nous fabriquons des spectacles en co-construction avec les publics, avec les habitants. Qui aujourd’hui parfois nous laissent, à l’inverse trop peu de temps pour la recherche. Mais qu’à cela ne tienne, c’est mieux comme ça. On a l’impression de servir à quelque chose. De participer pleinement au jeu social. On se demandait souvent quoi faire de tout ce temps dont nous disposions. C’était vertigineux parfois. Enfin ça faisait peur. La peur de s’être trompé de route. De s’être égaré. De ne plus s’y retrouver. De ne plus se trouver. Maintenant, tout ça, ça s’est calmé. Mais bien sûr l’un n’empêche pas l’autre. On peut continuer à faire des spectacles. Qu’est ce qu’on aurait fait de nous si on n’avait pas trouvé les Veillées? C’était affreux, cette terrible impression d’être de trop.
Atomics dialogue (janvier 2011)
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On a passé une tête à Culture Commune hier après midi. On dirait que les gens commencent à revenir de vacances. A reprendre le travail. On s’est enfermé une partie de l’après midi dans la salle deux pour préparer les journées du patrimoine et faire ce qu’on a dit, la brique. Tandis qu’au bureau Olivier passe le relai de l’administration à Hélène, Martine travaille avec des jeunes acrobates réunionnais dans la nef du 11/19. On a repris possession de la salle deux. A vrai dire on n’a pas l’impression de l’avoir quittée. Le Labo avec tous les acrobates a eu lieu il n’y a pas si longtemps. Mais à quelques semaines près, c’est pas du tout pareil. Puisqu’à l’époque c’était avant que ne reprenne la nouvelle saison. On était encore dans l’ancienne. Et c’était la fin de quelque chose. Content d’avoir terminé. Une saison achevée. Comme une victoire sur le temps. Maintenant quelques semaines plus tard, c’est comme s’il s’agissait de tout refaire. Un retour dans le temps. Comme si le temps était cyclique et non pas linéaire. On voudrait prendre l’automne comme il vient et en profiter. On voudrait rester simple et serein. Mais c’est difficile puisqu’il faut repartir comme avant. Même si ça n’a plus rien à voir.
capture d'écran du portrait de Fresnicourt 3
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Un homme est riche en proportion du nombre de choses qu’il peut arriver à laisser tranquilles (h.d. thoreau).





