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Les journées sont difficiles. Ce matin on va voir une boîte de gestion qui pourrait nous aider à administrer la compagnie. Le conseil d’administration a bien eu lieu lundi et a donné son accord en ce qui concerne la restructuration de la compagnie à condition qu’on se fasse aider par des gens compétents. Donc la première étape consiste à rencontrer une boîte de gestion à Paris avec qui on va négocier de gérer la compagnie. Notre nouvelle présidente, Nathalie,  et tout le conseil d’administration nous donnent un bon coup de main. Olivier quitte ses fonctions d’administrateur ce midi. C’est un tournant pour la compagnie. Un peu compliqué à négocier et il faut continuer à s’occuper de tout le reste. Nos journées sont bien remplies. Nous multiplions les réunions, les discussions, les enguelades et les décisions. Après la réunion à Paris et le retour à Lille, Olivier en aura terminé avec HVDZ. Hier on a célébré son départ au bar de Culture Commune.

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Il y a une spécificité à travailler dans le bassin minier du Pas de calais et en particulier sur le site du 11/19. On ne fait pas du théâtre là comme ailleurs sans tenir compte des populations environnantes. Le site se trouve au milieu des cités ouvrières au pied de deux grands et majestueux terrils. Notre travail est agi en permanence par la question du théâtre populaire. Et ici par la question de la mémoire et de la culture ouvrière. Comment faire un travail contemporain et populaire où chacun se sente concerné ? Sans rien lâcher de l’exigence artistique ? Notre installation au 11/19 a radicalement changé notre façon de faire le théâtre et d’envisager notre relation aux publics. Un des principes qui participent de ce renouvellement, de cette révolution, c’est le travail de porte à porte qu’on a entamé en 2003 dans le cadre de la réalisation de nos Veillées, porte à porte que l’on reproduit aujourd’hui ad libitum, où nous demandons à chacun ce que l’art représente pour lui. Notre démarche est basée sur la rencontre et le questionnement. Nous avons fait de l’action culturelle l’acte artistique par excellence.

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Si on fait le compte, ça fera deux ans qu’on n’a pas fait un vrai travail de terrain sur et autour du 11/19. On s’était dit qu’il y aurait au moins un rendez vous par an avec le quartier. L’année dernière on a eu l’idée du journal. Cette année pour la première fois, on ne propose rien. A part les journées du patrimoine. Si on n’y prend garde, notre implantation deviendra factice et notre présence sur le 11/19 perdra sa raison d’être.

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On s’est trompé d’une semaine. C’est aujourd’hui la fête country à Bruay la Buissière du côté du rond point de la Voleville. On est rattrapé par la vie. Et aujourd’hui sur le parking du magasin Leclercq à Noeux les Mines a lieu le championnat de France de voitures à pédales. Jean Jacques Massieur était avec moi à l’école communale à Ferfay. Il lisait beaucoup. Il était le seul à lire tant. Il avait toujours les meilleures notes en rédaction. Je lui avais prêté un livre que je n’avais pas lu, les faux monnayeurs de Gide.  Il habitait à la cité 3, dans une famille d’accueil avec sa soeur, Fabienne. Pourquoi ce souvenir me traverse l’esprit à ce moment précis? Est ce qu’on a fait ensemble de la voiture à pédales dans les rues de la cité ou dansé sur des musiques country? Il avait écrit une pièce de théâtre. Il venait parfois à la maison. Ma mère n’aimait pas. Comme elle n’aimait pas de toute façon qu’on vienne nous rendre visite. J’ai lu quelques articles du supplément du journal Le Monde sur Louis Althusser, philosophe génial du marxisme. Le lyrisme de la déraison. « Le délire guette là où la raison théorique ne veut rien savoir des passions du corps ». Aux éditions EHSS,  Pierre-Michel Menger vient de faire paraître un livre sur les Intermittents du spectacle. Huit ans après la réforme de 2003. On en parlait dans le spectacle qu’on a fait au mois d’août, à la fin du labo. On parlait de l’année 2003, une année charnière.

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Hier journée de bureau et de cogitation. Avant le conseil d’administration de lundi. Comme c’était prévu. Avant le départ de Stella Bommel, pendant de nombreuses années, on faisait chaque année un ou deux jours de séminaire qui concernaient l’organisation de la compagnie. Depuis on a laissé tomber ces journées de réflexion. C’est comme si avant le départ d’Olivier Fauquembergue dans quatre jours, on voulait renouer avec d’anciennes coutumes. Faire un bilan et remettre les choses à plat. Refondre le travail de l’année, des années, recadrer, recentrer, rappeler le sens. Rappeler l’essentiel. Ce qui nous constitue. Le travail d’implantation sur le territoire. Tout ce qui meut la compagnie, artistiquement, techniquement, administrativement doit se faire en lien avec le monde qu’on habite. Poétiquement. Le quartier. Hic et nunc. Ne pas perdre de vue ce qui nous bouge, nous fait agir. La présence. Présent sur un quartier. Comme on dit d’un acteur  qu’il est présent sur un plateau. Il remplit l’espace. Réaffirmer notre présence? -Etre là. On n’a de cesse d’y penser. A quoi ça sert? A quoi on sert?  Notre rôle dans le jeu de la cité? Une compagnie, un territoire, ça échange au jour le jour. En permanence.