Palace (4)

Le Palace, avant de devenir le théâtre du CDN de Béthune était un cinéma pornographique et ensuite un cinéma d’art et d’essai. J’y ai vu des tas de films intéressants dont tous les autres s’appellent Ali de R.W Fassbinder. C’était programmé par la MJC de Béthune qui était très active et très militante. Pour la diffusion du film de Fassbinder, les organisateurs avaient prévu un débat avec un sympathisant de la R.A.F (le groupe de Baader Meinhof). Quelques années plus tard la M.J.C a été dissoute. Ça avait fait du grabuge. Lors d’un conseil municipal des militants maoistes avaient bloqué toutes les issues de la salle du conseil et enfermé les gens dans la mairie. Pour libérer tout le monde au bout de quelques heures. Le Palace est devenu le théâtre du CDN beaucoup plus tard. Bien après la disparition de la M.J.C et des militants maoistes qui, après le kampuchéa démocratique ont décidé d’abandonner la politique ou comme dirait Guy Hocquenghem sont passé du col Mao au Rotary. Aujourd’hui on installe le décor de Atomics au Palace. Pour être en mesure de répéter lundi à 10H30. On joue toute la semaine à 20h.

Palace (3)

On a joué Quoi-L’éternité? à Béthune, au Palace. Qu’on avait joué au théâtre Garonne à Toulouse aussi. Et à Bar le Duc à l’époque de Françoise Houriez. Bien avant qu’elle n’aille à St Nazaire et qu’elle accueille la première de la tournée des Sublimes. On est allé beaucoup au théâtre Garonne à l’époque du Ballatum. On y jouait tous nos spectacles et puis ça s’est arrêté. Sur un malentendu. Ou tout simplement peut-être que Jacky Ohayon n’aimait plus ce qu’on faisait. Avant hier on a fait une intervention à l’université d’ Artois sur le théâtre et la politique. Sur la base de notre propre parcours. Quand on s’arrête sur ce qu’on a fait, on se rend compte à quel point c’est rempli de paradoxes! Dans la relation aux publics, dans la relation aux autres! Dans ce qu’on voudrait dire sur le monde, sur le rapport de l’art au monde! Sur la place de l’artiste dans la société! Sur les sens de l’acte artistique! On pourrait penser que les décisions importantes qu’on a prises ne sont vraiment politiques qu’après coup. Qu’est ce qu’on fait de ce qu’on a fait de nous?  Dans un domaine qui nous était complètement étranger, le théâtre, dans lequel on s’est retrouvé par hasard, c’est au fond des impasses intellectuelles, psychologiques, esthétiques qu’on a fait demi tour. Avant de s’écraser sur le mur. Ou qu’on a pris des chemins de traverse. Des voies secondaires (en souhaitant que ça nous mène quelque part). Et qu’on s’est rappelé que tout est politique. Comme une bouée de sauvetage.

j'm'excuse

Ensuite on a répété (en partie) J’m’excuse avec Kader Baraka au Palace. Le C.D.N était encore dirigé à l’époque par André Barsacq et Agathe Alexis. On n’ a jamais joué J’m’excuse au Palace mais on a fait partie d’une tournée dans les villes associées au C.D.N. Lillers, Marles les Mines, Bruay Labuissière, Hersin Coupigny, Auchel… Dans le cadre d’une action qui s’appelait Itinéraire Bis. Que pilotait Catherine Dété qui tient aujourd’hui un théâtre à Rouen, la Chapelle St Louis et avec qui on va faire une Veillée à Rouen en septembre prochain. Hier on est allé à Arras pour faire une intervention devant les étudiants en Arts du spectacle. On a diffusé un extrait du spectacle de Kader. Pour illustrer ce qu’on racontait sur l’installation de la compagnie HVDZ au 11/19 et nos premiers travaux sur la parole ouvrière. Puis on a diffusé un extrait de Base 11/19. En rentrant à Loos en Gohelle on a appris qu’on avait deux nouvelles propositions de Veillées. Dont une Veillée en Inde? Et des dates possibles pour les Atomics.

cri du caméléon

La seconde fois qu’on a joué au C.D.N de Béthune, c’était au cours de la tournée du spectacle qu’on  a réalisé en collaboration avec la compagnie Anomalie (qui avait fait le spectacle pionnier du nouveau cirque le cri du caméléon chorégraphié par Joseph Nadj qui est candidat à sa propre succession au centre chorégraphique national d’ Orléans). Le spectacle s’appelait Et après on verra bien. On l’avait créé à Nantes, à l’usine Lu, le lieu culturel le plus branché de toute l’agglomération nantaise. Jean Blaise qui en était le directeur avait cette année-là (en 2000-2001) programmé quatre ou cinq spectacles de la compagnie HVDZ. De Chez Panique, à Quoi- L’éternité?, Après on verra bien et C’est pour toi que je fais ça! Une année nantaise. Et béthunoise. Par la suite on est retourné à Nantes au T.U dirigé par Bertrand Salomon. C’était en début de saison l’année dernière. Dans les nouvelles séquences des Atomics on a rajouté des habitants de Nantes (et de Dunkerque) qui ont participé à la Veillée. A Béthune, on a fait une Veillée en mai 2005, au quartier du Mont Liébaut. A l’initiative du C.D.N. La représentation de la Veillée béthunoise a eu lieu dans la salle des fêtes du quartier des Cheminots. .

les gradins et les tables

La première fois qu’on a joué pour le C.D.N de Béthune, c’était au Studio Théâtre. Electre adaptée de Sophocle. Ça commençait par une présentation des comédiens en bord de scène qui reculaient lentement vers le fond du plateau pour envahir toute la scène, prenant possession de leur personnage. On avait répété cinq mois (dont quelques semaines dans un entrepôt, rue du quai à Béthune. C’est l’époque des tout premiers téléphones portables) et fait deux versions du spectacle. Une version circulaire pour laquelle on a avait fait construire un gradin en bois. Infiniment lourd. Ce gradin aujourd’hui est installé dans la salle deux de la Fabrique théâtrale de Culture Commune. Dans les Atomics on utilise à la régie, qu’on a installée sur scène les deux grandes tables de la première version d’Ivanov, créé en mars 1991 au théâtre Arc en Ciel à Liévin où nous sommes restés six ans en résidence. Quand on a joué Electre à Béthune, il était question du C.D.N de Caen pour le Ballatum théâtre et du départ de Roland Poquet du C.A.C de Douai dont on pensait qu’il serait remplacé par Jean Pascal Reux ou Michel Dubois. Michel Dubois dirigeait à l’époque le C.D.N de Caen. Jean Pascal Reux a créé l’Aéronef à Lille avant de prendre la direction des affaires culturelles de la ville de Rambouillet. Aujourd’hui il est à Brest. Roland Poquet et Michel Dubois sont à la retraite. Electre a tourné durant une ou deux saisons. Electre en voulait terriblement à sa mère (qu’elle tue dès le retour de son frère, Oreste) d’avoir épousé Egisthe après la mort de son mari Agamemnon, assassiné par Egisthe.

correspondances

On n’a pris aucune décision. Pas facile d’imaginer qu’on pourrait doubler les équipes sur les Veillées. Faut pas dénaturer le projet. On a pensé qu’on pourrait constituer plusieurs équipes sur les Veillées parce qu’on a un début de saison 2012-2013 complètement fou. Début de saison qui démarrerait au quinze août et on irait jusqu’à Noël sans un instant de répit. Mais il ne faut rien précipiter. Aujourd’hui il faut penser à Béthune. A la reprise des Atomics au Palace la semaine prochaine. On va rajouter des séquences. Si ça fonctionne.  Finir par des citations dites par des étudiants et des habitants du quartier nord de Nantes et de Dunkerque. On se dit de plus en plus que la forme des Atomics pourrait, comme la forme des Veillées, nous resservir. On pourrait réaliser d’autres Atomics. Qu’on appellerait autrement.