Carnets de route
prosition 126 dans Oeuvres d'Edouard Levé
Une musique pour piano est diffusée en cercle dans une rotonde tapissée d’enceintes. A chaque note le son se déplace d’une enceinte.
Retour sur Dunkerque (6)
paul ardenne (2)
Par définition, l’artiste participatif scelle un pacte avec la démocratie, celui de la consolidation sociale. Il fonde une oeuvre sur l’intuition d’un déficit de communication, sur le sentiment d’un inégal « partage du sensible », déficit et partage inégal que son action, espère-t-il peut amender. L’artiste participatif agit parce qu’il lui semble que l’art peut mettre de l’huile dans les rouages de la vie collective et, ce faisant, devenir un « multiplicateur » de démocratie.
la providence
Rendez vous à la mairie de Loos pour un projet. Pour l’année prochaine. Comme on avait fait en 2008. A l’époque on avait fait le spectacle en deux temps. En partie sur la cité 5. Et dans un deuxième temps sur le village (le centre ville). On s’en souvient bien. On se souvient du 1er mai et de la tradition Loosoise : la fanfare municipale de la commune fait le tour des conseillers municipaux. Tôt dans la matinée. A l’époque on s’était retrouvé (la fanfare, la compagnie, les conseillers) au bar de la Providence (qui n’existe plus, c’est devenu une agence immobilière). Au rond point de la route de Béthune. On avait présenté la Veillée au foyer Omer Caron. La salle des fêtes de Loos en Gohelle. Un jour de ducasse. Un jour de manèges. C’est à Loos qu’on a écrit le texte sur l’éducation populaire qu’on a relu à chaque Veillée. Et qu’on a remis dans les Atomics.
L'art brise tous les à priori
les atomics
Gros débat hier après midi au 11/19. Fallait il passer les Veillées par le plateau de théâtre? Ou ne valait il pas mieux les laisser aux maisons de quartiers et salles des fêtes des quartiers populaires? Débat houleux. Désaccord. Pour certains cela est vécu comme un véritable retour en arrière comme si c’était brader les Veillées que de vouloir en faire un spectacle comme un autre? Qu’est ce qu’on avait à y gagner, dit l’un? Est ce qu’on avait besoin d’être légitimé (à l’endroit de la légitimité)? Hostilité. Rejet. Pourquoi est ce qu’on n’aurait plus le droit d’occuper les plateaux de théâtre? Qui plus est pour y parler des Veillées, ce questionnement incessant du rapport de l’art aux populations? Difficile de se mettre d’accord. Les plus radicaux étaient d’avis qu’il fallait pousser plus loin la démarche et qu’on n’avait pas besoin de ça. Pour d’autres ça se justifiait pleinement par le fait d’aller à la rencontre d’un autre public, plus habitué des théâtres que des salles des fêtes. Comme vouloir prolonger la démarche des Veillées. Mixer les publics. En effet, les publics sont complètement différents. Entre ceux qui viennent voir les Veillées et ceux qui ont un abonnement au théâtre. L’intérêt est de faire en sorte qu’ils se rejoignent. Ce à quoi certains étaient opposés parce que c’est pas ce qui compte. Ça a bagarré. On s’est disputé. Pris le chou.
Retour sur Dunkerque (5)
vole mon dragon
La première chose qu’on a faite, quand le Ballatum s’est installé au théâtre Arc en Ciel à Liévin (je ne compte plus les années), a été de mettre en place des ateliers ouverts à tous. D’année en année on a les multipliés. Au bout de deux ou trois ans il y avait un atelier chaque soir auquel on pouvait additionner tous les stages qu’on proposait le week end. C’est dans ces ateliers qu’on a rencontré Kader Baraka et Philippe Lherbier. Et puis Philippe Lherbier a lui même dirigé des ateliers pour la compagnie. A l’époque on voulait tous faire comme Stanislas Nordey qui avait fait évènement au festival d’Avignon avec un spectacle tiré d’un texte d’Hervé Guibert qui s’appelait Vole mon dragon. R. Solis avait dit dans Libération que Nordey avait fait son regard du sourd (en référence à Bob Wilson qui avait créé ce spectacle mythique (le regard du sourd) dans l’histoire du théâtre, dans les années soixante dix). Les ateliers étaient devenus aussi importants que tout le reste. Les listes d’attente étaient très longues de tous ceux qui voulaient participer aux ateliers. Et un jour, presque du jour au lendemain tout s’est arrêté. Après quatre ou cinq années de pratiques intensives. La chute a été brutale. Comme si on était allé trop vite. Trop loin. On n’ a jamais réussi à comprendre ce qui s’était vraiment passé..





