la main de l'oubli (2)

C’est Zart Zup ce week end, le grand festival des arts de la rue organisé par Culture Commune et la ville de Béthune et c’est aussi la Route du Louvre, un marathon organisé par la ville de Loos en Gohelle qui relie Lille à Lens. Tous ces derniers jours, il y a un monde fou sur le site du 11/19 parce qu’avant la fin des travaux du Louvre Lens et son ouverture prochaine, en décembre 2012, l’arrivée du marathon a lieu sur la place du 11/19. Des milliers de coureurs viennent chercher leur dossard  dans un local aménagé près des bureaux de la compagnie. Des dizaines de milliers de bouteilles d’eau ont été livrés. Des barrières sont installées un peu partout sur le site et dans tous les sens. Une baraque à frites a pris place à côté de la Fa(do)brique pour que toutes les personnes qui travaillent à la préparation du marathon puissent se restaurer. Pendant ce temps à Béthune, les techniciens de la ville et de Culture Commune et les organisateurs installent les tréteaux et aménagent des espaces de représentation pour ce qui sera la treizième édition de Zart Zup. Ce matin on a une réunion avec Didier, Jérémie, Guy, Maggie, Gilbert, (Martine est sur l’île de la Réunion où elle met en scène un spectacle et Flora est enceinte. Elle a pris la décision de ne plus participer aux projets de la compagnie à partir du mois prochain). Au sujet de la saison prochaine. Histoire de se dire comment on fait avec les dernières propositions de travail qu’on nous a faites. A Loos en Gohelle, à Châlons sur Marne, au C.H de Lens et à Dunkerque. Enfin Dunkerque, c’est réglé. On sait qu’on le fait. Mais pour les autres il nous manque le temps et les gens. On a appris que nos voisins du centre de ressources et de développement durable allaient déménager. Dans le bâtiment d’en face. C’est la vie. Hier pour la première fois on a fait une réunion dans nos fauteuils récupérés chez Emmaüs à Dunkerque.

la main de l'oubli

Quand on a fait « j’m’excuse » avec Kader Baraka, en 2000, c’était l’été. On se donnait rendez vous dans un café sur une petite place à Liévin (derrière la place Gambetta). Un jour Philippe L. est passé. Il était à l’ Onda (office national de diffusion artistique) depuis un peu plus d’un an. Après avoir travaillé cinq ou six ans au Ballatum Théâtre et deux ans ou trois ans au Théâtre de Caen. Il était revenu dans le nord pour rendre visite à ses parents. On était en août et il avait quelques jours de congé. On s’est vu ces jours là à deux ou trois reprises. On prenait un verre à trois et puis il nous laissait. Et on reprenait le travail avec Kader sur « j’m’excuse ». Il n’avait qu’une seule envie, rentrer au plus vite à Paris. Il ne supportait plus cette région. Et Liévin en particulier. Il vivait à Paris depuis qu’il était à l’Onda. On était très proche avec Kader et Philippe. Nous avions participé à la fabuleuse histoire du Ballatum Théâtre à Liévin. Kader est mort en 2003 et je n’ai revu Philippe qu’à de très rares occasions.

texte donné à marie f pour le Portrait du C.H de Lens avec acrobates et danseurs

Le but de cette action est d’aller à la rencontre des personnels de l’hôpital et aussi des patients pour faire avec et pour les gens qui font la vie de l’hôpital un film-spectacle avec des vidéastes, acteurs, danseurs, acrobates. La base de ce film-spectacle (sa matière) est la parole des uns et des autres qu’on va collecter au fur et à mesure de nos temps de présence à l’hôpital. Mettre nos savoir faire d’artiste au service de tout le monde pour faire de l’hôpital de Lens un portrait original avec la participation de tous. Pratiquer comme on le dit des détournements de réalité par la présence d’artistes, de danseurs ou d’acrobates, là où on ne les attend pas. Provoquer de la surprise et de l’étonnement afin de questionner les gens et l’endroit où ils travaillent. Poétiquement. Socialement. La présence de saltimbanques à l’hôpital peut donner à voir le lieu de travail de manière différente. D’un autre angle de vue. Ou tout autrement, comme on ne l’avait jamais vu. De façon plus poétique et aussi peut être de façon plus critique. L’idée est de faire un film-spectacle comme un portrait participatif (en co-construction) de l’établissement, qui serait projeté en fin de résidence devant tout le monde. Repris plusieurs fois pour que tout le monde puisse le voir et en faire une pure vidéo qui pourrait être diffusée sur les télés des patients dans les chambres par le canal interne de l’hôpital. La présence des artistes dans le lieu (en plusieurs mini-résidences) a pour but de donner à voir des courts moments de cirque et de danse pour favoriser la rencontre avec les gens pour découvrir et questionner les métiers de chacun. Et les rôles de chacun. Volonté de croisement et de décloisonnent. Faire en sorte que les gens se parlent. Faire bouger le monde. Ensemble, imaginer ce que l’art et la culture peuvent apporter aux uns et aux autres.

on a rencontré j savary sur les rives du potomac

C’était bien hier d’écouter Jérôme  Savary à l’émission de Frédéric Taddeï. Il est revenu sur tout son parcours. Il a eu une vie incroyable. De la pampa argentine puis New York où il rencontre tous les plus grands musiciens de jazz du monde jusqu’ à l’opéra comique en passant par le Magic Circus et le théâtre national de Chaillot. Quand on était au Prato, on ne jurait que par le Magic Circus. Gilles qui dirige le Prato depuis les commencements, avait repris (un peu) le personnage de Jérôme Savary qui jouait dans tous ses spectacles, M. Loyal avec une trompette et un nez de clown. Savary disait qu’il n’avait jamais engagé un interprète qui ne sache chanter, jouer d’un instrument de musique ou faire une acrobatie ou un pas de danse. Parce qu’il a toujours fait du théâtre populaire. Au Prato, on jouait tous d’un instrument de musique. On faisait beaucoup de spectacles de rue. Quand on faisait un spectacle en salle, le spectacle avait lieu sur scène et dans le public. Le premier spectacle du Prato que j’ai vu s’appelait Silence, on détourne. Je n’ai jamais vu de spectacle du Magic Circus.