brique break briquet (du mineur)

Un dernier petit enchaînement de la Brique pour Gilbert. Et on breake la Brique. On a chronométré. Ça fait une heure! On avait dit une heure. C’est tout juste! La création est prévue en décembre à l’époque de l’ouverture du Louvre. Autour de la St Barbe, qui est la fête des mineurs et des pompiers. Ils ont prévu la venue du président de la République. Pour l’ouverture du Louvre Lens (qu’on soit bien clair). Le centre ville de Lens est en pleine transformation. Des travaux dans tous les coins de la ville. Et déjà de plus en plus de visiteurs. Il ne se passe pas une journée au bureau sans qu’on vienne nous demander des renseignements sur le site. En tout cas on aura retourné la Brique dans tous les sens. Improvisé. Couru. Dansé. Crié. Mis des musiques. Abandonné des musiques: N’oubliez jamais de Joe Cocker et Ostende de Léo Féré. Rajouté Rita Haywoth, les Beasty Boys et Bauhaus. Doublé la séquence des photos avec une version plus intime, plus personnelle. Rajouté des mots dont un monologue sur la réminiscence et la Brique. Le dernier essai en date a été l’argile de brique sur le visage. Paraît que c’est bon pour la peau!.

alors qu’Avignon bat son plein (7)

Revenir en arrière pour essayer de comprendre. Pour Socrate les poètes sont les garants de la mémoire du non vécu. Dans cette culture poétique les poètes donnent accès au latent. Ce qui gît dans l’inconscient. Les poètes réactivent l’oubli. Pour accéder à la réminiscence. Ces revenances qui surgissent du latent. Et qui sont extraordinaires. Ça s’en va et ça revient et c’est fait d’un tout petit rien… Ça ne revient que dans des circonstances exceptionnelles. Les poètes donnent la possibilité du retour de l’exceptionnel. Ce n’est que dans le délire qu’on accède à l’amour. Ce n’est que dans le délire qu’on accède à la vérité. Ce que Socrate appelle l’enthousiasme. Cet enthousiasme est semblable à la pierre de magnésie. Il y a une chaîne magnétique. Un anneau en métal magnétique communique son magnétisme à d’autres anneaux en métal. Ce qu’on appelle le champ magnétique. Le poète est attirant et vous rend attitrant. Il relie les gens les uns aux autres.  Phèdre disait tomber amoureux rend poète. Toute forme d’individuation a quelque chose à voir avec l’extraordinaire. Celui ou celle qui cultive les petits pois comme ceci ou cela. Celui ou celle qui décortique les crevettes comme ceci ou cela. Celui ou celle qui se déguise pour le carnaval comme ceci ou comme cela (cf tous les gens rencontrés dans les Veillées et les Portraits...) Le moindre coin de  nos existences a quelque chose d’exceptionnel. C’est ça qui fait que la vie vaut le coup d’être vécu.

alors qu’Avignon bat son plein (6)

Traduire la référence à l’immortalisation dans le langage de l’individuation. La théorie de l’individuation de Simondon est liée aux rétentions tertiaires. Si on lit Platon jusqu’au Banquet, en particulier jusqu’à Phèdre, dans le cours de Phèdre, Platon pivote et accomplit le revirement de la République. La référence à Perséphone avait pour but de démontrer que le non vécu peut constituer du vécu. Et devient facteur de vérité. Quelque chose qui revit en moi. Le bon géomètre réactive de la vérité, de la géométrie originelle. Platon réactive ce point de vue (l’avenir est derrière nous). Toute vérité doit conduire à la réactivation de son origine. Pas de géométrie sans écriture. Il y a des rétentions secondaires collectives. Des souvenirs collectifs. on s’en souvient collectivement. Tout cela est supporté par des hypomnématas. Trace de vie d’autres mortels. Des inoubliables, des héros, Homère, Orphée, Socrate, Juliette, Fernand, Colbert … Les êtres qui ont existé continuent  à consister dans les êtres qui les ont aimés.  Ces héros, ce sont ceux qu’on n’oublie pas. Il y a des héros que personne n’oublie. Homère, par exemple. Ce statut de héros constituent le fond mnésique. Dans La république, Platon oublie les inoubliables. C’est en cela qu’elle constitue un revirement. L’essence vient hanter dans tous les cas ce dont elle est l’essence. Les griots sont les poètes de la mémoire. Comme dans la culture tragique. Les poètes sont la référence. Ils mettent en relation les mortels et les immortels. A travers les muses. Ce sont eux qui détiennent la mémoire. Qui ont la responsabilité de transmettre la mémoire.

réunion AutresParts/Actif/Couac à Utopia

Alors qu’on est dans le deuxième temps du plein d’Avignon qui s’arrête dans moins de deux semaines, à la Base 11/19, avec Jérémie et Martine, on a creusé la brique jusqu’à une certaine heure de la soirée. Ce matin on est sur le pont vers dix heures. Que diable allions nous faire dans cette galère ? Bon ça prend forme, tournure, brique. Bien veiller à ce que tout soit compréhensible. On vit en permanence au milieu des briques. Alors, pour nous, ça a du sens mais pour ceux qui ne connaîtraient pas la région et le bassin minier en particulier. Qui ne sont pas d’ici. Pourquoi la brique? Pourquoi tout ce déballage ? On a mis du coeur à l’ouvrage. On verra bien si ça passe ou pas. La rampe. On a rajouté des musiques. Rita Hayworth et Bauhaus. Et des images. On a enlevé du texte mais on a réinventé des séquences (avec du texte). Aujourd’hui ça donne envie d’aller à la mer. Comme quand j’étais gamin et que sept ou huit autobus emmenaient tout le village à Merlimont, au Portel ou à Malo. En revenant de Malo, on s’arrêtait à Hazebrouk sur la place pour manger des frites. C’était déjà la nuit.

inventaire

… à la Base 11/19, hier, c’était désert. A Avignon on a joué Chez Panique (deux années de suite), Beaux Draps, Si tu me quittes, est ce que je peux venir aussi? , Help! , C’est pour toi que je fais ça! , J’ m’excuse! , Faut qu’on parle! . Beaux Draps était interprété par Eric Lacascade et Hélène Fontanini. Un texte de Daniel Lemahieu qu’on avait rencontré à la Rose des Vents quand on a fait l’éveil du Printemps de F. Wedekind. On jouait à la Tâche d’ Encre. La régie technique était installée dans la cuisine du restaurant. Quand on a joué Chez Panique au café-théâtre de la Vieille Grille à Paris, c’était les loges qui étaient au milieu des cuisines. On a joué Beaux Draps pendant une saison. Jean Pierre Ringaert avait fait la mise en scène du spectacle. Il enseigne aujourd’hui le théâtre dans une université parisienne. Je logeais au camping de l’île de la Barthelasse. Après le pont de l’Europe. Je me souviens de la piscine.

Rien sur Marie Jeanne

Alors qu’Avignon est à son maximum, à la Base 11/19 on se met en mode ralenti. Ne pas oublier la réunion publique AutresParts/Actif/Couac qui aura lieu le 18 juillet au cinéma Utopia, à Avignon. On verra peu de monde à la Fabrique aujourd’hui. Les derniers artistes qu’on a croisés étaient les hommes de main. Et avant, bien avant (plus d’un mois) il y avait les Fous à réaction associés qui ont créé leur association un an après le Ballatum Théâtre. Il y a dix ans, nous entamions la création des Sublimes. Nous avions organisé notre premier stage avec les Chantiers Nomades en mars 2002. Nos premières grandes expériences de body art. Il y avait là une grande partie de l’équipe qui a fait par la suite Les Sublimes, puis Base 11/19 et quelques uns les Atomics. Et Damien Fournier qu’on a vu hier sur Arte dans la nouvelle pièce de Sidi Larbi Cherkaoui. A Avignon. A la carrière Boulbon où on avait vu Terra Incognita de Georges Lavaudant.

alors qu’Avignon bat son plein (5)

Alors qu’Avignon bat son plein, à la Base 11/19, c’est très calme en attendant les quelques centaines d’éco-touristes  de la journée. Eco-touristes courageux qui pour la plupart font l’ascension des terrils. Voire le plus raide. Celui de droite. Quand on regarde les terrils à partir du site. Et de nos petits bureaux en particulier. Je m’étais porté candidat à la direction du centre dramatique national de Sartrouville et je n’ai pas été retenu. Je me suis dit qu’après plus de quatorze années sur le site, je devais envisager de travailler sur un autre territoire. Que l’équipe d’HVDZ puisse mettre son savoir faire au service d’autres populations. Au résultat, ni short list, ni rien du tout. Je me suis dit que je tenterais peut être encore ma chance une fois ou deux. Mais la Base 11/19 a un charme fou. C’est un lieu compliqué qu’on ne peut pas comprendre en un jour. Ce sont des années d’une histoire industrielle, ouvrière, humaine complètement folle. Tout cela est particulièrement émouvant, dès qu’on s’y attarde un peu. On n’aura jamais fini de tout comprendre. Hier je suis allé à Vieux-Condé, dans le Nord. Tout au nord du bassin minier. J’ai vu un spectacle Et les autres… par des danseurs locaux et une compagnie de Lorient, Quai des Valses. Et puis dans la Friche du Boulon, on a fêté l’inscription du bassin minier au patrimoine de l’Unesco.