Faut savoir que dans les champs, l’orge est moissonnée et que des énormes rouleaux de paille sèchent au soleil. Le blé, à certains endroits est encore vert. Il faut attendre encore une dizaine de jours pour qu’il mûrisse. On attend des gros orages dans la journée. Faut savoir qu’on est presque au mois d’août. Faut savoir, que ces jours ci, ça fera neuf ans que Kader et Frédérique sont partis. Quand on est allé travailler à Mostaganem en Algérie, on est allé se recueillir sur la tombe de Kader à Sidi Bou Sfar, tout près d’Oran. Ce jour là, il pleuvait des cordes. Oran était sous la brume. On a cherché longtemps la tombe de Kader. On a travaillé à Mostaganem avec Hamid Ben Mahi et Hassan Razak sur le spectacle Faut qu’on parle. On avait répété une grande partie du spectacle à Bordeaux. Dans le quartier des Aubiers (au centre social), où Hamid a passé toute son enfance. A l’époque on présentait tous nos spectacles à Tremblay ; Hamid et la compagnie Hors Série et HVDZ, au théâtre Louis Aragon. C’est là qu’on a rencontré Jamel et Hervé avec qui on travaille depuis plus de quatre ans. Veillées, Portraits, Atomics. On va retrouver Hassan et Mourad de la compagnie Onstap à Sartrouville puisqu’ils font la Veillée avec nous. Faut savoir qu’on est presque au mois d’août et que c’est la fin d’Avignon. Maggie et toute son équipe vont pouvoir respirer. Et Marion qui jouait Bleu avec la région Champagne Ardennes.
Carnets de route
Brique et carrelage
jeudi 26 juillet 2012 (2)
Est ce que je vaux une brique? Ça s’est compliqué ces derniers jours, avec l’inscription du bassin minier au Patrimoine mondial de l’ humanité. Hier je suis passé devant le chantier du Louvre Lens. Ça s’active dans tout le quartier. On est à 131 jours de l’ouverture du musée. L’immobilier va prendre de la valeur dans le secteur. Il y a tant de logements sociaux tout autour, j’espère que ça le restera. Le Louvre, l’inscription au Patrimoine mondial de l’humanité… Est ce que je vaux une brique ? Ça change un peu la donne tout de même. C’est plus le même prix. Quand on fait un spectacle sur la brique, en un an de temps, on ne parle plus vraiment de la même chose ! Les gens restent les mêmes mais les briques ont changé. Elles ont pris de l’ampleur. Elles prennent tout l’espace. Quand je travaille en salle deux à la Fabrique sur le 11/19, j’ai l’impression d’avoir moins de place. Elles sont devenues tellement importantes. On les a ignorées pendant tant d’années, on peut comprendre… Maintenant on vient de si loin pour les voir ! Et tout le bassin minier ! Je me demande comment mes parents auraient pris ça?
jeudi 26 juillet 2012
…Tout peut se dire sur Internet et les espaces de paroles se sont multipliés. Quant à la participation des « citoyen-ne-s » à l’information, elle sert à renforcer la légitimité et le pouvoir des médias sans remettre en cause l’ordre établi. Certes à l’heure du « journalisme citoyen », tout le monde peut en théorie s’exprimer, informer sur ce qui se passe au pied de son immeuble, réagir et commenter une actualité … Ce dont rend compte l’information à la sauce 2.0 c’est que la pensée critique et la radicalité politique sont solubles dans le « journalisme citoyen ». Sans une approche radicale et un discours critique sur le monde, la participation à l’information n’est qu’une coquille vide que recouvre un vernis démocratique dont l’effet est de maintenir le statu quo… http://atelier.mediaslibres.lautre.net/Indymedia-un-media-radical-de.html
Fond de tasse

d.éribon, retour à reims (autour de l’amitié)
… Mon habitus de classe me portait, au début, à résister à la culture scolaire, au type de discipline qu’elle exige. J’étais turbulent, indocile, et il s’en serait fallu de rien pour que des forces irrésistibles me conduisent à dériver vers un refus complet. Lui, c’était le contraire. La culture, c’était son monde, depuis toujours… Je ne pouvais rivaliser. J’étais sans cesse renvoyé à mon infériorité. Il était blessant et cruel sans le vouloir, sans le savoir. J’ai souvent rencontré par la suite des situations analogues : où les éthos de classe sont au principe de comportements et de réactions qui ne sont que l’actualisation des structures et des hiérarchies sociales dans le moment d’une interaction. L’amitié n’échappe pas aux lois de la pesanteur historique : deux amis, ce sont deux histoires sociales incorporées qui tentent de coexister, et parfois, dans le cours d’une relation, si étroite soit-elle, ce sont deux classes qui, par un effet d’inertie des habitus, se heurtent l’une à l’autre…
alors qu’Avignon bat son plein (8)
Alors qu’Avignon bat son plein, la Base 11/19 a pris ses quartiers d’été. Il fait très chaud même si on sait bien que ça ne va pas durer. Puisque dès vendredi des orages sont annoncés et les températures baisseront. On se prépare une saison très chargée. On démarre à la mi août dans quatre villages du Pas de Calais, Estrée-Cauchy, Hermin, Gauchin le Gal, Gaucourt puis on ira une quinzaine de jours à Rouen. Ensuite trois semaines à Sartrouville. Puis une Veillée pour l’université d’Arras et quinze jours de labo au Centre National des Arts du Cirque à Châlons en Champagne. Et puis le centre hospitalier de Lens et la création de La Brique. Pour finir l’année à Fort Mardyck à Dunkerque. Dunkerque où on travaillera davantage cette année encore que l’an passé. L’association AutresParts/Artfactories a publié un livre intitulé Quartiers, les projets participatifs au coeur de la (politique) de la ville. C’est bien fait et ça permet de savoir ce qui se passe ailleurs et ce que les autres pensent.
a,b,c

proposition 294 Edouard Lewé dans Oeuvres
Accompagné d’une musique à suspens,un long et lent travelling s’achève par la chute du caméraman.
proposition 520 Edouard Lewé dans Oeuvres
Une balle de révolver troue un roman. Les mots disparus sont retrouvés dans un autre exemplaire. Une nouvelle, intitulée Le Trou, n’est constituée que de ces mots.

