alors qu’ avignon bat son plein (10)

Alors qu’Avignon bat son plein (de touristes) à la Base 11/19, tout est calme. Vide. Le moment est très propice au travail. On peut laisser les portes grandes ouvertes de la salle deux, on ne gène personne. J’y suis allé souvent au mois d’août pour préparer des petits spectacles, des petites performances pour les présentations de saison à Culture Commune ou comme l’année dernière pour les journées du patrimoine. L’année dernière on avait travaillé aussi avec les gens du Centre de ressources et de développement durable. On avait fait les Porteurs de Paroles. On avait demandé aux gens d’écrire comme des slogans sur des cartons de toutes les couleurs comment ils envisageaient l’avenir de la planète. Au début de notre installation avec Culture Commune sur le 11/19, chaque compagnie associée était chargée de l’animation des présentations de saison. Il y avait les vidéastes de la Station Mir (de Caen), Métallovoice (de Nevers) et HVDZ (de Loos en Gohelle). Et puis le temps a passé. La Station Mir n’existe plus, Métallovoice s’occupe d’une salle à Nevers et HVDZ… est toujours à Loos en Gohelle.

expérience de la vie mortelle (v.hugo)

… Le moi est penché, brisé, fondamentalement sans fond, nostalgique, mélancolique. La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste. La contemplation est brisée par une expérience temporelle. Tout être quel qu’il soit du gouffre est le milieu. Le maintenant que n’en finit pas de dire le passage du temps. La vie est fragile. Elle est brisée. C’est ce qui fait l’intensité de la vie. Tourbillon du passé qui s’en va. Un jour nous triomphons, le lendemain tout est mensonge. Comme le souvenir est voisin du remords. On voit au bord de la mer fleurir le chardon bleu des sables. La noirceur est suspendue à une lueur. J’écoute ce qui parle à ce qui murmure. Au dedans de moi le soir tombe. J’attends je demande j’implore. Comme à pleurer tout nous ramène. Equilibre infini des hommes. Banquet nocturne. L’homme est un spectre. Vérité de la lumière. Le spectre est lumineux. Il faut entendre le rire au milieu des ténèbres. On n’en finit pas de faire l’expérience de la rupture et de la communauté …

f.lordon

De quoi Ubu est-il fondamentalement la figure ? Du despote parasitaire. Quelle est la puissance despotique d’aujourd’hui qui soumet absolument le corps social et le laisse exsangue d’avoir capté la substance de son effort ? Certainement pas l’Etat – dont on rappellera qu’il restitue en prestations collectives l’ensemble de ses prélèvements… – mais le système bancaire-actionnaire qui, lui, conserve unilatéralement le produit intégral de ses captations.

mardi 31 juillet 2012

On a envoyé une lettre, une note d’intention aux gens de la profession à propos des Briques, le spectacle qu’on va créer l’année prochaine au mois de novembre. On verra bien ce que les gens vont en dire. Il faut qu’on trouve l’argent pour le faire. Dès la rentrée on ira à la rencontre des producteurs éventuels.

alors qu’Avignon bat son plein (9)

Faut savoir qu’on parle dans sa langue et qu’on écrit dans une langue étrangère ! Faut savoir qu’on guérit d’une névrose mais qu’on ne guérit pas de soi ! Et faut savoir que j’avais gardé le sentiment qu’on naît superflu à moins d’avoir été mis au monde pour combler une attente ! Faut savoir que les anciennes photographies ne disent pas forcément ce qui n’est plus mais à coup sûr ce qui a été ! Faut savoir qu’à Estrée Cauchy la mairie a informé tout le village qu’on viendra bientôt faire un Portrait de village avec les habitants ! Faut savoir qu’un jour le temps dérive hors d’atteinte et que ceux qu’il a modelés, ployés, déchirés, avec lui ! Faut savoir qu’on ira sans doute au 11/19 cet après midi pour tenter d’en finir avec La Brique ! Faut savoir qu’on a retrouvé un magnifique tee shirt des Sublimes. C’est un de nos supers techniciens magiciens de l’époque qui en avait eu l’idée, pour la troupe et les amis ! Avec une grosse étoile rouge sur le devant du tee shirt !  Faut savoir qu’ Avignon, c’est fini ! Faut savoir qu’à Québec on avait mis en scène un texte de Réjean Ducharme…

moscou paris

Ça me rappelle les Trois Sœurs de Tchekov. A la fin de la pièce Olga dit,  je voulais aller à Moscou je n’y suis pas allée,  je ne voulais pas être directrice d’école, je le suis devenue…  Je pourrais reprendre le monologue à mon compte et dire,  je voulais aller à Paris,  je n’y suis pas allé,  je voulais pas être acteur, je le suis devenu. Quelle imposture!  Et cet autre personnage dans les Trois Sœurs qui s’appelle Touzenbach… Si je pense aux briques et à ce qui m’oppose, me rattache, me colle aux briques, Touzenbach dit si je devais mourir bientôt je serais comme un arbre mort parmi les autres arbres je continuerais à me balancer dans le vent avec les autres. Je participerais encore un peu d’une certaine manière à la vie. Moi je me dis quand je serai mort, parce bon … je retournerai au grand tout et je serai un atome parmi les atomes , sans doute un atome de de de… brique. Et là je pourrais sincèrement jouer mon rôle.  A N°3 de Ferfay, il y avait une briqu’trie… C’est comme ça qu’on disait et Jérémie m’a dit qu’on prononçait le « e » de  briquetterie. Alors j’ai pensé que si on fabrique des briques dans une briqu’trie, on fabrique sans doutes des briquettes dans les briquetteries. Du coup on a inventé un personnage fantasmagorique, la briquette qui est un hybride, entre la brique et la biquette…