différences

En réunion on a fait le tour des producteur(e)s éventuel(le)s des Briques. On devrait y arriver. A priori. Qu’est ce qu’on aura passé comme temps dans notre petite vie à essayer de trouver de l’argent pour boucler les budgets ! Bien sûr, ça ne se passe pas si mal ! Mais on n’est jamais sûr à cent pour cent de ce qu’on pourra faire ou pas la saison prochaine ! On s’est dit qu’il fallait qu’on trouve beaucoup de pré-achats avec des apports ou sans apport en production pour  permettre au spectacle d’ exister, d’être joué. Les spectacles coûtent chers et à moins d’être des gens très connus ou à la tête d’une institution, il est impossible de vendre un spectacle avec plus de dix personnes sur scène. Si on veut faire les Briques et assurer au spectacle un minimum de pérennité, il faut qu’on assure les pré-achats. On a l’impression de travailler de manière très différente selon qu’on parle des Veillées ou des spectacles normaux. On n’a pas affaire aux mêmes modes de productions. Les dynamiques sont différentes. Les énergies sont différentes. Pour Les Veillées, le fonctionnement est collectif. Le fonctionnement d’un spectacle normal relève de méthodes plus dictatoriales. Les publics sont différents. Pour les Veillées on rencontre vraiment les gens. Pour les autres spectacles on les entrevoit.  Les publics sont différents. Il y a une vraie mixité sociale dans les publics qui viennent voir les Veillées. Les Veillées c’est positif et ça met en valeur les gens. Les autres spectacles sont tragiques. A part les Atomics.

les chutes du Reichenbach

Y a rien qui peut nous arriver de mieux que les Veillées. Il aurait fallu venir à Rouen, Hénin Beaumont, St Nazaire, Tremblay, Torcy, Dunkerque, Cavaillon, Loos en Gohelle, San Paulo, Hazebrouck … pour voir ce que je veux dire. Rien. Maintenant faut combler l’avenir. Continuer d’imaginer des projets. Mais on a fait ce qu’on devait faire. Difficile et aucune raison de passer à autre chose. En termes artistiques, je veux dire. Enfin artistique, social, scientifique… Ce serait revenir en arrière. Mais comme dirait Althüsser, l’avenir dure longtemps. Avec Maggie, on se disait dans la voiture en allant à Dunkerque peut être que dans cinquante ou cent ans, des gens diront, on a retrouvé des traces de ce qu’un collectif, installé à Loos en Gohelle (HVDZ) faisait dans les années deux mille. Avec les habitants. Des oeuvres d’art basées sur la rencontre de personnes à personnes. Qu’on pourrait qualifier de participatives ou de délibératives… On a retrouvé, au fond de données numériques enfouies dans la nuit du siècle, un blog. L’hypomnémata des Veillées. Rétention tertiaire d’une initiative singulière, qui grâce à l’association AutresPArts s’est diffusée sur et au delà du territoire. Sous d’autres formes. Comme les pavots des terrils font le lit des forêts qui vont les recouvrir et les bercer chaudement.

repérages

Hier on est allé à Dunkerque pour préparer les Portraits de Villages et à Liévin pour préparer la Veillée avec l’université d’Artois. Maggie et Guy d’un côté et de l’autre Gilbert et Didier. Pour le Bateau Feu (scène nationale de Dunkerque) nous sommes allés à Rexpoëd, Mardyck et Grand-Fort Philippe. Accompagnés par Jean-Philippe, Sabine et Céline du Bateau Feu. Trois Portraits de Village pour trois villages très différents. Rexpoëd est un magnifique village flamand doté d’un équipement culturel hors-pair. Mardyck est un village de trois cent cinquante âmes au milieu de la très grande zone industrielle du port de Dunkerque. Pour nous qui aimons les paysages industriels, l’occasion est belle. Et  Grand-Fort Philippe, au bord de la mer, petite ville de cinq mille habitants. A Grand Fort Philippe on va installer notre quartier général au centre social. Près des dunes, de la mer, du port, à cent mètres du chenal. Sous la pluie, l’éclaircie et le vent d’automne l’eau était bleue-verte et donnait à Grand fort Philippe un charme fou.

on a repris la route

Il y a deux jours, on s’apprêtait à jouer le deuxième de la Veillée. Après un quinze jours dans les Hauts de Rouen, ça fait bizarre de penser que dans une semaine on sera à Sartrouville. C’est même un peu difficile. On s’est attaché aux HDR. C’est la vie! Mais c’est quand même un peu bizarre. On a fait corps (et âme) avec les HDR et c’est déjà fini. On s’est habitué aux HDR et maintenant il n’en serait plus question? Comment voulez vous que raisonnablement on comprenne? De huit heures du matin jusqu’à la nuit et certains soirs jusque tard dans la nuit on a embrassé le quartier sous autant d’aspects qu’on le pouvait. Et puis on part… C’est pas humain. Ou trop humain. C’est ça qui est complexe. Le corps est là-bas. La tête est ici. Ou l’inverse…