die Klage der Kaiserin

Hier réunion au sommet (du terril). Avec Martine, Jérémie, Didier et Guy. Gilbert est allé chercher Howard à la gare. Maggie, Christophe (Biffu) et les techniciens de Culture Commune ont fini les préparations  techniques et logistiques du stage de la semaine prochaine. On est allé chercher une structure à l’école de cirque de Lomme pour pouvoir y accrocher une corde lisse. Didier y est allé avec son break en début de matinée avant de nous rejoindre pour la réunion à Loos en Gohelle. Mais comme ça ne rentrait pas dans sa voiture, on a demandé à Christophe d’y aller avec le camion de Culture Commune. Les dix sacs de charbon de vingt cinq kilogs sont arrivés et une palette de mille briques.  Et le crin. On a dit qu’on ramenait nos livres d’art pour donner des idéees d’impro aux artistes. On a acheté des films de Pina Bausch. Dont die Klage der Kaiserin. Un film réalisé par Pina Bausch. La plainte de l’impératrice. C’est un film très onirique, très dansé. Une histoire rêvée d’impératrice et déesse (ou de prêtresse). En tout cas une belle histoire et un beau film.  Il faut prendre des forces ce week end pour les deux semaines à venir. On est quelques uns à souffrir des rudesses de l’hiver.

c’est comment la vie ce matin?

Réunion de préparation du stage des Chantiers Nomades à 10h30 au bureau. Hier on s’est vu pour la technique et tout ça. Avec Pierre et Christophe. Et Jean Pierre. On reçoit une quinzaine d’ artistes la semaine prochaine pour une formation de deux semaines. Autour des briques, du charbon et de textes. On a choisi Angelica Liddell (la maison de la force (ça rappelle le fitness club de Grand Fort Philippe)), un homme ordinaire de Yves Simon et la Place d’Annie Ernaux. Et les Contemplations de Victor Hugo. Une formation et un essai. Ça démarre lundi. Howard arrive ce midi du Québec, pour les chorégraphies. On va faire danser tout le monde. Et les briques et le charbon. Et les images et le son, et tout ça ! C’est comment la vie, ce matin ? – La route est longue et belle !

Martine et Maggie à Aubusson (1)

Hier on est arrivé à Aubusson à 13h après un réveil à 5h du matin. Personne à Paris à la gare d’Austerlitz, mais un piano. Aujourd’hui, tu peux te dire, tiens et si j’ allais jouer du piano à Austerlitz. Arrivées donc au petit resto à côté du théâtre, on retrouve Gérard et Marie Pierre de la scène nationale qui déjeune avec Kader Attou. On ne s’est jamais rencontré, et c’est simple d’échanger, on parle d’Hamid Ben Mahi, avec qui on avait créé Faut qu’ on parle en 2006, et de hip hop. Kader nous raconte qu’il s est posé la question, s’il n’avait pas regardé l’émission H.I.P H.O.P  de Sydney et puis reproduit les mouvements avec ses amis, il ne serait pas danseur aujourdhui. Il ne dirigerait pas le CCN de la Rochelle. On parle d’immigration aussi et de politique, du rôle de femmes dans les institutions culturelles et de voitures. On aimerait aller voir son spectacle roots (racines) mais quand il sera à Arques (chez nous), on sera justement à Aubusson.
On a croisé Philippe aussi. Il est photographe, on va le revoir pendant notre portrait d’Aubusson. Philippe a mené des travaux avec des ados, il a travaillé sur les expressions de la nourriture et a composé des photos avec eux. On a fait un quizz avec Martine, j’m’en sors pas si mal!
On s’est dit avec Philippe que le mieux serait qu’il vienne passer un peu de temps avec l’équipe qu’il découvre comment on procède et que l’on voit ensemble ce que l’ on peut construire.

Martine et Maggie à Aubusson (2)

On a ensuite rencontré Emilie qui fait la comm à Jean Lurçat (scène nationale d’Aubusson), elle connait très bien la ville et elle a participé au projet mené par Wajdi Mouawad sur les salariés licenciés de l’usine Phillips. Avant il y avait 10 000 habitants à Aubusson. L’usine a fermé, il y a eu beaucoup de licenciements, aujourd’hui la ville compte moins de 5000 habitants. Elle nous a parlé des personnes à rencontrer dont un homme qui est toujours très bien mis, en costume 3 pièces et qui parcourent Aubusson toute la journée. La légende raconte qu’il a un jour gagné au loto et que depuis il vit comme ça…On a entamé la réunion avec les personnes conviés par le théâtre, on était une dizaine dans la salle. Avec Martine on a présenté le projet.
On nous a parlé de beaucoup de gens et déjà le portrait est en route. M et Me Minne vont nous présenter Marcel qui chante tout le temps au désespoir de sa femme nous dit on, et Me Truchot qui parait-il raconte sa vie comme un poème. On ira faire un tour au fabuleux destin, pour rencontrer des habitants qui apprennent la langue d’oc. Langue d’ici, moyen de nouer des liens. On a parlé de ceux qui naissent ici, ceux qui arrivent ici pour se désociabiliser, et ceux qui reviennent ici.
On a continué au restaurant avec Virginie, la relation publique du théâtre qui nous a donné l’envie d ‘aller faire un tour à Bangbangcowboy , et de boire des cafés au Paris-Istanbul, de rencontrer des dames qui se retrouvent tous les après midi pour passer du temps ensemble. Au restaurant, on est tombé sur un monsieur attablé qui nous a confié avoir passé deux ans à travailler avec Jean François Caron sur le patrimoine, « j’ai participé un peu dit il a l inscription du bassin minier patrimoine mondial de l’unesco ».
Il dit la France est un grand village, on y croise toujours quelqu’ un qu’on connaît…
On a fini par rentrer parce qu on entamait notre 17eme heure de veille et que l’on commençait à rire à tous propos… et les paupières qui tombent. Pas une journée n’est identique. On rentre de Grand Fort Philippe samedi dans la nuit et mercredi on est à Aubusson. On est nourri de ça de ces rencontres. On ne demande que ça… C’est comme ça… On a un plaisir fou (immense, affamé, insatiable) à discuter, à rencontrer, à découvrir d’autre gens.

En rentrant

On a quitté Grand Fort Philippe, mais pas tout à fait. À chaque veillée, chaque portrait, on rentre dans notre ville à nous avec le sentiment d’appartenir un peu à une autre. Lucien (notre jeune stagiaire grand fort philippois) nous a dit que cette semaine avec nous lui avait beaucoup appris au niveau technique mais surtout, cela lui avait appris à s’arrêter et à regarder. Lucien ne se promènera plus de la même manière dans Grand Fort, il prendra le temps d’admirer les détails, d’y voir le côté unique, le côté sublime. « Vous devez connaître tant de détails sur tant de villes, même plus que les habitants, moi par exemple j’ai appris beaucoup de choses sur Grand Fort cette semaine », nous dit-il. On rentre de Grand Fort, grandis et fortifiés par tant d’images qui ne s’effaceront pas: le chenal, le calvaire, les cululuttes, le jardin de Céline sous la neige, le poster-puzzle d’Edith Piaf au Dundee, l’Auberge du cheval Blanc, l’activité intense au centre de l’Estran, les photos de classes du collège Jean Monnet, Hervé qui danse dans la neige devant les cabines de plage…Il nous reste tant et tant de nouveaux paysages à découvrir, tant et tant de rencontres à faire, tant et tant de clubs de cuisine où rire et déguster, de portes où frapper, de place de village où valser, de supermarché où lire, de club des anciens où parler…On rentre chez nous, dans notre ville à nous en prenant le temps de s’arrêter sur les détails: la cour de l’école maternelle enneigée, le sourire de la caissière du carrefour, une magnifique maison qu’on distingue à travers un lourd portail et qui a l’air abandonnée, les jeux du parc délaissés par les enfants pour cause de froid, le grafitti « mon amour » sur le mur devant l’église, on cherche partout le côté unique, le côté sublime.

je t’aurais autorisé tout cela

On a une nouvelle collaboratrice, Geny, qui travaille à la diffusion et à la production. Elle démarre aujourd’hui. Il était question aussi qu’on engage une stagiaire de master de l’université de Lille 3. On prépare activement le stage des Chantiers Nomades. La logistique est importante et compliquée. Les stagiaires viennent de toute la France. Il faut aussi organiser la venue de Howard de Montréal. Qui va travailler avec les stagiaires sur les chorégraphies de briques et de charbon. Trouver un revêtement pour le  sol de la Nef à Culture Commune (où a lieu le stage) pour le protéger des briques et du charbon. On espère qu’il fera plus chaud la semaine prochaine. C’est difficile de chauffer le 11/19 quand il fait si froid. Cet après midi Camille Blanc et Julien Cramillet présentent un petit spectacle, résultat de travaux de recherche qu’ils ont menés pendant une quinzaine de jours. Pour le stage qui va réunir des acrobates, des danseurs et des comédiens, on a va travailler avec des briques, du charbon et des textes d’Angelica Lidell. En fin de journée ou demain matin, Maggie et Martine partent à Aubusson pour préparer le terrain des Veillées d’Aubusson.