art contemporain, un (très très) court extrait de B. Stiegler, mystagogie et art contemporain

Une oeuvre est toujours idiomatique car l’idiome c’est le défaut de la langue, l’incision.Ce que Dérida avait appelé un chibolette, un défaut de prononciation. L’idiome est un défaut dont le poète fait qu’il le faut (la faute de Françoise que Marcel transforme en une merveille de la recherche du Temps Perdu). La langue ne parle que comme défaut. A faire défaut. C’est comme ça qu’une langue est poétique. Une langue est poétique ou elle n’est pas…

Tout l’art est de près ou de loin de l’ordre du mystère et des pratiques mystagogiques. L’art serait devenu la religion des parvenus, qui sont venus après la mort de Dieu. L’art ne s’oeuvre comme une oeuvre que si l’on y croit. La croyance se différencie en chapelles dogmatiques. A quoi est ce que nous tenons dans l’art ? Cela nous tient parce que c’est une passion. L’art suppose des pratiques, du soin, des curés, des curateurs, des officiants, des offices où il faut communier. L’art rencontre les mêmes problèmes que la religion. Une oeuvre ne nous ouvre que pour autant qu’elle nous affecte quand elle fait saillance, qu’elle indique un autre plan que son existence, du mystagogique, de l’improbable, de l’indémontrable. En tant que mystère, l’oeuvre initie à un autre plan, elle est une adresse, une destination. Ce plan  n’est pas celui de l’existence, bien qu’il ne vienne pas d’un au-delà (Dieu est mort)…

hvdz is on fire

Réunion à Culture avec Mineurs du Monde. Et au bureau. Nouvelle proposition de Veillée. A Aire sur La Lys. Encore une saison bien remplie qui s’annonce. Profiter des temps libres. Pour faire autre chose. Prendre des cours de Tchi Kong ou de Fengchui. Lire, dormir, se promener, voyager. Aller à Venise, au Tréport, à Montréal, dans le sud de la France, en Provence ou en Ardèche. Cela dit, on est tout le temps sur la route… On est souvent logé à plusieurs dans des gîtes. Des auberges de jeunesse. Les appartement collectifs des théâtres. Faut savoir que dans les auberges de jeunesse, on accueille aujourd’hui des gens de tous les âges. Mais principalement quand même des jeunes. Beaucoup de groupes de jeunes sportifs. Surtout le week-end. On a connu toutes sortes d’hébergement tout au long de nos voyages. Ces derniers années, surtout des gîtes et des appartements collectifs. Faut avoir une vie intérieure dense pour tenir la route ! Sinon on pourrait se sentir terriblement seul. Faut absolument être plusieurs en soi même et en qui on a confiance ! Pour pouvoir se parler, créer de l’apaisement , se retrouver, se rassembler soi-même pour se lever le matin, le coeur à l’ouvrage  ! Avoir jardiner dan son âme la nuit, avoir fait la paix avec soi même ! Etre passionné ! Il est absolument nécessaire qu’on ait bien sûr chacun une chambre à soi. Pas besoin de télé (encore que, comme on dit, ça change la tête) mais une chambre à soi. Pour créer du silence, pour s’enfermer, calmer ce qui bout là dedans et dormir. Méditer. Réunion à Culture Commune puis préparation des projets pour la prochaine saison. La logistique n’attend pas. Les temps artistiques et techniques sont très différents. On a acheté des batteries au lithium pour pourvoir diffuser des images sans être branché sur une prise de courant. Révolutionnaire ! Tout est dans le sac à dos. Ça nécessite tout de même une ceinture, sinon on va se briser le dos. Ça pèse trente kilogs. Vendredi à Dunkeque, flash mob au Kursal  avec le Bateau Feu et l’ONL ! Premier essai au lithium. HVDZ is on fire.

this girl is on fire

On a joué hier à quinze heures. Comme prévu. On a eu du monde. Dans une petite salle, ça fait vite plein. Bien sûr rien à voir avec Rihanna qui joue au Grand Stade à Lille au mois de Juillet à guichet fermé. C’est pas le même prix non plus. Enfin, rien n’est comparable. En tout cas, c’était bien agréable de jouer hier à nouveau au 11/19. On a répété du matin, mangé sur le pouce. Jérémie est allé au fast food de Liévin et nous a ramenés de quoi tenir jusqu’en fin d’après midi. Et puis la tension est montée. On a dérogé à ce qu’on s’était dit. On a balancé tout de même un peu de chauffage. Puis les spectateurs ont pris place. Les camarades du bureau nous ont rejoints. Et on a envoyé la musique du début. Put the blame on Mame de Rita Hayworth.  Et c’était parti pour une heure de La Brique. Après, on a bu le pot de l’amitié au bar et c’était un plaisir d’entendre les réactions des unEs et des autres. On pourrait imaginer des débats, après ou avant le spectacle. Aller parler de ce qu’on fait ici et là. On s’est dit qu’on pourrait jouer La Brique tous les lundis à 15h à la Base pendant toute l’année. Mais on a un planning chargé et ce serait définitivement trop. Step by step, lundi prochain on est à Dunkerque. Pour la Veillée des Veillées et les conférences décalées. Avec toute la troupe. Et c’est un gros morceau.  Pour Rihanna, c’est complet de chez complet. Pour Alicia Keys, il doit y avoir moyen encore. She looks like a flamme but this girl is on fire.

un atome de brique

Représentation à 15h et puis on se calme. Enfin non, on a un boulot de dingues au bureau. Et des réunions cette semaine. Avec l’association Mineurs du Monde, le lycée Béhal à Lens et Culture Commune, l’adage à Dunkerque. On a du soleil plein le ciel ce matin. Pas mettre trop de chauffage dans la salle de représentation. Comme c’est une verrière (que Frantz Loustalot a occultée avec des panneaux de bois), il y fait très vite très chaud. Et trop de chaleur quand on regarde un spectacle en début d’après midi, ça endort. La Brique est un monologue d’une heure. Il faut donc rafraîchir la salle avant que les spectateurs arrivent. Faire des courants d’air. Et surtout ne pas mettre la soufflerie. Et faire un petit enchaînement ce matin pour se remettre le spectacle en bouche et dans les jambes. Quand on parle des arbres dans le spectacle on pourrait dire le poème de Victor Hugo, aux arbres : … Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois, dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois, dans votre solitude où je rentre en moi-même, je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime !

Lorgies en août

Dernière représentation de la saison (avant Rebreuve-Ranchicourt en Juillet et Hermin en août) de la Brique demain à 15h dans la salle deux de la fabrique théâtrale, Base 11/19 à Loos en Gohelle. Ensuite on mettra quelque peu La Brique en veille. Puisque dès la semaine prochaine, on met le cap sur Dunkerque. Pour un mois. On va y faire mille activités. Et ensuite on laissera place à la Grande Parade organisée par le Bateau Feu. Un grand défilé avec des centaines d’artistes qui répètent des dizaines de tableaux depuis des semaines dans tous les coins de la ville en effervescence. La Parade aura lieu début juillet dans le cadre de Dunkerque, capitale culturelle régionale 2013. Et pour fêter l’été. Demain au 11/19, on s’est donné rendez vous vers onze heures pour être prêt à accueillir le public dans la salle à 15H. On a toujours un trac fou. Qu’est ce que c’est, le trac ? Une sorte de tension nerveuse et physique qui s’accentue au fur et à mesure que l’heure du spectacle arrive. C’est du stress et de la peur. Aujourd’hui ont lieu deux grandes manifestations à Paris. Dont un rassemblement homophobe. L’homophobie, le racisme et le sexisme sont systémiques. Pour les hétéros machistes et conservateurs (qui dominent notre système archaïque de pensées et de valeurs, qui nourrit la haine, la peur de l’autre et l’injustice) ou intégristes, c’est leur schéma de vie, leur intolérance,  qui est en cause, en question. Et ça les rend fous.