au bord du lac Baïkal

Par association d’idées, de manière un peu surréel, je pense alors aux dernières pages de la vie en Sibérie. L’auteur du livre raconte six mois passés en Sibérie. Dans une cabane. Le jour de partir, il est avec ses deux chiens dont il va devoir se séparer et qu’il aime plus que tout. Il attend qu’on vienne le chercher sur les bords du lac Baïkal quand il s’aperçoit soudain qu’un de ses chiens s’est attaqué à une couvée de canards sauvages. Des oiseaux migrateurs venus de très loin (du fond des temps, ils font depuis toujours des milliers de kilomètres, tous les ans) pour mettre au monde leurs petits. Il est trop tard pour réagir. Quand il arrive près du nid, le chien a tué toute la couvée. Il s’en retourne attendre qu’on vienne le chercher. Il n’a aucune envie de partir parce qu’il a vécu des moments uniques, des moments de merveilles absolues, seul dans sa cabane au bord du lac Baïkal. Il attend et il entend au loin les cris, les longs gémissements de la mère, de la bête qui en un instant a perdu l’ensemble de sa progéniture.  Alors il écrit, il y a des jours,  des putains de journées qui sont mortifères.

Tout le ciel au dessus de la terre

La gaillette, elle perd tout à revenir à l’air libre, elle est condamnée à disparaître dans le feu. Après des millions d’années à se constituer dans le fond de la terre. Dans le spectacle, la Brique, je pourrais rajouter de bouts de textes. Quand j’imite le cri de la gaillette (gros bloc de charbon très dense et qui brûle bien), d’après le travail qu’ont réalisé deux artistes contemporains qui ont recueilli par des capteurs sonores les grincements des gaillettes en les faisant tourner sur elles mêmes, je pourrais fabuler  l’histoire de cette pierre noire. Si elle crie, c’est parce qu’elle souffre d’avoir été extraite de son milieu naturel. La gaillette vivait par des centaines de mètres de profondeur et c’est comme si consciente de son sort, convaincue qu’elle ne retournera jamais plus dans sa veine, elle hurle son désespoir. Elle a laissé au fond tant d’histoires. Des millions d’années pour exister avec tous les siens dan le noir le plus profond. La voilà ramenée au grand jour et c ‘est une souffrance sans nom.

on est déjà au mois de mai et je n’arrive pas à m’y faire

Des journées de chaleur impossible. Qui l’eut cru ? Quand nous étions à Dunkerque dans l’appartement du Bateau Feu au mois de mai, nous avions réclamé du chauffage parce qu’il faisait encore une température d’hiver. Nous préparions notre Veillée des Veillées et en particulier la Veillée décalée où nous avions mis en scène une caricature des coulisses de nos Veillées ; on s’était dit qu’on voulait prendre de la distance par rapport à nous-mêmes et créer un spectacle drôle. Au résultat la Veillée décalée a été fraîchement reçue. C’était drôle mais c’est comme si on faisait rire au mauvais endroit. En le faisant on ne s’est rendu compte de rien. On n’a pas entendu quand on nous disait qu’on faisait fausse route. On peut toujours pensé après coup qu’on aurait dû faire ceci et cela. Si tel était le cas nous n’aurions jamais besoin de répéter et est-ce que ça vaudrait le coup encore ? On s’en est voulu parce qu’on avait tout bien fait ce qu’on devait faire pendant ces deux ans de résidence à Dunkerque ! Mais je crois qu’on peut dire qu’on n’a pas été clair dans les consignes qu’on a données à Thomas qui a fait la mise en scène de la conférence décalée. Ce sont les erreurs qui font grandir. On n’est pas au bout de nos peines. On en verra d’autres. Ce qui ne tue pas rend plus fort (Nietszche). Et ça n’est qu’un spectacle. Ça n’est pas la fin du monde. Mais c’est bizarre, c’est comme si on avait voulu montrer qu’on n’était pas ce qu’on montre à longueur d’années dans nos Veillées. Comme s’il s’agissait d’ attrister le spectateur (sans en avoir conscience), nous qui, comme Albert Camus, clamions partout qu’il n’y a pas de honte à choisir le bonheur.

Don’t be sad (2)

Je suis sorti tout à l’heure cassé, éreinté, complètement épuisé de La brique que j’ai répétée pour améliorer le spectacle.  Martine m’a filé un coup de main avant de partir en fin de semaine faire un trek en Mongolie. Je fais tellement le con (quand je répète) que ça touche à l’hystérie et après… je m’effondre. Comme si c’était une crise de démence ! J’ai filé à Lens dans une pharmacie me prendre des antalgiques à la tramadone (dérivé de morphine) et j’ai pris 2,5 mg de lorazépam… Je sais que j’aurais dû rester un peu au bureau pour parler, faire une réunion puisqu’on a vu les gens du Louvre avec qui on va faire un livre, la saison prochaine. Mais je n’en pouvais plus. Je remercie Martine  de m’avoir accordé de son temps. Merci à Gilbert pour sa disponibilité, sa joie de vivre et son enthousiasme au travail ! Merci à Guillaume de  nous ouvrir les portes de La Fabrique ! Si Chantal Lamarre quitte Culture Commune et le 11/19 en fin de saison prochaine, qu’est ce qu’on va faire l’été prochain, nous qui avions pris l’habitude de passer tous nos étés dans la salle de répétition N° 2 ?

décompensation psychique après la terminale

T’aurais jamais dû avoir ton baccalauréat. T’aurais dû redoubler. C’est par la faute du prof de physique et chimie qui relevait les notes trop basses pour avoir plus de chance de réussite dans sa classe grâce aux dossiers scolaires. Y faisait ça pour se prévaloir tous les ans d’un taux de réussite élevé. C’est vrai que cette année là un seul de ta classe avait été recalé. T’étais complètement largué en physique et plus encore en chimie. En mathématiques, ça allait mais tu n’aurais jamais dû avoir ton baccalauréat. En physique chimie tu ne comprenais plus rien. M. Cavigneau ne te prêtait pas beaucoup d’attention, c’était sa gloire personnelle qui l’ intéressait. T’aurais dû faire une année de plus. Ça aurait tout changé ! Mise à part que tu ne t’entendais plus du tout avec tes parents et faire une année de plus à la cité, c’était pas sûr que tu tiennes ! Mais peut être que si et ça t’aurait mis du plomb dans la tête ! Ça t’aurait évité la décompensation psychique. C’est à dire le grand n’importe quoi. Comme de faire du théâtre (c’était pas pour toi) ! Comment est-ce que tu pouvais être aussi paumé, aussi perdu ?

Le retour de la Brique

Bientôt la Smob (le chapiteau de la scène mobile d’Artois Comm.) à Hermin. Comme on n’a pas eu beaucoup de monde pour la Brique à Rebreuve, on prépare une action brique. On va offrir des briques custumisées aux habitants de Caucourt, Estrée -Cauchy, Gauchin-le-Gal et Hermin. On ne sait pas encore précisément quelle forme ça prendra mais on pense faire du porte à porte dans les quatre villages pour offrir des briques à tout le monde. On voudrait faire en sorte que chaque brique offerte soit différente. L’idée est d’aller voir les gens et les inviter à venir assister à la Brique en offrant une brique. On ne sait pas encore si on va mettre des photos sur les briques ou des bout de textes, ou les envelopper dans un paquet cadeau…