A une certaine époque, on allait tous les ans au 140.

Journée de relâche. Mais pas hier. Ni demain. On en a profité pour voir l’ostéopathe et l’opticien. Et lire « Avignon, à vie » de Pascal Rambert. Qu’avait-il besoin d’écrire qu’il déteste le off ? Pourquoi tant de mépris ? Jo Dekmine du théâtre 140 est venu voir « la Brique ». On a joué si souvent au théâtre 140 à Bruxelles, lieu qu’il dirige depuis toujours. Depuis qu’il a accueilli à ses débuts Barbara, Higelin, Rufus, Areski et Fontaine… Il a dans les années 2000 organisé un festival Hvdz avec « Chez Panique » et « C’est pour toi que je fais ça », à Bruxelles. Et puis on s’était un peu perdu de vue. Hier il avait pris place au premier rang, en plein milieu. Quelle émotion de le voir là ! L’orage est passé et a laissé place au Mistral ou à la Tramontane. Je ne sais jamais lequel des deux remonte la vallée du Rhône et lequel la descend.

Galotta à Avignon

Ce coup-là, c’est sûr, ça va dégringoler ! Vers 13h ou 14 h, quand on va jouer, le ciel va s’ouvrir et laisser passer la mer. Demain, c’est relâche. La dernière relâche. Avant de filer jusqu’à la fin du mois de juillet. Je me souviens d’une époque où le festival courrait jusqu’au 4 ou 5 août. Dans les derniers jours du festival, c’était un autre festival, consacré à la danse. Je me souviens de J.C Galotta et d’une série de duos dont j’ai oublié le titre, qui m’avait subjugué. Tous les jours, pour aller au théâtre, j’emprunte exactement le même chemin, comme si c’était immuablement celui-là et pas un autre. Sauf les deux premiers jours où je me suis perdu dans le dédale des magnifiques rues avignonnaises.

J’ai encore oublié de parler de Marx et Rimbaud

On a du monde. Jour après jour on remplit la salle. On a certains jours plus de spectateurs qu’on a de place dans la salle. Alors on a installé des coussins au sol sur le bord du tapis de danse pour faire rentrer le plus de monde possible. Tout le monde souffre beaucoup de la chaleur. Sur scène comme dans la salle. Il fait plus de 35 degrès à 13h. Malgré la climatisation, avec les projecteurs et  le nombre de gens dans la salle, c’est une étuve. Je pense parfois à accélérer la fin du spectacle pour que ce ne soit pas trop pénible pour les gens même si le spectacle ne fait qu’une heure cinq. Tous les jours après le spectacle nous faisons un debriefing et chacun dit comment il a ressenti la journée. Des problèmes de billetterie jusqu’aux problèmes de jeu et de texte et de technique. Mais il faut dire qu’on a bien de la chance que la région nous ait choisi pour cette (dernière ?) présences des compagnies du Nord en Avignon pendant le festival. On s’est très vite rendu compte que le spectacle dépassait sans aucun problème les frontières du nord puisque la culture ouvrière est universelle. Et quand il s’agit de familles, chacun peut se retrouver dans l’histoire d’une famille du Nord Pas de Calais.

Avignon (18/7/2014)

Un épais brouillard recouvre densément la ville. On prévoit des orages dans la journée d’aujourd’hui ou de demain. On ne se souvient plus être resté si longtemps par ici. La dernière fois, on était avec Kader Barkara et on jouait j’m’excuse exactement au même endroit. Il y a 13 ans de cela. On avait loué une grande maison avec une piscine. Sandrine avait appris à nager à Sarah et Lina, les filles de Kader et Fatima. Hier, on a eu du monde au spectacle. Pour la première fois on a refusé beaucoup de public. On ne peut pas mettre plus de 70 à 80 personnes dans la salle. Le pot de la Région a eu lieu à 20h rue Victor Hugo au musée Voulant. Dans un magnifique jardin. La garden party s’est prolongée tard dans la soirée. A 13 h, on est sur le pont, à Avignon.