Et puis surtout si ça vaut l´coup Si ça vaut l´coup d´vivre sa vie

Le vouloir (conscient ou pas) est une puissance absolue. Par rapport aux illusions de la conscience, ce qui est caché en dessous est bien plus puissant. C’est un monde sans finalité. Rien ne se perd, rien ne se crée. Le devenir n’existe pas. Tout ce qui s’opère par le médium de la conscience, n’est qu’une plaisanterie, par rapport au monde du vouloir (au sous-terrain). Ce ne n’est pas l’être conscient qui détermine les gens, dit Marx, c’est l’être social. Ce n’est pas l’être conscient qui détermine l ‘homme, dit Freud, mais son inconscient. La conscience est une illusion. L’existence humaine est absurde et souffrante. Ennuyeuse et souffrante. Comment alors construire une eudémonia (art du bonheur) après ces constatations? Eudémonia, à laquelle Schopenhauer consacre la fin de sa vie. Il parle d’apprendre à vivre. Le but de la philosophie n’est pas simplement compréhension de ce qui est, elle est aussi un art de vivre. Un apprentissage de la vie. Dans son art du bonheur pour tous,  l’homme doit se rapprocher du stoïcisme et refuser le machiavélisme et le cynisme ( les humains sont des fins et non des moyens). Ne pas chercher à atteindre son bonheur aux dépens du bonheur des autres. Le pessimisme chez Schopenhauer constitue une attitude généalogique, il est à l’origine des philosophies du soupçon et de la déconstruction des grandes idées de la métaphysique traditionnelle. Toutes les philosophies antérieures, qui sont des philosophies de la conscience (l’illusion de la conscience) doivent être déconstruites.

Quand sur la ville tombe la pluie Et qu´on s´demande si c´est utile

Comment dépasser la peur de la mort et le monde de l’absurde, pour Schopenhauer? L’être humain peut trouver le bonheur ; dans l’art comme consolation, là où Nietzsche conçoit l’art comme une intensification de la vie. Deuxième axe : la morale, une morale de la pitié (solidarité avec tous les vivants), qui inclut tout ce qui souffre, y compris les animaux. Schopenhauer laissera son héritage à son petit chien. Et il y a la sagesse qui se rapproche du bouddhisme et qui s’oppose au christianisme, sur le la question du rapport à la mort , à la finitude.Chez Schopenhauer le salut (la sotériologie), c’ est d’être sauvé d’un grand danger, d’un grand malheur (la mort) par l’exercice de la lucidité et  de la raison. Sauver les humains de la mort, au moins de la peur de la mort!  Bonheur fragile qui va s’installer sur la fragilité du monde. Proche de l’ataraxie des Stoïciens, plus un bonheur proche de la sérénité que de la jouissance. Comme toutes les sagesses anciennes, Schopenhauer fait de la mort, le point de départ absolu de la philosophie. Elle est le génie inspirateur de toute philosophie. « Philosopher, c’est apprendre à mourir » Le sage doit parvenir au sentiment d’éternité. Le sage sait que la mort n’arrive que dans la monde de la représentation, que ce n’est que l’individu qui meurt, la vie universelle ne meurt pas, seule l’illusion de l’individu meurt. L’individu, l’égo, c’est ce dont il il faut se libérer. L’espèce vit toujours. Quand l’individu meurt nous rejoignons un présent sans fin. La mort est pour l’espèce comme un clignement d’oeil ou le sommeil pour l’individu. Telle est l’immortalité dans le temps. Aucun atome de matière n’a jamais disparu. Quoiqu’il en soit, nous voilà tous ainsi toujours réunis. La mort n’existe pas au niveau du général, elle n’existe qu’au niveau particulier. Rien ne vient de rien et rien ne retourne au rien. Nous sentons et nous expérimentons que nous sommes éternels.

Ni gris ni verts, ni gris ni verts Comme à Ostende et comme partout

On n’a jamais réussi à avoir un conseil d’administration qui tienne le coup très longtemps. Depuis le début du Ballatum, on a connu six présidentEs différentEs. Le fonctionnement de la compagnie a quelque chose de frustrant pour les gens qui composent le conseil d’administration. Ils-EllEs ne sont réellement mis à contribution que quand quelque chose ne tourne pas rond. Le reste du temps, le conseil d’administration n’est jamais sollicité. Mis à part la présidente et les soirs de réunion de conseil où chacun reçoit une tonne d’informations en quelques heures qui n’en finissent pas. On n’a jamais trouvé le moyen que ce soit épanouissant pour tout le monde. C’est pour ça que l’on voulait passer en Scop, on pensait que ce type de structure serait plus adapté à notre travail…

Au lieu d´me noyer dans un verre Je m´suis baladé dans l´printemps De ses yeux taillés en amande

On ira au Menphis à la Porte Nord (immense centre commercial de Bruay Labuisière) prendre un verre avec Maggie, demain, à 15h. C’est un nouveau bar. On va faire le point avant le départ au Maroc. Et le départ définitif de Maggie au Québec, en Octobre, puisqu’elle et son ami ont décidé d’émigrer. Quelle bonne idée ! Marie Stievenard la remplace et nous rejoint dès septembre pour la passation. Gilbert est en Crète. C’est août. C’est les vacances ! (Les moissons ont déjà eu lieu en grande partie. Faut savoir qu’on n’a pas eu d’hiver, la nature est en avance (l’année dernière, les machines tournaient encore dans les champs, à la fin du mois d’août) ! Gilbert va tous les ans en Crète. Parfois plusieurs fois dans l’année. Daniel Boys va lui en Grèce, depuis des lustres. Il a acheté un terrain sur place, qu’il aménage tous les ans davantage. Daniel est allé une première fois en Grèce dans les années 70, à l’époque où on allait partout dans le monde en autostop. Jacques Motte est allé en Afghanistan, de la même manière. A Hinges, lors d’une Veillée,  on a rencontré un homme qui est parti, dans ces années là, en vélo avec son chien , Jim. Pour qui il avait construit une carriole, attachée à l’arrière de son vélo. Il est rentré vingt ans plus tard (Jim est mort en Argentine, sur le seuil d’une clinique vétérinaire, après avoir été mordu par un serpent). Le récit des ces vingt ans de voyage (qu’on a vu dans un petit chapiteau, celui de la Smob) est digne de la chambre d’Isabella de John Lauvers. Le spectacle est aussi l’occasion d’une exposition d’objets du monde entier.

La barmaid avait dix-huit ans Et moi qui suis vieux comme l´hiver

Le rêve, c’est notre vie, c’est notre lot. Au plus profond de nos âmes. Ce qui fait les cultures en général, leur diversité, leur génie, leur attrait, quelles qu’elles soient… ce qui fait qu’on se dit, c’est merveilleux, toute cette diversité, c’est que ces cultures sont des cultures géniales. Géniales veut dire originelles. Le génie, c’est celui qui origine de soi. Découvrir des cultures, ce sont des façons géniales de prendre soin de nos rêves. Rêver c’est voler sur un autre plan, comme un poisson volant. Nous sommes en permanence dans le lieu de l’artifice. Ce dont on ne peut pas sortir. Même si on rêve d’en sortir. Nos rêves réalisés nous conduisent à construire d’autres espaces de rêves, ailleurs. Ces espaces commencent au plus plus profond de nos âmes, dans nos capacités oniriques, dans nos pouvoirs de rêver. Rêver, c’est imaginer, penser. La technique du rêve, c’est une façon d’imaginer qui mène à l’invention. Rêver c’est voler, passer à un autre plan, le plan des idéalisations, rêver c’est idéaliser.