Une nouvelle saison complètement chamboulée pour Culture Commune puisque la ou les nouveaux directeurs devraient arriver en novembre. Il y a un sentiment étrange sur le site. La brochure de saison est rose, un peu année 60. Plutôt jolie. Gaie. Douce. Comme si tout était normal. Alors que c’est le grand chambardement. Pour la première fois depuis de très nombreuses années, on n’est pas allé travailler, de tout l’été, à la Fabrique (les studios de danse et de de théâtre de Culture Commune). On a eu un premier contact hier, depuis la rentrée, avec Sylvie, qui dirige le secteur des relations publiques, à Culture Commune. Pour la préparation des deux séances du spectacle Aimer si fort… à Liévin en novembre. La semaine prochaine, nous allons à Pantin, au théâtre des Tréteaux de France, pour une intervention en compagnie de Pierre Rosenvallon. Pour parler des Veillées. La prochaine Veillée aura lieu à la Sentinelle, dans la banlieue de Valenciennes à la fin du mois. Et puis nous jouerons La Brique au musée de la mine , à Lewarde.
Carnets de route
début septembre 2014, de retour du Maroc
Saison 2014/2015. Marie est arrivée et se prépare à remplacer Maggie. Les Veilleurs sont rentrés du Maroc. Une aventure humaine extraordinaire. On est allé à Aubervilliers chez Les Frères Poussière travailler avec RV Sika sur son solo pendant deux jours en début de semaine. Deux journées intenses de recherche et d’action. Et la semaine dernière, on a commencé notre mission d’accompagnement artistique de Marie Delaite qui, dans le cadre de sa dernière année de formation à l’école nationale des arts de la rue à Marseille, réalise un spectacle d’une vingtaine de minutes. Ce spectacle sera sera présenté en fin de saison.
Oui ça pleuvait, oui ça pleuvait Comme à Ostende et comm´epartout
Les valises sont prêtes. Ou presque. Demain à cette heure-ci les Veilleurs survoleront l’Espagne pour rejoindre des Veilleurs de Salé, de l’école de cirque pour la réalisation d’une grande Veillée avec les gens de la ville. Ne pas oublier les couvre-chefs et de boire à gogo. Pour Veiller il faut tchatcher à longueur de journée. Donc il faut boire et emmener des pilules de Homeovox, à prendre dès qu’on sent que la voix fléchit (c’est particulièrement efficace). L’avion décolle d’Orly et arrive à Rabat en milieu d’après midi. Dès l’arrivée au Maroc, une réunion est prévue pour une reconnaissance des quartiers et des lieux d’intervention en compagnie d’Alain Laeron et de quelques étudiants de l’école. On retrouvera sur place Thierry Poquet qui présente un spectacle, au festival qui se déroule en ce moment, à Salé.
Retour sur mes 10 ans d’HVDZ (Maggie) – Moments forts (9) Les Valses

Qui s´esclaffaient, qui parlaient haut Et la bière on vous la servait Bien avant qu´on en redemande
Pour l’ouverture de la Fabrique et l’installation de Culture Commune au 11/19, à Loos en Gohelle, nous avions joué Quoi? L’éternité et Chez Panique. Quoi? L’éternité, nous l’avions repris dans la foulée à Toulouse au Théâtre Garonne où par la suite nous ne sommes plus jamais retournés. Comme à la Rose des Vents à Villeneuve d’Ascq. La Rose des Vents, ça remonte aux années 90 avec le Ballatum-Théâtre. Pour une question de résidence, parce qu’avec l’équipe du Ballatum, on tardait à s’en aller. Avant qu’on aille s’installer à Liévin au théâtre Arc en Ciel où on va jouer cette année Aimer si fort.
Après demain, c’est le départ pour le Maroc. Au bureau, on s’affaire pour les deniers préparatifs. On est parti jusqu’à la fin du mois. On a hâte. On a le choix dans les valises. A force de partir et revenir, depuis des années, on a tous accumulé des tonnes de valises et de sacs, de tailles différentes, en fonction de la durée des voyages. On oublie jamais d’emmener une kyrielle de livres, qu’en général, on ne lit pas. Le temps qui sépare un voyage d’un autre est parfois si court qu’on ne change pas de sac. Quelques fringues et c’est tout! On part comme on est revenu.
Là y avait des types qui buvaient Des rigolos des tout rougeauds
Le temps coule de nous comme d’un sablier, et nous n’avons pas le sentiment de cette fuite, surtout dans de certains instants suprêmes… L’homme est le patient des évènements. La vie est une perpétuelle arrivée. Nous la subissons. Nous ne savons jamais de quel côté viendra la brusque descente du hasard. Les catastrophes et les moments de bonheur entrent puis sortent., comme des personnages inattendus. Ils ont leur loi, leur orbite, leur gravitation en dehors de l’homme. La vertu n’amène pas le bonheur, le crime n’amène pas le malheur; la conscience a une logique, le sort en a une autre: nulle coïncidence. Rien ne peut être prévu. Nous vivons pêle-mêle et coup sur coup. La conscience est une ligne droite, la vie est le tourbillon. Ce tourbillon jette inopinément sur la tête de l’homme des chaos noirs et des ciels bleus. Le sort n’a pas l’art des transitions…
…Je connaissais des sentiers, j’étais au fait des itinéraires isolés et serpentants; j’avais l’habitude farouche de l’être qui ne se sent pas aimé. Je restais lointain: tout enfant, voyant peu d’accueil dans les visages des hommes, j’avais pris ce pli, qui depuis était devenu un instinct, de me tenir à l’écart…
…Dans cette prunelle tragique et calme, il y avait de l’inexprimable. Ce regard contenait toute la quantité d’apaisement que laisse le rêve non réalisé; c’était l’acceptation lugubre d’un autre accomplissement. Une fuite d’étoile doit être suivie par des regards pareils… Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer, Folio, page 505.
Retour sur mes 10 ans d’HVDZ (Maggie) – Moments forts (8) La Chesnaie

De frites et de moules marinières M´attire dans un estaminet
On a reçu des documents sur le quartier de Beauport où aura lieu la Veillée de Québec, fin octobre-début novembre. Nous y travaillerons avec le service culturel de la mairie de Québec, la compagnie Code Universel et les gens de Beauport. Nous ferons tout pour rencontrer le plus de monde possible, pour que chacun s’approprie ce projet dont l’idée est de fabriquer une oeuvre d’art avec et pour les gens du quartier. La première fois qu’on est venu à Québec, c’était dans le cadre d’un stage organisé par le festival, le Carrefour international du Théâtre. Dans les années 2000. Puis pour la mise en scène au théâtre du Trident d’une adaptation pour le théâtre par Martin Faucher, d’un roman de Réjean Ducharme, le Nez Qui Voque. Le titre de la pièce était, A quelle heure on meurt ?. Puis un autre stage dans le cadre d’un échange entre le centre national des arts du cirque de Châlons en Champagne et l’école de cirque de Montréal. S’en suivit la tournée de Et après on verra bien, créé avec la compagnie Anomalie, dans une dizaine de villes du Québec. Dans les années 2010, on y est retourné pour faire la mise en scène des étudiants sortants de l’école de cirque de Montréal, qu’on a appelée, Journal de bord. Notre dernier voyage à Québec eut lieu l’an passé, pour une conférence sur les arts partagés.
Retour sur mes 10 ans d’HVDZ (Maggie) – Moments forts (7) Rendez – vous cavalier Lens Lièvin

J´suis parti vers ma destinée Mais voilà qu´une odeur de bière
En fin de semaine les Veilleurs seront au Maroc, à Salé, près de Rabat, avec l’école de cirque de Salé, dirigée par Alain Laeron. Juste le temps de finir les préparations et d’affiner les contacts. La température prévue sur place dépassera les 35 à 40°C. Les Veilleurs et les artistes de l’école de cirque parcourront les rues de Salé à la rencontre des gens pour réaliser en une quinzaine de jours, avec et pour les gens un portrait de la ville ou de quelques quartiers. Nous avons démarré les Veillées en 2003, sur une proposition de Culture Commune, dans le cadre de Lille 2004 qui voulait décentraliser son action, auprès de la population sur toute la région. Nous entamons notre douzième année de Veillées. Par ce travail de théâtre de développement durable, nous avons co-construit des actions artistiques, avec les gens, un peu partout dans le monde et en priorité dans les quartiers populaires. Fait en sorte que chacun se reconnaisse et se sente concerné parce qu’on fait. Que le spectacle de La Veillée soit un temps de restitution et de fête, loin des traditionnelles comportements de consommation du théâtre avec des gens qui font et d’autres qui regardent. Sans qu’aucun contact ne se crée. Avec les Veillées, le spectacle est dans toute la salle et se prolonge au delà du temps de la représentation. Au bar, dans le hall du théâtre où des groupes de paroles se forment spontanément. Parce qu’à ce stade du travail, tout le monde connaît tout le monde. On est loin de la solitude du spectateur du théâtre bourgeois, qui n’avance à rien.
