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Errance
On a fait du porte-à-porte toute la journée de lundi. Et on a passé une journée étonnante. On a commencé par aller sonner dans une rue où deux personnes ont accroché des rétroviseurs à leurs façades de telle manière à voir qui sonne à leur porte depuis leur cuisine. Et puis il faisait tellement froid qu’on avait un peu de scrupules à demander aux habitants de sortir de chez eux pour poser devant leurs portes. Et puis on a rencontré une dame qui nous a dit que c’était l’heure du match de l’Algérie dans la CAN, et donc de revenir deux heures après. Des personnes en voiture se sont arrêtées pour nous demander ce que nous faisions. Une dame nous a parlé de ses voisins en nous expliquant qu’on était dans la partie du quartier qui comportait surtout des personnes âgées parce que ce sont des maisons de plain-pied. On nous a montré un ancien chemin barré par des barrières et du fil de fer barbelé parce qu’il y avait eu des problèmes de voisinage. On était beaucoup et chacun allait sonner à une porte, ça faisait comme une étoile. On a rencontré énormément de gens qui connaissent le théâtre de l’aventure et Jean-Maurice. On a croisé une autre partie de l’équipe qui faisait aussi du porte-à-porte et on s’est refilé les bons filons des gens les plus accueillants. Et on a marché. Et on a sonné. Si bien qu’on a fait beaucoup de portraits d’habitants sur le pas de leurs portes. Et c’est toujours une aventure incroyable. L’aventure n’est finalement peut-être qu’un état d’esprit.
Rue de la Lionderie
on est nombreux
En porte à porte, l’équipe qui fait la récolte des photos d’objets a croisé l’équipe qui fait les portraits sur les pas de porte. Même rue, à quelques dizaines de minutes d’écart. Puis ils ont croisé encore l’équipe qui fait des interviews. On est nombreux et le quartier est petit.
Virtuose
Le couscous de Nora
On a rencontré Nora. Nora est la belle mère de Rachid. Elle est arrivée en France il y a environ quatorze ans.
Ce soir, Rachid a organisé une soirée couscous pour nous accueillir, pour nous présenter le quartier, pour nous présenter au quartier. C’est incroyablement gentil. On est très touché. Quel plaisir de voir Nora préparer le couscous, assistée de sa fille et de son beau-fils. C’est très très beau. Nora a les mains qui dansent, elle jongle avec la semoule, elle s’affaire, des légumes à la viande et de la semoule aux légumes. Et – quelle joie – elle accepte d’être filmée et répond à quelques questions. Et puis, encore merci, on boit un thé et des beignets qu’elle a préparé elle même, et qui sont délicieux.
Rachid, Julie, Rachid, Anne Sophie, Anne, Cléa et tout
la promenade
Promenade dans la quartier avec Rachid Bouali, comédien, et Rachid Saadi, qui travaille à l’antenne sociale de la Lionderie.
On se laisse guider et c’est très agréable parce que l’un comme l’autre ont grandi ici, et ils ont des souvenirs à la pelle, et ils connaissent le quartier, son histoire, ses habitants, par cœur.
L’histoire du chemin qui a été condamné par la mairie alors qu’il était le seul passage entre la Lionderie et les quartiers plus au sud. Et puis l’histoire des maisons en location, et de celles dont les habitants sont propriétaires. Moitié moitié du quartier.
Et la fois où ils faisaient du rodéo sur les vaches du terrain où il y a maintenant le maison du foot. Et puis les champs de maïs, à la saison, on entendait pop pop pop dans les maisons, on faisait des pop corn partout.
Et quand ils allaient tous ensemble faire du cheval, ou quand les vaches s’échappaient dans les rues, et tout.
Il y en a plein, des anecdotes.
A écouter Rachid Bouali, qui continue à nous en raconter au repas, on se dit qu’on va pas s’ennuyer, et on rit beaucoup.
Rachid raconte très très bien. Il a fait un spectacle sur sa vie dans le quartier, sur Hem, avec toutes ces histoires. On aimerai vraiment le voir. Il parle de ses potes du théâtre de l’Aventure, et de Jean Maurice, sans qui rien de tout cela, l’amour d’un quartier pour le théâtre, ne serait-arrivé.
sculpture
tous
On est plein. L’équipe s’agrandit encore et encore. Cléa et Eric nous ont rejoints. Ils ne pouvaient pas être là, la semaine dernière, à Bois Blancs, parce qu’il préparaient et inauguraient une exposition de leur travail plastique, à Paris. Cléa et Eric sont artistes. Ils travaillent avec nous sur ces trois quartier, et proposeront une expo au Grand Bleu, le 27 avril. On les avait déjà rencontrés à la base 11/19, notre base, notre QG permanent. Il y avait, l’année dernière, une expo collective sur la mine – COAL – où Cléa et Eric présentaient une œuvre magnifique : des gaillettes tournantes qui, comme un disque, dégageaient des sons à travers des petites piques reliées à des petits hauts-parleurs. Ça faisait un bruit de travail. Une symphonie de mineur. Ici, ils feront encore une œuvre sur les quartiers, ils inventeront une forme. On est impatient de savoir quoi, de voir ça.
Dans la grande équipe, il y a aussi Julie, qui est venue nous rejoindre pour la journée. On a rencontré Julie à Bois Blancs, où elle travaille au Centre Social. C’est sa semaine de congés et elle voulait voir comment on travaille. Bienvenue.
Il y a aussi Antoine, notre stagiaire, et puis Anne-Sophie et Anne, du Grand Bleu, qui nous suivent et nous devancent, qui préparent notre venue à chaque fois et sont aux petits soins. Comme le bureau d’HVDZ, qui depuis tout là bas, depuis la base 11/19, nous aident et nous préparent tout bien. Olivier, Maggie, Sandrine.





