Blog

comment articuler

Comment articuler des biographies et un discours plus politique, plus théorique. Les paroles des autres. Les mouvements sur le plateau. Comment ça fonctionne, un dialogue. Pas sûr d’avoir envie de faire du théâtre, c’est ça le problème. On est à trois, on est dans le même rapport que toi, on ne sait pas à qui on parle. C’est pas de la parole immédiate, c’est de la parole par cœur. Qui c’est ces gens qui ont appris ces choses, c’est pas naturel. Un rapport qu’on joue comme quelque chose de naturel, alors que. Comme la barre russe de base 11/19, être au boulot. Les corps au boulot. Répondre avec des citations ou alors jouer encore plus. Ça laisse pas de prise. Ne pas jouer quelque chose qui ne peut pas être joué. Ne pas chercher ça. Soit tu rentres dans une discussion, soit non.
C’est un endroit de corpus. Un endroit où on range plein de choses, des anecdotes, des théories, des histoire. On range tout ça tout en vrac. C’est un choix, et tout ce qui est choisi, c’est pas le foutoir. C’est plus cette étape là.

aujourd'hui, vous êtes un artiste

A la question Quel est le rôle de l’artiste aujourd’hui, Olivier Bardin, artiste plasticien, répond :
Aujourd’hui, vous êtes un artiste. Vous avez un rôle. Vous êtes sur une scène que vous ne connaissez pas. Vous jouez votre rôle. Aujourd’hui, vous êtes un artiste. Vous n’avez pas de rôle. Vous êtes sur une scène que vous ne connaissez pas. Vous repérez les limites de la scène afin de jouer un rôle. Vous venez là, sur cette scène, et vous vous perdez. Vous essayez de construire un rôle adapté aux limites de cette scène que vous découvrez. Vous construisez un rôle, coût que coûte, parce que sans rôle, vous apparaissez nu. Vous vous accrochez à votre volonté de construire une position nouvelle. Vous vous y dirigez tant bien que mal. Vous n’appartenez plus au rôle que vous jouiez peut-être. Vous n’acceptez pas d’y être simplement réduit, d’être caché derrière. Vous testez votre capacité à en occuper plusieurs. Vous montrez que c’est possible. Vous montrez que vous êtes entre deux rôles, que vous n’en jouez pas et que de ne pas jouer le rôle, c’est ne pas tricher. Vous montrez qu’occuper ce lieu entre deux rôles est dangereux, qu’il peut vous faire basculer d’une position à l’autre et comment, malgré tout, vous vous maintenez en vie.

à table

En décembre, Hervé, Charlotte et Camille, avec Marie, ont écrit une chorégraphie à la table. C’est une grosse lourde table renforcée, et des chaises lourdes qui ont été conçues, il y a quelques années, comme des bases d’acro, comme des agrès de cirque, pour un chantier. Transformer du mobilier en agrès. Donc à la table, en décembre, ils ont écrit une choré vive, acrobatique, qu’il faut déjà réadapter parce que le ventre de Camille ne permet pas les portés, les bonds et sauts d’avant.

On va aller manger. Savourer les bons petits repas de Claudine. Claudine qui nous bichonne à chaque fois. On est vraiment à la maison.

on essaie ci et ça

Matin de la seconde journée. Les danseurs répètent dans la salle au bout, près des bureaux. La salle de réunion.
On a répété la chorale de textes monographiques et politiques. En allant d’un bout à l’autre du plateau, avec puis sans images sur le grand écran. On essaie ci et ça, pour voir.

la fin de la première bonne journée de travail

Première journée terminée. On a fait un filage cet après midi. Un filage avec les textes dits plus que lu. Ça change. Ça ne roule pas encore complètement, ça ripe et ça glisse par-ci par-là, mais ça change et ça donne plus de liberté, de possibilités de mouvements au plateau.
17h. Jérémie de long en large révise ses texte et Charlotte s’appelle Veridiane, elle a quinze ans et est étudiante en théâtre à Sao Bernardo, Belo Horizonte, Minas Gerais, Brésil. Hervé au milieu du plateau, à la table, la tête dans les mains et le nez dans les textes, aussi. Et Didier, et Maggie et Guy qui papotent. Sur la télé, il y a encore l’image de couverture du livre Vanitas de Jana Sterbak. C’est la photo d’un fouet en cristal et en cheveux. Des vrais cheveux. En filmant en direct des images issues de livres, on redonne un peu de rab de vie à notre très chère caméra pd100, qui ne peut plus enregistrer, mais dont on ne peut se résoudre à l’idée de se débarrasser. Maggie et Didier jouent à y mettre leurs cheveux, devant la caméra, sur la photo du fouet en cheveux de Jana Sterbak. Une micro performance du soir. Marie part à l’étranger. Jusqu’à demain matin. En Belgique.
C’est la fin de la première bonne journée de travail.