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un morceau de chiffon rouge

On a fait un filage le matin, une manif l’après-midi, et on s’apprête à faire le filage du soir.
Répétitions entrecoupées par une manif. Il y avait un monde fou. On s’est tous perdu. On était partout, en tête, en queue, au milieu, derrière la culture ou la CGT, par ci-par-là.
Il y avait un monde fou et du bruit, et des chants.
Accroche à ton cœur, un morceau de chiffon rouge.
On s’est tous retrouvés à la Maison Folie Beaulieu, allez, c’est parti, on va répéter le spectacle.

des montagnes de questions

On se dit au terme de cette veillée à Lomme avec la maison Folie de Beaulieu parce qu’on fait ça pour la huitième année consécutive qu’il faut penser à approfondir, analyser, faire d’autres propositions, intensifier nos interventions. Changer d’organisation. Faire une scop. On se dit une scop comme le Pavé avec qui on a fait une formation sur l’art et la transformation sociale. Mais il faut bien savoir alors ce qui changerait si on passait d’une association à une scop. C’est, on va dire, un geste politique. Un engagement différent. On se dit aussi qu’il faut parler de tout ça, réfléchir, se questionner avec l’état, la région, le département qui soutiennent nos activités depuis le début… Dire ce qu’on fait. Et comme on aimerait que ça devienne. Comme une volonté, un désir d’authenticité. Trouver un accord entre ce qu’on dit et ce qu’on fait. Qui on est. Dans l’action et dans la recherche. On ne pourra plus s’arrêter d’agir, sur le terrain. A Lomme, à Loos en Gohelle, dans le bassin minier, ailleurs…

le luxe, c'est eux

C’est un réel plaisir de rouler dans les rues de Lomme comme si on y avait toujours habité et puis on ne rencontre jamais autant de gens que les journées de Veillées. Une veillée, une vie. Pendant tout le temps de la résidence on a discuté avec des centaines d’habitants de la ville. Le premier jour, il nous faut prendre nos repères et puis les rendez vous et les promenades défilent à toute vitesse. On a très vite envie d’être partout à la fois, de participer à tout. De tout regarder. De tout observer. De tout écouter. Tout à l’heure nous étions sur la place des grands immeubles dans le quartier du Marais et au loin on a vu deux dames sur un banc qui discutaient entourées de leurs petits enfants. On a joué de la musique et dansé pour eux. Rien que pour eux. Le luxe, c’est eux. Accordéon. Chanson. Hip hop et tout. On a trop peu de temps pour tout faire. Pour aller partout. Pour voir tout le monde. Faudrait rester plus longtemps. Un mois. Un an. Une vie.

les idées des autres

A la maison Folie Beaulieu où on a établi notre quartier général pour la Veillée et où auront lieu les deux représentations vendredi 24/09/10, on a ramené plein de documents concernant les cités du Marais et de la Délivrance et aussi plein de livres. Différents des autres quartiers, des autres villes, des autres veillées. Sur la table près des ordinateurs, on trouve un livre sur la marche et la méditation de Michel Jourdan et Jacques Vigne, un autre de Jean Marc Lachaud et Olivier Neveux qui s’appelle Changer l’Art, Transformer la société, Le manifeste du Parti Communiste, la Distinction et Esquisse pour une auto analyse de Bourdieu, l’Invention de la Politique Culturelle de P. Urfalino, Jean Hurstel, Une nouvelle Utopie Culturelle en marche… On a aujourd’hui encore beaucoup marché dans la ville de Lomme. Tous les acrobates et les danseurs sont allés au cours de hip hop du service culturel de la ville. A côté de la superbe médiathèque. Les veillées permettent ces rencontres, ces contacts et de s’interroger sur ce qu’on fait les uns et les autres dans nos univers respectifs et d’imaginer des collaborations, des façons de refaire le monde.

au portillon

Porte à porte dans les quartiers, offrir des danses et des musiques. Marion, son accordéon et Hervé arpentent le Marais, avec Guy et Toufik. Faut dire que l’accordéon, c’est pile poil, c’est parfait avec la danse de Hervé. Camille et Dorothée tournent dans la Délivrance, avec Flora.
Les gens sont accueillants.
On voudrait vous offrir une danse.
Une danse ?
Oui, une danse, hop c’est parti.

Appuyés sur leur portillon, ou à l’arrêt de bus, ou sur le pas de la porte, les gens regardent la danse. Marion et Hervé ont rencontré un monsieur qui a posé son carton, qui s’est assis sur un muret, hop, prêt à prendre le temps de regarder cette danse, écouter cette musique.