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Jour de marché couvert

Les portraits qu’on a faits sur le marché sont magnifiques. Je ne m’en lasse jamais, dit Jérémie.

Sylvette du Fanal a rencontré au café, où on est allé boire un verre, après le marché, un ami du temps où elle allait en colonies de vacances. Le patron du bistrot.

On a fait des citations sur la dalle du marché couvert. Au cours de nos conversations on a appris qu’AKER YARDS a été racheté par des actionnaires coréens. Les chantiers navals appartiennent donc en majorité aux actionnaires coréens. C’est une annonce qui ne passe pas inaperçue et c’est le moins qu’on puisse dire. Les ouvriers se demandent bien ce qui va leur arriver. Les nouveaux systêmes économiques ultralibéraux maintiennent les travailleurs dans la peur des lendemains qui déchantent….

On est revenu à la maison de quartier et on écoute Radiohead…

Mardi fin de journée, première semaine

Il faut choisir entre se reposer et être libre.

Une belle et bonne journée bien chargée qui se termine. On a pris du retard si bien qu’on n’a pas pu aller au spectacle au Fanal. On avait pourtant promis. On ira demain. Nos actions du jour nous ont emmenés trop loin dans la journée et pour le spectacle on est resté à quai. On a commencé par une grande et très intéressante discussion avec Georges qui dirige la maison de quartier. Pour nous faire une idée un peu plus prècise de l’endroit où on est. Puis on a tapé le texte de nos notes(de la discusion) qu’on a affichées dans notre local. Et puis on s’est éparpillé dans le quartier. Repas au St Denis. Se sont ensuite enchaînés les rendez vous. En prévision  d’atelier pour le mois de décembre. Et des interviews au café. On a terminé chez des gens très accueillants qui habitent le quartier avec qui on a parlé d’engagement, de vie au quartier, de travail, de la valeur du travail. De mobilisation. De combat. De fierté. De travail et de fierté. Du moment où on a du travail est on amené à être fier de tout ce qu’on fait? 

Repas à la maison de quartier. On a organisé notre intervention de demain sur le marché. On s’est réparti les tâches. On va faire une action citation sur le pavé de Méan Penhoët.

On a appris que l’église du quartier n’avait pas de clocher. Il y en avait un au sol, en bois mais il a brûlé. 

Timide Ninine

Ninine a peur d’être filmée.

« Qu’est-ce que je vais dire ? » dit-elle. « c’est juste une conversation, tout ce qu’il y a de normal, on pose une caméra et on l’oublie… » « oui, c’est bien le problème ». Devant la caméra, elle parle pas beaucoup, mais quand même. Elle nous parle un peu des gens du voyage, de son Grand Père qui faisait au moins deux mètres et qui était ferrailleur à Penhoët. C’est lui qui a décidé de se sédentariser. C’était une figure du quartier. A Penhoët, les gens du voyage n’ont jamais eu une mauvaise image. Tout le monde vivait en bon voisinage. Ninine a aimé son enfance au pré-gras, puis dans le quartier, en caravane. Parce que c’était une vie de village, que tout le monde se connaissait. Elle est partie puis revenue des années plus tard pour reprendre le Saint Denis, revenue par hasard. Elle dit « si il y a une chose que je peux raconter, c’est comment j’ai été surprise de me sentir aussi bien quand je suis revenue. Y’a toujours cette ambiance là, des tranches de rire tout le temps. Et des habitués qui sont des sacrés phénomènes !»

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Les femmes du Fanal

Quand tu vois le boulot qui est fait par les gens du Fanal, t’en reviens pas. Le lien qu’ils tissent entre les différents secteurs d’activités de la ville, au plan de l’éducation (les écoles, les lycées) au plan du travail ( le contact avec les entreprises et les CE du secteur) au plan de la santé et du social ou des populations en général, t’en reviens pas.  Des chantiers navals à Airbus ou Sides et Man Diesel en passant par les maisons de quartier, les hôpitaux psychiatriques, les clubs sportifs, elles (ce sont des femmes) sont sur le terrain en permanence. Elles creusent, elles fouillent, elles fondent, elles foncent. Elles sont en activité et en réflexion permanente. Elles se coupent en quatre. Elles diffusent des spectacles et des idées. Toujours elles refont le monde. Elles créent les contacts. Elles mettent les gens en relation. Elles montent des projets. Elles organisent,  elles provoquent des rencontres aux quatre coins de la ville. Pour rendre l’improbable probable et tout…