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Mardi fin de journée, première semaine

Il faut choisir entre se reposer et être libre.

Une belle et bonne journée bien chargée qui se termine. On a pris du retard si bien qu’on n’a pas pu aller au spectacle au Fanal. On avait pourtant promis. On ira demain. Nos actions du jour nous ont emmenés trop loin dans la journée et pour le spectacle on est resté à quai. On a commencé par une grande et très intéressante discussion avec Georges qui dirige la maison de quartier. Pour nous faire une idée un peu plus prècise de l’endroit où on est. Puis on a tapé le texte de nos notes(de la discusion) qu’on a affichées dans notre local. Et puis on s’est éparpillé dans le quartier. Repas au St Denis. Se sont ensuite enchaînés les rendez vous. En prévision  d’atelier pour le mois de décembre. Et des interviews au café. On a terminé chez des gens très accueillants qui habitent le quartier avec qui on a parlé d’engagement, de vie au quartier, de travail, de la valeur du travail. De mobilisation. De combat. De fierté. De travail et de fierté. Du moment où on a du travail est on amené à être fier de tout ce qu’on fait? 

Repas à la maison de quartier. On a organisé notre intervention de demain sur le marché. On s’est réparti les tâches. On va faire une action citation sur le pavé de Méan Penhoët.

On a appris que l’église du quartier n’avait pas de clocher. Il y en avait un au sol, en bois mais il a brûlé. 

Timide Ninine

Ninine a peur d’être filmée.

« Qu’est-ce que je vais dire ? » dit-elle. « c’est juste une conversation, tout ce qu’il y a de normal, on pose une caméra et on l’oublie… » « oui, c’est bien le problème ». Devant la caméra, elle parle pas beaucoup, mais quand même. Elle nous parle un peu des gens du voyage, de son Grand Père qui faisait au moins deux mètres et qui était ferrailleur à Penhoët. C’est lui qui a décidé de se sédentariser. C’était une figure du quartier. A Penhoët, les gens du voyage n’ont jamais eu une mauvaise image. Tout le monde vivait en bon voisinage. Ninine a aimé son enfance au pré-gras, puis dans le quartier, en caravane. Parce que c’était une vie de village, que tout le monde se connaissait. Elle est partie puis revenue des années plus tard pour reprendre le Saint Denis, revenue par hasard. Elle dit « si il y a une chose que je peux raconter, c’est comment j’ai été surprise de me sentir aussi bien quand je suis revenue. Y’a toujours cette ambiance là, des tranches de rire tout le temps. Et des habitués qui sont des sacrés phénomènes !»

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Les femmes du Fanal

Quand tu vois le boulot qui est fait par les gens du Fanal, t’en reviens pas. Le lien qu’ils tissent entre les différents secteurs d’activités de la ville, au plan de l’éducation (les écoles, les lycées) au plan du travail ( le contact avec les entreprises et les CE du secteur) au plan de la santé et du social ou des populations en général, t’en reviens pas.  Des chantiers navals à Airbus ou Sides et Man Diesel en passant par les maisons de quartier, les hôpitaux psychiatriques, les clubs sportifs, elles (ce sont des femmes) sont sur le terrain en permanence. Elles creusent, elles fouillent, elles fondent, elles foncent. Elles sont en activité et en réflexion permanente. Elles se coupent en quatre. Elles diffusent des spectacles et des idées. Toujours elles refont le monde. Elles créent les contacts. Elles mettent les gens en relation. Elles montent des projets. Elles organisent,  elles provoquent des rencontres aux quatre coins de la ville. Pour rendre l’improbable probable et tout…

petit tonneau

On nous avait dit que l’immersion dans le quartier passait par un passage au petit tonneau. Un passage au petit tonneau équivaut à une immersion dans un (deux, trois…) petit(s) chardonnay… Jacky, le cafetier, et tous les gens d’ici sont plus qu’accueillants.

Martine dit : « non, pas de petit blanc, je suis barbouillée »

le café entier éclate de rire :« ça va te débarbouiller vite fait !»

On est sorties sacrément débarbouillées, et il était pas midi.

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Ne pas oublier d’aller dans les cafés à des heures buvables (zut, on a rendez-vous avec Jacky jeudi, à 9h30… ça va débarbouiller sévère).

 

flora

Mardi 23 octobre -pourquoi on est là!-

Le Temps de Méan et de Penhoët (22.10.07)

Les Artistes en résidence

Les artistes de la compagnie Hendrick Van der Zee ont pris leurs quartiers dans le quartier. Ils parcourront les rues à votre rencontre, frapperont à votre porte à la recherche de témoignages, d’anecdotes sur la vie du quartier. Pour faire un film dont les habitants seront les premiers acteurs. Ce film n’est ni un documentaire ni une fiction. La forme est à inventer avec vous. Ce film sera présenté à la salle J. Brel le 11 décembre 2007 à 18H et 20H30. Vous y êtes cordialement invités. Mais comme on dit, l’œuvre est dans la démarche et ce qui compte tout d’abord c’est qu’on passe vous voir, qu’on fasse de cette résidence un temps de rencontres.

Transformer chaque geste du quotidien en un geste poétique. Poïélitique.

Ce film est réalisé dans le cadre d’une démarche initiée par Culture Commune, la Compagnie H.V.D.Z et la scène nationale LE FANAL. Au plaisir donc de vous rencontrer… Vous pouvez participer et apporter votre contribution sur le Blog spécialement créé pour l’occasion http://www.hvdz.org/blog

intérims et ptis cafés

Il y a une épée de Damoclès au dessus des chantiers, depuis des années. Un coup on fait des promesses, puis on vire, on rembauche, puis on dit que ça va fermer. Y’a toujours une menace. Une précarité maintenue. Alors les gens se protègent. Il y a ceux qui partent. Une fois virés, ils vont trouver ailleurs, mieux payés, et ne reviennent plus quand ça rembauche. On dit qu’il n’y a plus de main d’œuvre sur place, mais on l’a trop trimballée, la main d’œuvre d’ici.

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Et puis tout a été fait pour casser la vie sociale, la vie ouvrière, collective. Les horaires étalés, personne embauche et débauche en même temps. Il y a maintenant des selfs dans les chantiers, pour éviter que les ouvriers aillent manger – et boire – dans les cafés du quartier. Alors le quartier meurt peu à peu, les petits commerces se serrent la ceinture même quand les chantiers sont en essor. Y’a que les agences d’intérim qui fleurissent. Un bar ferme, une intérim ouvre. Il y a des rues d’intérims, toutes côte à côte. 

Il y a des entreprises sous-traitantes qui font venir des indiens, des polonais. Ils rachètent des immeubles pour les loger, à cinq par chambre, ils les nourrissent et retirent tout ça de leur paye. Déjà que la paye est légère pour eux, il ne reste pas grand chose une fois les charges retirées par l’employeur lui-même.

Au café de Lorient, ils disent : « nous, on manifeste, on fait la grève pour être mieux payés. Les indiens, eux, la seule fois où ils ont manifesté, c’était pour être payé tout court. L’employeur ne les payait plus, tout simplement ».

Autrefois, il y avait des pensions, mais elles ont toutes fermées. Il y avait la plus connue, celle des célibataires. Elles étaient trop chères, et puis devenues inutiles puisque les employeurs logent les travailleurs qui viennent de loin.

Alors forcément, tout le monde ici dit : « avant, c’était pas pareil »

 flora

Un coup de fil de camarade

On a beaucoup parlé aujourd’hui d’éducation populaire, d’action culturelle et d’émancipation populaire. On essaye de voir si il est possible que les acrobates en fin de semaine interviennent dans une usine. Chez SIDES, le constructeur de camion de pompiers? -En tout cas c’est là que ça paraît le mieux engagé. Le téléphone de Flora sonne. C’est l’Internationale qu’elle chante a capella.