On a regardé longtemps la carrière en bas du plateau des terrils. En pleine activité. C’est fascinant, ces machines qui engloutissent la terre et la recrachent. Les tas de terre, de roche. Et puis la couleur rouge rouge extraite du noir terril. Et la lenteur, et le bruit. Et vu de là haut, du bord du plateau, c’est très beau. On est resté un moment en se disant qu’on pourrait rester là encore longtemps, à regarder de là haut, ce fourmillement qui ronge la montagne.
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la ballade
Frédéric
Frédéric est un jeune du quartier que Martine avait croisé devant la base il y a quelques jours. Il est revenu ce matin, comme on avait convenu, pour nous emmener en promenade. Il nous a emmenés sur le plateau des terrils et nous a raconté plein de choses, sur ce qui se passe par ici, dans la région, sur les changements, sur ce qui manque, sur ce qu’il faudrait faire…
Il dit qu’il y a eu une course d’orientation sur les terrils, en nocturne, et, il dit, les balises faisaient comme des lucioles partout, c’était beau, c’est dommage d’avoir raté ça.
Il y a plein de tuyaux bleus partout, dans les champs en bas. Personne ne sait ce que c’est, c’est récent, c’est mystérieux. Frédéric est un observateur, il voit les choses. Il voit les choses changer.
La ballade était agréable. Redécouvrir encore les terrils, sous le regard d’un jeune d’ici. Une nouvelle version de cette chère promenade.
entre les deux terrils
QG
un rituel de veilleur
Le temps est déjà venu du déroulé. Martine a presque fini les montages. A peine sortis de la classe Antigone que Martine déjà monte et boucle. Faut boucler parce que Jérémie a besoin des images rapidement. Pour demain midi, pour tout assembler, tout préparer. Et surtout besoin du déroulé que Guy est en train de faire. Penser aussi que les textes doivent être imprimés demain pour la lecture de l’intégrale et les blocs prêts pour jeudi matin. Mais pour les blocs textes, il faut le déroulé que Guy est en train de faire. On transformera vite le déroulé en conduite. De veillée en veillée on a calé un ordre logique des choses à faire les trois ou quatre derniers jours, depuis les premiers montages, puis le déroulé, jusqu’aux filages, jusqu’au jour du spectacle, la veillée. On est rodé et à chaque fois on se repose la question, on repose sur la table les moments, dans l’ordre. Un rituel de veilleur.
déroulé
fracas
Il y a fracas dans la multiplication et l’entrechoquement des faits intolérables, écrit Jacques-Henri Michot. Il y a Fracas lorsque les mots tentent de plier l’intolérable vers l’horizon de la banalité. Il y a fracas lorsque vivre devient vivre malgré tout : malgré l’inhumain, malgré la mise à l’écart (de la censure au meurtre) des personnes et des paroles en résistance. Il y a fracas, enfin, quand l’intime, dans ses joies et ses souffrances, se vit au rythme du monde et de ses débordements.
rentrée culturelle plus souvent
Rentrée culturelle à l’IUT de Lens. Les lieux culturels de la région sont présents, à leur stand. Un groupe de musique accueille les étudiants à l’entrée du bâtiment. Ils sont quatre : banjo, clarinette, contrebasse, accordéon. Un air de fête. Une pause culture entre deux cours.
L’architecture de l’IUT est très impressionnante. De longs couloirs aux pylônes colorés. De grandes fenêtres, beaucoup de lumière. Les étudiants sont intrigués par la caméra de Jérémie posée devant un couloir. On leur parle de la veillée, de la compagnie. Beaucoup acceptent de poser pour des portraits. Beaucoup aussi n’ont pas le temps, ils reprennent les cours dans deux minutes. Un étudiant demande pourquoi le spectacle est gratuit. Vous auriez pu au moins demander un ou deux euros, pour la forme. Comme si la gratuité n’avait plus sa place dans le monde d’aujourd’hui.
On ira à l’université Jean Perrin demain, mais avec les danseuses cette fois. Pour d’autres images, pour de nouvelles rencontres. Pour continuer la rentrée culturelle. Et puis se dire que finalement, ça devrait être la rentrée culturelle plus souvent.





