Didier et Jérémie sont allés au CAJ Jean Jaurès, qui fonctionne avec des bénévoles et un éducateur. Le local est ouvert, Audrey et Melissa sont souvent présentes pour des cours de danse, pour faire du dessin. Avec l’aide des jeunes du quartier, ils ont refait le local. Audrey et Melissa s’investissent beaucoup, donnent de leur temps.
Didier y retourne demain pour rencontrer les jeunes du quartier.
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l'automne
la lucidité 2
Entendu à la radio sur le répondeur de l’émission Là-Bas Si J’y Suis sur F. Inter et podcasté sur reso.net. Ecouté ce matin du 11 nov : Rescapée d’une guerre dont je ne connaissais pas le nom : la maltraitance programmée. Ni ses armes : stresser, isoler individualiser, déstabiliser, culpabiliser, désolidariser, faire peur, faire bouger, mépriser, humilier, nier, annuler. Je vous ai raconté le comportement indigne d’un médecin expert de France Telecom qui en bon petit soldat avait exécuté la règle numéro un de l’entreprise : un bon employé est un employé qui part, en me faisant chasser de son cabinet parce que disait-elle j’étais dangereuse. Ce que j’ai compris avec le recul : tous les moyens absolument tous sont et seront utilisés pour expulser les indésirables. Chacun de nous peut être un indésirable. On fragilise qui peut l’être et on élague. Le cynisme du système et des personnes qui s’en font les rouages par complaisance ou par peur est infini, insondable et à mon avis inébranlable parce que ce n’est pas l’actualité dramatique qui va changer quoique ce soit. Personne n’est réellement ému par les suicides. Juste un peu. Embarrassé, néanmoins parce que les médias apportent un éclairage fort sur la boîte et les règles du jeu risquent d’apparaître au grand jour et même peut être que parmi le petit personnel qui s’investit tant dans son travail qu’il en oublie sa vie, certains d’entre eux, toujours plus nombreux ne seront plus dupe. Notre arme à nous, c’est de comprendre comment fonctionne la machine à broyer. Soyez dangereux, chers collègues, soyez dangereux pour le système, dangereux de toute votre lucide humanité ! Les prises de conscience sont salvatrices mais paradoxalement douloureuses. Il s’agit de tout un système de valeurs auquel on croyait et auquel il va falloir renoncer. Mais renoncer n’est pas un échec. Et abandonner des illusions, ce n’est pas être abandonné soi-même. Quand on comprend ensemble, qu’on échange entre nous et qu’on vit solidairement les choses. La lucidité est la blessure la plus proche du soleil, nous dit René Char. Merci à Là-bas si j’y suis de nous avoir apporté de la lumière pour nous en approcher…
onze onze bis
onze onze
On est allé à la cérémonie du 11 novembre. On est arrivé un peu en avance alors on a visité la très belle église Saint Eloi, avec ses trois belles nefs en berceau, ses piliers ronds, ses boiseries admirables, des statues, des peintures, des vitraux.
A la cérémonie, il y avait un monde fou. Les pompiers, les enfants, les anciens combattants, la société de colombophilie – qui y fait un lâcher de pigeons, et puis aussi l’harmonie municipale qui est arrivée en jouant.
On est rentré ensuite vers notre QG de l’espace Flandre, en passant par le parc. Qu’il est beau ce parc ! On s’arrête un moment devant la petite ferme, pour converser avec les chèvres et chevreaux, avec les lapins.
Saint Eloi
la colère
On a inventé, avec les élèves de l’atelier théâtre de Saint Jacques, un nouveau protocole. Faire une ronde, autour de la caméra, et tourner en disant – en passant devant l’objectif – ce qui met en colère. La ronde accélère et ralentit. La ronde prend le temps du tour pour savoir quoi dire au prochain tour.
Je suis en colère quand le pot de nutella est vide.
Je suis en colère contre les restrictions de liberté
Contre mon frère qui me chipe mes affaires
Contre l’injustice
Contre mes parents
Quand je dois porter des lunettes
Contre l’hypocrisie
Moi, ce qui me met en colère, ça te regarde pas.
Moi c’est les crottes de chien
Moi c’est mon père
Quand on me parle dans le TER.
Des gens
Ce qui me met en colère, c’est toi
C’est les banques
Quand j’ai un objet dans les main, qui tombe, qui se casse.
Les réflexions débiles parce que je suis petite.
Quand on se moque de moi parce que je dis que je réfléchis.
Moi, ce qui me met en colère c’est quand les gens, ils sont en colère.
Moi, c’est mes frères.
Les DS de math.
J’ai oublié ce qui me mettait en colère.
Ceux qui piquent les idées des autres.
Moi ce qui me met en colère c’est que, quelque fois, je ne sais même plus pourquoi je suis en colère, et ça me met encore plus en colère.
Les choses qui vont pas bien, dans le monde, au journal de vingt heures.
Les réveils à cinq heure du matin.
Moi, ce qui me met en colère, c’est d’avoir deux chaussettes différentes.
Moi, ce qui m’énerve, c’est ce que je suis en train de faire, là.
colère
D. Lamoot et A. Mille
Ce midi on est allé avant de manger au collège F. Benoît. On est intervenu à l’atelier de A. Mille qui réunit le mardi des élèves qui veulent bien s’initier à la gymnastique et aux portés gymniques. En tout une quinzaine d’élèves qui nous attendaient dans le beau gymnase du collège. On a fait des démonstrations de danse, contemporaine, percussions corporelles et hip hop. Et puis on a travaillé ensemble avec les élèves. Jérémie a filmé les démonstrations et les danseurs ont transmis un peu de leur savoir faire à tous ces jeunes gens à qui on a dit qu’on se retrouverait à la Veillée. On a été très bien reçu. Là tout comme au CDI du collège. Jérémie a fait des pas de couloir (les jeunes sont filmés dans un espace, un couloir ( la plupart du temps) au dimension d’un écran moyen de diffusion vidéo) sous le préau du collège et à chaque fois il y avait des dizaines de personnes qui regardaient l’élève qu’il filmait. Tous sont restés concentrés. Avec D. Lamoot, Didier pendant ce temps était au club théâtre qui mélange des élèves de toutes les classes, pour jouer En Attendant Godot. Et puis A. Mille a du partir vite rejoindre un autre cours. Nous avons déjeuné à la cantine de l’école Jules Ferry à 13h30 où nous avons retrouvé Grégory, le directeur du centre Malraux qui nous a raconté sa soirée au théâtre du Temple à Bruay Labuissière ….





