c'est la rentrée des écoles

Les journées du patrimoine approchent à grands pas et on n’est décidément pas prêt. Moins de deux semaines. Mais cette semaine, c’est promis, on va en mettre un coup. C’est la faute au temps qu’il fait. Ou c’est à cause de la rentrée. Ou c’est tout simplement qu’on a du mal à s’y mettre. On va se cadrer et s’y mettre. Question de concentration.  A priori, on a de la matière, l’histoire du site, de la compagnie sur le site. Depuis plus de treize ans. Et parler du patrimoine, c’est envisager l’avenir. Comment on imagine les années futures. A cinq cents mètres du site dans un peu plus d’un an ouvrira le nouveau Louvre. Et ses dizaines de milliers de visiteurs attendus. On peut envisager plein de choses différentes. Parler des anciens et des nouveaux. Amener des nouveaux visages dans le paysage. Comme cet été pendant le stage du mois d’août on a ramené plein de gens nouveaux au 11/19. Et ce travail qu’on a fait avec Thomas Piasecki sur Camarade Divion, ça devrait nous aider et ce qu’on avait fait à St Nazaire, en résidence il y a trois ans. Juste le temps de téléphoner au bureau de la compagnie et on file dans la salle deux, à la Fabrique. Et on s’y met.

les pavés bretons

Y a un an on faisait le stage avec la Scop Le Pavé. Et puis on enchainait avec la Veillée de Lomme et de Nantes. Après on s’est beaucoup posé la question de savoir s’il fallait faire de la compagnie une Scoop. On avait demandé à chacun comment il imaginait la compagnie idéale. Avec Le Pavé, Scop d’éducation populaire et de transformation sociale on a fait un beau travail de redéfinition de nos envies, de nos désirs. Fallait il croire à l’art ou pas? On a eu des instants de radicalité. On a fait les porteurs de paroles dans les rues de Lens. On posait des questions aux gens sur la rentrée ou sur l’art. On a repris l’action des Porteurs de Paroles au Grand Bleu à Lille avec les adolescents. Les Porteurs de Paroles, ça consiste à écrire une question socio-politique sur un grand carton peint posé sur le sol dans une rue passante et aller vers les gens qui lisent la question pour engager la conversation. Puis recueillir ce que les gens disent, en extraire une pépite et l’écrire sur un carton d’une belle couleur et l’accrocher dans la rue sur un fil tendu au préalable. On appelle ça, faire de la politique autrement. Les Pavéistes de Bretagne sont sacrément convaincants. On aurait pu embarquer.

frédéric lordon

Un groupe d’intérêt aussi puissant que celui qui s’est constitué autour de la finance lato sensu ne renoncera de lui-même au moindre de ses privilèges, que seuls peuvent mettre à bas la force d’un mouvement insurrectionnel – puisqu’il est bien clair par ailleurs qu’aucun des partis de gouvernement nulle part n’a le réel désir de l’attaquer –, ou bien la puissance dévastatrice d’une catastrophe que son système aura lui-même engendré. A l’évidence, c’est cette dernière hypothèse qui tient la corde, et puisqu’elle déploie maintenant ses effets avec la force de fatalité d’un tsunami, il ne reste plus qu’à attendre qu’elle accomplisse pleinement ses virtualités… pour en tirer le meilleur parti : reconstruire les institutions de la création monétaire souveraine, avec tout ce qu’elle suppose et de possibilités rouvertes et aussi de rigoureux encadrements; réinventer des structures bancaires qui à la fois échappent aux prises d’otage de la banque privée et dépassent la forme « nationalisation » vers un système socialisé du crédit; réduire au minimum minimorum la structure des marchés de capitaux pour lui ôter tout pouvoir de nuisance et d’usurpation. Soit, sur les ruines, enfin tout rebâtir.

pour les journées du patrimoine

Vous parler de cette inscription concrète et complète dans le patrimoine qu’on a tentée lors du stage du mois d’août. Jérémie a tenté de me plaquer contre un mur. Voire de m’y enfoncer. Comme dans le roman de la carte et le territoire, le personnage, le narrateur, l’auteur du livre devient la victime d’un artiste contemporain qui utilise son corps pour une exposition du type des actionnistes viennois. Un corps qu’on aurait inscrit dans un mur de briques ou un mur de briques qui serait venu s’inscrire autour d’un corps comme la nature reprend ses droits après l’abandon, la disparition. Ici à la différence des herbes folles qui percent le bitume ou des vers qui dévorent le cadavre, c’est les briques qui marqueraient mon empreinte pour m’enfermer à jamais dans leur sarcophage. Coluche aurait dit briques ou pas briques c’est l’histoire d’un mec, à la fin, y meurt. Tentatives parmi d’autres. Liste non exhaustive. Inspiration Edouard Levé. Une sépulture de briques ou gros minet, un gros minet à la poursuite d’une souris qui s’aplatit contre un mur de briques.

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Voilà on arrive à un changement radical de la vie et du fonctionnement de la compagnie. On n’avait pas vraiment prévu que ça se passerait comme ça. Mais on savait bien qu’il se passerait quelque chose. On disait, il va se passer quelque chose. Et les évènements se sont précipités. Mais on savait aussi qu’il fallait que ça bouge pour qu’on retrouve du sens. Le sens de notre présence ici, dans le Pas de Calais aux côtés de Culture Commune, sur le site du 11/19. Pour que, être là, ce soit un choix, un engagement et pas qu’une habitude. Pas à défaut d’autre chose. Parmi tous ces bâtiments (de briques), résidus et traces d’une vaste industrie comme le charbon inscrivait une marque profonde dans la chair de l’ouvrier. A vie. On n’oubliera pas de si tôt ce qui se passe en ce moment dans la vie de la compagnie. Pour quelle mission, quel nouvel engagement ? On ne le sait pas bien encore. En tout cas, pour tenir. C’est un pari pour chacun et pour toute l’équipe.