on continue

Déjà deux jours que la Veillée de Flines et Lalaing a pris fin. Aujourd’hui on file à Dunkerque pour mettre en place le programme de la prochaine saison. Le Bateau Feu en promenade continue sa programmation hors les murs. Demain et mercredi on est à la Condition Publique, à Roubaix. Pour répéter et jouer le film spectacle qu’on a fait avec les salariés de l’Usine Pocheco et le centre social d’Haubourdin. Et en fin de semaine on reprend les Atomics. Estrée-Cauchy, Hermin (là où il y a les éoliennes) et Gaucourt aimeraient qu’on vienne y faire un portrait, en juillet. Le journal du Portrait de Fresnicourt et Rebreuve qui reprend des articles et photos du blog de la résidence dans ces deux villages est à l’imprimerie. Plus qu’un journal, on pourrait faire un livre de nos dix ans de Veillée. Pourquoi un livre? Ça pourrait être autre chose!  On pourrait imaginer un film aussi! Ou plusieurs films, qui partiraient de Godot ou d’Antigone!

demain dunkerque petite synthe

Lycée de l’Europe. Demain matin. Petite Synthe. Demain matin on retourne au lycée. En classe toute la journée. C’est le début de semaine qui est le plus chargé. Avec la scène nationale du Bateau Feu on réalise un Instantané au lycée de l’Europe. Un portrait du lycée. On va courir de classe en classe, à la rencontre de tout le monde. Après la Veillée d’octobre sur les quartiers de Rosendaël, Malo, Tente Verte, la ville de Lefrinckoucke et l’Instantané au lycée Jean Bart, c’est notre troisième séjour à Dunkerque cette saison. A la même époque l’année dernière nous étions sur la métropole lilloise: Roubaix, Wattrelos, Lille. Et le bassin minier, Lens. Et en 2010, nous réalisions nos premiers Portraits de quartiers. Toujours sur la métropole lilloise. Nous étions à Hem, Tourcoing et Bois-Blanc. Avec le Grand Bleu, le centre dramatique dirigé par Agnès Sajaloli. A Dunkerque cette saison il nous restera le lycée Nordoover et ce qu’on appelle le Retour sur.. qui signifie qu’on prépare une journée particulière qui rassemble des lycéens des trois lycéens à qui on propose de réfléchir ensemble sur le rapport de l’art au monde. Et c’est surtout l’occasion de réunir, de faire la jonction entre les différents établissements et le Bateau Feu. Et la compagnie HVDZ. Peut être que pour le film qui va résumer nos trois Instantanés dunkerquois, on pourrait imaginer des interviews, des interventions parlées qui permettraient qu’on identifie précisément chaque lycée.

fresnes

Une journée à Fresnes avec les jeunes artistes de la compagnie Porte 27 sur le spectacle Issue 01 qui sera créé dans une semaine, dix jours. Un heure de spectacle très intense. Une heure de spectacle très dense où personne n’épargne sa peine pour donner à voir, à entendre, à ressentir l’isolement, l’enfermement, la difficulté d’ être de toutes les personnes qu’ils ont rencontrées au cours d’une année de résidence  et de travail avec les gens de la prison de Fresnes ou d’une clinique psychiatrique dans le sud  de la France ou des réfugiés près d’ici à Calais ou Norrent Fontes. Un spectacle sans mot  (ou presque) qui dit toute cette souffrance.

En revenant par la gare du nord, j’ai vu un groupe de policiers français et roumains qui patrouillaient et interpellaient des gens qui font la manche dans la gare. Le spectacle Issue 01 dit ça: cette impossibilité d’aller là où on veut, cette entrave à la vie, cette course désespérée pour trouver un endroit où vivre est possible quand on est sans cesse traqué, poursuivi, épié. La persécution, le danger. La profonde et insupportable injustice. L’exil forcé.

La société, c’est de la vie, c’est du langage aussi, une langue vivante apprise, parlée, transmise et protégée. L’art est l’une des formes de cette langue que parle le corps social. La condition d’artiste repose sur l’expression d’un refus partiel de la société telle qu’elle est, sur le constat d’une imperfection et d’une perfectibilité de celle-ci, en conséquence sur le voeu implicite d’une révolte dont l’art peut être l’un des vecteurs efficaces. Plutôt que de subversion, il s’agit d’une position en porte à faux, d’une transgression à des fins positives. Il s’agit de faire du langage de l’art un langage à la fois intégré, donc capable d’être entendu, et dissonant, c’est-à-dire dont le propos vient mettre en débat l’opinion dominante. Une telle proposition (Issue 01, c’est moi qui cite) n’est pas un acte de guerre mais plutôt le signe d’une préoccupation, d’une vigilance doublé d’une mise en relation direct de l’art et de l’histoire présente. P. Ardenne.

ça souffle

Au bureau le téléphone sonne toutes les trente secondes. Si tu veux te concentrer sur un courrier ou sur un texte, tu te mets des bouchons dans les oreilles, sinon t’y  arrives pas. On a deux mois de boulot très chargé en perspective. Sur tous les fronts. Et la création des Atomics début février à la Fabrique, à Culture Commune, à Loos en Gohelle. On a revu la vidéo. La captation qu’on a faite le 15 décembre dernier. On se dit qu’on aurait besoin d’un peu de temps pour répéter encore. On se dit que peut être (si c’est le peut être qui est la vérité) on le reprendra dans quelques années comme une pièce de répertoire. Pour y consacrer à nouveau plusieurs semaines de travail. Parce qu’on se dit que c’est une pièce qui pourrait bouger dans le temps. Au fur et à mesure de l’évolution de l’activité de la compagnie.  Puisque ça raconte ce qu’on fait à la compagnie depuis des années. Comme un portrait de groupe, de troupe. De famille.  Au bureau c’est la course. Toutes nos actions cumulées comme l’Instantané au lycée de l’Europe la semaine prochaine ou la Veillée à Flines et Lallaing dans deux semaines ou les Atomics concernent quinze à vingt personnes sur la route dont il faut organiser le travail, les voyages, les repas, les hébergements. Et la création d’un spectacle implique aussi un rituel de préparation complexe qui demande beaucoup de travail au bureau. Et on va sortir un journal. A partir du blog. Sur les spectacles réalisés dans les villages, l’été dernier. Plus ça ira, plus ça ira!

c'est reparti

Nouvelle année. Premier jour de travail au bureau de cette nouvelle année. Notre matériel est obsolète. On va en changer. On va changer plein de choses. Les ordinateurs, l’imprimante. On va acheter une nouvelle caméra. On en a bien besoin. Hier on parlait de nos conditions de logement en tournée. Ça a toujours été compliqué. On n’est jamais sûr de ce qu’on va trouver. Ça se passe plutôt bien en général mais il est parfois des endroits où on a de la peine à imaginer qu’on y loge des gens qui sont la moitié de leur temps sur la route. Et on s’est dit qu’on pourrait mettre des images des Atomics sur You Tube. Faire un montage photo rapide des photos que Maggie a prises du spectacle sur une musique rock et l’affaire est dans le sac. Enfin sur la toile. Et changer le matériel. On n’a plus un ordinateur de la compagnie qui fonctionne normalement. On s’est dit qu’on changerait de téléphones aussi. Hier on a été pris de panique. On a eu peur de ne pas y arriver. On a fait une réunion. On a évoqué tous les points névralgiques et en particulier tous les problèmes techniques. Gilbert a pris officiellement place au bureau.

le retour à Dunkerque dans 1 semaine

Dans une semaine on aura repris à Dunkerque. Avec le Bateau Feu et son théâtre en construction. Pendant les travaux l’équipe du Bateau feu est installée dans les locaux de l’ancienne auberge de jeunesse. Nos périgrinations dunkerquoises nous conduirons cette fois à Grande Synthe, au lycée de l’Europe pour un nouvel Instantané. Une Veillée à l’échelle d’un lycée. Un portrait du lycée de l’Europe par et pour ceux qui en font la vie et en particulier les lycéens. On garde un magnifique souvenir de tout ce qu’on a fait à Dunkerque depuis la rentrée. La grande Veillée d’octobre comme on dit la grande marée ou les marées d’équinoxe et l’Instantané du lycée Jean Bart. Notre but est toujours le même. Il s’agit d’inventer avec les gens, de co-créer un film spectacle avec et pour les gens. Aller à la rencontre, questionner le monde dans lequel nous vivons. Mettre la vidéo, la danse, le théâtre, le cirque au service du vrai. Nous dormirons à nouveau à l’Escale. A l’auberge de jeunesse. La nouvelle auberge de jeunesse de Dunkerque. Près du port. Pour quelques nuits on dort dans un film de David Lynch. On a pris nos habitudes à Dunkerque. On ira sans doute manger à Malo, à la Moule rit et au restaurant japonais du centre ville en face du marché du Minck (le marché aux poissons). Et le midi, à la cantine du lycée.